SOUPLESSE, MALLÉABILITÉ DB CB PBOCES8T7S
Yous VOUS êtes servi pour produire leur éclosion. Qa*arrivera4 il C'est qu'en peu de temps, ces monstrueuses végétations vont sVù^ii s^amoindrir, se fondre» s'enfoncer pour ainsi dire à vue d'œildaa»! terrain d'où elles avaient émergé naguère avec une si étonnante pui sance de floraison. Leur sort est donc entre nos mains et nous n av<< pas de grands efforts à faire pour en triompher, pourvu toatefoi> f nous les attaquions directement et sur place avec une médkaL topique bien entendue. Chose curieuse, les spécifiques n'ont prK aucune prise sur ces sypbilodermies ; vous auriez beau gorg^r i malades de mercure et d'iodure de potassium, vous n'obtiendriez <f des résultats insignifiants. Vingt-quatre heures d'un traîlemeo: < approprié avancent plus la guérison qu'un mois de médication mMi Cet étrange contraste, d'une part entre la docilité des papules hu3tf quand notre action sur elles est immédiate et circonscrite, d'aalr 'j entre leur tempérament réfractaire lorsque nous sortons i^ i domaine pour les attaquer indirectement par l'intermédiaire de i i nisme, ce contraste n'est-il pas un des côtés les plus intén^svJiti leur histoire ? Ajoutez à ce trait saisissant de caractère, un aminé Test pas moins et qui consiste en ceci que leurs récidives soLta opiniâtres, aussi inévitables que leur résolution est facile. Ce > J mauvaises herbes qui repullulent sans trêve dans les mêmes b'^ii dont les germes bien difficiles à extirper radicalement ne sVfiJ d'eux-mêmes que bien tard dans le décours de la diathèse. Il ^4 autre remarque à faire au sujet de leur processus. Il est ( ^ indépendant du processus général de la syphilis, de celui q:i side aux grandes manifestations d'ensemble. On dirait que 1^> >^ lides muqueuses et mucoso-cutanées constituent une sorte de >v locale, qui s'est créée une autonomie réelle et durable dans la ii*i constitutionnelle à laquelle ne les rattache plus qu'un faible livu ratif. Elle a ses lois, son gouvernement, sa vitalité morbide «' thone et régionale qui lui donne des mœurs à part qu'on ne r^t pas dans les autres processus de même origine.
Coïncidences pathologiques. — Ce phénomène est d'auUL^ frappant qu'on a sans cesse sous les yeux, pendant les trois lu i premières années de la syphilis, la preuve de la différence qu * à tant d'égards les sypbilodermies muqueuses des syphil^-i cutanées. Leur coïncidence, en effet, est fréquente et même b^-: Mais ce n'est pas à dire qu'elles ne puissent bien se produira* ^ H sans les autres. Pendant une seule poussée de syphilides papii!- :i
COÏNCIDENCES ANATOHO-PATHOLOGIQUES. 615
la peau, par exemple, vous aurez le temps de voir trois ou quatre poussées successives de syphilides muqueuses et de les guérir. Dans Tintervalle des accidents cutanés, les plaques muqueuses repuUuleront. Il y a même de grandes chances pour qu'elles survivent à toutes les lésions que peut engendrer la syphilis secondaire. Bien plus, vous les trouverez mèiées à des manifestations tertiaires précoces et elles n'en conserveront pas moins la physionomie et le processus qui leur appartiennent en propre, tant est profonde leur individualité. Comme elles constituent l'expression la plus commune de la syphilis, il est tout naturel que leurs coïncidences soient nombreuses. Elles entrent dans toures les combinaisons, elles ont leur place marquée dans tous ces cortèges de phénomènes morbides spécifiques qui apparaissent çà et là avec une régularité presque mathématique pendant la période virulente L'affection pustulo-croùteuse du cuir chevelu que Fallope regardait comme un signe certain d'infection syphilitique ne le cède guère en fréquence aux syphilides muqueuses. Aussi coïncident-elles très souvent avec les croûtes de la tète.
