LEUE CHKONOLOGIE ET LEURS CAUSES
cachectique ; V rimpuissance de la thérapeutique ; S"" enfin la termi- Daison fatale au bout de seize mois, ce qui est une durée très courte pour une maladie conune la syphilis dont les étapes se comptent par années et qui ne menace la vie à brève échéance que dans des cas exceptionnels'.
Chronologie. — C'est ordinairement à une époque très rapprochée deTaccident primitif que se manifeste la malignité d'une syphilide. Six semaines ou deux mois après le début du chancre» rarement plus tard, on peut constater déjà quelques indices d'une tendance ulcéreuse dans les éléments éruptifs, sur toutes les parties du corps. Quand ce ne sont pas des pustules ecthymateuses qui se produisent d'emblée, ce sont de larges papules qui deviennent rapidement croùteuses puis qui se convertissent en ulcères ou bien des tubercules dont la phase de régression est si précipitée, qu'on a à peine le temps de les voir à l'état de nodosités. Quand une syphilis ne donne lieu pendant la première année à aucune poussée ulcéreuse généralisée, qu'elle évolue d'une façon normale, qu'elle est bénigne dans ses manifestations successives, on peut compter qu'elle ne deviendra pas maligne dans le sens où nous l'entendons, la deuxième et à plus forte raison la troisième année .
ÉnoLOGiE. — En présence d'une intoxication qui présente dès ses premières phases des accidents si graves par leur généralisation et la rapidité de leur processus destructif, on est tenté de croire que le virus dont elle dépend est doué lui-même de qualités extraordinairement actives et d'une énergie insolite, qui le placent à part,très au-dessus et presque en dehors du virus des syphilis ordinaires. Eh bien il n'en est point ainsi. La malignité est indépendante des qualités du virus, elle ne procède pas de lui. C'est par le terrain sur lequel elle se développe qu'elle est créée, loin de lui être apportée toute faite, à l'état de germe. Et la preuve, c'est que les syphiUdes malignes précoces ne se succèdent pas et ne se transmettent pas par contagion. Qu'un individu qui en est atteint contamine une autre personne, il est possible, il est même fort probable que la syphilis communiquée ne sortira pas de la catégorie heureusement fort nombreuse des syphilis vulgaires et bénignes. C'est une question que j'ai déjà traitée à propos des conditions étiologiques générales de la syphilis.
Un médecin distingué, M. le docteur Ory, a fait sur ce sujet une
1. La question des syphilides malignes précoces a été supérieurement traitée par mon ami. M. le D* Oubuc, dans sa remarquable thèse inaugurale (Paris, 1864). On n'a rien i^ yjié depuis à cette monographie complète; aussi, lui ferai-je de nombreux emprunts*
VAURf AC. — MALADIES VÉNÉR. 49