LES MUQUEUSES SONT BEAUCOUP MOINS ATTAQUÉES QUE LA PEAU
devient et qui reste jusqu'au terme de raffection inaligne le théâtre exclusif de ses méfaits. Sans doute vous observerez bien quelquefois dans la gorge, de Térythème, une hypertrophie plus ou moins prononcée des amygdales, des plaques opalines ou pultacées avec ou sans exulcératioDs sous-jacentes ; mais rien autre chose, du moins de ce côté-là. N'est-ce pas insignifiant, si on le compare aux ulcérations serpigineuses qui labourent la peau ? La membrane pituitaire semble cependant moins privilégiée que celles de l'isthme et de la bouche. Le coryza spécifique sous forme d'hyperhémie, avec écoulement limpide, n'y est pas rare ; c'est encore là une affection peu importante. Elle ne devient sérieuse que quand il y a production de croûtes épaisses dans les narines, ulcérations profondes semblables à celles de la peau, dénudation, carie des os, destruction de la cloison des fosses nasales, etc. On a noté quelquefois ces sortes de rhinopathies tertiaires à marche plus ou moins aiguë, pendant l'évolution des syphilides malignes précoces*.
Au début ou dans le cours des syphilides malignes, les ganglions lymphatiques s'engorgent comme dans les syphilides exanthématiques saperficielles. C'est un fait qui n'a rien d'étonnant. Il dépend beaucoup plus, selon moi, de Tintoxication générale que dç la détermination cutanée. Maintes fois j'ai constaté l'indépendance dans laquelle se tiennent vis-à-vis l'une de l'autre les adénopathies généralisées et les &yphilodermies de lapériode virulente. S'il y avait des rapports de cause à effet entre ces deux manifestations, les adénopathies cervicales, axillaires, maxillaires, etc., devraient prendre des proportions énormes dans les syphilides malignes et même subir la régression nécrobiotique, pour mieux se conformer au processus général de l'affection. Il n'en est rien ; l'engorgement des ganglions reste indolent, résolutif, n'irradie point de poussées néoplasiques autour de lui et ne dépasse pas les limites qu'il atteint dans les cas les plus ordinaires. Il n'y a donc point une étroite solidarité, comme on est porté à le croire, entre les dermatopathies et les adénopathies spécifiques. J'ai vu fréquemment des hyperplasies ganglionnaires très volumineuses et généralisées chez des sujets qui n'avaient que des roséoles pâles, discrètes et éphémères.
1. Après la pitaitaire, c'est peut-être la muqueuse laryngée qui souffre le plus. M. Dubuc constata chez un de ses malades une laryngopathie grave: la cavité du larynx fiait aofractueuse et irrégulière, avec rougeur, épaississement et boursouflement des tardes vocales. ~ Le pavillon auriculaire et le conduit auditif externe peuvent être envahis par les ulcérations impétigineuses du cuir chevelu ou être attaqués directe* ment par des éruptions de nature ulcéreuse.