‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 38 sur 441 · CLASSIFICATION CHRONOLOGIQUE · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION CHRONOLOGIQUE

même parmi ceux qui n'ont aucune connaissance médicale, ce que veulent dire à peu près les mots : accident primitif, accidents secoDdaires, accidents tertiaires?

Il est évident qu'on sera toujours dans le vrai tant qu'on s'appuiera sur la succession des phénomènes pour les classer. C'est la base la plus rationnelle, celle qui est admise pour toutes les maladies aiguës. Elle est d'une application moins rigoureuse dans les maladies chroniques et surtout dans les maladies constitutionnelles. Toutefois elle s'adapte merveilleusement à la syphilis, parce que la plupart de ses déterminations, loin de se produire capricieusement et d'être livrées au hasard, suivent un certain ordre chronologique qui est à peu près invariablement le même dans la grande majorité des cas.

Mais cette division du processus général de la syphilis en trois étapes successives et subordonnées, satisfait-elle entièrement l'esprit? Répond-elle à toutes les questions, qui se pressent en foule, lorsqu'on envisage dans leur vaste complexité les nombreuses manifestations de la maladie? Non; car ce n'est point par leur seule coordination suivant le temps que les accidents syphilitiques diffèrent les uns des autres; c'est aussi par leurs caractères intrinsèques, leur constitution propre, leur nature, leur physionomie, leurs terminaisons, leurs aptitudes à se laisser influencer par tel ou tel spécifique etc., qulls se créent, dans la grande unité morbide, une autonomie particulière.

Sans doute, il est impossible de renfermer dans une classification toutes les circonstances pathologiques de l'évolution; mais encore faut-il, pour en donner une idée à peu près complète, ne pas s'absorber dans un point de vue trop exclusif. Aussi comprit-on de bonne heure la nécessité de faire intervenir d'autres notions que celle de la chronologie des phénomènes. Hunter préoccupé surtout, comme vous l'avez vu, de la détermination des accidents, aux différentes phases de la syphilis, ajouta la notion topographique à celle de la succession suivant le temps, et de leur combinaison résulta sa division topo-chronologique. En voulant élargir le cadre de la classification, tout en lui conservant son caractère fondamental, lui et ses disciples ont rétréci le doraaino de la syphiUs secondaire. Ils lui ont enlevé toutes les manifestation^ viscérales et ne lui ont laissé à peu près que les syphilides cutanées <^t muqueuses.

L'erreur, pour être considérable au point de vue pathologique^, n'avait aucune conséquence sérieuse dans la pratique. Mais il n'en fut pas ainsi malheureusement, lorsqu'à ces deux notions on en ajouta une troisième fondée sur la nature des accidents secondaires. Par I.i

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