DÉTERMINATIONS PROFONDES DB LA SYPHILIS CONSÉCUTIVE
riii CQ entre dans un inconnu pathologique dont on ne peut sonder ni j'^it-ndue ni la profondeur.
l'iriKai^ATIOllS BB LA STPflILlS COKSiCUTlVE, AUTRES QUE LES STPBILIDKS CUTANÉES ET MUQUEUSES :
N r le» OS. sur le8 mascles, les ganglions, les viscères, etc. I 'I dfttfryhtnmtioHi 8omt pouibles pendant la première phase des accidenta consécutifs : Adénopathies. —
lrt.i>. — AfffH*tions des tesiticales, périostites, gommes. — Aifections musculaires et viscéropathies
i^ i 1 pbase frecondaire. — Caractère résolutif de ces affections. — Fréquence des encéphalopathies
»t [ M..tiq<jea pendant la phase secondaire de la syphilis. Elles sont aussi graves que celles des
.!>i>e» attimes.
. ':«-Tatn4tionii viscérales pendant la phase constitutionnelle. — Leur fréquence. — Leur gravité»
- lff**<^tions osseuses. — Affections tertiaires du foie, des reins, du poumon, du cerveau. —
'UcLexie sjrphilitique.
Après vous avoir montré ce que sont en elles-mêmes, et dans leurs r i;.porls avec les étapes de la syphilis, les affections spécifiques de la {^«^lu et des muqueuses, je vais vous dire quelques mots des détermi- Lations de cette maladie sur les autres tissus et les autres organes. Toute Téconomie étant imprégnée du principe morbigène, il n'y a rien i*- surprenant à ce que les lésions qui en sont la conséquence se mariif» <tent sur tous les points du corps. Si elles ne le font pas, elles le ['•urraient. Où sont, en effet, les conditions de structure qui seraient i^ nature à protéger tel ou tel tissu contre l'infection syphilitique ? Quel "-^t le mode fonctionnel dans l'économie vivante qui posséderait la vertu dr ['réserver certaines parties de l'organisme des atteintes du virus? En ' Luaissez-vous ? >^on. Eh bien, chaque tissu, chaque organe, chaque ^^^t^[^e similaire ou non doit donc se trouver dans les conditions >i '{iportunité qui le rendent propre à contracter l'action morbide.
On croyait autrefois, et il y a des pathologistes qui s'imaginent
"^li ore aujourd'hui, que la syphilis procède de l'extérieur à l'intérieur
t'irib ses attaques, comme on le fait quand on assiège une ville forti-
'V dont on force chaque enceinte avant de pénétrer au centre. Rien
'^^t plus faux que cette conception du processus. Savez^vous à quoi
conduit? à dire que pendant les deux ou trois premières années
i^ -nu évolution, la syphilis était incapable de susciter aucune affection
\-- iKquc ailleurs qu'à la peau et sur les muqueuses. Je n'ai cessé de
' liibaUre cette doctrine depuis dix ans, et je crois l'avoir fait d'une
••m îictorieuse, car j'avais pour armes des faits nombreux, précis et
' vutables d'affections syphilitiques profondes et viscérales, surve-
Lj^^'^u de temps après l'apparition du chancre.
AiaM, pénétrez-vous bien de cette idée que les lésions de la syphiUSj
64 DÉTERMINATIONS VISOÉRALEB ^ECONDAIEES.
pendant sa phase virulente (et je vous ai dit plus haut ce qu'il faut entendre par là), ne se bornent pas à la peau et aux muqueuses, mais qu'elles se déterminent sur le périoste, sur les os, sur les organe^ splanchniques, etc. Je ne dis pas qu'elles le fassent avec la même fréquence que dans la période constitutionnelle ; mais ne perdez pas d vue la possibilité de pareils événements.
C'est un sujet du reste sur lequel je reviendrai bien souvent dans le cours de ces leçons. Qu'il me suffise de vous dire aujourd'hui que vous observerez, pendant les premiers mois et les deux ou trois p^emiè^e^ années du processus, des déterminations sur le périoste et sur les os, sur le tissu cellulaire sous-cutané, sur le foie, sur les reins, mais principalement sur le cerveau. Oui, messieurs, ces graves viscéropathie^ peuvent être contemporaines de la roséole, des plaques muqueuses, des éruptions papuleuses, tout aussi bien que des syphilides ulcéragommeuses.
Elles n'ont pas en général le même degré de gravité à cette époqu*^ que plus tard. Les produits morbides se résorbent plus facilemenr, prolifèrent moins et n'aboutissent presque jamais aux conséquenct*^ extrêmes de leur processus. Mais ne vous fiez pas toujours à ce pro^ nostic général. Je vous signale le cerveau comme y faisant une con stante et déplorable exception. Les encéphalopathies syphilitiques du début de la syphilis sont en effet aussi redoutables que celles qui surviennent aux périodes les plus reculées de la maladie coDstitu tionnelle.