A!fAToia£ PATHOLOGIQUE. — Les syphilidcs des muqueuses présentent un grand nombre de variétés dont Tanatomie pathologique explique la genèse. Je vais Yous exposer d'abord les caractères histologiques communs à toutes ces lésions; lia soQt fondamentalement les mêmes que dans les papules cutanées. Ainsi on trouve :
Dtins le derme : 4* Une hypertrophie congeslive et cellulaire des papilles. Leurs vaisseaux augmentés de volume présentent entre les fibres conjonctives de leur tunique externe une interposition de cellules rondes ou embryonnaires. Leurs cellules endothéliales sont en outre tuméfiées et en voie de prolifération. -Le tissu cellulaire qui forme la charpente des papilles présente lui aussi un épaochement de cellules lymphatiques entre ses fibres. Il s'agit donb là d'une MTitable inflammation, comme dans la papule; et ce qui le prouve bien, c'est que les cellules fixes du tissu conjonctif sont elles-mêmes tufiiéfiées, soit par la migration dans leur intérieur de cellules rondes, soit par leur prolifération endogène.
2* La même hypertrophie congestive et cellulaire s'observe aussi dans une étendue plus ou moins considérable du derme situé au-dessous des papilles. C'est elle qui produit l'épaississement et l'espèce d'induration inflatnmatoire de la muqueuse dans certaines éruptions de plaques muqueuses confluentes et per-- Mstantes. Malgré la grande accumulation des cellules embryonnaires dans léâ mailles du tissu dermo-papillaire, ce tissu ne subit pas une dissociation destructive. — En outre les parois de ses vaisseaux ne présentent pas l'état sclérotique si remarquable qu'on observe dans le chancre infectant. — Le processus des plaques muqueuses est presque toujours résolutif. Les produits morbides se fésorbent et il ne se fait point de cicatrice parce qu'il n'y a aucune perte de substance irréparable.
616 PLAQUES OPALINES, DIPHTHÉRITIQUE8, ÉR08IYBS,
Dans VépUhélium. — Il existe toujours une augmentation d'épaisseur rt:gii!i-ii et à grande courbe de toutes les parties qui constituent répithéliam. - \4 cellules de la couche cornée et du corps muqueux présentent les même? jI rations que dans le chancre et dans les larges papules cutanées, cesl-i-^i: l'état cavitairedes cellules avec atrophie de leur noyau et infiltration de puscules de pus dans ces espaces. — Les cellules cornées se desquam«^Qt ^' liquide que contiennent les espaces cavitaires est versé à la surface -i j lésion. C'est ce qui explique pourquoi cette surface est tout à la foi* Ik humide. L'état cavitaire et la desquamation sont deux phénomènes qui > veloppent d'une manière constante dans la couche cornée. Mais les ceîli. corps muqueux subissent aussi, dans une certaine mesure et partie))une lésion analogue qui ne va pas toutefois, excepté dans des proce^^u^ ( actifs, jusqu'à la chute du corps muqueux de Malpighi.
Certaines particularités du processus rendent compte des difl^é^eoce^ •;• i plaques muqueuses présentent dans leur as{5ect et leur configuration. L^ ifl cipales variétés qui en résultent sont :
io Les plaques mtiqueuses opalines* Elles sont très communes et forment ^rj muqueuses une surface légèrement saillante, ovoïde ou circulaire dont lia leur grise ou blanchâtre est caractéristique. Tout autour de cette co*\\it \M châtre existe une zone rouge foncé d'inflammation périphérique. disque opalin n*est pas un élément surajouté à la lésion : il se contiDc l'épithélium des parties saines et il provient des altérations suivantes ';iproduisent au niveau de la plaque dans les couches cornées les plu^ f u cîelles. Ces couches, creusées de cavités cellulaires, s'emplissent de pla^n.i transsudé par les papilles, filtre à travers le corps muqueux de Malpt.' plasma est très riche en corpuscules de pus dont il se charge en {n^-^ l'épithélium; aussi les cellules cavitaires de la couche superficielle sodI-* véritables petits abcès plus ou moins confluents, qui s'ouvrent et dt> leur contenu à la surface de la lésion. Les cellules flétries s'élimiotui pi peu et se retrouvent dans le produit de la sécrétion.
Malgré l'apparence contraire la plaque n'est pas érodée. Les courh*'^'. inférieures de son épithélium plus ou moinsj conservées sont devc^Du lines parce qu'elles se sont imprégnées de plasma chargé de globule lents.
