DE LA PAUME DES MAINS ET DE LA PLANTE DES PIEDS
soixante et un ans, s'était toujours très bien porté et n'avait jamais eu de rhumatismes. Il prétendait avoir eu la syphilis à l'âge de vingt ans^ mais rien n'était moins sûr, car tout s'était borné à une blenuorrhagie et à un chancre non suivi d'accidents constitutionnels. Quoi qu'il en soit, c'était à cette maladie qu'il attribuait une atTection psoriasiforme de la langue dont je le soignais sans succès depuis deux ans. Tout avait été employé, même la médication spécifique iodurée et hydrargyrique dont le malade avait abusé fort inutilement pour son affection lioguale. — Aucune mauvaise condition hygiénique. —Si enfants grands et bien portants. N'en a perdu aucun. — Un jour ce malade vint me trouver pour des lésions qui ressemblaient à s'y méprendre à quelques-unes de celles que produit la syphilis. Il avait, en effet, deux plaques très ulcérées sur la langue, situées presque symétriquement de chaque côté de la ligne médiane; les deux émineaces thénar et la base du pouce étaient le siège d'une éruption parcheminée creusée de fissures ou rhagades; sur la peau de l'abdomen, plaques et rubans papulo-squameux formant des groupes irréguliers ou dessinant de grandes courbes en arc de cercle, en demi-lune, en 3 ou 8 de chiffre, etc. Cette éruption était survenue depuis un mois. — Je ne l'attribuai point à la syphilis, non plus que le psoriasis de la langue. A la quarantième année de la syphilis, les lésions qui dépendent de cette maladie ne se bornent pas à des érnptioDs érythémato-papuleuses, à des papules, à des affections psoriasîformes. Elles consistent alors en tubercules ou en gommes cutanées, et ne sont jamais résolutives.
Affection circonscrite de la face dorsale et de la paume des mains, constituée par 'k larges plaques pemphygoîdales, sans autre accident sur le reste du corps. — Blennorrbagie et balano-postbite de nature incertaine. Pendant les cinq premiers mois qui suivirent ces deux affections génitales, rien du côté de la peau, des muqueuses, ni des autres organes. Au bout de cinq mois, la paume et la face dorsale des mains se couvrirent de larges boutons plats, secs et squameux qui laissèrent après leur disparition des taches violacées. — Trois mois après, deuxième poussée sur les mêmes points, sans aucune autre détermination ailleurs. Voici en quoi elle consistait : sur la face dorsale de la main droite où elle était plus prononcée qu'à gauche, quatre ou cinq plaques dont la plus grande avait trois centimètres de diamètre, les unes ovalaires, les autres parfaitement circulaires, d'autres en arcs, en fer à cheval. Leur partie centrale était d'un rouge foncé, entourée d'un bourrelet épidermique, d'un gris clair, semblable à celui qu'aurait produit un vésicatoire. Au-dessous de l'épiderme, liquide séreux clair et couche dermo-papillaire d'un rouge sanguinolent. Dans la paume, plaques faisant peu de saillie et régulièrement formées d'une tache centrale d*un rouge foncé et d'un bourrelet épidermique d'un gris clair, les unes rondes, lesautresréniformes. Peu d'épaississement épidermique. L'affection avait UQ aspect pemphygoîde et ne ressemblait pas aux véritables affections syphilitiques de la main. Je ne la jugeai pas comme telle. II n'y avait du reste aucune trace de cette maladie partout ailleurs. Guérison assez lente. Pas d'autres récidives, quatre mois après. — J'ai vu l'affection syphilitique de la paume de la main débuter par une ampoule purulente, pemphygoïdale. Chez le malade, il survint au vingt-sixième mois d'un chancre labial et après quelques poussées d'accidents syphilitiques légers, deux larges plaques symétriques dans chaque main, formées d'un soulèvement de l'épiderme. Peu de sérosité au-dessous. Elles
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restèreDt longtemps sans percer» puis se desséchèrent et se convertirent ^c papulo-squames psoriasiformes.
