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DEUXIÈME SÉRIE

NÉOPLASIES CIRCONSCRITES ET RESOLUTIVES DU TISSU CELLULAIRE 80US-CUTA9E

Nous ne verrons plus dans les faits suivants, les néoplasies précoces, diffuser OU arrondies, se produire un peu partout au même moment, et afifecter ii* caractère d'éruption généralisée que présentent les érytbèmes et les syphilidr^ papuleuses pendant la première période de la maladie constitotioondle. EIV< n'en seront pas moins précoces et semblables dans leurs caractères fondamentaux à celles que j'ai décrites jusqu'à présent.

Obs. 5. Syphilis suivie d'accidents secondaires légers. Timtement hydrargyriqttt. i 13* mois de la maladie, apparition d^une tumeur diffuse^ constituée par une sotie d • filtration plastique occupant tout le plancher buccal, dure, indolente, aphUgma<i'i"r rapidement guérie par Viodure de potassium. Plus tard, récidive de plaques muqun^t labiales et pharyngées. — Huit ans après, phthme tuberculeuse

M. B..., domestique, âgé de 33 ans, entré le 13 décembre 1868 dans mon senir . rhôpital du Midi, salle 7, n* 13, et sorti dans les premiers jours de janvier 1869, f •» * fort, robuste, bien constitué et avait toujours joui d'une bonne santé, lorsqa*iloooiri '. un chancre infectant en novembre 1867. Au bout de deux ou trois mois, la gorp>. r^ lèvres et Tanus s'étaient couverts de plaques muqueuses; puis il était sorvenu d^ I n • pétigo sur le cuir chevelu et des onyxis sèches et humides. On lui avail fait prendr- >i^ préparations hydrargyriques, et sa santé n'avait été que très peu éprouvée parUf mière poussée.

Lorsque je commençai à le soigner, il était au 43' mois de sa maladie et prf^ ' ' i ' l'état suivant : rougeur diffuse du pharynx et du voile du palais. Sur la lèvre infêncL" petite ulcération entourée diune exsudation blanchâtre. Ganglions cervicaux.

Mais ce qui l'inquiétait le plus, c'était une tuméfaction très volumineuse qui :iw: débuté vers les premiers jours de décembre sans cause appréciable, dans répais««ar « • plancher buccal, entre le menton et l'os hyoïde. Elle était constituée par ane infiltnn ' du tissu cellulaire sous-cutané, dure, ditfuse, non fluctuante, d'une réniteoce ani/oni sur tous ses points, indolente, aphlegmasique, non adhérente à la peau qui contenu sa coloration normale, mais immobile sur le plan aponévrotique du plancher bo:< « Un peu plus proéminente à gauche qu'à droite de la ligne médiane, cette tameor ^ ' pait tout rintervalle compris entre les deux branches du maxillaire inférieur et hyoïde. Elle mesurait, comme il était facile de s'en assurer par TexploraiioD simulta de la bouche et de la région sus-hyoïdienne, 3 ou 4 centimètres d'épaisseur. Elle fi-^' une légère saillie sur les deux gouttières linguales, mais était libre de toate coddcx «avec la muqueuse. Elle ne gênait que très faiblement les mouvements de la lanç»' ceux du pharynx et du larynx. Les ganglions sous-maxillaires n'étaient point lun<' et il n'existait, soit dans la région, soit au voisinage, aucune lésion à laquelle on pt* rattacher. Elle s'était développée spontanément. Toutes les autres parties da cor étaient saines. Je prescrivis 3 grammes d'iodure de potassium à prendre chaque j'Mir

CAS d'infiltbatiok kéoplasique du plancher buccal. 867

Sous rinfiaence de cette médication, et sans qu'il fut nécessaire de recourir à aucun t>pique. cette néoplasie diminua rapidement, et au bout de 35 jours, elle avait presque eotièrement disparu.