Outre les dermopathies erythémato-papuleuses qui constilueni comme le fond symptomatique des premières phases de la syphilis, oc observe encore d'autres déterminations superficielles qui, pourèin moins fixes et moins régulières, n'en ont pas moins une grande impor tance.
Les adénopathies multiples, indolentes, dures, semblables à celh qui accompagnent toujours le chancre infectant, se rencontrent >ii diverses parties du corps et, en particuHer, dans la région cervico-ocoi pitale. 11 est probable que les ganglions internes sont envahis, eu: aussi. Un organe du même ordre, l'amygdale. Test constamment : pa son hypertrophie, elle constitue, avec Thypérhémie et surtout It* plaques muqueuses de l'isthme, les pharyngopathies qui signaleij l'invasion de la maladie générale.
Les laryngopathies se rattachant à des éruptions superficielles sur I muqueuse laryngée ne sont pas rares ; elles causent des altéraUons cl
DBTBBMINATIONS YISCÉBALES SECONDAIRES. 65
d<>la voix, des enrouements chroniques qui persistent parfois très longtemps.
Parmi les organes des sens, l'œil est celui qui est le plus fréquemment atteint. Il l'est dans son diaphragme irien. Vous observerez très souvent des iritis syphilitiques à une époque fort rapprochée de Tacci* d^nx primitif. D'ordinaire, cependant, elles ne surviennent que vers le milieu ou à la fin de la période virulente ; aussi les regardait-on autrefois comme des accidents de transition entre les accidents secondaires et les tertiaires.
Une autre détermination de la syphilis, qui n'est point exceptionnelle u cette époque, et à laquelle on attribuait la même signification, c'est rtjiididymite chronique et l'albuginite testiculaire.
Voilà, messieurs, avec quelques autres qu'on peut passer sous silence dans cette rapide revue, les affections syphilitiques les plus communes dtf la période virulente. Mais il y en a d'autreset celles-là appartiennent à l'ordre des accidents qu'on croyait autrefois ne pouvoir être que tertiaires.
En tète et bien au-dessus de toutes comme fréquence et gravité se placent les encéphalo-myélopathies. Le cerveau est souvent atteint Pendant cette période de la syphilis ; la moelle épinière l'est beaucoup njoias. Méningites chroniques diffuses mais surtout partielles, suffusioDs ou tumeurs gommeuses dans la couche corticale ou dans les L-andions centraux et les ventricules, produits inflammatoires suscités att là par les lésions spécifiques, endartérites et périartérites avec foyers de ramollissement consécutifs par ischémie, etc., telles sont les principales lésions que l'on observe. Comme conséquence vous avez la ï> mptomatologie la plus variée : des paralysies partielles irrégulièrement disséminées, frappant les muscles des yeux, ceux des membres, queln^rfois un seul muscle ou un seul groupe de muscles, des hémipléirie», des accidents vertigineux, des épilepsies partielles, des aphasies, 't'ï vésanies, etc., et, encore plus souvent un mélange, une succession^ ^ns aucune systématisation phénoménale, des accidents nerveux les Wis variés et les plus irrégulièrement dispersés et circonscrits. Que 1^^ cérébropathies spécifiques soient précoces ou tardives, elles offrent oujoars le même danger, et il est immense.
Il n'en est pas ainsi des affections syphilitiques du périoste et des os.
l^s que vous observerez souventdans la période virulente sur la face ^^'•^rieure du tibia, sur les os du crâne, sur les côtes, les teroum, etc., '^om HQ général résolutives. 11 est rare qu'on constate de la carie ou i*" U nécrose; j'en ai vu cependant un cas sur le maxillaire supé-
VaIRIAC. — MALADIES VÉNÉR. 5
66 DETEBMINATIONB VISCÉRALES TERTIAIRES.
rieur. Hais ces tumeurs ostéo-périostiques ont de la tendance à disparaître spontanément. Elles se résolvent ou cèdent très facilement à l'action curative de l'iodure de potassium.
lien est de même des éruptions de gommes sous-cutanées, qui affectent quelquefois le caractère de généralisation propre aux érythèiiies, et constituent même des nodosités et des plaques très semblables à Térythème noueux commun ou arthritique, etc.
Les reins et le foie peuvent devenir, à une époque fort rapproché 3 de l'accident primitif, le siège de lésions et de troubles fonctionnels qui s»* traduisent par des albuminuries persistantes avec anasarque et par de> ictères chroniques.
Ajoutez à cet ensemble déjà si complexe les lésions qui sont susceptibles de se porter sur les muscles, sur les nerfs, sur les articulation^ et vous n'accuserez pas la phase virulente de stérilité et de monotonie dans ses manifestations symptomatiques.
