CAS DE SYPHILIDES MALIGNES PRÉCOCES
On n'observe pas tous les jours, dans la pratique des maladies vénérieDDe^. des cas de syphilides malignes; ils sont même relativement assez rtre^. iserais perlé à croire que leur nombre a beaucoup diminué depuis quarante o'j cinquante ans. M. Hardy en recevait, il y a dix ou quinze ans, cinq ou six pa: an dans son service à Thôpital Saint-Louis.
Autrefois, et surtout au seizième siècle, ces horribles syphilides étaient tn< communes, et celles que nous observons aujourd'hui peuvent donner ïimisf: exacte de ce que fut l'épidémie au quinzième siècle pendant ses premierrannées. A ce titre il y a^ selon moi, grand intérêt à décrire les cas particalifr«. intérêt de curiosité et intérêt pratique tout à la fois. Aussi je vais donner or résumé de ceux qui se trouvent rapportés tout au long dans la remarquiN.f thèse de M. Dubuc. Ce supplément clinique offrira à ceux qui voudront p^end^ la peine de le lire des détails individuels qui ne peuvent trouver place daa^ une description générale.
i. Syphilis maligne précoce consécutive à un chancre $et*pigineux du foumnn. • base molle. Éruption en trois poussées d'une syphUide généralisée,tUcéreuse tfen^-. ecthymatO'rupiacée. Inefficacité du mercure. — Guérisoti rapide par Viodure de fa.usium, — Durée totale de (^affection, un an environ. — Pas de réddite au b'*Ht ; trots ans.
M. X..., âgé de 25 ans, habituellement bien portant, fut atteint, apr-^ quelques semaines d'excès de veilles, de femmes et de bonne obère, d'i . chancre du fourreau, qui devint rapidement phagédénique en superficie, fpris par Gellerius pour un chancre simple, s'accompagna d'adénopatbte iod^ lente, résista à beaucoup de traitements et ne fut guéri qu'au bout de 4 ^ 5 mois. Bien avant sa guérison, vers le 32e jour de sa durée, céphalalgie, ci de gorge et coryza sérieux, qui persista longtemps et s'accompagna de croL' épaisses des fosses nasales.— Le 42« jour, éruption sur le visage etlefi»' chevelu de boutons purulents varioli formes; fièvre vespérale, sueurs noctunt* anémie, amaigrissement. — Le 57« jour du chancre, éruption semblable y.r les bras et le tronc. Tous les boutons pustuleux s'élargirent vite, devioreol entacés et se convertirent en larges ulcérations ecthymateuses. — Le 75* jour c*.
STPHILIBE MALIONE ECTHTHATO-TUBERCULEUSE ; PÉBIOSTOSE. 793
incre, Térupiioa pustulo-crustacée envahit aussi les extrémités inférieures, rraitemeot mercuriel : aucune amélioration. On y renonça au bout d'un is et demi pour l*iodure de potassium, qui produisit une amélioration d'une tidité gurpretiante à la dose de 3 ou 4 grammes. Au bout de 20 jours, presque ~ les les ulcérations étaient cicatrisées ou en voie de Têtre. Les ulcères des obes s'améliorèrent moins rapidement. Retour des forces et de la santé. — dehors de la syphilose cutanée maligne, le malade n*eut que le coryza sans ération osseuse et des douleurs très vives dans les tibias, sans exostose et, de is, des troubles constitutionnels graves.
£n un an, tout fut terminé. Le malade, si réfractai re au mercure et si seu- Àe à Faction de Tiodure, continua l'usage de ce remède pendant longtemps. )ls aos après, il n*avait pas eu la moindre récidive et il se portait très bien, lis tout son corps était couvert de cicatrices blanches, déprimées, rondes de i 3 ou 4 centimètres de diamètre, réticulées, pigmenteuses à leur circonfé- Dce sur les extrémités inférieures. La cicatrice blanche et superficielle de ce ancre infectant, serpigineux et non induré qui avait persisté si longtemps, eopait presque tout le fourreau. La source de cette syphilis maligne resta connue, parce que le malade avait vu plusieurs femmes.
2. Syphilis maligne, — Chancre phagédénique et bubon suppuré non ehancrelleux, Sjfpkiiide eethymateuse généralisée. — État général grave. — Demi^paralysie du as gauche, — Périexostoses tibiaks au 5« mois.— Guérison en deux mois par un traimoit mixte.— Récidive sous forme tuberculeuse psoriasiforme un an après le déhut *la maladie.
