COMPLICATIONS DES TUMEURS GOMMEUSES
des cheveux, en avant, de très larges et aplaties qui présentaient Taspect et la consistance de tumeurs lipomateuses. Le traitement spécifique en faisait promptement justice. Et, à ce propos, je dois vous dire qu'il est i»ou d*êlre toujours en défiance, même quand une tumeur s'écarte Ih aucoup du type de la gomme. Les productions spécifiques de Thypoderme sont plus polymorphes qu'on ne le croit. On a eu tort de les . uuler toutes dans le même moule, dans celui de cette gomme clasïii|ue qui ne peut donner qu'une idée imparfaite, incomplète, de la pathologie syphilitique de l'hypoderme, parce qu'elle est trop exclusive. Pour terminer ce que j'ai à vous dire des symptômes, il me reste à vous décrire la cicatrice des gommes sous-cutanées. Elles diffèrent suivant la profondeur du processus destructif. Lorsque l'ulcération qui résulte de leur ramollissement est superficielle, la cicatrice est peu déprimée, et assez semblable à celle de l'ecthyma, mais moins réguli» re, plus plissée et plus couturée. Les cicatrices des tumeurs gommouses profondes s'cnfonconl dans l'épaisseur des tissus et adhèrent ^ouvent par leur fond avec les aponévroses musculaires ou le périoste. En pareil cas leur surface est rendue inégale par des bandes et par des Dudules fibreux. Lorsque le processus a envahi les os, on sent leurs «lures aspérités au-dessous de la cicatrice qui fait corps avec eux et >'enronce en infundibulum fibreux jusqu'à la partie la plus inférieure «le la perte de substance.
Complications. — Les gommes n'évoluent pas toujours d'une façon aphlegmasique, indolente, et pour ainsi dire silencieuse, au miUeu des parties qu'elles ont envahies. Quelques-unes suscitent parfois autour délies des phénomènes inflammatoires qui peuvent s'élever jusqu'au phlegmon aigu, envahir en surface et en profondeur une grande étendue du tissu cellulaire et provoquer les accidents les plus sérieux. Ce fait se produit quelquefois dans la région trachéo-laryngée; je vous en itorai un cas remarquable quand je m'occuperai de la syphilose des vuies respiratoires. Lorsqu'on n'assiste pas au début de cette complication phlegmoneuse, on pourrait croire qu'il s'agit d'un phlegmon ordinaire, mais bientôt le processus vient révéler la nature de la lésion *.
1. Les afrections phlei^moneuses hypodermiques qui se développenl quelquefois chez .- syphilitiques sont-elles uu ne sunt-elk'S p.is sous rinnutMu»» de la maladie générale? — Je viens d'observer un cas dans lequel, vers le \T mois de la syphilis, il survint un \*'n partout et successivement dans l'hypoderme des tumeurs phlejçmoneuses qui s'ab- « ♦ .Irfrcnt et se résorbèrent la plupart comme dos ^jonnnes ai^ui-s. Quelle que soit Tinter- (•rt'lati'jn qu'on donne de ce fait, il est assez curieux pour truuver place ici.
M. X., ^ ans, d'une vigoureuse constitution, se portait habituellement bien; cepen-
MAURIAC. — UALADIBS VKXkB. îî'î
818 COMPLICATIONS IMFLAMHATOIRES
Voici, en effet, ce qui arrive : au centre de cette lésion il se forme une proéminence fluctuante avec rougeur plus foncée et amincissement d»' la peau. Tout autour et au loin règne une zone dure d'inflammation
dant il était sujet à avoir sur différentes parties du corps des éruptions ecz^mat^L^s Dans les deux ou trois premiers mois de 1881, il contracta un chancre infectant >u;b^f ficiel et qui ne dura que quelques jours. Les premiers accidents consécutifs forent f-.^ bénins. Quand je fus appelé à le soigner, vers le 7' mois de sa maladie, il n'exi^.i ' plus aucun vestige de la roséole très discrète qui s'était produite six ou sept semai..* > après le chancre. Toutes les manifestations se bornèrent pendant les derniers nwi^ t-
1881 et les premiers de 188-2 à quelques plaques opalines de la gorge et de la lan^j' -' à deux ou trois petites plaques psoriasiformes dans la paume des mains.