Que pourrais-je vous dire maintenant au sujet des déterinination> autres que celles qui s'effectuent sur la peau et sur les muqueusi^^. pendant la période constitutionnelle ou tertiaire? Ce sont les mèm<-^ que les précédentes à peu de chose près. Elles ont leur siège sur h'> mêmes organes, sur le cerveau, sur le foie, sur les reins, sur les voie^ respiratoires, sur les os, les muscles, etc. Mais elles surviennent à de.époques indéterminées ; leur mode pathogénique s'enracine plus profondément dans les organes et y cause des désordres plus étendus, <|ui résistent parfois aux médications les plus efficaces et ne montrent qu^ fort peu de spontanéité curative. Aussi, sauf celles du cerveau, sontelles généralement beaucoup plus graves et plus incurables pendant la phase constitutionnelle que pendant la phase virulente, et elles conduisent rapidement, surtout celles des reins et du foie, de la rate el des ganglions profonds, à une cachexie irrémédiable.
ËTOLUTION DB LA SYPHILIS. — Teotatives de clas8ifiratiou de ses accidonts, faites & divrr*
époques.
Division des phénomènes dft la syphilis fondée sur tordre et la succession ehrondoçiçues : »ot . :.
primitif; accid<»nt8 sccondaireH ; accident» tertiaires. Insuffisance de la clansitication basée bur la succession chronologique. — Nécessit** d'v intr...«-
d'autres notions que celks du tenijm.
Erreur des pathologistes qui ont rétréci le domaine de la syphilis secondaire en la disant in< a- a.
de produire des détarminations viscérales.
LmHir pliiii ftériease, dans ses conséquences pratiques, de ceux qui ont nié la virulence et la conta-
fiiwiie de ««'ft lésions. fjf la rvralmeg et de la eomtagiatité comme fait dominant dans la manifestation de la phase
j'^-nndaire.
bjiMuâ primùme. — Syphiiû consécutive. *
l'tri^.na de U syphilis consécutive en deux phases : la phase virulente et la phase constitutionnelle. Lj pr^raifrf survient fataleinetit après le chancre ; mais elle est transitoire comme lui et destinée à
ci^-uraitre pour ne plus revenir. — La deuxième peut ne pas se produire ; mais ses accidents
'•••nt d'une dorée indéfinie.
b.\.*:nn des phénomènes de la syphilis fondée sur le processus anatomique des lésions.
Daos l'exposé synthétique que je viens de vous faire rapidement et à grands traits, j'ai toujours eu soin, non seulement de vous décrire en IV qu'elles ont de plus saillant, les principales déterminations morbides, mais encore de vous montrer la place qu'elles occupent aux différentes phases de la maladie. Je pourrais m'en tenir là. Mais je crois, cependant, qu*il ne sera pas inutile de réunir et de mettre en relief les notions sur le processus, qui sont éparses et un peu perdues dans l'ensemble <la tableau. C'est, en effet, un des points les plus importants de la nosctp^hie, que la question qui va nous occuper. A toutes les époques on s'est efforcé de la résoudre.
Les premiers syphiliographes, au commencement du seizième siècle, 1*^ tentèrent avec succès. Il faut même convenir qu'on a très peu modifié, du moins dans ce qu'elles avaient d'essentiel, leurs idées sur l'évolution •if la sypliilis. Cela tient à ce qu'ils adoptaient pour principe, dans la classification de phénomènes si multiples et si variés, non pas telle ou ti^Devue théorique et préconçue, mais la succession des périodes, que leur faisait constater la pratique de chaque jour. Aussi, l'un des plus célèbres d'entre eux, Thierry de Héry, avait-il pu dire dès 1552 : « Les ïvniptAmes ou accidents communs de cette maladie sont plusieurs, des- '{ueis les uns précèdent, les autres suivent, les autres surviennent. Ceux ^ui précèdent sont ulcères de diverse nature, les autres (consécutifs), >OQt pustules et ulcères naissants par tout le corps. Les derniers sont iouleurs fixes de toute la tète, principalement avec exostose, où souvent 3*3nt les os cariés et corrompus... »
Vous avez vu que Hunter admettait des phases distinctes dans l'évoliitioQ de la syphilis. Mais, outre la succession chronologique, il faisait intervenir une aptitude variable des tissus à concevoir l'action syphi- •ùiqae, suivant leur situation superficielle ou profonde.
C'est à Hunter et à Thierry de Héry que M. Ricord a emprunté sa
''Vérification. Pour lui, le processus de la syphilis se divise en trois F^rties. A chacune d'elles il a donné des noms logiques, faciles à retenir ^t qui sont restés dans le langage commun. Qui ne sait aujourd'hui,