‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 267 sur 441 · LÉSIONS FONDAMENTALES DES STPHILIDE8 MUQUEUSES · texte numérisé non relu

LÉSIONS FONDAMENTALES DES STPHILIDE8 MUQUEUSES

vraies. Ne vous attendez pas toutefois à le trouver là avec tous les utr buts qu'il a sur la peau. La délicatesse du tissu dermo-papiUaire, k abondante irrigation sanguine et lymphatique, la minceur et la fîi)^ de l'épi thélium lui font subir quelques modifications superficie! - Mais ce qui lui imprime surtout le cachet de spécificité qui rec*.' i physionomie si saisissante, c'est qu'il se combine avec un a--: degré d'hyperplasie ; il devient érythémato-papuleux et, ain<i stitué, il forme des lésions circonscrites, diffuses ou figurées d:L surface opaline, pseudo-membraneuse ou érosive, plane, légèr""*bombée ou déprimée à son centre et un peu saillante sur ses S .* sécrète sans cesse des produits virulents liquides ou demi-y '. Cette étrange lésion n'a sur la peau rien qui lui ressemble. <jd ;/ dire que son originalité est complète, son autonomie absolue, v qu'elle ait été l'objet de nombreuses recherches, je crois qu'oo o î; encore dit le dernier mot sur sa constitution intime. Je vois ^. ' l'amalgame de la tache érythémateuse et de la papule plate ; mai- j quelle mesure? Voilà ce qu'il est difficile de déterminer. Si j'avai? j trouver une lésion analogue dans la dermatopathie cutanée, j^ «r sirais la tache de roséole maculeuse et surtout celle dans laqu- ' nuances de l'érythème se groupent autour du centre proéminan: forme de zones concentriques.

Je tenais à vous marquer la différence qui existe entre les $>j»'' . des muqueuses proprement dites et celles des surfaces mucoso-t ut^: • On a tort de trop les confondre. Si transformée que soit la peau pxmidité, la chaleur, la macération de son épiderme et toutes \e< -^i pathologiques ou mécaniques susceptibles de l'irriter et de rh\: mier, elle n'en reste pas moins un tégument externe, et aucune «J lésions ne reproduit exactement la vraie plaque érythémato-pafi : des muqueuses proprement dite^. — La pathologie des surfaces. so-culanées ' n'est à vrai dire qu'une annexe des dermatr. . papuleuses que nous avons décrites dans la leçon précédente. — symptômes doivent donc être étudiés séparément sur les mu ? ; et sur les surfaces mucoso-cutanées.

l"" Sur les muqueuses la lésion débute insensiblement ^t ; : ^ toujours sans causer aucune sensation douloureuse, par une ta« r. rouge sombre au centre, un peu moins foncé à la circonférence. S tours sont arrondis, circulaires ou elliptiques ; un peu vagues au

1. J'appelle ainsi, pour abréger, les parties de la peau qui subissent <Arc;o- . des modifications par suite desquelles elles se rapprochent plus ou moins ^' tution des muqueuses.

