ET VÉGÉTANTES DE LA LANGUE
cas, la physionomie de la langue s'éloigne de plus en plus de l'état normal. Son mamelonnement qui est ébauché chez certains individus s'accuse encore plus, môme sur les points où il n'y a pas de papules. Tout le chevelu épidermique se raccourcit ou tombe, et la surface inégale, comme capitonnée et labourée de sillons, devient roiige, lisse et parsemée çà et là de plaques ou de traînées opalines.
E. Ajoutez que les papules s'ulcèrent, s'hypertrophient ou se convertissent en végétations. — Leur ulcération reste toujours superficielle. Si toute une papule subissait la fonte nécrobio tique, ce ne serait plus une papule mais un tubercule. La limite entre les deux lésions est difficile à fixer, surtout à la fin de la période secondaire. — Il y a des papules qui s'hypertrophient, soit en grossissant dans tous les sens et en formant de petites tumeurs muriformes, soit en s'étalant plus qu'elles ne s'élèvent. Dans ce dernier cas, elles prennent quelquefois la forme de grands disques annulaires. J'ai vu un exemple bien remarquable de papule hypertrophique de la langue, chez un individu arrivé au cinquième mois d'une syphilis à accidents consécutifs superficiels. Vers la partie moyenne de la langue et sur sa face supérieure, s'élevait, à quelques millimètres au-dessus des parties voisines, une plaque parfaitement circulaire, rouge, lisse, dépouillée d'épithélium , de deux centimètres de diamètre, douloureuse, circonscrite par une sorte de fossé régulier comme elle et assez profondément creusé dans l'épaisseur de la muqueuse. Sur d'autres points, la langue présentait de nombreux disques de desquamation. — Les formes végétantes des papules ne sont pas communes dans la syphilis. Elles s'observent plus fréquemment dans le psoriasis de l'organe '.
1. Les plaques hypertrophiques de la lanf^ue peuvent acquérir quelquefois un volume énorme. Chez un malade arrivé au 6* mois de la syphilis, j'en ai constaté une située sur la ligne médiane, en avant du V lingual, qui avait à sa base 2 centimètres de diamètre et faisait une saillie de 1 centimètre. Elle était régulièrement hémisphérique, mu riforme, c'est-à-dire hérissée de petits mamelons également hémisphériques, du volume d'un grain de blé, et tous recouverts d'une couche opaline. — Le reste du papillome était d'un rouge sombre. — Cette tumeur fut guérie au bout de 15 jours ou •'i semaines.
Chez un autre de mes malades, j'ai vu survenir au 5* ou 6* mois de la syphilis, quatre énormes papules condylomateuses , violacées et framboisées sur la moitié ou le tiers postérieur de la langue.— Elles étaient rouges, indolentes et parsemées de taches opalines sur leurs petits mamelons. Cette affection linguale qui ne présenta aucune gravité, coïncidait avec des plaques opalines confluentes de l'isthme et des lèvres, avec des plaques cutanées sur le front et sur le menton, et avec une éruption de plaques muriformes au pourtourde l'anus. Elle fut guérie en un mois. — Le malade avait une plaque muqueuse sur le bord libre de la paupière supérieure d'un œil artificiel en verre; cette plaque développa auiour d'elles une zone inflammatoire qui envahit peu à peu toute la cavité conjonttvale.
634 DISQUES DE DESQUAMATION.
F. Je viens de parler des disques de desquamation. CeiXnneli^^U syphilitique qui appartient en propre à la langue et qu'on n*ob?^H que là. Voici en quoi elle consiste : çà et là, sur le dos de l'organe, surfaces plus ou moins grandes^ arrondies, ovalaires, isolées ou * fluentes, se dépouillent complètement de leur chevelu épidennique deviennent lisses, comme polies ou vernies, formant contraste eo avec l'apparence touffue des parties voisines. Aussi, les a-l-on s mées plaques lisses de la langue (À. Fournier). Je les appelle <f{ de desquamation ou plaques de desquamation pour montrer qu résultent principalement de la chute de l'épithélium. Je ne mieux comparer cette lésion qu'à une alopécie de la langue, X pas, en effet, une vraie chevelure que forment sur les papilles como ou filiformes, les cellules épithéliales qui les recouvrent? Ces o!i se divisent en un certain nombre de filaments longs et fins, tt-: en pointe et subdivisés à leur tour. Us peuvent atteindre jusqu'à I" et donnent à l'ensemble de la papille la forme d'un pinceau trè§ mio La partie épithéUale cornée, implantée sur une papille à peior s lante, a donc une très grande longueur; ajoutez-y les algue^ j végètent. Eh bien, c'est cette herbe, cette chevelure épitbéliale qui son adhérence aux parties sous-jacentes, devient caduque , se &*. spontanément , ou est arrachée et entraînée par le frottement passage des aliments et des boissons. A sa place, il ne reste çj surface Usse, plane, recouverte simplement par les couches stnti du corps muqueux. Ne vous imaginez pas que la syphilis seoo produise seule cette desquamation. Cette apparence de la i dépapillée, au niveau des lésions syphilitiques de la première »*:-i^ se retrouve dans les syphilides tertiaires en plaques de la laDgu- 1 la syphilis seule n'a pas le privilège de desquamer les papilles. T«< les lésions dermo-papillaires, quelle que soit leur cause locale i* i origine constitutionnelle, aboutissent là. Aussi, l'état lisse es: des phénomènes morbides les plus communs dans ces glossopattv complexes et si obscures qu'on a englobées sous la dénomination c mune, peu rigoureuse mais acceptée, de Psoriasis de langue, <> ces disques de desquamation ont de remarquable pendant U pi secondaire de la syphilis , c'est leur contour arrondi, ovalain forme, leur disposition systématiquement circulaire et même ci: .3
1. Le nombre et la grandeur des disques de desquamation sont génénl-*" des rapports inverses. Dans un cas j*en ai compté plus de cinquante sur 1" : langue. Chacun d'eux, parfaitement distinct de ses voisins, avait à peine '-* -i d'une lentille. Leur couleur était d'un rouge sombre; ils présentaient à leur .--ri