A quelle cause, autre que la syphilis, pourrait-ou attribuer cette tumeur? Je n'en vois aucune. Aussi son origine diathésique ne me paratt-elle pas douteuse. Du reste, ne présente-t-elle pas tous les attributs des productions gommeuses : l*iasidiosité du développement, Tindolence, Taphlegmasie, la localisation dans le tissu cellulaire sous-cutané? Que serait-elle devenue si on ne l'afait pas combattue par Tiodure de potassium ? Il est probable qu'elle se serait résorbée sans se ramollir, puisque la plupart des productions néoplasîques affectent, à cette phase de la diathèse, une tendance décidément résolutive.

i*ai souvent revu le malade depuis cette époque. Il ne lui est revenu aucun accident syphilitique de cette nature. Ceux dont je l'ai soigné sont restés superficiels et ont cessé au bout de deux ou trois ans. Mais en 1877, cet homme jusque-là bien portant, commença à tousser et à maigrir et les deux sommets do poumon devinrent tuberculeux. J'avais espéré un moment que la syphilis Détait pas étrangère à cette désorganisation; malheureusement II n'en était rien. L'iodure de potassium, donné à toutes doses, ne produisit aucune amélioration. Le malade quitta Paris pour aller faire une saison aux Eaux-Bonnes; pais se sentant de plus en plus gravement atteint, il se décida, sur mes conseils à habiter dans le Ifidi de la France, qui était son pays natal. J'ignore ce qu'il est devenu.

Le processus n'est pas toujours aussi simple dans cette région, même à une époque plus voisine de l'accident primitif. Le fait suivant en fournira la preuve :

obs. g. Quatre mois après le début de Caccident primitifs infiltration diffuse, indolente et aphlegmasique du plancher huccal et formation au centre de cette néoplanie d'une f/rostse tumeur fluctuante, — Hyperostose et périostose de la branche droite du maxit" taire inférieur,

Ho^éo/e macuieuse, plaques muqueuses, buccales^ gutturales et génitales ; hypertrophie ipéci/ique considérable des ganglions maxillaires cervicaux et inguinaux. Guérison de la néoplasie et de la tumeur au bout d'un mois sans évacuation de son contenu.

R..., garçon marchand de vin, âgé de 20 ans, entré le 10 janvier 1670, salle R, lit IH. était d*une constitution chétive et d*une assez médiocre santé. Il avait eu à 6 ans une fluxion de poitrine, et, depuis, deux attaques de fièvre muqueuse dont la dernière remontait a quelques mois. On ne découvrait dans ses antécédents aucune trace de scrofule. En février 1678, il avait eu une blennorrhagie compliquée d'orchite et de cystite du col. ~ En septembre de la même année, il contracta un chancre infectant balano-préputial qui fut soigné dans mon service. Il en sortit avant l'apparition des accidents constitutionnelâ et je le perdis de vue jusqu'au mois de janvier 1879.

A cette époque je constatai chez lui la trace d'une roséola maculeuse au déclin et de nombreuses plaques dans la cavité buccale. Mais la principale lésion, qui avait débuté 15 ou ^ jours avant son entrée, était' une tumeur de la grosseur d'une mandarine située f'UT le plancher buccal, à droite de la ligne médiane, entre la branche correspondante fia maxillaire et Tos hyoïde. Toute la région était le siège d'une infiltration sous-cutanée, «iifTiise, sans changement de couleur ni adhérence de la peau, excepté sur le point culmiiKint de la tumeur, où il existait une fluctuation manifeste. On pouvait palper toutes ces parties sans y provoquer aucune douleur, et la tumeur, quoique ramollie dans sa partie

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centrale, rouge, tendue et fluctuante, avait toujoui*s évolué à froid. Sur la partie la )>lu> externe du plancher buccal, les ganglions sous-maxillaires étaient volomineux •>; indurés. Outre cette néoplasie diffuse, formulée en une grosse tumeur liquide dans ï" i. centre, il existait une autre lésion au voisinage. Sur la branche droite du maxillniv inférieur, une hyperostose s'était développée en même temps que les lésions précédeiUr>^ Elle occupait la face antérieure de Tos, avait la grosseur d'une amande, était dure, uui> sans adhérence à la peau et tout à fait indolente et aphlegmasique. Le bord inférieur «in maxillaire, qui avait à ce niveau des connexions étroites avec la tumeur du plancti^r buccal, présentait un épaississement considérable.

