TRAITÉMBNT DES PLAQUES MUQUEUSES
lésions, si minime qu'elle soit, est un foyer actif de contagion qu'il est toujours urgent d'éteindre. Vous n'arriveriez pas à ce but, ou TOUS l'atteindriez trop tard, si vous vous borniez à la médication interne. Prescrivez-la toujours, mais n'en attendez que des résultats très lents et souvent incertains. C'est principalement le mercure qu'il faut administrer à une dose qui varie suivant l'étendue et la confluence des lésions. On doit aussi tenir compte des tendances de leur processus. Si elles deviennent ulcéreuses et hyper trophiques, donnez un traitement mixte dans lequel vous ferez entrer Tiodure de potassium sui- Tant des proportions dont vous chercherez la mesure dans l'activité plus ou moins prononcée du processus papulo-ulcéreux.
Une question que vous ne devez pas négliger, c'est celle de l'hygiène. Dans toutes les affections syphilitiques de la bouche et du pharyni, il faut interdire formellement à vos malades l'usage du tabac à fumer. Le cigare, la cigarette et la pipe sont la cause la plus ordinaire de la persistance indéfinie des plaques muqueuses et de leurs récidives si fréquentes. Proscrivez aussi le tabac à chiquer, l'usage des aliments fortement épicés et des liqueurs irritantes. lîeconmiandez les plus grands soins de propreté pour la bouche. Passez les dents en revue ; si elles sont couvertes de tartre , cassées, gâtées et dans un état tel qu'elles soient susceptibles de provoquer et d'entretenir un état habituel d'irritation sur la muqueuse buccale, que votre malade les fasse immédiatement soigner par un dentiste. Je conseille de se servir d'une brosse douce, saupoudrée d'une poudre dentifrice composée à parties égales de poudre de charbon et de quinquina, et, comme gargarisme pour la toilette de la bouche, d'une solution de dix grammes de chlorate de potasse dans un litre d'eau.
Le traitement local l'emporte de beaucoup comme efficacité et promptitude sur le traitement général. Il est donc absolument indiqué dans tous les cas. Toutefois certaines circonstances accidentelles et transitoires doivent en faire différer l'emploi. Ainsi vous n aurez pas recours aux caustiques qui forment la base de la médication locale, s'il existe au-dessous et autour des plaques muqueuses une violente inflammation. Dans les pharyngopathies spécifiques subaiguës, par exemple, et, à plus forte raison, dans celles qui s*accompagnent d'une violente douleur et d'une turgescence considérable de toutes les parties constituantes de l'isthme, avant de cautériser les plaques, il sera prudent de recourir pendant quelques jours à un traitement antiphlogistique modéré , jusqu'à ce que les phénomènes inflammatoires, surajoutés à l'affection spécifique, se soient dissipés*