DIAGNOSTIC DES ULCÈRES SYPHILITIQUES ET ÉPITHÉLIOMATEUX
d'une peau rouge, épaisse, mamelonnée, devenue éléphantiasique, ne diffèrent des ulcères syphilitiques tertiaires que par des nuances et <\i's détails graphiques si effacés et si peu caractéristiques qu'il faut chercher dans les commémoratifs, dans les vestiges laissés par d'anciennes affections cutanées spécifiques, un élément de diagnostic plus solide et plus positif. Dans le doute ne craignez pas de donner de riodure de potassium, tout en instituant le traitement topique le mieux approprié à ces deux sortes d'ulcérations *.
Les ulcères syphilitiques de vieille date, lorsqu*ils sont depuis longtf^mps la seule manifestation delà maladie, peuvent être pris pour un «auiToïdc, surtout s'ils siègent dans les points où cette dernière (• ^ion a rhabitude de se produire. J'ai observé un cas semblable d'un diairuostic fort difficile sur la verge. Le gland, le sillon et une partie du prépuce étaient le siège d'une ulcération très ancienne, de forme irrégulière, à fond granuleux, à bords durs, renversés, calleux, etc. L s antécédents étaient équivoques. Je fis administrer journellement de fortes doses d'iodure de potassium et j'eus la satisfaction de guérir rapidement cette ulcération génitale syphilitique qu'on aurait pu pp'ndre aisément pour un cancroïde. Plus d'une fois, dit Bazin, on a opéré, notamment à la face, de ces prétendus cancroïdes dontl'iodure de potassium aurait fait promptement justice. Dans le cancroïde, le 1» >ulon du début est verruqueux, lent à s'ulcérer, peu croùteux, et I :iI«'éralion à fond inégal et violacé, à bords durs, calleux, renversés, r^[)ose sur une véritable tumeur qui fait défaut ou est beaucoup moins prononcée dans les ulcères tuberculeux. Ajoutez que ces derniers u'aiïectent jamais les ganglions comme Tépithélioma ne manque pas de le faire au bout de quelque temps.
On a été jusqu'à prendre quelquefois pour un cancer lui-même cerlainrs ulcérations tuberculeuses, profondes, bourgeonnantes et de mauvais aspect. Biett, avec 5 à 20 -centigrammes de potassium admiui^irés progressivement pendant 25 jours, guérit un malade affecté d une vaste ulcération du nez et de la lèvre supérieure qu'on suppo- >ait cancéreuse et qu'un chirurgien célèbre de Paris allait enlever. Inp vaste ulcération, profonde, anfractueuse, saignante, phagédénique du talon, des bords du pied et des chevilles fut sauvée du bistouri par le docteur Sénapian (de Constantinople), qui fit différer l'amputation, donna de Tiodure et guérit le malade. On trouve bf'aucoup de faits semblables dans les recueils scientifiques. Je