SOUS-CUTANÉ
Occupons-nous maintenant d'autres variétés de néoplasies. Coiui elles s'éloignent beaucoup moins que l'érythème noueux syphiliti ^ du type ordinaire ou gommeux, leur description sera moins lou.i^ que celle de ce dernier.
Prenons d'abord les néoplasies circonscrites et résolutives du ti^st cellulaire sous-cutané. Ici nous n'aurons plus aucune poussée dif^* ou généralisée, ni rien qui ressemble à une éruption érythêniai» i?".
ET RÉSOLUTIVES DE l'HYPODEKME. 8ï5
Tout se passe dans le tissu cellulaire, au-dessous de la peau et saus elle, du moins pendant la première période de Taffection. On ne voit jamais survenir de réaction générale ; la santé reste intacte et le fonctionnement de l'organisme s'exécute régulièrement. Il ne se produit point non «plus de. perturbations dans la sensibilité. L'insidiosité du développement 9 l'indolence, l'aphlegmasie , tels sont les caractères pour ainsi dire négatifs qu'on trouve à l'origine de toutes ces produc- :iûQs oéoplasiques.
Leur précocité, ainsi qu'on l'a vu plus haut, ne le cède guère à celle de Férythème noueux syphilitique ; aussi constate-t-on en même temps qu'elles, sur la peau et sur les muqueuses, la plupart des éruptions superficielles et résolutives qui appartiennent à la phase secondaire ou tinilente de la syphilis.
Dans leur configuration on trouve de grandes variétés, depuis la petite tumeur arrondie, dure, mobile, grosse comme une fève ou une noisette, jusqu'aux larges infiltrations sous-cutanées plus ou moins adhérentes avec les couches profondes du derme, qui peuvent occuper toute une région, telle que le plancher de la bouche, par exemple, ou la région parotidienne, etc.
Le processus se réduit, dans la plupart des cas, à une augmentation et à une diminution rapides de la néoplasie, sans aucune modification apparente dans sa consistance et dans sa constitution moléculaire. Ce mouvement en sens inverse ne demande que peu de temps pour s'effectuer. C'est, en effet, un des principaux caractères de ces sortes de tumeurs gommeuses d'être, pour ainsi dire, éphémères si on compare leur marche et leur durée à celles que présentent les gommes de la phase tertiaire. Il y en a qui ne mettent pas plus de 20 jours à parcourir toutes leurs périodes. D'autres, il est vrai, ne disparaissent qa au bout de 40 à 45 jours. Ce sont celles dans lesquelles le processus plus compliqué ne s'en tient pas à un simple changement de volume, nais aboutit à une transformation liquide de la tumeur. Le ramollissement de la masse solide s'effectue dans les conditions d'indolence et d'aphlegmasîe propres à ces productions néoplasiques. La peau rougit 1 peine et ne devient que peu douloureuse. Au-dessous d'elle, le liquide i*i régression stagne inerte et sans nmnifester aucune velléité d'éva- :uation. Aussi le voit-on diminuer peu à peu et se résorber définitive- DQeut. Le fait se produit d'une façon si constante dans ces néoplasies ireà précoces, même dans celles qui consistent en de grandes suffusions sous-cutanécs, que je me suis fait une règle invariable de n'y jamais porter l'instrument tranchant. Quelles que soient leurs appa-
846 DIAGNOISTIC DE CES NÊOPLASIES ET DES LYMPHOPATHIKS.
rences phlegmoneuses, je n'y touche pas, et presque toujours elUdisparaissent sans évacuer leur contenu.
Le diagnostic de ces tumeurs ou de ces infiltrations ne présente, f^o général, aucune difficulté. Si on ne trouvait pas en elles-mèaïf s do signes suffisants pour les rattacher à leur véritable origine y les coînridences pathologiques, qui font rarement défaut, fourniraient de p* cieux éléments de certitude au diagnostic. Ces manifestations de la diathèse sont, en effet, assez rarement isolées ; elles ne sont pre>o>> toujours qu^un mode pathologique surajouté à d'autres dont la^^ ificité n'est pas douteuse. N'est-il pas naturel qu'il en soit ainsi, (*q1qu'elles apparaissent à la période de la maladie où l'activité morbi répandue partout, multiplie les phénomènes, et crée ce vaste plexus de la phase virulente où les lésions pathognomoniques ne f': jamais défaut, sous une forme ou sous une autre ?