ca&actI^bes de la plaque des membranes muqueuses. 607

accusent de plus en plus, mais sans former toutefois un contour lire tranchant d'une façon très nette sur les parties voisines. Â urequela tache se constitue, elle semble prendre un peu de corps, -à-dire qu'elle tuméfie les tissus qui sont au-dessous d'elle et leur laire une stiillie diffuse. En même temps sa surface, de rouge qu'elle primitivement, devient blanchâtre, d'un gris clair, opaline^. cette dernière épithète qui rend le mieux la nuance de la teinte ; i a-l-elle été adoptée par tout le monde. L'opalinité est générale irlielle, permanente ou temporaire. Ordinairement, elle persiste et titue un caractère si prédominant de la lésion qu'on Ta désignée sous m de plaque opaline. Il y a des taches érythémato-papuleuses qui Dt rouges, lisses , brillantes , comme vernissées et nuancées de I à teintes variées qui leur donnent un aspect irisé. Ces zones leut quelquefois avec des cercles d'opalinité ; d'autrefois cette lité au lieu d'être circulaire forme à la surface un réseau réticulé, orle de dentelle à travers les interstices de laquelle on voit le rouge érythémateui. La tache peut se bomber en manière de le et devenir une véritable papule à surface rouge sanguinolente, > nettement circonscrite et entourée d'un liséré d'épithélium opa- . — Il lui arrive aussi de former une saillie étalée dont il est le de déterminer les contours. ïl n*est pas rare en pareil cas de ? centre se déprimer, tandis qu'une molle ondulation annulaire me à la périphérie. Vous voyez là des ébauches de papules avec id constant d'érythème. C'est cette combinaison, en proportion lie, qui explique la physionomie générale de la plaque et les nuances ibreuses qu'elle présente durant son processus. Dénudée, dépouilson revêtement opalin, vous la verrez finement granulée et éro- )'emblée aussi, elle pourra prendre ce dernier caractère et rester e, depuis son début jusqu'à sa disparition. Parfois sa surface au être opaline sera grisâtre et pseudo-membraneuse. Il arrivera un centre deviendra franchement ulcéreux, sans toutefois j»er bien profondément, etc. Nous reviendrons tout à l'heure sur ces variétés. Je vous ai montré la plaque érythémato-papuleuse Mais habituellement l'éruption spécifique fait pousser plusieurs \ !)emblables sur le même point. Il y en a même qui en sont littéral couverts. Les plaques, en devenant confluentes, tangentes, en étraut l'une l'autre, changent d'aspect et n'en demeurent pas foncièrement les mêmes. Quelquefois, pourtant, elles affectent

1^ deviens cette épithète si exacte à M. le D' Bassereau.

608 CARACTÈRES DES SYPHILIDBS MU0080-CUTA2ÎÉE8.

dans leur juxtaposition cette forme circinée qu'on trouve à [>f •; invariablement dans toutes les dermatopathies cutanées et muqu- 1 d'origine spécifique. Je vous ai dit précédemment que Térytha muqueuses, à son degré le plus élémentaire, dessinait de> rouges, en arc, en ellipse, en fer à cheval, en cercle, t:j ■ chiffre, etc., sur certaines surfaces où il trouvait assez de pli - i se développer. J'ai souvent observé ces rubans rouges ^^m d'opalinité sur la voûte palatine et le voile du palais, plus n- . sur la face interne des joues et des lèvres.

2® Les syphilides des surfaces mucoso-cutanées ne re^^^ i nullement à la lésion que je viens de vous décrire. La papule. ^ -2 forme la plus accentuée, s'y établit à peu près exclusivement.! thème n'y figure que comme tache transitoire, servant de [:• *. l'exanthème dermo-papillaire. Sansdoute vous trouverez frêqu»r<a soit autour des papules, soit dans leurs intervalles et en parti . fond du sillon cutané, des rougeurs diffuses, une véritable by^ mie inflammatoire sèche ou suintante, avec ou sans abra>i(.-D .; liale, etc.; mais ne croyez point que ce soit là une altération sf^^' '; c'est le résultat d'une irritation d'ordre commun. Cette ir i diffuse ne se fragmentera pas en taches permanentes de.; syphilitique, mais elle constituera un terrain ramolli, arrov : sucs, hersé pour ainsi dire de son épiderme par les froUeii;': merveilleusement approprié à la végétation papuleuse qui val»:*

Ce qui caractérise les papules des surfaces mucoso-cutan en effet, l'exubérance de la sève. L'hyperplasie dermo-j».;" n'étant plus bridée par un épilhélium dont les couches comt ' ^ détruites, amincies ou macérées, se donne libre carrière tî rhypertrophie centrifuge. La poussée se fait en dehors dan? papule. Ses racines restent à fleur de peau ; elles ne s'enfi dans Tépaisseur du derme; elles ne gagnent pas en profond' r. là ce qui explique pourquoi ces produits condylomateux. t volume monstrueux qu'ils peuvent acquérir lorsque rien ne ^i-. trarier leur élan, sont si faciles à réprimer et à détruire, quari' i soustrait aux conditions où ils puisaient leur activité vcgêuii^

Outre qu'elles tendent naturellement à l'hyperplasie, les pa- i -i surfaces mucoso-cutanées sont remarquables par leur nom: • 1 deviennent facilement confluentes et couvrent des réjrions ^'ii- | tumeurs touffues, pressées les unes contre les autres, qui f«ii: î de croissance et constituent d'épaisses nappes mameK»nii * lesquelles s'efface la configuration naturelle des parties envah. >

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