SES CAEACTÈREB ET SA PLACE FIXE DANS L'ÉVOLUTION
*-[ se fusionnent souvent de manière à former des espèces intermé- (ijaires qui participent de plusieurs éruptions différentes.
Ainsi, dans le premier groupe, qui comprend la roséole et la syphiiide papuleuse, vous rencontrerez fréquemment des éruptions mixtes, ^nthémato-papuleuses oupapulo-érythémateuses, suivant la prédomi- Dance de Térythème ou de la papule. Il importe aussi d'ajouter que daus le même type il y a de nombreuses variétés : variétés rubéoliques et maculeuses pour la roséole; et, pour les papules, variétés miliaires, 1 ooiques, lenticulaires, plates et larges, etc.
Lorsque les papules atteignent de grandes dimensions, elles se couvrent habituellement de squames et même de croûtes, au-dessous desquelles existent des érosions plus ou moins profondes, qui, généraleujent, se guérissent sans laisser de cicatrices. Quelquefois cependant i érosion se convertit en une véritable ulcération, et alors la papule -ort un peu de son groupe pour empiéter sur le groupe suivant, formé de lésions à tendance essentiellement destructive. Les syphilides papu- IcHcrustacées et surtout les syphilides papulo-ulcéreuses et papulotuberculeuses sont les plus graves parmi les éruptions du groupe érythémato-papuleux.
La plaque muqueuse n'est autre chose qu'une large papule dévelo{>pée sur le tégument interne. C'est aussi au type papuleux qu'appartient la lésion que Bazin appelait plaque cutanée.
Toutes les éruptions du groupe érythémato-papuleux affectent, en i^énéral, une grande régularité dans leur processus. Elles récidivent ^cuvent et se succèdent à des intervalles plus ou moins éloignés. Maiâ leurs poussées ont un terme qu'on peut mesurer d'une manière ipproximative.
En effet, leur place chronologique est fixe. Elles se montrent après la lésion initiale et ne se reproduisent pas indéfiniment pendant toute la durée de l'évolution syphilitique. Quatre ou cinq ans après le chancre, pielquefois plus, habituellement moins, vous n'observerez plus la roséole, ni les plaques muqueuses, ni même les syphilides papuleuses, •juoique ces dernières, surtout dans leurs variétés ulcéro-croùteuses, soient quelquefois tardives. La précocité est donc un de leurs attributs, K cet attribut est si absolu, qu'en voyant un malade atteint d'un des !>:' idents cutanés ou muqueux du groupe, vous pourrez lui affirmer, i supposer qu'il l'ignorât, que sa syphilis a été contractée depuis peu, ';'i elle est encore plus ou moins jeune et qu'il ne faut pas la rattacher ' une contamination qui remonterait à huit ou dix ans en arrière, par ^lemple.
60 GROUPE ULCÉaO-OOMMEUX.
Il n'en est point ainsi des éruptions du deuxième groupe dont iJ me reste maintenant à vous parler. Occupons-nous d'abord d'en déterminer les principaux caractères cliniques.
Ce deuxième groupe, qu'on peut appeler ulcéro-gommeux, est constitué par le type pustulo-ulcéreux ou ulcéreux d'emblée, et par le type tuberculo-gommeux. Les éruptions qui en font partie se développent aussi bien sur les muqueuses que sur la peau. Elles sont plus lente> en général que celles du premier groupe dans leur processus, mais quelquefois cependant elles détruisent les tissus avec une rapidité foudroyemte.
Au lieu de rester limitées à la couche dermo-papillaire des téguments ou de concentrer là toute leur action, elles envahissent de préférence les couches profondes et finissent par occuper toute l'épaisseur du chorion. II arrive même très souvent, surtout pour les gonunes, que le siège initial, le point de départ de la lésion, est au-dessous des téguments, dans le tissu cellulaire sous-cutané.
Ces dermopathies profondes et destructives ne semblent pas être, conmie celles du premier groupe, le résultat d'une synergie réactionnelle de toutes les forces organiques contre le nouveau principe toxique introduit dans l'économie. Elles n'ont point, comme elles, une ressemblance, même éloignée, avec les exanthèmes des fièvres éruptives. Ces! vous dire que, sauf dans quelques cas exceptionnels dont je vais vou^ parler tout à l'heure, elles ne s'étalent pas simultanément sur une grandr étendue ou même la totalité des téguments, comme le font les s\philidi < papulo-érythémateuses. Elles sont primitivement confinées sur uiinrégion limitée du corps. Quelquefois même elles n'occupent qu'un point très circonscrit, le voile du palais, la luette, par exemple. Mais tout en n'ayant aucun caractère de généralisation simultanée, elles peuvent, à la longue, par leurs poussées successives et par leur marche phagédénique et serpigineuse, laisser sur toute la surface de la peau et sur les muqueuses de la bouche, du pharynx, du larynx, des organes génitaux, etc., des traces indélébiles de leurs méfaits.
Quoique ne débutant pas de la même façon et n'obéissant pas au même processus, les deux types aboutissent aux mêmes conséquences, c'est-à-dire à des ulcérations plus ou moins vastes et profondes, suppurant avec abondance et douées toutes, à un plus ou moins haut degré, du génie destructeur. En les voyant au plus fort de leur œuvre phagédénique, il est difficile de savoir si les sjphilides ulcéreuses ont commencé par des pustules ou par des gommes.