2° Flaques muqueuses diphthéritiques. Ce sont des plaques dont la ^.:^ dépouillée des couches superflcielles et même quelquefois des couches pr> de l'épithélium est recouverte d'une fausse membrane blanche ou &*- Elles présentent souvent uoe grande ressemblance avec les plaques •>. L'exsudat se détache difficilement des parties sous-jacentes et est dn.j grande élasticité. Sa structure est analogue à celle de l'exsudat diyl qui se développe sur le chancre infectant. C'est vous dire qu'il ditlorv •. de la diphthérie vraie. Vous vous rappelez sans doute en effet •; . trouve pas dans la fausse membrane du néoplasme primitif les (-^ spéciaux, les boules de Bolderew, c'est-à-dire de grosses boules o^ sphériques, un peu plus volumineuses que les cellules et dans lestqut! • renfermés les microbes de la lésion, des micrococus ou de petits hàv^u. Cette fausse membrane est constituée par un feutrage de fibrilles titdans les mailles desquelles on trouve des cellules épidermîques, des .^
ANHULAIBES, INDURÉES, HTPEBTBOPHIQUEB, VéOÉTANTES. 617
de pus, des cellules à prolongements rameux enchevêtrés avec les fibrilles et de fines spores d'algues microscopiques arrondies.
Le centre de la plaque est souvent excavé et entouré d'un rebord saillant épidermique. Cette excavation centrale tient à la chute des couches épithéliales remplacées par la fausse membrane et à la diminution de hauteur des papilles au niveau de l'érosion. — Dans les papilles et dans le derme les lésions sont semblables du reste à celles de la papule muqueuse simple.
3* Plaques muquetises érosives. L*érosion, comme je vous Tai dit souvent, n'est aatre chose que la chute des couches de l'épiderme corné. La plupart du temps la couche intermédiaire ou granuleuse, et la couche du corps muqueux de Malpighi restent en place. Il y a des plaques muqueuses qui sont érosives d'emblée, en ce sens que, dès qu'elles apparaissent, leur surface se dépouille de toutes les couches épidermiques superficielles ou cornées. Il y en a d'autres qui deviennent érosives vers leur déclin, soit spontanément, soit surtout parce qu'elles ont été soumises à des causes d'irritation qui ont activé le processus ioflammatoire. La portion centrale érodée est d'un rouge foncé quelquefois ecchymotique on l'aperçoit par transparence à travers le vernis que forme audessus des papilles le corps muqueux de Malpighi conservé. Cette dépression i'eotrale est quelquefois rendue très sensible par le bourrelet hypertrophique circulaire que constituent autour d'elle les couches non desquamées de l'épiderme . L'ensemble de la lésion a une apparence cupuliforme.
4* Papule muqueuse annulaire. — Cette disposition cupuliforme est plus pro- DOQcée et plus caractéristique dans la vaciété annulaire; au centre de la plaque^ le processus loin d'être érosif est réparateur, tandis que sur les bords il conserve son activité et produit un cercle d'hypertrophie, qui, comme celui de U plaque elle-même, comprend l'épithélium et le tissu dermo-papillaire.
5« Plaques muqueuses à base indurée. Ce sont celles qui siègent sur une surface altérée par la présence d'un chancre antérieur et qui est restée œdématiée et scléreuse. (^omme dans cette dernière lésion il existe un état de sclérose et d'engorgement dans les vaisseaux sanguins et lymphatiques qui produit la permanence de l'œdème, non seulement au niveau de la plaque, mais aussi beaucoup au delà. — Il y a identité presque complète entre la constitution histologique de cette variété et de la néoplasie primitive.
6* Plaques muquetises hypertrophiques. — Elles sont constituées par les mêmes lésions que la papule muqueuse simple, seulement ces lésions y sont infiniment plus développées. Examinées dans leur ensemble les papules hypertrophiques présentent un aspect moins régulier que les papules simples, parce qu'il y a des inégalités dans le développement hyperplasique des papilles ou des groupes de papilles. Delà une surface inégale et bourgeonnante. — Les papilles sont très allongées; il en est de même de leurs vaisseaux dont les parois sont embryonnaires. La trame dermo-papillaire est infiltrée d'une grande quantité de cellules rondes emprisonnées dans ses mailles. On constate une épaisseur très considérable dans les couches du corps muqueux de Malpighi, la couche granuleuse et I epiderme superficiel. La disposition épidermique n'est pas modifiée. Les cellules les plus superficielles se desquament régulièrement et sont entraînées par le liquide qui passe à travers toutes ces couches hypertrophiées.
7« Plaques muqueuses végétantes. — Elles ne sont que l'exagération du type précédent. Les papilles dont l'hypertrophie est excessive dans toutes leurs parties