SYPHIU8 PRIMITIVE ET SYPHILIS CONSÉCUTIVE
Dégation opiniâtre de leur virulence et de leur contagiosité, on créa une des doctrines les plus fausses et les plus dangereuses de la syphiliographie moderne. M. Ricord et son école, qui l'ont soutenue et propagée pendant tant d'années, ne se rendirent à l'évidence que très tard. Le caractère virulent et contagieux des accidents secondaires fut enfin reconnu ; mais ce ne fut pas sans peine que cette vérité triompha de la formidable opposition organisée contre elle.
Eh bien, ce fait si considérable doit trouver place dans une classification des accidents syphilitiques. On doit même le mettre au premier rang. Aussi m'avez-vous souvent entendu qualifier de virulente la seconde phase de la maladie. Oui, pendant les trois ou quatre aimées qui suivent le chancre, c'est-à-dire pendant l'étape secondaire de l'évolation, le sang et les produits morbides sécrétés par des lésions cutanées et muqueuses émanant de l'action syphilitique, sont souillés parle virus et par conséquent contagieux . C'est pendant cette période rirulente que règne la plaque muqueuse, expression la plus complète des lésions secondaires, en même temps qu'elle est l'agent le plus commun et le plus actif de la propagation syphilitique.
Et maintenant considérez dans son ensemble tout le processus et ^ous verrez qu*il est possible de le diviser en périodes d'une chronologie assez rigoureuse, et en même temps de caractériser ces l' riodes par la prédominance pathologique de quelque phénomène essentiel. Un mot sans doute n'est pas assez compréhensif à lui tout >(^ul pour embrasser les notions de temps, de nature, de durée ; mais si an seul est insuffisant, on peut en employer plusieurs. Ce qui importe surtout, c'est de bien s'entendre sur le fond des choses. Aujourd'hui tout le monde est à peu près d'accord et voici, pour nous résumer, ce qu il faut penser et dire de l'évolution syphilitique.
La syphilis se divise en deux grandes périodes : la syphilis primitive et la syphilis consécutive.
La syphilis primitive comprend deux phases : une phase d'incubation et une phase de détermination morbide, dont le caractère est d*étre exclusivement localisée sur le point où s'est effectuée la contagion. C>.'!»t la phase chancreuse. L'intoxication générale qui a probablement < ommencé à partir du moment de la contamination est complétée, par 1^' rhancre et portée au point où il est nécessaire qu'elle se trouve pour se tniduire par des accidents généralisés. C'est à ce moment précis, c'està-dire soixante à quatre-vingt-dix jpurs après la contagion que commence la syphilis consécutive.
<)Q pourrait se dispenser de diviser en périodes, la syphilis consé-
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cutive. Mais ce grand fait, que parmi les accidents qui se déroulent à partir du jour où l'intoxication est accomplie, les uns sont virulents et contagieux, tandis que les autres ne le sont pas, permet d y distinguer deux phases. Or comme la phase virulente précède l'autre , elle est en même temps secondaire.
Quels sont les caractères de la phase secondaire ou virulente? Vous les connaissez en partie, mais je vais vous les énumérer de nouveau. Les accidents qui la constituent sont une conséquence presque obligée du chancre.Rarement ils font tous défaut. Une observation scrupuleuse en découvre toujours quelques-uns. Il y a peu ou point de syphilis qui n'ait pour unique expression que le chancre infectant. Ces accidents sout contagieux. Us se succèdent sous forme de poussées et se généralisent. Quoique leur siège de prédilection soit la peau et les muqueuses, ils peuvent cependant atteindre tous les tissus, tous les organes et produire des viscéropathies dangereuses. Us sont transitoires et se guérissent pour ne plus se reproduire. Vous voyez qu'à beaucoup d'égard^ cette période se rapproche de la première, non seulement par l'ordre de succession, mais encore parla nature et la terminaison des phénomènes, puisqu'elle est contagieuse et fatalement condamnée à disparaître sans retour. Seulement sa durée est beaucoup plus longue que celle de la période chtmcreuse. Ne me demandez pas à quel moment précis elle se termine. On l'ignore. Mais ce que je puis vous affirmer, c'est qu'il est prudent de se tenir en garde, au point de vue de la contagiosité, contre tous ces accidentsquisurviennent pendant les quatre ou cinq premières années de la syphilis. A ces caractères de la syphilis virulente ajoutez-en un autre : la transmission héréditaire. La syphilis primitive, peut-être pendant le processus chancreux, mais surtout la pb^s»' virulente ou secondaire de la syphihs consécutive, possèdent en efftt le triste privilège d'infecter par le père, et principalement par la mère, le produit de la conception.
Nous voici arrivés à la deuxième phase de la syphilis consécutive oii phase tertiaire dans le processus général. Je vous ai dit maintes foi qu'elle méritait le nom de constitutionnelle et je n'ai pas à justifier ic cette qualification. Qu'il me suffise d'ajouter qu'elle peut manquer c'est même ce qui a lieu dans la plupart des cas. Elle n'est donc pa: un corollaire obligé de la phase secondaire, conmie la phase secou daire l'est de la phase primitive. Son début survient à des époques indt* terminées, et enfin sa durée est indéfinie. A ces principaux trait^^ ajoutez l'absence de contagiosité des accidents, leur prédilection pour le: