DESCRIPTION DE L'BCTHTMA BÉNIN ET SUPERFICIEL
dernier est le vrai et le plus imprégné de spécificité constitutionnelle, il va autre chose qu'une différence de degré. Vous agrandiriez Tecthyma bénin que vous n'en feriez pas un ectbyma malin ; ce serait une lésion plus considérable, voilà tout ; une fois formée, elle guérirait et ne se reproduirait peut-être pas. L'ecthyma de la syphilose cutanée, au contraire, si petit qu'il soit à son début, s'élargira, creusera les tissus, se multipliera, récidivera à l'infini et pourra devenir un des agents les plus redoutables du phagédénisme tertiaire.
La syphilodermie ecthymateuse superficielle est assez commune dans la deuxième année de la syphilis. Quoiqu'elle se montre à cette période où toutes les éruptions tendent à se généraliser comme les exanthèmes, il est rare qu'on Tobserve sur la totalité des téguments. Elle a des points de localisation particuliers. Déplus, elle est rarement seule, isolée, et, dans ses associations, elle ne joue pas le rôle le plus important. En cela elle ressemble à l'impétigo bénin. Enfin elle ne fait ordinairement qu'effleurer la superficie de la couche dermo-papillaire et est érosive plutôt qu'ulcéreUse. C'est une syphilide de transition et sans fixité dans sa date. Toutefois elle appartient peut-être plutôt à la phase virulente qu'à la phase tertiaire, puisqu'on ne l'observe presque jamais dans les syphilis qui ont dépassé la quatrième année.
L'ecthyma superficiel et bénin est constitué par des pustules petites, lenticulaires, aplaties, s*élevant sur une aréole d'un rouge sombre. Leur base est peu ou pas indurée. Elles ressemblent beaucoup à des boulons de variole. Leur durée est éphémère. Le liquide purulent qu'elles contiennent se concrète et forme une croûte adhérente, brunâtre et mince , au-dessous de laquelle existe une érosion superficielle du derme. Peu à peu la lésion s'agrandit en conservant la forme circulaire, mais elle n'arrive jamais à des dimensions considérables et n'excède pas en général le diamètre d'une pièce de 30 centimes. A mesure qu'elle s^élargit, sa croûte devient plus épaisse et plus foncée qu'au début; mais sUe reste plate, n'affecte pas la forme conique, stratifiée et est même |uelquefois au contraire déprimée dans sa partie centrale. Peu à peu, spontanément ou sous l'influence de la médication spécifique, la lésion :esse de croître, reste quelques jours stationnaire, puis son aréole levient d'un rouge moins sombre et se rétrécit; la croûte se dessèche, lurcit, se contracte, se détache sur ses bords, reste longtemps adhérente à son centre, et, quand on la détache, on trouve au-dessous d'elle une surface cicatrisée ou humide encore, finement granuleuse qui se guérit très promptement. Une tache maculeuse, fortement pigmentée
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surtout à sa périphérie et entremêlée, au milieu, de quelques u I blanches cicatricielles, succède à Térosion croùteuse. Elle s'eSaco^s ment et finit par disparaître sans laisser aucune trace, sauf qucli petits points blancs de cicatrice quand elle a été plutôt ulc€^eu^r: q^ rosive. 1
On rencontre Tecthyma bénin principalement aux membres inkzH sur leur partie antérieure, quelquefois aux membres supérieurvli assez commun aussi sur le front, où il donne lieu à une des ^^^ la couronne de Vénus. Vous le trouverez également sur la noqîi^ les faces latérales du cou, au milieu des poils du pubis, sur lesl dans le dos et dans la rainure interfessière. Son éruplioD e^ C4 minée et distribuée un peu partout, sans aucun ordre et comzH hasard. Ce n'est qu'exceptionnellement que les éléments éru: J groupent en demi-cercle, en fer à cheval, en cercles compirr<£ incomplets. L'ecthyma n'attaque pas les muqueuses. i
Le processus atteste la bénignité de l'éruption. Chaque pu>:i^ eiïet, se guérit relativement assez vite, se limite d'elle-mènae et ^^y. sans récidiver sur place ou plus loin. Même tendance dans U u générale de l'éruption. Durée définie et calculable d'un ou d^Li et même moins dans les cas très légers. U ne faut pas loutefo>« absolument à ces apparences; elles peuvent tromper quelquef: ^ dantles sept ou huit premiers jours. C'est ce qui arrive dans Ity i lides de la phase virulente, qui deviennent plus ou moins raf*i : malignes. Les petites pustules d'ecthyma se multiplient de j jour, s'agrandissent, se fusionnent, couvrent de vastes surfac»?.^ deux ou trois semaines, envahissent toute la superficie du têi:ua>i
Les coïncidences dermatopathiques font rarement défaut à T^^l bénin. Ce sont surtout des éruptions papuleuses qui le prêit^^J l'accompagnent. 11 est alors comme Texpression un peu plus a^xj mais néanmoins peu sévère d'une intoxication qui réiroot^i'i avancera, et dont les tendances, quoique indécises, doiveLi 1^ beaucoup d'espoir. Mais il arrive aussi que l'ecthyma, au lieu d - '.: fin est un commencement, un avant-coureur d'éruptions beau* • -^ graves que lui. Dès qu'on les voit poindre et à plus fort? r quand son association avec elles est déjà un fait accompli, Tor^ J est exposé à toutes les éventualités du tertiarisme.
Le diagnostic de l'ecthyma bénin est facile. On ne pjum confondre qu'avec Timpétigo, ce qui n'aurait du reste aucun i vénient, car, il faut bien le reconnaître, ces deux espèce» ^ -< voisines et ne diffèrent pas beaucoup l'une de l'autre par leur c^
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leur signification diatbésique et par leur portée comme lésion locale. L'ectbyma est plus circonscrit, mais aussi moins superficiel que Timpétigo ; ses localisations sont moins exclusives ; la croûte qui le recouvre est plus sèche, plus condensée, plus dure et d'une couleur beaucoup plus foncée que celle de l'impétigo. Tous les deux réclament le même traitement interne mixte qui en fait presque toujours très promptement justice.
Occupons-nous maintenant des syphilides ecthymateuses vraiment tertiaires qui constituent une des formes les plus fréquentes et les plus sérieuses de la syphilose cutanée.
Chronologie. — Leur élément générateur propre, Yecthyma profond^ est beaucoup plus tardif que le précédent. Comme il appartient essentiellement à Tordre tertiaire, il est difBcile de lui fixer une date précise dans l'évolution de la maladie constitutionnelle. Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'il ne se montre que dans la seconde année au plus tôt. D'ordinaire ce n'est qu'après la pbase virulente, à une époque éloignée des éruptions papuleuses et muqueuses, qu'il trouve son opportunité ; dès lors il peut se produire à tous les âges de la période tertiaire.
Symptômes. — Comme lésion élémentaire il ne diffère pas de l'ecthyma bénin ; seulement les dimensions de la pustule sont plus grandes; par suite, la croûte est plus large, plus épaisse, plus élevée et d'une autre forme. Ces différences morphologiques superficielles tiennent à la partie essentielle de la lésion, c'est-à-dire à l'ulcération qui est plus vaste, plus profonde et surtout plus envahissante. Le premier changement qu'on observe sur le point de la peau qu'occupera Tecthyma profond, c'est une tache érythémateuse d'un rouge foncé, reposant sur une base de tuméfaction diffuse, dure, légèrement empâtée et peu saillante au-dessus des parties voisines. Dès le premier ou le second jour, au centre de cette tache, Tépiderme est soulevé par une sérosité d'un blanc rougeâtre qui de\ient rapidement purulente ou ichoreuse. La pustule est formée ; c'est une grosse ampoule régulièrement circulaire, aplatie, flasque ou remplie de liquide et entourée par la partie la plus extérieure de ia tache rouge initiale qui lui forme une aréole dont les teintes toujours sombres deviennent violacées, livides ou bleuâtres dans les formes les plus maHgnes. Cette phlyctène se rompt au bout de deux ou trois jours et quelquefois plus tôt, car elle est très éphémère comme les pustules de l'impétigo et de l'ecthyma bénin, mais un peu moins cependant. Au-des-
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