‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 331 sur 441 · A FORME EOTHTMATEUSB ET TERMINÉ PAR LA MORT · texte numérisé non relu

A FORME EOTHTMATEUSB ET TERMINÉ PAR LA MORT

adénopathie spécifique daDs l'aine gauche. — Ghloro-anémie très proooocée, pâleur de toute la surface cutanée, amaigrissement. — Syphilide à éléments eruptifs multiples, constituée sur la face par une dizaine de boutons volumineux, recouverts de croûtes et par une large pustule de rupia siégeant à l'un des aogles de la mâchoire inférieure. Peu d'adéoopathie cervicale. Sur le ti'ODc, larges papules aplaties et réunies en plaques. Sur les extrémités inférieures, pustules d'ecthyma .de dimensions variables, entourées d'une large aréole d'un rouge violacé. Sur le pied droit, les pustules d'ecthyma avaient pro. duit un œdème inflammatoire considérable. Pustules moins volumineuses sur les membres supérieurs. — Appétit^ aucun trouble des grandes fonctions. — Aucun phénomène nerveux.

Cette syphilis avait, comme vous le voyez, par le nombre^ la variété, la nature el la généralisation de ses éléments eruptifs, une grande tendance à devenir maligne. Remarquez que cette malignité était d'emblée tout à la fois générale et locale, car déjà, de prime'abord, quelques semaines après le chancre, et avant que les lésions fussent devenues capables d'épuiser l'organisme, le patient était cachectis^. 11 l'était sans fracas, sans désordre organique viscéral, sans troubles nerveux; il l'était, comme si on lui eût dérobé subrepticement les forces et les matériaux qui animent et entretiennent le foyer de la vie.

Les traitements spécifiques les plus variés restèrent inactifs, ou du moins n'eurent qu'une efficacité incertaine et éphémère; ils finirent même par aggraverla situation. Les toniques ne relevaient point les forces qui déclinkient de jour en jour, sans qu'aucune réaction salutaire de l'organisme vint nous apporter quelque espoir. Il n'existait pas de fièvre hectique : c'était une dissolution lente, silencieuse, mais impitoyablement progressive.

Au bout d'un mois et demi de traitement, quelques ulcérations de rupia sem* blèrent vouloir se cicatriser; voici qu'aussitôt d'autres apparurent, taillées à pic, à bords comme gangreneux, à base fongueuse, scorbutique, déversant des flots l'une sanie sanguinolente infecte.

Dès le troisième mois révolu depuis l'intoxication (octobre 1860), la malignité, loin de s'arrêter, se montra de plus en plus menaçante non seulement au point de vue de la guérison, mais pour l'existence même du malade. En même temps que la :achexie s'accusait de jour en jour, les pustules étaient devenues phagédéniques et elles s*clargissaient d'une manière continue. Sur les extrémités inférieures, dles avaient détruit toute l'épaisseur de la peau et quelques-unes mesuraient huit i dix centimètres de superficie. Elles étaient recouvertes de grosses croûtes noirâ^ 1res, sèches, stratifiées, au-dessous desquelles filtrait avec le pus une quantité conûdérable de sang. Il se produisait même de temps en temps de véritables hémor- "hagies. De plus, ces ulcérations étaient fort douloureuses et exhalaient une odeur infecte. Epuisé par les souffrances, par les hémorrhagies, par la suppuration, le naïade maigrissait de jour en jour et ne quittait presque plus le lit depuis son întrée dans mes salles. Il avait de l'appétit et ses digestions se faisaient bieUé [)ans la ruine de tout le reste, les fonctions de l'estomac et des intestins resièreot à peu près intactes jusqu'au bout. Je crois que c'est là ce qui lui permit ie résister si longtemps. Il ne se produisit du reste aucune lésion du côté des organes internes ni du système locomoteur. Chose remarquable et que nous constaterons dans presque toutes les syphilides malignes, les muqueuses ne furent pas touchées.

768 CABACTEBES OÉNBBAUX DES SYPHILIDES MAU6NSS.

Voici quelle était sa situation à la fin du troisième mois de la maladie (8 ortu* bre i869) : Pâleur, émaciation, peau fraîche, pouls 100, dépressible. Appvlit. digestions faciles, selles régulières. Grande faiblesse; impossibilité preâqi* complète de se lever. Rien du côté du système nerveux.

Le phimosis avait disparu. Le chancre de l'extrémité du gland, qui était ulcéreux (notez cette circonstance), s'était guéri en causant une perte <ie substance assez consfdérable.

Sur la peau du tronc il n'y avait point alors d'ulcération. On ny trouvait r. les macules pigmentaires, les cicatrices déprimées de l'echtyma généra <n j avait constitué la première poussée de la maladie. — Sur les bras, i«r.npapules plates, sèches et recouvertes de petites écailles épidermiques; qu^«,<i ^ pustules de rupia, dont l'une su ri'avant-bras droit mesurait trois centimetn^*:' diamètre. — Dans la barbe et sur d'autres parties de la face, croûtes jatioitr»^ d'impétigo.

C'était principalement sur les extrémités inférieures qu'existaient les lési'<> les plus graves. Elles consistaient en ulcérations larges et profondes, au ooiiii> d'une vingtaine, disséminées sur les cuisses et les jambes des deux cèles t.ulcérations, dont les bords étaient épais et taillés à pic, ne paraissaient pa< pr ^ venir d'une infiltration tuberculeuse ramollie. Elles avaient été et étaient n>trr> ecthymateuses. Le phagédénismc qui s'en était emparé n'avait pu être arT'..^ par aucun traitement général et local. Sous les croûtes qu'on détachait et ;■.. se reformaient aussitôt, il y avait des pertes de substance de mine scorbutiq>p qui donnèrent lieu plusieurs fois à des hémorrhagies inquiétantes qu'oo (ut obiigé d'arrêter avec du perchlorure de fer.

Sur l'une de ces ulcérations, la plus grande, qui mesurait dix à douze ce'^!mètres dans tous les sens et occupait la partie externe et supérieure delacui:-^ gauche, la partie centrale se releva et un Ilot cicatriciel sembla vouloir?'* former; mais ce travail de réparation ne fut pas de longue durée et le phutdénisme poursuivit son cours.

Cet état de choses resta longtemps slationnaire. Arrivée à ce degré, la maladie progressa peu et n'éprouva aucune amélioration. La peau resta tO(i]«*ur« le théâtre exclusif des lésions. Je ne vous raconterai point les derniers mo-- «i* la vie du malade; ils ne furent signalés par aucun événement. Rien uc put s'opposer au processus de cette syphilide maligne. La mort eut lieu par épuisein* ai seize mois environ apr^s le début du chancre infectant ulcéreux, — L*aut<}>?ic fut faite; toutes les muqueuses, tous les viscères étaient intacts; pas dmtre» lésions que celles de la peau.

Dans rhistoire de ce malade nous trouvons tous les caractères <K-s| syphiJides malignes : 1^ la précocité d'une éruption qui d'emblée ^st ulcéreuse sur beaucoup de points et le devient rapidement sur d*att* très ; 2" son apparition sur toute Tétendue de la surface cutané»» ; 3* ralleintc profonde que subissent, dès l'invasion, les forces générales de Torganisme ; 4'' la marche rapide, phagédénique des lé>i^:iî cutanées; 5" Tabsence de toute réaction salutaire et les lenlali^'** faibles et avortées de réparation; GM'aggravation progressive de l'étal

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