OOMMBS DBS JAMBES AU 3* MOIS 1/2 DE LA SYPHILIS
Pour en revenir à notre malade, après cette longue digressiou, je dirai qu'il ? avait tout à la Tois chez lui malignité dans les lésions, puisque, d'emblée, elles élaîent destructives ou tendaient à la destruction, et bénignité dans le processus, puisque ce processus semblait ne demander que le moindre prétexte pour s'arrêter et faire place à Taclion curative de l'organisme suscitée par les spécifiques. De pareils faits sont le triomphe du médecin et la gloire de la médecine. Malheureusement ils ne sont pas très communs.
Une autre particularité, digne d'attention, c'est le contraste entre Tinsignifiance de Taccident primitif et la gravité de l'intoxication. En basant le pronostic sur la généralité des faits, on aurait pu rassurer ce malade et lui annoncer qu'il n'aurait probablement, comme suites immédiates de ce chancre si bénin et de si courte durée, que quelques syphilides légères et des plaques muqueuses pendant un an ou deux. Mais voilà que dès les premiers mois de la période virulente il se produit des ecthymas, des ulcérations phagédéniques et une éruption confluente de gommes à processus nécrobiotique ! Où est la loi de concordance entre le caractère de l'accident primitif et le caractère des premières manifestations générales? C'est là une des nombreuses surprises que ménage trop souvent la syphilis. El ici vous n'invoquerez pas les causes générales d'affaiblissement, la débilité organique, l'appauvrissement du sang, le délabrement fonctionnel du système nerveux, etc., etc. Cet homme était et est resté d'une santé excellente qui ne s'est point démentie un seul instant, même au plus fort du processus; et, par le fait, il n'a pas été malade en prenant le mot dans le sens d'un trouble synergique des grandes fonctions organiques. Les graves affections cutanées et sous-cutanées dont il était atteint paraissaient lui être étrangères et évoluer en dehors de lui. Mais cette sorte de passivité plus apparente que réelle, qui n'opposait aucun obstacle à l'invasion et au processus des tumeurs gommeuses et des ulcérations, est sortie brusquement de sa torpeur aux premières doses de l'iodure, et le traitement interne a été aussi heureux et aussi prompt qu'on le pouvait souhaiter.
Dans le fait suivant, je n'ai pas assisté, comme dans ce dernier, à l'évolution de la diathèse et de ses principales manifestations. Le patient n'habitait pas Paris, il ne faisait qu'y passer et je ne l'ai vu qu'une seule fois; mais sou histoire, quoique incomplète, n'est pas sans intérêt.
Oh^. 17. Au troisième mois et demi d'un chnnci'e syphilitique, à peine cicatrise^ et au drdin ffune roséole y apparition, sur les extrémités inférieures^ de tumeurs gommeusfs typiques et de plaques dermo-cellulaires, dont quelqmts-unes ulcérées à leur centre.
M. X..., âgé de 33 ans, d'une bonne santé habituelle, n'avait jamais eu, sauf quelques biennurrbagies, aucune maladie générale ou locale, accidentelle ou constitutionnelle, lor^ue, à la suite de plusieurs coïts successifs, il vit apparaître, le 1 avril 1879, trois < hancres, situés, Tun sur le filet et les deux autres dans la rainure, accompagnés d adéii'>pathie inguinale, et qui ne furent guéris qu'au bout de trois mois et demi.
Quatre semaines environ après l'apparition des chancres, M. X.... eut un peu de fièvre pendant deux ou trois jours, puis il survint une éruption papuleuse sur le trône, pendant le^ premiers jours de mai. On lui fit prendre des pilules de sublimé et des pilules de fer. II a pris environ 1*20 des premières.
La première éruption cutanée fut peu confluente. Rien sur la figure ; pas de maux de tète, pas de douleurs dans les membres. Névralgies intercostales. Un mois après le d^ut de l'émption, plaques muqueuses dans la gorge et dans la bouche (commencement 'le juin).
