‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 268 sur 441 · VARIÉTÉS DES SYPHILIDBS MUQUEUSES ET MUCOSO -CUTANÉES · texte numérisé non relu

VARIÉTÉS DES SYPHILIDBS MUQUEUSES ET MUCOSO -CUTANÉES

Isolées ou confluentes, petites ou volumineuses, plates ou saillantes, ces sortes de papules présentent un caractère essentiel et qui ne leur fait jamais complètement défaut pendant toute leur durée : elles sont humides, c'est-à-dire que leur surface, dépouillée des couches cornées de Tépiderme qui pourraient s'opposer à leur sécrétion, laisse incessamment transsuder un liquide d'un jaune clair, visqueux, qui empèse et tache le linge en gris conmie la sérosité d'un vésicatoire.

Ces papules humides sont susceptibles de subir certaines déviations morbides qui altèrent leur physionomie sans rien changer à leur essence. Vous en trouverez sur les confins de la surface mucoso-culanée du côté de lapeau, qui deviennent momentanément squameuses, tandis que sur les confins du côté des muqueuses, elles s'aplatissent, s'étalent et se lubréfient comme la vraie plaque des membranes muqueuses. — Quelques-unes s'érodent et saignent alors facilement ; d'autres se détruisent par ulcération; enfin, dans la masse compacte des tumeurs condylomateuses exubérantes, le combat pour cette vie surmenée que chacune est obligée de soutenir n'est pas également favorable pour toutes. On en voit qui meurent étouffées, et ça et là des taches de sphacèle annoncent une existence qui s'éteint faute d'aliments pour la soutenir.

La peau sur laquelle s'implantent les papules humides ne conserve pas toujours son intégrité. Il arrive fréquemment qu'elle s'épaissit, s'indure et se sclérose, surtout lorsque la pullulation est confluente et très active. Le tissu cellulaire s'œdématie, s'enflamme parfois, devient phlegmoneux. Il est rare qu'il n'existe pas autour de la base des plaques une auréole d'hyperhémie plus ou moins aiguë qui envahit dans quelques cas toute la région et dégénère même en une phlegmasie érysipélateuse. Ce sont là les complications les plus fréquentes; elles naissent spontanément, ou bien, ce qui est le plus ordinaire, sont provoquées par la malpropreté, l'incurie, les froissements répétés des surfaces tégumentaires en contact. Alors apparaissent les phénomènes subjectifs dont je ne vous ai point parlé jusqu'ici parce qu'ils font presque toujours défaut, quand aucune cause d'irritation n'intervient pour exaspérer le processus. Ces phénomènes consistent en douleurs plus ou moins vives ou en démangeaisons ; mais ils n'ont aucun retentissement sur la santé générale à moins qu'ils ne troublent quelque fonction importante comme celle de la déglutition, où que la lésion ne subisse les déviations soit phlegmoneuses, soit ulcéro-gangreneuses.

Variétés. — Elles sont nombreuses et reposent sur des différences

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612 VARIÉTÉS ANNULAIRES, ÉROSIVES, VÉGÉTANTES, ETC.

pement inégal de Thyperplasie papillaireoude rindividualité que lend à prendre dans Tensemble chaque groupe de papilles. A mesure que le développement hypertrophique s'accuse, les sillons qui séparent les mamelons se creusent, tandis que ces derniers s'accentuent de plus en plus et forment une végétation plus ou moins touffue, qui n'atteint ce[)t>Ddant jamais le degré de fragmentation profonde et si multipliée quon observe dans les végétations communes et non syphilitiques. Ces papul«^> végétantes peuvent devenir monstrueuses. Il y en a qui mesurent S et 10 cent, de largeur, sur 1 ou 2 cent, d'élévation. Jugez du résultat que doit donner leur confluence sur une même région ! N'est-ce \iàs un véritable éléphantiasis ?

Toutes les papules mucoso-cutanées sont érosives. 11 y en a qui deviennent ulcéreuses. Cette variété ne s'établit pas d'emblée à moins que ce mode de processus ne soit favorisé par de mauvaises condition> de santé ou d'hygiène. Habituellement elle est une conséquence dt l'exubérance hyperplasique et vous la verrez se produire dans le^ vastes plaques condylomateuses qui résultent de l'agglomération surir même point d'un grand nombre de papules hypertrophiques ou \èii*^ tantes. C'est ainsi qu'en pareille circonstance vous trouverez des points de mortification, ou des fausses membranes diphthéritiques, ou bi» u encore de profondes raghades. Beaucoup d'auteurs se fondent sur ces phénomènes irréguliers de l'évolution pour admettre des variété^ grangreneuse, diphlhéritique, fissuraire. Je n'y vois aucuninconvénieni: il importe toutefois de faire remarquer que dans ces variétés la lé>ion sur laquelle on se fonde pour les établir n'est pas originelle, mais acquise, qu'elle ne survient pas d'emblée, mais après coup et à titr»* de complication.

Dans les syphilodermies muqueuses ou mucoso-cutanées, L muqueuse et la peau conservent ordinairement leur souplesse, ou M' n si elles s'épaississent c'est d'une façon diffuse et leur tissu ne devi^Lî que rénitent. Mais quelquefois il se produit à la base des plaqursou des papules une induration limitée, une sclérose circonscrite qui offre avec celle du chancre une ressemblance frappante. Ajoutez que des plaques muqueuses peuvent succéder in situ à l'accident primitif. <^n faisait grand bruit autrefois de cette transformation du chancre au plaque muqueuse. On y rattachait des questions de doctrine qui n'ont plus aujourd'hui aucun intérêt. Vous rencontrerez bien sou^vnl sur les muqueuses et même sur la peau des papules humides qui simulent de tout point la néoplasie primitive. C'est un simple problènit* de diagnostic, qui n'est pas fort difRcile à résoudre.

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