PENDANT LES PEEMEÈEES PHASES DE LA SYPHILIS
Toutefois les laryDgopathies sont relativement rares pendant la phase virulente de la syphilis; elles ne font point partie de ce cortège habi-
Morgagni, Astnic, Cheyne, Jos. Frank étudient cette question en s'appuyant sur des examens nécroscopiques. César Hawkins et Porter les décrivent plus minutieusement et es^sayent de leur assigner certaines divisions. Ces deux derniers auteurs émettent aussi l'opinion que le larynx est envahi par propagation, le pharynx étant toujours le premier atteint. Il est difficile de comprendre pourquoi ces auteurs, après cette affirmation, attribuent ensuite au traitement mercuriel les accidents respiratoires de la syphilis. Ne faudrait-il pas voir dans cette étrange opinion comme le reflet de croyances populaires qui existent dans tous les pays et dont l'Angleterre n*est pas exempte ? Nous voyons Desruelles «associer à cette interprétation, mais il ajoute qu'à côté du mercure, les refroidissements H les efforts vocaux jouent un certain rôle dans les accidents laryngés syphilitiques. Trousseau et Belloc, et Baumes citent quelques exemples d'affections syphilitiques du laryox. mais on peut se demander si le dernier de ces auteurs ne les a pas confondues avec des manifestations d'une autre diathèse, tant il insiste sur la coïncidence des manifestations laryngées avec celles des poumons. A la même époque, Carmichaël appuie beaucoup sur la gravité toute particulière de la syphilis laryngée qu'il faut combattre, dii-)l, par la trachéotomie, si Ton veut mettre la vie des malades à l'abri de grands ùangers. Il admet que les manifestations syphilitiques du larynx peuvent survenir indé- (^^ndamoient de celles du pharynx, et décrit très bien les symptômes auxquels on peut ,iij?er de leur degré de gravité. Dans une étude spéciale (Souhanek) de Prague, publie i\ observations de laryngopathies syphilitiques chez des femmes, coïncidant toujours aver des ulcérations pharyngées, celles-ci étant consécutives à celles-là. Dans treize cas, Suuhanek a constaté, au moyen de la palpation digitale, la destruction plus ou moins • nTiplête de l'épiglotte et des replis aryténo-épiglottiques. — Nous mentionnerons encore les observations de Lebert, de Larrey, de Lawrence, de Ricord, de Sestier^ celles appuyées sur les examens po.9/ mortem de Cruveilhier, de Rokitansky et de Virchow. Ce dernier jiiteur in.siste particulièrement sur la tendance des ulcérations syphilitiques du larynx à [•njiiuire des cicatrices végétantes, et il entre à ce sujet dans des détails histologiques irt»? circonstanciés.
Notre intention n'étant nullement de faire ici une étude historique complète, nous n'a\ons fait que mentionner ces travaux, pour montrer que, jusque dan? ces derniers ipmps. les auteurs avaient à peine fait mention des accidents précoces de la syphilis dans \e% voies respiratoires. — C'est Czermak, l'inventeur du laryngoscope, qui, le premier, a fait lexameu sur le vivant dïndividus atteints de laryngopathies syphilitiques, et il mentionne déjà les plaques muqueuses. Les recherches de Tiirck, deStoerck, deVoltolini, de Mackenzie, de Mandl, de Moura, les nôtres propres, et d'ailleurs les publications si Dombreuses de tous les auteurs qui, dans les derniers temps, ont écrit sur le larynx, notamment Ruehie, Tobold, Kohn, ont de plus en plus étendu le nombre des observations. Nous avons dit, au début de cette étude, que la question qui nous occupe a été partirulièrement étudiée par MM. Gerhardt et Roth, par M. Dance et M. Ferras.
Avec l'apparition du laryngoscope, toute la question changea de face : le cadre des aixidents ultimes de la syphilis fut notablement élargi par l'étude sur le vivant de faits qu'on n'avait jusque-là observés qu'à l'autopsie. Quant aux premières manifestations laryngées de la syphilis, leur histoire a en quelque sorte commencé avec le laryngoscope, qui est venu fournir des données entièrement nouvelles, certaines et précises. Les interprétations sur quelques côtés de la question n'ont pas, il est vrai, toujours été les mêmes, mais il n'en peut guère, être autrement d'une étude qui est à ses débuts, et nous ne Moutons pas que l'accord ne s'établisse parmi les observateurs à mesure que le nombre des observations augmentera. Les laryngopathies précoces de la syphilis ne sont pas fréquentes. Pendant plusieurs mois nous avons recherché les cas de raucedo syphilitica parmi tous les malades entrés dans nos salles à l'hôpital du Midi et parmi tous ceux,