Syphilide miJiaire papulo-vésiculeiLse, — Elle se montra vers le deuxième mois d'un chancre infectant superficiel, après quelques prodromes fébriles et uD<r violente attaque de névralgie sus-orbitaire. Vers sa période moyenne elle tta t constituée de la façon suivante : !<> papules ordinaires, acuminées ou plattnon squameuses, au nombre d'une vingtaine seulement; 2* sur les bras, érup>tion miliaire-discrèle formée de papules isolées ou réunies en groupes. Cbaqu<> papule est rouge à sa base et blanche à son sommet. Sur les plus ancienne^, ï'épiderme recouvre le sommet sec de la saillie ; sur les autres il en eslséparc par un peu de pus. Le sommet de la papule dépouillée de sa vésicule est crat*^!forme. Chaque élément papulo-vésiculeux est moins gros qu'une tète d'épi us:)'. : 3<'sur le menton etau pourtour des lèvres, l'éruption est confluente et affecU' '.à forme circinée; presque toutes ces vésicules sont vides. Quelques-unes formc^it une petite croûte de pus concrète En général, les papules sont coiffées d'un petit bonnet épidermique ; 4* éruption miliaire confluente et pityrisiaque daii^ le cuir chevelu avec desquamation furfuracée abondante; quelques croùh« d'impétigo.
Syphilide varioliforme discrète, — Sept semaines après le début de dei:\ chancres infectants de la rainure, éruption discrète sur tous les points «i t corps de petits boutons peu saillants et vésiculeux. — Au bout d'une semai n*. deuxième poussée de boutons semblables, également discrets. Quelques-un»-^ des vésicules étaient nettement ombiliquées. Leur volume variait de ctni. d'une tète d'épingle à celui d'un gros pois. Toutes étaient eotourti*^ d'une auréole inflammatoire d'un rouge vif. Sur quelques-unes répiderm*' s'épaississait en squame ; sur d'autres le soulèvement de Ï'épiderme épai^:. blanchâtre et ombiliqué faisait croire à l'existence d'un liquide sous-jaceoi. quoiqu'il n'y en eût point. — En générai quand on enlevait répiderme d" la vésicule on ne trouvait au-dessus que très peu de sérosité. Toute s. cavité était remplie par une papule ronde, aplatie et d'un rouge sombre caractéristique. — La macule qui succédait à chaque papulo-vésiculc était constituée par une tache brune centrale, entourée d'une zone pigmenteuse m'^in^ sombre.
Syphilide papulo-variolifoune, — Deux mois après une balano-postite ialoctante avec phimosis, éruption confluente de papules plates ou acumiDée< La plupart de ces papules sont surmontées d'une vésicule séro- purulente, ombi quée. Quand on enlève leur calotte épidermique, on trouve au-dessous uq** saillie discoïde avec une petite dépression centrale. Les papules sont ine^raic^ en volume, irrégulièrement distribuées et surtout très diflérentes d'âge. Sur beaucoup, la dessiccation a déjà eu lieu, et il n'existe plus aucun liquide oLtr- Ï'épiderme et le derme. Elles n'ont aucune tendance à l'ulcération et somMeut tenir le milieu entre la papule sèche et l'impétigo le plus superficiel. Les papui^^ jeunes sont entourées d'une aréole inflammatoire très vive. L'érupti<*n est partout indolente. Dans la paume des mains, elle se borne à des do^MccJ• tions de Ï'épiderme, à un épaississement, à une état parcheminé et flolri •)«' SCS couches les plus superficielles, sous forme de plaques rondes, i$ol€C> ou confluentes. Guérison rapide sans cicatrices.