La localisation de ces produits néoplasiques peut parfois jeter t^i-' que obscurité sur le diagnostic. Lorsque, par exemple, elles siè^vL' dans une région qui est riche en ganglions lymphatiques, on se trouve souvent dans l'embarras pour savoir si l'affection est syphilitique u strumeuse. L'étude des antécédents, la marche et surtout la termicnson nous viendront en aide. Les tumeurs ou les suffusions syphilitique très précoces se résorbent presque constamment sans entamer la p*" i<: même lorsqu'elles se sont liquéfiées. Les abcès strumeux, qu'ils soi^ut ou non suscités par la syphilis, aboutissent toujours à des foy^^r* ouverts et fistuleux dont la suppuration est interminable, et sarlt'v quels la médication spécifique n'a qu'une influence curative très éiynvoque. Dans la strume, l'action morbide débute par le ganglion hmême et n'attaque le tissu cellulaire ambiant que plus tard, tanà^ qu'au contraire c'est exclusivement dans le tissu conjonctifh)T)od'rmique que s'établissent primitivement et qu'évoluent pendant to'jt leur durée les productions néoplasiques de la syphilis.
Si ces productions, sous leur forme allongée cylindroïde,occupâJ^r: le voisinage des gros vaisseaux lymphatiques, on pourrait les^'^ fondre avec les lymphopathies qu'il n'est pas rare d'observer à i-* période de la maladie. Mais dans les lymphopathies les renflemer:* les nodosités sont multiples et disséminés sur une longue étendue • vaisseau. Entre elles on trouve le cordon dur formé par ce dem** qui les relie et en forme un tout dont chaque partie est en coon»-!. * plus ou moins étroite avec ses voisines. Au surplus, ces question* ■ diagnostic différentiel sont peu importantes au point de vue du ;•' nostic, puisqu'il est toujours favorable > la résolution étant lar.
NÉOPLASIES PRÉCOCES OIRCONSClllTES ET ULCEREUSES. 847
dans ces sortes d'accidents syphilitiques; peu importantes aussi au point de vue du traitement qui doit être le même, quel que soit le siège précis de la néoplasie.
Ces réflexions s'appliquent également aux difficultés qu'on pourrait rencontrer pour déterminer si la suflusion occupe les muscles ou le périoste. Du reste, en ayant recours à certains modes d'exploration, qui sont décrits dans les observations, on arrivera toujours à établir, d'une façon à peu près certaine, quel est le siège occupé par la lésion.
Le traitement mixte avec prédominance de l'iodure de potassium sur rhydrargique est celui qui donne les meilleurs résultats.
NÉOPLASIES PRÉCOCES, CIRCONSCRITES ET ULCÉREUSES.
La symptomatologie des néoplasies précoces du tissu cellulaire souscutané qui aboutissent à l'ulcération, diffère si peu de celle qui a été tant de fois décrite au sujet des gommes classiques, que je ne m'arrêterai que sur quelques particularités. Parmi ces néoplasies condamnées, malgré la précocité de leur apparition, au ramollissement et à l'ulcération, toutes ne sont pas sphériques et sous-cutanées. On en trouve qui, primitivement dermiques ou hypodermiques, s'emparent promptement de toute l'épaisseur de la peau et forment une large plaque interstitielle dure, épaisse et plongeant sa face interne dans la première couche du tissu cellulaire sous-cutané. Sans l'homogénéité de leur surface, on pourrait croire à une agglomération de tubercules cutanés, dont elles se rapprochent beaucoup par leur structure ; mais, par leur configuration, elles ressemblent plutôt à des plaques d'érytbème noueux, chroniques, indolentes, aphlegmasiques et non résolutives. Elles se ramollissent, en effet, à froid dans leur partie centrale, se perforent, s'ulcèrent et produisent des pertes de substance plus étendues que profondes. On pourrait encore les comparer à des gommes aplaties et isolées, arrivées à leur phase d'adhérence cutanée et de fonte nécrobiotique.
On trouvera dans la troisième série de ces néoplasies syphilitiques précoces, et surtout dans l'observation 16, les principaux types symptoinatologiques de ces tum urs ou de ces suffusions qui aboutissent toujours à l'ulcération *.
Ce qu'il y a de plus remarquable en elles, c'est la rapidité du pro-
l. Voyez Pappendu'e de cette lernn.