D..., 30 ans, robuste, sanguin, sans aucun antécédent morbide, contracta
a chancre du prépuce, qui devint phagédénique et se compliqua d'un
aboo dans Talne gauche^ qui suppura, qu'on ouvrit, et dont il fut guéri en
> jours, ce qui prouve bien qu'il n'était pas ehancrelleux. Le chancre per-
»ta pendant 3 mois. Un mois avant sa guérison, maux de gorge, boutons puru-
iùis sur la tète, le dos et les membres, qui se couvrirent rapidement de croûtes
rustacées, s'étendirent et suppurèrent avec abondance, causant des souffrances
rès vives par leur adhérence aux linges. Dix jours après la première poussée,
I en survint une deuxième partout, mais principalement aux membres supé-
iears et sur les cuisses. Elle était semblable à la précédente, c'est-à-dire
dcéreuse d'emblée. A partir de ce moment, accès de fièvre, revenant surtout
e soir, engourdissement dans la tête, faiblesse générale, tristesse, abatte-
nenU
En août (5* mois de la maladie), demi-paralysie du membre supérieur gauche, iouleurs intolérables et nocturnes, spontanées et à la pression sur la face interne des tibias, qui devint le siège d'une tuméfaction notable. — Inappétence, amaigrissement.
A cette époque, le malade entra à l'hôpital Saint-Louis. Son état était le suivant : cicatrice du chancre et du bubon; amygdales tuméfiées et parsemées de quelques plaques opalines; adénopathie cervicale; ulcérations ecthymateuses (*t rupiacées typiques, de f à 3 centimètres de diamètre, sur toute la surface tégumentaire, très confluente sur le dos et les membres supérieurs, discrètes en avant sur la poitrine, nulles aux pieds, aux mains, à l'abdomen, très larges sur le front, abondantes sur la figure, etc.; Périexostoses tibiales; perte de la
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mémoire. Mauvais état plastique et moral. — Traitement par le sublimé, 1 ior dure, les toniques. — Âu bout d'un mois grande amélioration. — GnérisoD ao bout de 60 à 80 jours.
La fille publique qui l'avait contaminé n'avait qu'une Yérole bénigne.
13 mois après le début de sa maladie, 5 mois environ après sa gnérisco, récidive, mais cette fois sous forme de tubercules syphilitiques larges, not ulcérés, et d'une squamosité blanchâtre psoriasiforme. Son histoire ii'e$t pa> poursuivie plus loin. Il fut soigné par M. Hillairet.
^,Syphilide maligne tubereuh-serpigineme c(mséaUw€ à uHeknurephagédaàq*'.
— Béddioes incessantes pendant quatre années. — lirais. ^ Laryngite eknmqui," Perforation de la cloison des fosses nasales. ^-^ Cachexie. — Riddive svseiiéi ]^ hu érysipêle. — Gonflement énorme du foie et de la rate. — Mort par pneumtthptriearédt aigué. — Lésions hépatiques et sipléniques de nature douteuse.
Un jeune homme de 25 ans, lymphatique, ayant eu des gourmes dans ^o2 enfance et d'une santé un peu chétive, contracta, en décembre 1839, un chinm induré , qui devint phagédénique et produisit des pertes de substance per* mauente sur le méat et dans la rainure glando-préputiale. — Trois semiiar* après le début de ce chancre, syphilide papuleuse compliquée, ao boat d" 15 jours, d'une iritis de l'œil gauche, qui laissa, dans le champ de la papille, ut^ membrane blanchâtre feutrée, s'opposant presque complètement au paasift des rayoQs lumineux. (Traitement mercuriel dès le début de la maladie.)
Vers le 4« mois du chancre, après sa guérison et celle de la première poas^ee. syphilide tuberculo-ulcéreuse généralisée et serpigineuse, qui fut traitée, pendant 13 mois, dans le service de M. Bazin. Les ulcérations se produisaient p^r cercles concentriques de plus en plus grands, à mesure que les parties centrales se cicatrisaient. Une grosse pustule se développa sur la partie exterae et supérieure de la cornée de l'œil gauche, et laissa un point cicatriciel déprime
— Guérison vers le mois de mai 1861.
Malgré la continuation du traitement ioduré, 3 mois après (20* mois de \i maladie) troisième poussée sous forme d'ulcérations crustacées sur la figure «-i la poitrine; épistaxis, hématémèses, douleurs, surtout nocturnes, dans le^ grosses articulations. — Cinq mois de traitement à l'hôpital Saint-Louis.
