DES PLAQUES MUQUEUSES DES LÈYBES
Cette transformation est très sensible aux commissures labiales. Rien de plus fréquent que les plaques muqueuses en ce point. C'est un nid où on en trouve presque toujours. Elles y forment de grosses papules qui s'hypertropbient, s'épanouissent en dehors où elles sont squameuses, grenues, croùteuses, impétigineuses et ne ressemblent nullement à la plaque muqueuse typique. Mais écartez les lèvres et vous verrez que ces grosses papules sont creusées d'une profonde fissure dont les parois sont tapissées d'une couche opaline, dont le fond est ulcéreux et à vif. Cette lésion se trouve à tous les degrés et avec une prédominance plus ou moins marquée d'un des éléments qui la constituent. Parfois ce n'est qu'une étroite fissure parsemée sur ses bords de petites granulations croùteuses; d'autrefois au contraire, l'excroissance, sur l'angle cutané, tourne à la forme végétante et devient un véritable papillome squamo-croùteux, qui se prolonge en dedans sous forme de plaque opaline et est creusé à son centre d'une profonde rbagade uJcêreuse. — Les fissures sont très communes au bord libre des lèvres. On les rencontre principalement sur la ligne médiane de la lèvre inférieure et aux commissures ; chez les fumeurs, le contact irritant du tuyau de pipe fait pousser des plaques opalino-croùteuses qui se transforment aisément en plaques érosives ou fissuraires. — Vous observerez fréquemment sur la surface labiale mucoso-cutanée de vraies papules humides, saillantes, arrondies, érosives, entourées d'un petitliséréépithélialettoutà fait semblables à celles qui se développent sur la peau modifiée. Elles se couvrent de pseudo-membranes ou de croûtes, suivant qu'elles sont plus ou moins éloignées ou rapprochées de la ligne cutanée, ou bien elles restent à nu, s'érodent de plus en plus et deviennent ulcéreuses.
La syphilide labiale présente donc un spécimen de toutes les variétés de plaques muqueuses. C'est leur foyer le plus actif et le plus dangereux.
11 y a de nombreux degrés, dans l'étendue et l'intensité de l'éruption. Les symptômes subjectifs se réduisent habituellement à de la gène dans les mouvements prononcés des lèvres. Mais dans les formes ulcéreuses, hypertrophiques et confluentes, il existe de la douleur et il se produit aussi un afflux considérable de salive provoquée par l'irritation des glandules labiales. Les variétés fissuraires sont les plus pénibles. Le diagnostic d'une éruption aussi caractéristique ne présente point de difficultés*. Il y a cependant des érosions aphteuses
1. UHydroa qui est une affection cutanée érythémato-phlycténoïde, avec des lésions (Bdémateuses de lapeau^ s'accompagne souvent d'altérations de la bouche que Ton pour-