‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 290 sur 441 · TRAITEMENT GÉNÉRAL ET TRAITEMENT TOPIQUE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT GÉNÉRAL ET TRAITEMENT TOPIQUE

nous avons quelquefois tentée sans succès : elle réussissait sur la peau et échouait sur le larynx. Du reste, en général, les affectiona cutanées syphilitiques sont plus rapidement touchées et guéries par le mercure que les affections syphilitiques des muqueuses. Nous faisons ces remarques pour empêcher l'abus qu'on serait tenté de fak« de la médication hydrargyrique, si on voulait en mesurer les doses à l'inertie que lui oppose trop souvent la laryngopathie syphilitique. La préparation dont nous nous servons le plus habituellement est le protoiodure d'hydrargyre sous forme de pilules de 0,03 centigrammes. Nous en donnons de 2 à 4 par jour.

Quant à Tiodure de potassium, il est rare que nous y ayons recours à cette phase de la maladie constitutionnelle. Il trouve son opporijtunité plus tard, quand le pharynx est atteint de ces graves ulcération* qui détruisent les parties molles et attaquent même la charpente 6 Torgane. Dans les laryngopathies précoces et superficielles, il e>i rarement indiqué ; nous pourrions même ajouter qu'il est quelquefois nuisible quand il développe outre mesure ses effets physiologiquts, c'est-à-dire cette hyperhémie sécrétoire de la conjonctive, de la piluitaire, qui s'étend jusqu'aux muqueuses de la gorge et du larynx.

Lorsque les laryngopathies ne cèdent pas au mercure, ou que les lésions qui les constituent ont de la tendance à s'ulcérer, nous avons recours à l'iodure de potassium combiné avec le biiodure d'hydrarg>Te et nous varions suivant les cas la dose respective de chacun de ce^ sels. La formule suivante est celle que nous employons de préféren«^^: biiodure d'hydrargyre 0,10 centigrammes ; iodure de potassium, 5 grammes; sirop de quinquina, 300 grammes ; deux ou trois cuii!.rees à soupe, par jour dans une tasse d'infusion de tilleul aromatisa' avec de l'eau de fleurs d'orangers. Si ces laryngopathies, qui > -* presque toujours bénignes, prenaient des proportions sérieuses. «*♦ qu'il devînt urgent d'agir vite et énergiquement, on pourrait l^nt-^r les frictions mercurielles sur la partie antérieure du cou, an niv-ic de l'organe malade. Cette pratique serait indiquée également par lintolérance de l'estomac ou le mauvais état des voies digestives.

Il est tout un côté du traitement général qu'on aurait grao<! tort de négUger , sous le prétexte que l'affection est spécifique et ne peut guérir qu'avec des spécifiques. Nous voulons parler de U médication commune , de celle qu'on emploie dans les catarrbe> ordinaires du larynx. Ainsi, quand le processus est vif et que la forni'^ inflammatoire prédomine , il faut recourir aux émoUients , proscrire une diète plus ou moins sévère, écarter toutes les causes qui p^>ur*

STPHILIDES MUQUEUSES DES MEMBRES SUPÉBIEUBS. 667

it agir directemeDt ou indirectement sur l'organe malade , et )érer les accidents dont il souffre. Dans les formes indolentes ^Dt les plus communes, on peut être moins sévère ; mais il est pensable de soumettre le larynx à un régime rigoureux. Il interdire les efforts de voix et tout ce qui, dans le régime, rait exciter la muqueuse du pharynx, l'épiglotte et l'ouverture rieure du larynx, entre autres choses les liqueurs alcooliques fumée du tabac. Ce sont des mesures de rigueur pénibles pour laiades dont la santé générale n'est pas altérée ; il sont peu disi à se faire les esclaves de leur larynx et à se plier aux exigences éciame son hygiène bien entendue. Ils aiment mieux avaler des » ou des sirops. Mais que feront ces pilules et ces sirops qui ont bien du mal à venir à bout de l'affection, s'il leur faut encore raliser les effets déplorables d'un régime et d'une hygiène mal iris?

