DES GOMMES DANS LEUR PREMIER STADE
iDie, son élasticité chondroïde est assez semblable à celle d'un ganglion. Aussi, lorsque la gomme se développe dans une région pourvue le ganglions lympatbiques, on est quelquefois fort embarrassé pour a distinguer au milieu d'eux.
Je viens de vous décrire le premier stade de la gomme. Vous voyez |ue sa symptomatologie est peu compliquée, puisque, isolée et sans onnexions avec le tissu conjonctif, elle y vit d'une vie obscure, silenlieuse, presque inerte, qui se borne à accroître peu à peu son volume. jombien de temps dure cette augmentation progressive de sa masse? Des mois et quelquefois des années. Il ne s'agit ici, ne l'oubliez pas> )ue des gommes tardives et tertiaires. Ëh bien, comme l'indolence et l'aphlegmasie, la lenteur de l'évolution est un de leurs caractères les plus constants. Dans les gommes précoces, le processus est beaucoup plus rapide.
Cette tumeur sous-cutanée, solide et aphlegmasique à son début, ne reste pas toujours telle indéfiniment. Elle finit par se ramollir, par se liquéfier comme la plupart des tumeurs, comme les phlegmons qui se convertissent en abcès. C'est à son centre que commence le processus de ramollissement. En ce point, la consistance diminue de fermeté ; un tissu mollasse et pâteux succède au tissu solide, lequel est bientôt remplacé par un liquide qui donne au palper une sensation vraie ou fauss» de fluctuation. Je dis fausse, parce que souvent, dans les tumeurs gommeuses comme dans certaines adénopathies secondaires, dont je vous ai parlé à l'occasion du chancre infectant, on est trompé par les apparences. Là où le doigt semblait sentir un liquide i^ mouvoir sous sa pression dans un espace circonscrit, il n'en existe pas encore. Combien de fois n'a-t-on pas ouvert prématurément, et <^aDs en rien faire sortir, des tumeurs qu'on croyait complètement tuméfiées ? Cette raison et d'autres plus importantes interdisent de porter le bistouri sur les gommes. — Avant que toute la masse néoplasique ait été transformée en une collection liquide, il s'éveille et Mi produit peu à peu à sa périphérie, dans le tissu cellulaire ambiant jusque-là intact, un processus subinflammatoire qui rayonne dans tous les sens, mais principalement du côté de la peau, où il ne tarde pas à se manifester par les signes les plus évidents. D'abord la tumeur |>erd sa mobilité; elle contracte des adhérences avec les tissus sur lesquels elle repose et qui la recouvrent. Ses contours deviennent moins nets et s'empâtent. A son niveau, les téguments se teintent de rose sur !iOQ point le plus culminant, puis d'une coloration d'un rouge de plus ^nplus foncé qui s'étale sur toute sa surface. La production gommeuse