Lessyphilides du premier groupe, pustulo-ulcéreuses, attaquent d*em-
8A TENDANCE PHAGEDENIQUE. 61
Mée les tissus. Une pustule se forme du jour au lendemain; elle se rompt promptement et, au-dessous, vous trouverez une ulcération fonimeuse, saignante, taillée à pic, qui dévore vite toutes les couches de la peau ou des muqueuses. C'est un processus semblable à celui du chancre simple et c'est d'après lui que procèdent l'ecthyma et le rupia, et aussi, mais avec infiniment moins de malignité, l'impétigo.
Les syphilides du second groupe détruisent, au contraire, les tissus par l'intermédiaire d'une néoplasie, d'une production morbide, circonscrite ou diffuse, dont les éléments embryonnaires sont incapables d'organisation et voués à une mort certaine. Il y a donc d abord infiltration des éléments normaux qui vont être dissociés, «"touffes et détruits, puis ramollissement et évacuation des produits hyperplasiques, etc.
Vous le voyez, quel que soit le processus, c'est toujours, en fin de compte, une perte de substance qui en est la conséquence.
Les infiltrations néoplasiques tuberculo-gommeuses, s'étalent quelquefois, d'une façon diffuse et pour ainsi dire amorphe, dans l'épaisseur de la peau et des muqueuses ou au-dessous d'elles, en nappes •^ten fusées, etc. Quand elles se fondent, elles produisent des délabrelueots énormes, la destruction d'un organe entier, comme cela se produit trop fréquemment pour le voile du palais, l'isthme du gosier, etc. D'autres fois il n'y a qu'une néoplasie minime sous forme de tubercule, une perforation nette ou une ulcération très petite. Mais, en général, quand la néoplasie se formule en tubercules, elle en produit un ?rand nombre sur le même lieu suivant des lignes courbes, en arc de cercle, en ellipse, en fer à cheval, etc. Il y a même des éruptions qui ïont confluentes; tous ces tubercules se touchent et forment une cara- [idce mamelonnée d'un rouge sombre qui s'ulcère, se perfore et subit tous les ravages que peut produire le phagédénisme en surface et en épaisseur. Il en est ainsi des productions gommeuses qui ne diffèrent des tubercules que par leur volume plus considérable et leur situation plus profonde.
Dans toutes ces lésions, le phagédénisme qui en forme le caractère priDcipal, se développe habituellement du centre à la circonférence. Il est rentrifage et ronge les tissus par zones concentriques, à contours polycycliques.
Mais, j'en ai dit assez pour vous donner une idée des syphilides mves de ce groupe et vous permettre d'en deviner les conséquences l'j' aies et générales, telles que, pertes irrémédiables de tissus et d'or-
62 IKfiÉGULARITE DE SA DATE DANS LE PROCESSUS.
gimes, récidives sans nombre, suppurations interminables, asthénie progressive, appauvrissement du sang, et, enfin, cachexie terminale qui entraine la mort, ou dont les malades se relèvent difficilement.
Les syphilides ulcéro-gommeuses appartiennent à la catégorie des accidents tardifs et constitutionnels. Mais elles n'ont aucune date fixe, aucune place régulière dans le processus général de la maladie. On h'voit survenir deux ou trois ans, comme aussi dix, vingt, trente, quarante ems après le chancre. Aussi serait-il impossible, en l'absem v de tout commémoratif, d'évaluer approximativement Tàge d'une syphilis en se fondant uniquement sur Tépoque d'apparition de ces dernicipathies.
Et cela est si vrai que, parmi elles, vous en rencontrerez quelquefoi> qui anticipent sur cette époque et font explosion immédiatement aprè> l'accident primitif. A leur seul aspect, on pourrait croire qu'il s'ai;!: d'une syphilis vieille au moins de huit ou dix ans.
Ces syphilides ont un cachet particulier de malignité. On les a désignées sous le nom de syphiHdes malignes précoces. Ce qu'elles présentent de plus remarquable dans leur processus, c'est, outre ieur^ tendances horriblement phagédéniques, les propriétés qu'elles pos>* dent de se généraliser comme les éruptions érythémato-papuleuses.
Vous voyez donc, que si les déterminations de la syphilis sur la peau et sur les muqueuses, sont en général soumises à une certain*' régularité chronologique, il y a pourtant des exceptions. Remarquez <{u^' ces exceptions ne viennent pas du premier groupe des syphiUdes, mai^ bien du second. Oui , les syphilides ulcéro-gommeuses sont susceptibl d'anticiper sur l'époque habituelle de leur apparition, au point de produire aussitôt après le chancre, tout comme une roséole, de nièm»qu'elles peuvent reculer indéfiniment jusqu'aux périodes ultimes de la maladie constitutionnelle. A cet égard, il y a en elles quelque cbos^ de désordonné et de capricieux qu'on n'observe pas dans les sy{>hilides du premier groupe.
On peut donc formuler la proposition suivante dont l'observation d* chaque jour vous démontrera l'exactitude : les accidents de la phast* virulente, surtout ceux qui ont pour siège la peau et les muqueuse^, obéissent à une évolution dont la fixité et la régularité permettent, dans une certaine mesure, de calculer leur époque d'apparition et leur durée; les accidents de la phase constitutionnelle, au contraire, déjouent toutes les prévisions, môme approximatives, car il n'y a aucun*' donnée qui autorise à dire ni s'ils arriveront, ni ù quelle époque ils commenceront et finiront, ni même s'ils auront un terme; de sorte qu'avtT