Dc lusage, mais pas l'abus des spécifiques d'une part, et d'autre remploi des médications conmiunes applicables aux affections rhales du larynx, et sourtout l'hygiène et le régime ; tel est le dé de nos conseils en ce qui concerne le traitement général '•

PHILIDES MUQUEUSES DES MEMBRES SUPl^RIBURS , DES MAMELLES

I l'ombilic. — En songeant à l'activité incessante que dé- )t les membres supérieurs chez la plupart des malades qui entrent DOS salles, j'ai été étonné de ne pas les trouver souvent affectés de lides muqueuses. — Ces manifestations sont, en effet, extrêmerares chez l'homme. C'est à peine si je puis vous montrer chaque ) trois ou quatre cas de plaques muqueuses de l'aisselle. Et re- Qez que l'aisselle est la seule partie des membres supérieurs où

^ traitement local direct n est pas aussi avantageux qu'on pourrait se Timaginer et ') avons recours que lorsquMl existe des lésions profondes et de longue durée et moqueuse hypertrophiée, ou érodée depuis longtemps par des plaques muqueuses «oabies, a besoin d'être modifiée par des topiques. On a recours alors k des ^ astringents ou légèrement caustiques, dont on badigeonne la cavité laryngée au d une baleine courbe munie d'une petite éponge et guidée par le laryngoscope. \ii liquides qu'on pourra employer suivant les cas : glycérine 30 g., extrait ^it^ 0,10 c, iode métallique 1 g., iodure de potas. 1 g. (Isambert) ; — Nitrate r.î f n solution au 20» ou au SOa; — Nitr. acide de mercure en solution au 100» ; — r le zinc en solution au 50* ; acide chromique en solution au 5*. — On peut aussi rir «lu crayon de nitrate d'argent, etc.

668 SYPHILIDES MUQUEUSES DES MAKELLIB.

on les observe. Ailleurs, vous n'en constaterez jamais ni au pli coude, ni au poignet, ni dans les espaces interdigitaux. Les mfiii^ inférieurs sont infiniment moins privilégiés , comme vous 1^ s*\ plus tard. Dans l'aisselle, ainsi que sur d'autres points du cor^^ syphilides muqueuses sont isolées ou confluentes. A leur état Ir simple et le plus discret, elles sont constituées par des papule? ] ou moins saillantes, à contours irréguliers, érosives, humides o teuses. Quant elles s'agminent, elles forment des nappes maH nées, bourgeonnantes, creusées de sillons qui tendent à devenir f raires au niveau des plis. Quelquefois elles arrivent à être vé^: Alors même qu'elles acquièrent un grand développement r nombre et comme volume, elles sont très bénignes et guéris>^u. Elles ont beaucoup moins de tendance que celles d'autres paiii corps à sécréter abondamment; elles exhalent une odeur mo fecte et sont, la plupart du temps, exemptes de complications.

Les syphilides muqueuses du sein ont une bien autre impv que les précédentes. Ce n'est pas qu'elles présentent des c particuliers de durée et de gravité. En tant que lésions , ell^ aussi bénignes que celles des autres régions. Mais là elles cré^' source continuelle d'infection pour l'enfant pendant la la seule période à peu près où elles se développent chez la f^r. prennent le caractère de plaques humides qui les rend si dang Sur l'auréole, autour du mamelon et à sa base, sur le mamt* i même, de larges papules isolées ou confluentes, à surface lis.^. tante et d'un rouge foncé, forment une sorte de couronne irrtf i Ce sont des papules lenticulaires ou des fissures, des gerçure^ gées , des crevasses humides et sanguinolentes qu'il serait tn de prendre pour des lésions communes. Chez les fenunes qui mamelles volumineuses, lourdes et pendantes, la face inféh^^ sein se couvre de papules. Ces papules trouvent là toutes les colI requises pour se convertir rapidement en plaques niuqueu> leur, humidité, contact et frottement de surfaces adossées, fin peau, etc. Elles s'étalent, se multiplient, se touchent, se cou' i et constituent bientôt de grandes nappes d*hyperplasie mucoscH * t qui envahissent, non seulement toute la moitié inférieure t^ mais aussi la paroi correspondante de la poitrine. L'interlh^ fissures viennent les compliquer. Quelquefois la lésion est lin' pli pectoro-mammaire ou au sillon qui sépare des deux seins