En août 1862 (32* mois de la maladie), quatrième poussée de syphilide taberculo- ulcéreuse, dont il ne fut guéri qu'en mai 1863. C'est alors qu'il fut atteir. d'un érysipêle phlycténoïde, à marche erratique, qui envahit progressivemeat presque toute la surface du corps. Cette grave complication réveilla la diatbf?syphilitique, momentanément assoupie et, par suite, une nouvelle pousse y montra à la peau, devînt générale et suscita des troubles fonctionnels a^^^ graves pour obliger le malade à garder le lit pendant six semaines. Ces gn^^ accidents s'amendèrent avec beaucoup de lenteur et, pendant leur processif o^ guérison, furent compliqués, en novembre 1863. d'une nouvelle poussée.
Voici quel était Tétat du malade à la fin de décembre 1863 (4* année rew..^ de la maladie) : nez, joues et front labourés par des cicatrices et défonBe> pir des pertes de substances; sur le thorax, cercles et surfaces cicatricietv> 24 centimètres de diamètre, parsemés de marbrures violacées et de ciair : inégales et blanchâtres, terminées par un bourrelet saillant croùteux et ui:treux ; ces lésions, au nombre de 3 ou 4 sur les diverses régions de la poitiii^.
SYPHILIDE MALIGNE TUBEHCULO-ULOÉRANTE GANGRENEUSE. 795
'-tajeot isolées ou tangentes ; mêmes plaques arrondies cicatricielles, avec bordure saillante ulcéro-crustacée sur les membres supérieurs et inférieurs. Ëlarcir^sement considérable de la base du thorax produit par une énorme hypertrophie du foie et de la rate. Cette affection des viscères des hypochondres avait débuté en même temps que la syphilis, mais s'était accentuée surtout depuis deux ans. Le malade n'avait pourtant jamais eu de fièvres palustres. — Rieu du côté des autres viscères. ^ Large perforation de la cloison des fosses nasales; amaigrissement, état cachectique très prononcé; crampes, surtout Qoclurnes, dans les mollets. Voix enrouée, quelquefois aphone, provenant de ce que toute la partie supérieure de la cavité laryngienne, y compris la face postérieure de Tépiglotte et les cordes vocales inférieures, était anfractucusc, irré^ulière et recouverte d'une muqueuse rouge et épaissie. Jamais de plaques muqueuses, de tumeurs gommeuses ni d'exostoses. — A plusieurs reprises, le malade avait eu de l'alopécie, mais les cheveux avaient toujours repoussé. — Loe pneumonie double l'emporta en janvier 1864, après quatre années de cette terrible syphilis.
Autopsie, — Péricardite aiguë et double pneumonie aiguë. Le larynx présentait un des types de la laryngite chronique syphilitique : muqueuse épaissie^ boursouflée, avec des ulcérations et des anfractuosités ; elle était rouge, très basculai re; cordes vocales érodées à leurs bords inférieurs et épaissies comme toute la muqueuse; l'altération était prononcée surtout à l'épiglotte et à la moitié supérieure du larynx.— Les lésions du foie et celle de la rate ne présentAJent, d'après M. Cornil, rien de spécifique; celles du foie appartenaient à la première période de la cirrhose, mais de la cirrhose non syphilitique. Il n'existait cependant aucune autre cause qui eût pu la produire, de telle sorte qu*il était assez rationnel, au point de vue clinique, de supposer que la syphilis n'avait pas été étrangère à la production des altérations du foie et de la rate, qui avaient acquis un grand développement, surtout à la deuxième année de la maladie constitutionnelle.
V. Syphilide maligne tuberculo-ukérante gaiigrenetise. -— Récidives nombreuses avec "implications serpigineuses. — Gravité de l'état général, etc.
Chez C... (Nicolas), âgé de 29 ans, les investigations les plus minutieuses ne parvinrent jamais à faire découvrir la plus petite trace de Taccident primitif. Il contracta, au commencement de janvier 1853, une blennorrhagie, à la suite de laquelle il eut une tuméfaction indolente de tous les ganglions deraine,dontun même se convertit en abcès en avril. Ce ne fut toutefois que pendant la deuxième quinzaine d'avril que se manifestèrent les premiers symptômes de l'intoxication s>pbilitique : courbature, malaise général, mouvement fébrile continu, avec redoublement tous les deux jours dans la soirée, constituant des accès de fièvre tierce avec leurs trois stades. — Le l*' mai, une éruption se déclara; elle était disséminée sur toute la surface du corps, discrète et composée de petits boutons pleins, qui devinrent bientôt gros comme une lentille. — Continuation des troubles constitutionnels après l'éruption. — Douze jours après, le malade entra à l'hôpital Saint-Louis. Son éruption ne présentait alors rien d'extraordinaire; elle ressemblait assez bien à une syphilide papulo-tuberculeuse exantbématique discrète, mais on y trouvait déjà une autre forme éruptive d'un cachet spécial. Ainsi, au milieu du thorax, sur la ligne médiane, existait une