Ainsi Faction syphilitique avait fait naître simultanément, quatre mois après Tai'^K.ritionde faccident primitif: l^* une inflltration néoplasique indolente de la moitié dr rdu plancher buccal et d'une partie de la moitié gauche; 2* au centre de cette néopla^ et adhérente à Tos, une grosse tumeur fluctuante aphlegmasique; 3* une hyperosio>' -^ une périostose de la branche correspondante du maxillaire inférieur; 4* une tuméfau . avec induration des ganglions sous-maxillaires.

Ailleurs on trouvait d'autres manifestations syphilitiques : des plaques muqueos*'^ «ur les organes génitaux, des taches de roséole, des adénopathies spéciGques très volumineuses dans la région inguinale et dans la région cervicale.

Pâle, amaigri et faible, le malade n avait ni lièvre, ni embarras gastrique, ni c<>ur. .ture. Ces lésions s'étaient développées sans susciter aucune réaction fébrile.

Fidèle à la règle que je me suis imposée de ne jamais porter le bistouri sur une tuin" r d'origine syphilitique, si fluctuante et si ramollie qu elle soit, je me contentai de souint-: ' le malade à un traitement mixte composé de 9 centigrammes de protoïodure d*hTdrar»:u et de 3 granmies d'iodure de potassium chaque jour.

Une amélioration très notable ne tarda pas à se manifester. Non seulement «vr. grosse tumeur rouge et fluctuante, qui semblait sur le point de s'ouvrir, n'évacua son contenu, mais elle le résorba rapidement, et on la vit s'affaisser de jour en jour. K même temps la peau reprenait son caractère et son épaisseur ordinaires. Le 1*^ f*'w : (20* jour du traitement), la fluctuation avait disparu et la néoplasie péripbrrH diminué de plus des deux tiers II en était de même de la périostose; cependant faisait encore une saillie considérable à la surface de l'os dont le bord restait touj épaissi.

L'hyperostose fut la dernière à diminuer et à disparaître; elle existait encore irè> i^ noncée lorsque le malade sortit de mon service, vers le milieu de février, après un a ^ de traitement. La néoplasie s'était presque entièrement fondue, ainsi que sa ti<[ ■ centrale dont il ne restait plus aucune trace. La tuméfaction des ganglions souvm laires, des ganglions cervicaux et de ceux de l'aine persistait toujours. La pén- '• était à peu près effacée; enfln la santé générale s'était considérablement améliora.

C'est encore à la syphilis qu'on est obligé de rapporter ici les léâioos qui > sont développées sur le plancher buccal, au quatrième mois de raccideot y mitif. On aurait pu croire au premier abord, que la scrofule D*ctait pas etri* gère à la tuméfaction des ganglions sous-maxillaires; mais on ne décou>'« dans les antécédents du malade aucune trace de cette maladie. D'ailleurs. > inflammations strumeuses ne se résolvent pas habituellement, comme le niitumeur, au bout d*un mois de traitement par l'iodure de potassium. Les a'<* strumeux, même quand ils sont suscités par la syphilis, ce qui est loin d^' rare, se comportent comme si cette dernière diathèse n'existait pas. 11< aSlissenl toujours à des foyers ouvei*ts et fistuleux qui suppurent indéfinioieo. sur lesquels les spéciflques n'ont aucune prise. En outre, ils se cooceot^ . dans les ganglions et n'attaquent le tissu cellulaire ambiant que coosécut.»!ment. Ici c'est dans le tissu cellulaire sous-cutané que s'est faite d'eoibitx -

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