J'ai observé fréquemment chez l'homme des plaques muq^i.^ l'ombilic. Ce sont des papules plates plus ou moins saillanlt^ r:

STPHnilDES MUQUEUSES DBS ORGANES GÉNITAUX. 669

lineusos parfois pour constituer une masse hypertrophique, une ir iuforme, au milieu de laquelle disparaît la cicatrice ombi- . ËQ pareil cas, elle sont toujours rouges ou opalines, quelquefois es, et sécrètent avec abondance un liquide séreux à odeur in- Quand elles sont isolées et discrètes, les papules peuvent sèches et squameuses sur les bords de l'ombilic, tandis que, e fond, on les trouve toujours suintantes.

HTLIDES HUQIJEUSES DBS ORGANES Gl^NITAUX. — Il u'existO paS

ion dans l'organisme où ces sortes de sypbilodermies pullulent uc pareille exubérance. Et c'est non seulement sur les organes ji cux-mt^mes qu'elles trouvent le terrain qui leur platt, mais aussi • rlistricts adjacents, au périnée, dans le sillon périnéo-crural, ->orotal, au pli de Taine, à la partie interne et supérieure des , etc. Chez la femme surtout, leur prolifération arrive souvent à re des résultats monstrueux. On observe, en pareil cas, toutes nés, toutes les variétés, toutes les déviations morbides que prét que produit la papulation sans frein s'entassant dans un espace rrit où se réunissent et se combinent toutes les conditions étios les plus favorables à la transformation suintante. Nulle part, peut aiieux étudier cette dermopathie mucoso-cutanée, douée i puissante spécificité et d'une physionomie si originale. Il coni la décrire séparément chez l'homme et chez la femme, ainsi is l'avons fait pour l'accident primitif.

kez r homme. — La muqueuse du gland peut présenter à peu ites les éruptions cutanées de la phase secondaire. Ainsi, vous .«rez quelquefois des taches de roséole disséminées ou con- , amorphes ou avec des contours circulaires complets ou in- 5, etc. Il se produit aussi sur cet organe de véritables éruptions ateuses, diffuses, qui donnent lieu à des balano-posthites les aiguës ou subaiguès.

s ces lésions prennent souvent de grandes proportions chez idus dont le prépuce est long et muni d'un limbe étroit, et qui lormal sont en état de phimosis incomplet. Toute éruption le ou papuleuse, même discrète, expose alors à la balano-posiu phimosis. — Chez les personnes circoncîtes ou dont le prérecouvre pas le gland, l'affection reste toujours sèche et de-

670 PLAQUES MUQUEUSES DU OLANB ET DU PBiPUCS.

vient furfuracée ou squameuse. — Les rougeurs balaniques de r syphilitique sont d'un nuance sombre et à contours circulaires. iées et subaiguês, elles restent sèches ou sont peu humides, p^ quelques jours ; mais, pour peu qu'eUes soient confluentes et de^i peut autour d'elles une irradiation inflammatoire, leur surface se quame, s'érode et sécrète avec abondance un liquide sértHon d'une odeur désagréable. Ces tlots, ces rubans de desquam&i sive ressemblent beaucoup aux lésions produites par la balance i vulgaire ou blennorrhagique. Us s'en distinguent par un ef^^ ment épithélial de couleur opaline qu'on trouve souvent ^: I bords découpés en feston, et aussi quelquefois par leur coD^:i systématiquement circulaire. Du reste, il n'est pas rare der.t.4 au milieu de cette roséole érythémateuse du gland, des pa^cin la spécificité morphologique ne peut laisser aucun doute.

Les papules balaniques sont plates, opalines, érosives, rocc-i nulaires, etc. Il y en à qui ressemblent exactement au cbau<^c avec leur tache centrale d'un rouge ecchymotique violacé, ei !rr ou trois zones périphériques alternativement grises etrosée>. bi sont d'un aspect plus simple : on dirait des groupes d'érosiou> 1 ques, ou mieux, des chancres indurés herpétiformes. Dans tés de plaques muqueuses, la base est souple et ne présent»^ \ melle parcheminée de l'accident primitif. La papule balaniqu*- 1 sujette à l'hyperplasie ; elle forme alors une saillie plus ou m<).:.^ dérable au-dessus des parties voisines. Ses contours sont courte cercle fermé ou en demi-cercle et avec des Ugnes polycycliqut- 1 l'éruption est confluente. Ces grosses papules constituent 'a\ hypertrophie des plaques à bords saillants et à fond déprin)*^ i vertes d'un épilhélium épaissi, imbibé de liquide, et de coulai sale. Quand cette couche tombe, elles deviennent érosives et U facilement ; elles peuvent aussi se couvrir d'une fausse mi diphthéritique. On en voit qui sont relativement sèches ou .<:| peu humides ; d'autres, au contraire, suintent abondamiuenl . i quand elles deviennent érosives. Ces plaques balaniques, v -H et annulaires, ressemblent trait pour trait à certaines ur: • chancres syphilitiques et entre autres à Yulats elevaium. F -i distinguent par une induration moins prononcée et moins d^*^ circonscrite de leur base. Retenez aussi ce fait qui est d u2 secours pour le diagnostic entre les éruptions secondaire» <^c et son accidentprimitif: jamais les plaques muqueuses bal^^)]! papuleuses n'ont de retentissement sur les ganglions de l'aint.

BAUirO-FOSTHITEB SYPHILITIQUES SECONDAIRES. 671

L'éruption que je viens de vous décrire peut se développer sur la muqueuse du prépuce comme sur celle du gland. Toutefois, les grosses papules y sont rares. C'est au limbe qu'on trouve le plus souvent la plaque syphilitique ; elle y affecte invariablement la forme fissuraire etérosive. La confluence sur ce point produit fatalement un phimosis. Le limbe perd sa souplesse, se rétrécit et s'indure, mais beaucoup moios que dans les cas de chancre syphilitique. Les balano-posthites syphilitiques secondaires, produites par les éruptions roséoliques ou papuleuses du gland et du prépuce, sont extrêmement communes. 11 importe que vous les connaissiez exactement, parce qu'elles ressemblent à beaucoup d'autres d'une nature différente, avec lesquelles il serait dangereux de les confondre. Voici quelques circonstances qui, indépendamment des commémoratifs, vous permettront de les reconnaître : elles sont peu inflammatoires et presque indolentes ; elles s'accompagnent d'un empâtement scléreux du prépuce plutôt que d'un véritable œdème inflammatoire ; les sécrétions qui sortent de la cavité glando-préputiaie sont généralement peu abondantes , séropurulentes et médiocrement chargées de pus, à moins qu'il existe une balano-posthite inflammatoire qui vient se surajouter à la balano-posthite spécifique ; le processus est subaigu et même chronique ; à l'époque où ces lésions balano-préputiales se produisent, c'est-à-dire dans les cinq ou six premiers mois de la syphilis, l'adénopathie spécifique de iaccident primitif persiste encore et peut fournir une indication diagnostique importante, en l'absence de toute autre coïncidence spécifique cutanée ou muqueuse. Les complications gangreneuses sont très rares et, par conséquent, beaucoup moins à craindre dans les syphilides balano-préputiales que dans les balano-posthites chancrelleuses ou même dans quelques lésions non virulentes de la couronne ou de la muqueuse préputiale. Cependant, j'ai observé tous les degrés de la gangrène dans cette affection, depuis la simple perforation de la moitié supérieure du prépuce jusqu'à sa destruction complète. J'ai même observé deux ou trois fois, en pareil cas, le sphacèle de toute la verge dont il ne restait plus qu'un moignon au ras du pubis. De pareilles complications, qui dépendent plus de l'idiosyncrasie du malade que de l'éruption, sont si rares qu'elles ne doivent point assombrir le pronostic. La balano-posthite symptomatique de plaques muqueuses est bénigne, et il est très facile de la guérir. Des soins de propreté, des lavages fréquents de la cavité glando-préputiale avec des liquides astringents, des cautérisations superficielles au nitrate d'argent en font prompt tement justice. Le phimosis résiste quelquefois, mais le limbe finit

Page 1