650 CAS DE LABYNGOPATHIES AYEO PLAQUES MTTQUKUSB.
tuel de symptômes qui se montrent presque fatalement chex toa^ \t malades. Sur cent syphilitiques, vous n'en trouverez peut-être pai
bien autrement nombreux, qui se présentent à la consultation. Si doqs n'aTr.D« > zi qu'à recueillir un nombre aussi restreint (inobservations, c'est qne certainoDc^ i accidents laryngés dans les premiers stades de la syphilis sont rares.
La première partie est consacrée à Texposition des faits. Comme elle ne poQ^ i. i trouver place dans ma leçon, j*en donne ici le résumé. Le seul sommaire des dir'-.. tions suffira pour se faire une idée des investigations cliniques qui ont servi dt U" notre mémoire.
Section L — Laryngopaihies emec plaques tnuqtieuset^
La plaque muqueuse, cette lésion si spécifique, si propre à la syphilis, qui $•• â. 9 loppe sur tous les points de la surface cutanée, qui a une prédilection sî marqjr les muqueuses voisines de la peau, ferait-elle défaut dans le larynx? La a.c^laryngée posséderait-elle une sorte d'immunité contre une pareille lésion? N>.^ .1 qu'en disent M. Ferras et les observateurs distingués dont il invoque Tautonir. i. effet, dans 14 cas de laryngopathies syphilitiques secondaires, nous avons tr»ti^ i fois des plaques muqueuses sur la muqueuse laryngée.
1. Laryngopathie, avec dysphonie progressive, survenue à la fin du ^ tnji. l'i syphilis légère. Constatation^ au 5' mois de la laryngopnthie, des lésions #1» . . 1 hypertrophie des cordes vocales inférieures avec plaques opalines; plaque n., 1 ulcérée sur la corde vocale droite ^ puis sur la gauche.
2. Laryngopathie progressive et indolente, survenue sans cause occasionnel > .-i ciabte, au 10" mois d'une syphilis légère. Plaques muqueuses de Visthme du go>t^. >-• bord libre de la corde vocale inférieure gauche, plaque muqueuse caractért*iij^ \ lante et non érodée, semblable à celles de Visthme. Petits Ilots d'un 6lanc m«f d^^ra^ sur les deux cordes vocales.
3. Laryngopathie indolente et à marche irrégulière, survenue deux mois et d^fm, ^ r accident primitif, en même temps que d'autres manisfestatians syphUitiqurs de t^ 1 intensité, et présentant au bout de 15 jours une plaque muqueuse caracteriitîqw . .corde vocale inférieure gauche. Au bout de 45 jours, trois plaques muqueuses n*vi . - 1 une sur la cqrde vocale gauche, deux plus petites sur la droite.
4. Vers le i* mois d'une syphilis légère, laryngopathie provoquée par des ej r- * -^ ques, etc., présentant, comme lésion, après trois semaines de durée ^ sur >. ■< vocales inférieures, de Vépaississement, des rougeurs partielles et deux p iaquet 7% •« . <^i érodées.
5. Aub* mois d'une syphilis légère, laryngopathie indolente, présentant aprt^ 1 «•«. 1 de durée les lésions suivantes : épaississement et rougeur des cordes vocate% z n * -^ -i plaque muqueuse végétante de la corde vocale droite.
6. Au 4* mois d'une syphilis de moyenne intensité, laryngopathie pré*entu%.' «i 7 mois de durée, les lésions suivantes : rougeur, épaississement, conge^ttion df r*x
et de la portion sus-glottique du larynx, épaississement de la corde vocale t%' -i gauche, plaques muqueuses érodées et plaque végétante sur la corde vocale oi-i-- 1 droite.
7. Sept semaines après V accident primitif, apparition dune iarym^opathie >.-indolente, au milieu de troubles constitutionnels sévères, caractérisée à «om :K* ^- : les lésions suivantes : rougeur et épaississement de fépiglotte et du àord adJ •^«%' cordes vocales ; plaque muqueuse érodée sur la face supérieure et sur te Aord ht'^ 1 corde vocale gauche; condylome syphilitique dans l'angle des deux cordes^
8. Au 6.V jour du chancre infectante laryngopathie légère et indotemie sur •" .■