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882 FLAQUES INTERSTITIELLES DBRMO-OISLLULÂIRES.
Ces accidents étaient pea de chose. Mais, vers le milieu de juin, M. X... fat pris p»'u à peu de douleurs dans les membres inférieurs, qui s'exaspéraient par la marche, au puii>' de causer un peu de claudication. Les papules qui existaient déjà sur les jambes^, au lieu de diminuer comme sur d'autres parties du corps, grossirent et devinrent des a lc4^ri>^ Redoublement des douleurs pendant la nuit. En palpant les parties douloureuse >, U malade constata l'existence de tumeurs, de boules douloureuses situées au-<les^ou^ d> la peau. Parmi elles, une très volumineuse au mollet droit.
État de M. X..., le 16 juillet 1879 (3* mois 1/^ de Taccident primitif). L'éruption \*a\ . leuse de l'abdomen et du thorax était en voie de disparition. Tout le mal se conct^ntn:' sur les jambes qui étaient douloureuses et engourdies surtout au commencement ù*- • marche.
Jambe gauche : à la partie moyenne et supérieure du mollet, dans le tissu celluUr sous-cutané, deux tumeurs, l'une grosse comme une noisette, Tautre comme un otuf" pigeon, libres de toute adhérence avec la peau et les aponévroses, mobiles, peu dou.' < reuses à ia pression, régulièrement ovoïdes. En outre, dans l'épaisseur de la pe^u. tr -• ou quatre tumeurs aplaties sous forme de plaques, dures, rénitentes, faisant c<jrp9 a\' le derme teinté de rouge, poussent à leur surface. A côté de ces plaques s'en irouvai' . huit ou dix autres plus petites, perforées au milieu comme à remporte-pièce par u:ulcération arrondie, profonde et taillée à pic.
Les mêmes plaques, ulcérées à leur centre, existaient aussi sur la jambe droite. I! ' avait, en outre, en arrière du mollet à sa partie moyenne, une grosse tumeur ov« i: très saillante, de 1 centimètre 112 à 3 centimètres au-dessus des parties voisiner *"- ' 3 centimètres de diamètre, un peu sensible à la pression, non adhérente à la peau •: ne présente au-dessus d'elle aucun changement de couleur, mobile au-dessus de 1 .<:• névrose jambière, dure et homogène dans toutes ses parties.
Plaque muqueuse ulcérée sur le pli antérieur gauche du voile du palais. Santé un •' éprouvée, cependant toutes les fonctions s'exécutent régulièrement. Cessation du 5ub .' depuis 15 jours.
Je prescrivis du biiodure ioduré à assez hautes doses. Je n'ai pas revu ce malade.
Nous trouvons chez lui une lésion que nous n'avons pas encore ohstT^ chez les autres, du moins à ce degré du processus. Je veux parler des pia<i . néoplasiques, interstitielles du derme. Elles en occupaient toute la surfac- ' avaient envahi également le tissu cellulaire sous-cutané, à en juger par 1 ' épaisseur. Peut-être même y avaient-elles pris naissance. Elles ressemblai' beaucoup à des plaques d*érythème noueux, mais à des plaques chrooiq:-* plus condensées, plus dures et qui auraient évolué à froid. Evidemment, \ • leur structure, elles devaient se rapprocher beaucoup du tubercule cutané: ♦ sans leur homogénéité, l'état uni de leur surface, leur aspect tout d'un b"on aurait pu les prendre pour une agglomération de tubercules. Mais f t* bien une lésion unique, dermo-cellulairc, obéissant à un seul processus •: concentrait vers leur milieu sa plus grande activité de nécrobiose, concela a lieu dans les tumeurs gommeuses qui se ramollissent et s^ulcèreoL \\ étaient-elles perforées dans leur partie centrale d'une ulcération encore ptt mais qui, peu à peu sans doute, aurait envahi la masse entière. