PAPULATION MUQUEUSE PÉRI-ANALE
^s syphilides papuleuses péri-anales sont mucoso-culanées, tous humides, excepté les plus excentriques qui restent pendant e leur durée, sèches, squameuses, granuleuses, à moins qu'elles oient violemment irritées. — Ces papules sont isolées ou conilps. Quand l'éruption est considérable, les papules deviennent entes, subintrantes et forment des plaques, des plateaux, des es mamelonnées, rugueuses, sillonnées d'interstices, de fissures, lagades, creusées d'ulcérations plus ou moins profondes, humecsans cesse de cette sérosité pyoïde qui exhale une odeur infecte sui ris. — Ces agglomérations papuleuses sont rarement unilatérales; s trouve toujours à peu près symétriques sur les deux fesses; se correspondent et exercent l'une sur l'autre des pressions et des ^ments qui sont la cause principale de leur accroissement continu leurs complications. Quand ces papules deviennent hypertrophiet végétantes, ce qui est leur tendance naturelle, elles prennent Ki de grosses mûres, se renflent et s'aplatissent en champignons, issenl les unes sur les autres de manière à former de véritables tu- 8, comme sur les grandes lèvres. LÀ aussi on trouve au-dessous >laques papuleuses agminées des infiltrations scléreuses diffuses et sous-dermiques qui leur servent de substratum. e circonstance qui prouve combien les causes occasionnelles et irlicularités topographiques ont d'influence sur1a production de papulodermie régionale, c'est qu'elle ne va pas au delà des surqui sont en contact. Vous la verrez dans sa plus grande exubécesser brusquement* par un bourrelet au niveau où le sillon èssier s'ouvre et s'élargit par l'incurvation en dehors de ses deux ». Le bourrelet papuleux qui forme en arrière la limite de l'érupst convexe, sec et squameux, tandis que la masse avec laquelle ontinue est opaline ou érosive et toujours imbibée d'une abonsécrélion.
is les syphilides péri-anales confluentes, on trouve quelquefois, ^u d'une agglomération informe des papules, la juxtaposition aire. Il n'est pas rare de les voir former de chaque côté des arcs 'cle à concavité dirigée en avant et en bas ; quand on écarte les , ces arcs de cercle symétriques dessinent un cercle presque comur la région fessière ainsi étalée. J*ai même vu des arcs de cercle cercles disposés concentriquement.
ipsure qu'on se rapproche de l'orifice anal, la papulation diminue 6 nombre et comme volume. Les saillies sont à peine sensibles aient isolément ; mais la peau qui les sépare est ordinairement
686 PLAQUES FISSURAIBES DB L^OBIFICE ANAL.
rouge, érytbémateuse, très disposée à devenir érosive et même s'ulcérer. Et en effet, tout à fait au voisinage de Torifice, il estcomtni de trouver des abrasions épithéliales d'un rouge vir, qui se prés^ctJ sous forme de petites érosions isolées ou confluentes, finement grai leuses, ou peu déchiquetées quand l'ulcération succède à rérosioiL
Au delà de la marge de l'anus, sur la muqueuse anale elle-m le mode érosif domine exclusivement ; mais les érosions ne sont étalées et plus ou moins arrondies; elles se montrent toujours ^:li' forme de fissures, d'ulcérations plus ou moins profondes, de rha: qui entament le derme muqueux et qui s'enfoncent plus ou m*.^ loin dans l'orifice. Irritées et enflammées par le passage des mauèÉ fécales, les fissures syphilitiques sont toujours très douloureuses r\i malades s'en plaignent vivement. Elles déterminent parfois des contn tions spasmodiques dusphincter comme la vraie fissure anale. Ilestd cependant que les souffrances qu'elles causent s'élèvent jusqu aui goisses atroces de cette dernière affection. — On ne parvient pas tou'^ aies découvrir aisément, parce qu'elles sont cachées dans les plis ni de l'anus. Or ces plis sont devenus profonds par suite de rintl.^ tion diffuse qui se produit tout autour de l'orifice anal et qui en dtff.rti la configuration. Il est entouré de saillies, de mamelons, de c: l qui résultent du boursouflement hyperplasique du derme mai.^ et du tissu cellulaire sous-jacent. — Ces crêtes et ces mamelons ^ rosés sont durs presque cartilagineux ; leur surface se couvre iii quefois d'érosions à vif ou opalines. En les écartant, on découvre >'J leurs interstices la fissure spécifique qui est la cause des douleo t santés dont se plaignent les patients. Si on parvient à l'étalfr. i déplisser, on voit qu'elle est constituée par deux segments éro^ > ulcéreux rouges, violacés, livides, ou gris et jaunâtres.
Malgré leur gravité apparente les syphilides secondaires anî '« péri-anales ne sont pas dangereuses. Elles se terminent toujours i résolution, par conséquent sans perte de substance, sans sobstituLi de tissu cicatriciel au tissu sain. C'est là un grand point. D*un ^d côté elles ne pénètrent pas profondément dans le rectum^ Elles u- 'i donc courir aucun danger de rétrécissement ni à cet organe a l'anus. Il n'en est pas ainsi, comme nous le verrons plus tard . i
1. SHl ne se produit pas d'éruptions syphilitiques secondaires dans le rerUun, • " I la muqueuse de cet organe est dépourvue de papilles. Il en est k peu près a. muqueuse du pharynx. — Je n'ai jamais constaté non plus aucun sympi'mc , permit de supposer que des plaques s'étaient formées sur la muqueuse orcthral-. . * contrairement à ctf qu'affirme M. Lee« qu'elles ne franchissent pas le méat «nxx "
8YPHILIDES MUQUEUSES DES OBTBILS. 687
syphilides tertiaires. Ce qui augmente encore la bénignité du pronostic, c'est que la syphilodermie anale, pendant les deux ou trois premières années de la syphilis, guérit avec une grande facilité et même sans le secours de la médication spécifique interne. Il suffit de recourir à des soins de propreté, à des pansements isolants, à des cautérisations au nitrate d'argent tous les deux ou trois jours, pour en faire promptement justice, surtout si on condamne le malade au repos absolu. — La fissure syphilitique est la lésion qui résiste le plus, ainsi que rhyperplasie radiée des plis de l'anus.
Sa cautérisation avec le crayon de nitrate est excessivement douloureuse. Quoiqu'elle soit fort utile et presque indispensable dans quelques cas, j'hésite à l'infliger aux malades peu courageux. Je me borne alors à prescrire des pansements deux fois par jour avec une mèche qu'on introduit dans l'anus après l'avoir préalablement enduite d'une pommade à l'extrait de belladonne , au calomel et à l'oxyde de zinc. (Cold cream 30 gr., extrait de belladone 6 gr., calomel et oxyde de zinc, de chaque 3 gr.)
Syphilides muqueuses des orteils. — Sur les extrémités inférieures, les orteils et les espaces qui les séparent sont fréquemment atteints de lésions syphilitiques d'ordre papuleux. L'aspect que présentent ces lésions est très variable et se modifie suivant leur période. Au début, la papule ordinairement placée sur la face interne des orteils, forme une saillie nettement circonscrite, ronde, convexe, mais le plus souvent aplatie ; ses bords un peu plus élevés que son centre la rendent annulaire. Sa consistance est ferme, dure, comme cornée. Aussi ressemble-t-elle beaucoup à un cor. A peine sensible elle ne produit qu'une gène peu prononcée. Bientôt les couches les plus superficielles de l'épiderme se ramollissent et tombent, laissant à nu le corps muqueux dont la transparence laisse voir la teinte rouge de la papule sous-jacente. C'est à ce moment que la lésion qui jusqu'alors était restée sèche, devient humide et secrète un liquide jaunâtre, trouble et visqueux qui exhale une odeur peut-être plus infecte que les plaques muqueuses des autres régions du corps. Le processus est très simple et ne diffère pas de celui qu'on observe ailleurs. A ce degré la lésion d'abord gênante ne cause ensuite qu'une douleur modérée. Elle serait facile à guérir si le malade gardait le repos et si on faisait des pansements isolants. Mais sur les pieds> qui portent le poids du corps et
688 RHAGADES ET ULOéBATIONB M^TATABSO-PHALANGISimB.
sont si souvent en mouvement, les causes d'irritation abondent. Ausi est-il rare qu'une papule des orteils devenue érosive reste à cet tti de bénignité. D'érosive elle ne tarde pas à devenir ulcéreuse ; les tisa sur lesquels elle repose se tuméfient et s'enflamment. Les mème« m ditions morbides qui lui ont donné naissance en font pousser d autn à côté ou en face d'elle. Plusieurs orteils sont attaqués; les m-^^ ments qui étaient pénibles deviennent douloureux et il arriv s moment où la marche et même la station debout sont imposa '. i Cette affection des orteils, quoique peu sérieuse par elle-même. [^ donc devenir grave lorsqu*on la néglige, car il faut bien recoi:::^:^ que dans la grande majorité des cas c'est par suite de l'incurie, d-l malpropreté et des excès de marche, qu'elle arrive à prendre ia^ portions qui réduisent le pied à une incapacité fonctionnelle pr*^^; absolue.
Les papules siègent à la face interne des orteils ; c'est là leur j d'élection. Mais elles se développent aussi sur leur surface infén'C au niveau du pli articulaire. Le pli métatarso-phalangien est -i qu'elles envahissent le plus communément. L'épaississementtii mique et la tuméfaction sous-jacente ont une forme allongée dai^ sens transversal. Bientôt les couches superficielles de répiderme k Timbibition diminue la résistance, se rompent. Il se forme aD** -i vasse au fond de laquelle on aperçoit la lésion dermo*papillaire. Ci la forme fissuraire dont le principal caractère est de causer ul^ d leur très vive. Cette variété se combine souvent avec l'érosicaJi^ laire des plaques interdigitales ; il en résulte des érosions ou rt -^^ qui, après avoir labouré la face interne des orteils, gagnent leur: >^| contournent inférieurement et se dirigent transversalement d'aï. | à l'autre au niveau des plis articulaires. C'est toujours du ■ la flexion que se fait le processus. La surface supérieure des reste intacte ou n'est lésée que consécutivement.
Le nombre des plaques muqueuses des orteils est très va:-! Quelquefois un seul est attaqué, mais en général il y a au c.i deux plaques qui sont symétriques et se font face sur les diui 'j juxtaposés. Dans quelques cas j'ai vu l'affection papuleuse âvjI tous les orteils, envahir les espaces interdigitaux , s'étecnr' ^ discontinuité d'un orteil à l'autre, fissurer tous leurs plis arii i et même gagner la partie antérieure de la plante du pied. -J l'affection en arrive à ce degré, il y a un autre élément que h : • qui intervient dans sa genèse. Cet élément, c'est rinfiltratirn *^ reuse intra et sous-dermique que je tous ai signalée dans t.ut.*l
HYPEBPLA8IE BOLÉRO -PAPULETTSE DES ORTEILS. 689
papolodermies muqueuses d'une grande exubérance. Elle ne fait ' pas défaut ici et elle se traduit d'abord par une tuméfaction diffuse et dure de la peau, puis par des érosions irréguliëres, auxquelles succèdent de véritables ulcérations. Ces ulcérations présentent une physionomie particulière : elles ne sont point taillées à pic ; leurs bords se confondent avec les parties voisines par une pente douce ; elles paraissent beaucoup plus profondes qu'elles ne le sont en réalité, à cause de l'épaisseur que présente 1 epiderme qui les entoure; leur fond est lisse mais peut devenir fongueux et même végétant ; toute leur surface est d'un rouge sombre, livide, violacé presque noir; elles saignent aisément et sécrètent une sérosité purulente, ichoreuse sanguinolente qui exhale une odeur infecte et se concrète parfois sur leurs bords en croûtes noirâtres non stratifiées. Au niveau des plis, ces ulcérations se fendillent par déchirure si les orteils ne sont pas réduits à l'immobilité. Il se fait aussi des fissures et des crevasses qui rendent l'affection extrêmement douloureuse et en perpétuent indéfiniment la durée.
Malgré tout elles guérissent à la longue et même on en triomphe assez vite avec un bon traitement local. Ce qu'il y a de remarquable, c'est qu'il ne se produit pas de tissu cicatriciel à leur suite et qu'elles ne laissent aucune perte de substance. C'est à cela qu'on reconnaît qu*elles sont secondaires, car, comme aspect, elles ressemblent quelquefois beaucoup à des ulcérations tertiaires phagédéniques. Elles s'alimentent aux dépens de la néoplasie papulo-scléreuse qui les précède et les accompagne. Par leur configuration annulaire ou en arc de cercle, qui ne fait que bien rarement défaut, elles révéleraient leur origine syphilitique, si tant d'autres circonstances ne permettaient de les diagnostiquer avec la dernière évidence. Les plaques des orteils qui dans leur processus s'étendent jusqu'à la partie antérieure de la plante des pieds, et qui sont tout à la fois ulcéreuses et végétantes ou mieux fongueuses, présentent une gravité plus grande que les autres formes. Parmi les complications, la plus fréquente est l'inflammation. Elle se traduit par de la rougeur, du gonflement et de la douleur. L'œdème gagne souvent la face supérieure des orteils dont la peau est tendue, rouge, luisante. Â la gêne et au gonflement des articulations phalangiennes on pourrait croire aussi que l'inflammation les a envahies ; mais il n'en est rien et je n'ai pas vu d'ankylose consécutive à ces lésions secondaires.
Leur époque d'apparition n'a rien de fixe. Ce n'est pas ordinairement pendant la première poussée des sypbilides qu'elles se produis
MAUltlAC. — MALADIBS VÉNÉR. 44
690 ALOPÉCIE SYPHILITIQUE SEOOITDAIRX.
sent, mais au bout de cinq ou six mois. Plus on s'éloigne du Atb^ de la maladie constitutionnelle, plus il est à craindre que les plaqii des orteils soient ulcéreuses. Il y a des individus chez lesquels fU ne font jamais défaut; elles s'établissent à l'état permanent ou rdivent à tout propos sur un ou plusieurs orteils. Outre les caui occasionnelles d'irritation, il faut faire entrer en ligne de compta di l'étiologie la sueur des pieds dont sont affligées certaines per§OQc<s Le repos, le membre étant étendu dans la position horizontal" I cataplasmes arrosés d'eau-de-vie camphrée et, s'il y a de riofliis tion, la séparation des surfaces malades avec des linges fins ou c; charpie imbibée soit de vin aromatique , soit de liqueur de Lui raque coupée d'eau (eau ordinaire 200 gr., liqueur de Labam^ 50 gr.), quelques cautérisations tous les deux ou trois jours a^^' crayon de nitrate d'argent, etc.; tels sont les moyens qui réu5>i?è le mieux. — Si les plaques sont fongueuses et saignanteâ ll réprimera vigoureusement avec des cautérisations répétées au nh d'argent. Quand les' ulcérations causent de vives douleurs il fui saupoudrer une fois par jour avec de la poudre d'iodcformc. même temps on administrera le traitement hydrargyrique, ix on associera l'iodure de potassium à la dose de deux ou trois graa par jour, s'il existe une tendance prononcée à l'ulcération.
Alopécie. — La chute des poils ducorps et particulièrement celle d'^ *" ^ peut figurer parmi les symptômes les plus commuas de la syphili>. ^i fl pendant sa phase virulente. L'alopécie crânienne est surtout extKri fréquente, aussi bien chez la femme que chez l'homme; comme e!! - k-^' i promettante, elle inquiète et afflige les malades. Ils vous accableroc <> i tiens à son sujet. Rassurez-les en toute conscience. Les cheveux qui • i par le fait seul de la syphilis, repoussent spontanément au bout de mois. Essayez aussi de persuader à vos clients, si vous le pouvez, qu cure qu'ils prennent n'est pour rien dans la disgrâce de leur cuir chcu
L'affection syphilitique du système pileux, envisagée dans son ce? présente de grandes variétés comme étendue et comme degrés. Parfois insignifiante et il faut y regarder de très près pour s*aperceToîr que cheveux ou quelques poils tombent en plus grand nombre que àti.' D'autres fois, elle est très accusée un peu partout mais principalemvcî * • qui est toujours, ou à peu d'exceptions près, la partie la plus atta«] :( il y a des cas, assez rares de nos jours, où la dépilation diathésiqne r ^ cale que non seulement le crâne, mais la figure, les sourcils, les par^ aisselles, les organes génilaux, en un mot tous les points de la surfii-r < où s'implante un poil, en sont dépouillés. Eh bien, même à ce degré ^ir*