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INCUBATION DU CHANCRE SYPHILITIQUE

ques, multiples et de former des tumeurs dures, non adhérentes avec la peau et mobiles dans l'atmosphère du tissu cellulaire qui les entoure. S'il leur arrive de se ramollir et de suppurer, ce qui est rare, elles guérissent vite et ne se convertissent jamais en foyer chancreUeux. Elles persistent pendant longtemps et survivent en général au chancre dont ^lles sont le retentissement obligé. Enfin elles se généralisent peu à p^u et on en trouve sur différentes parties du corps, pendant qu'évoluent les premiers accidents consécutifs.

Ainsi la néoplasie primitive, l'accident initial de la syphilis est toujours précédé d'une longue incubation et toujours suivi d'un envahissement des ganglions régionaux par un processus en grande partie semblable à celui du chemcre lui-même.

i« %Lctiom dm ckmcrt typkUUique : Comment oa peut l'interpréter. — Deux théories. — Dans la (■n-miore. le chancre n'eiit que le résultat local et unique de l'intoxication générale qui s'est faite • rartir de la contamination. — Dans la deuxième, le chancre est une lésion qui incube localement i).i« les tJJtaos : Fintoxication générale ne commence qu'avec lui.

*. 't^n^fuences pratiques : D'aprèsi la première théorie, inutilité de l'extirpation du chancre. — D'après U seconde, possibilité de prévenir la syphilis par la destruction, faite k temps, du chancre >> >L^iitique.

/, >i,«^ donmée p&r la faits expérimentaux : Rareté des cas oii l'on peut exciser à temps. — Insuccès

1 1:1* exc'mion complète faite par moi dans des conditions exceptionnellement favorables ,et trente-

><i adores après l'ai^rition de la papule chancreuse. — Que faut-il penser de l'intoxication qui

•r-i«'de le chancre : elle est incomplète. — Nécessité du foyer chancreux pour la rendre effective

-: «iD jrrtiènliser les conséquences.

L^^rcMe sypkUitiqme : Du rôle que jouent, dans la pathogénie, les lympho-adénopathies acléreuses. - hiaboration et multiplication des éléments du virus dans les chancres et dans les ganglions 'is haliqueu.

Avant d'aller plus loin, cherchons quelle est la signification du grand plit^nomène de l'incubation.

Lintervalle de temps qui s'écoule entre la contamination et la lésion iiiitiale est d'une durée dont l'évaluation a beaucoup variée suivant i '^;x)qae et les milieux où l'on dressait les statistiques. En me fondant ^ur les recherches que j'ai entreprises depuis dix ans, je crois être dans ^ vrai en affirmant qu'aujourd'hui l'incubation du chancre sypbiiiu«{aeaune moyenne de trente-cinq à quarante jours. Mais peu importe du point de vue pathogénique. N'eùt-elle que dix ou quinze jours,

omme le pensaient quelques syphiliographes, elle n'en suggérerait ; i^ moins les deux interprétations suivantes, qui sont les seules du reste M >• l on Duisse faire.

I>'aprës lapremièrci on suppose que l'absorption du virus s'est opérée

58 GROUPE ERYTHEMATO-PAPULEUX.

Les syphilides du premier groupe appartieuDent à la première période des accidents consécutifs. Ce sont elles qui envahissent, par poussées successives, pendant les deux ou trois premières années du processus, la peau et les muqueuses. Leurs principaux caractères sont d'être généralisées, diffuses, superficielles, résolutives, et de disparaître, après une durée ordinairement longue, sans entamer les téguments et en ne laissant d'autre trace que des macules pigmentaires et point de cicatrice indélébile.

Comme elles se développent pendant la phase virulente de la maladie. il arrive aussi, et c'est là une de leurs particularités les plus importantes, que les produits morbides qui suintent quelquefois à leur surface, quand de sèches elles deviennent humides, sont doués à un très haut deirré de la propriété contagieuse. Parmi les lésions qui font partie de ce groupe une des plus remarquables, à cet égard, est celle qu'on a désignée sous le nom de plaque muqueuse. Aussi dangereuse que le chancre, et même plus, parce qu'on s'en défie moins, elle est le principal agent de la contagion syphilitique, surtout en dehors des rapports sexuels. Sa fréquence, sa ténacité, sa tendance à récidiver sans cesse, sa facilité à pousser et à pulluler sur toutes les ouvertures naturelles, aux lèvres, à l'isthme du gosier, à l'anus, à la vulve, au gland, dans les narines, sur les seins et même à la peau, dans tous les points où les sécrétions normales ou anormales ramollissent l'épiderme, etc., toutes ce> circonstances se réunissent et se combinent pour donner à la plaque muqueuse une importance de premier ordre parmi les manifestations de la syphilis.

Avec le chancre et la gomme elle est l'ulcération syphilitique la plus empreinte de spécificité. Ces trois lésions forment pour ainsi dire le trépied de Tanatomie pathologique aux diverses périodes de la maladie constitutionnelle : le chancre au début, la plaque muqueuse pendant la phase virulente, et la gomme pendant la phase constitutionnelle. Le chancre ne règne que quelques jours ; la plaque muqueuse dure trois ou quatre ans, et la gomme indéfiniment.

Quoique identique à elle-même, et toujours une dans sa structure et s« > propriétés fondamentales, elle se présente sous des aspects multiple ^ et variés : et en cela du reste elle ne diffère pas des éruptions du groupe dont elle fait partie. Vous verrez en effet qu'un de leurs caractères est le polymorphisme.

C'est que, si tranchés qu'ils soient dans leurs éléments générateur^, les types principaux des syphilides se rapprochent les uns des autres

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