En février 188-2 (13« mois de la maladie), iM. X. fut obligé de partir pour un pay« ir^ froid. 11 lui survint alors des éruptions eczémateuses et des furoncles qui durèrent :>n. temps. Il eut à souffrir surtout de démangeaisons atroces. La syphilis, d'ap^è^ ce tjlui dirent les médecins qui le soignèrent alors, ne jouait aucun rôle dans la produrti t de ces dermatopathies aiguës et douloureuses.
A son retour le malade était à peu près guéri. Mais il lui survint alors, vers \^ 1'* mois de sa syphilis, peut-être à la suite d'une violente commotion morale, des tum'urinflammatoires sur diverses parties du corps. Ces tumeurs rouges et douloureuses r— semblaient exactement à un petit phlegmon circonscrit. Au bout de huit oudixj'i'^ elles devenaient molles et fluctuantes à leur centre, puis elles se résolvaient >• à peu en quinze jours ou trois semaines sans s'ouvrir. Ce processus était très ^lnJtl . et invariablement le même, sauf dans deux ou trois tumeurs qui s'ouvrirent, évacu''- •' leur contenu purulent et se cicatrisèrent rapidement. — Aucune éruption &ur la |» « aucune cause occasionnelle. Ces tumeurs phlegmoneuses, purulentes et n^:^>'iii ' ^ poussèrent un peu partout : il y en eut quatre au pubis, deux au périnée, boit «.ni «" sous le» aisselles, d'autres sur des régions non pourvues de poils. Elles dispanli^>t: au bout de trois semaines sans laisser de traces. Le malade était alors à la n pagne. A son retour, il me manda auprès de lui dans les premiers jours de no\H
1882 (21* mois de la syphilis). 11 avait depuis huit ou dix jours une de ces Wir.rr^ phlegmoneuses dans la région sous-maxillaire du côté gauche, à trois ou quâtrt . timètres au-dessous et un peu en avant de Tangle de la mâchoire. A ce nio'n * 16 novembre i882, toute la région et une partie de la joue correspondante étaient ru. tendues, douloureuses et très tuméfiées par un empâtement œdémateux diffu? \centre de cette fluxion il existait un foyer liquide de trois centimètres de ditm^ d'un rouge sombre, très fluctuant, et dont la peau amincie semblait sur le poiLi . s'ouvrir. — Plaques muqueuses opalines et fissures sur les bords de la langue. - L malade prenait du protoiodure. Je prescrivis en outre deux grammes d'îodun • potassium et des cataplasmes émollients. La tumeur était si phlegmoneuse et IdUt- > nettement formé, que je crus à son évacuation prochaine. Je l'aurais même ouf<'^ l'expérience ne m'avait démontré maintes fois qu'il ne faut jamais porter le bi*t ■ sur les tumeurs liquides qui se forment chez les syphilitiques. Du reste, le pp* résolutif des tumeurs analogues qui se produisaient depuis trois mois chex ce nn . traçait ma ligne de conduite. Quoique leur physionomie fût loin d'être celle des tum gommeu-^es, olles évoluèrent cependant comme quelques-unes de celles qui ^ précoces et résolutives. J'avais vu des cas qui se rapprochaient de celui-ci dân> recherches sur les affections syphilitiques précoces du tissu cellulaire sous<uiano.
Quand je revis AI. X. le 23 novembre (15* jour environ de la tumeur), ell^ •' diminué de trois quarts, saîis s ouvrir; l'abcès s'était affaissé et ne préseniaK jaucune fluctuation; la peau, à son niveau, était plus épaisse, moins rouge et rvfr' son aNpet*t normal; l'empâtement périphérique se dissipait graduellement. Lart^M- ■