CAS DB 8YPHILIDB8 VÉGÉTANTES. 597
SyphiUde à forme végétante dam la région occipitale du cuir chevelu. Ulcération des pieds et des mains,— Deux mois après le début de TaccideDl primitif, plaques muqueuses buccales; trois mois et demi après, malgré le traitemeat, ulcéraflous des orteils aux deux pieds et du talon. Elles fureat rapidement guéries mais elles réapparurent plus profondes un mois après. — Au neuvième mois de la syphilii«, poussée plus complexe, malgré la continuation du traitement. Jusqu'alors le malade n'avait eu ni tacbes ni boutons sur la surface cutanée; tout s*était réduit à des plaques muqueuses gutturales et aux ulcérations des pieds. A cette époque il lui survint : l<* sur le cuir chevelu, au niveau de la crête occipitale, une papule' végétante de 3 centimètres de diamètre sur une hauteur de 7 ou ^ millimètres recouverte d'une croûte peu épaisse. Deux autres végétations semblables^ mais moins volumineuses existaient non loin de là dans la même région. Ces trois tumeurs étaient dures, résistantes et ulcéreuses dans leur partie culminante. ^ Petites croûtes dans le reste du cuir chevelu. — 2<^ Au-dessous du gros orteil droit, ulcération profonde taillée à pic de 3 centimètres de diamètre, à centre un peu sphacélé; même lésion au talon correspondant. — Plaques exulcérées dans les mains. ~ Rien ailleurs. — Le traite* ment local et le traitement général (biiodure ioduré, emplâtre de Vigo, etc.), firent rapidement justice de cette poussée en trois semaines, les papillomes du cuir chevelu disparurent à peu près complètement.
Syphilide végétante, érosive et ulcéreuse. — C*est un degré plus avancé que dans l'observation précédente. Quatre semai nés environ après un chancre superficiel, la face interne des cuisses se couvrit de papules humides qui, peu à pen, devinrent végétantes, ce qui n'a rien d'extraordinaire dans cette région. Mais le même fait se généralisa sur le reste du corps. Partout s'élevaient çà et là des papules hypertropbiques remarquables par leur hauteur, et recouvertes d'une squame ou d'une croûte. Sur quelques-unes la croûte s'épaississait et se stratifiait à mesure que les tissus sous-jacents se fondaient et devenaient ulcéreux; mais sur d'autres, et c'était le plus grand nombre, le papillome conservait sa forme exubérante, et, quand on le dépouillait de sa coiffure squameuse, CD le trouvait constitué par des faisceaux de papilles hypertropbiques sécrétant chacune de Tépiderme un liquide séro-purulent. — Il y avait en outre sur quelques points des ulcérations qui se formaient d'emblée, c'est-à-dire qui débutaient, soit par une pustule unique, soit par un groupe de petites vésicules purulentes. — Plaques muqueuses ulcérées sur les lèvres et dans la gorge. — Guérison en un mois par le sirop de biiodure ioduré.
Syphilide végétantt circonscrite, ukéro-gangreneuse. — C'est un degré encore plus avancé du processus. Après un chancre de moyenne intensité, la poussée constituée par une syphilodermie papulo-squameuseà papules isolées, à rubans circioés, à groupes corymbiques, siégeait uniquement sur les bras. Plaques muqueuses de la cavité buccale. — Cinq mois après, éruption de cinq ou six grosses papules végétantes sur le front et dans les sourcils. L'une d'elles, située à l'extrémité interne du sourcil droit, persista à l'état de tumeur volumineuse, très saillante, pendant trois semaines; son sommet était exulcéré et un peu fongueux. Tout à coup, il sortit de l'érosion, qui couronnait le papillome ulcéro-végétant, un gros bourbillon de lissu cellulaire sphacélé. Du jour au lendemain la lésion s'aplatit et fut convertie en une vaste ulcération un peu plus large que la base de la tumeur. J'ai vu trois ou quatre fois pareil fait se
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prodoire dus le sourcil. On dirait nae tamenr gommeosc lool «o u....^ subit la iiécrobtoM ceDtrale. — Les autres Tég«talioDi de la rtrzi^c (r-': sourcillera s'affatsâéreut peu à peu el se couTerlirent eu ulcérations cmj'-i^ — n j «Tait sur les bourses trob ou quatre larges ulcêratioDS supcr^i douloureuses, raposani sur ooe base empilée. Rien aillear&. Grande n~.-'j au trailement mille.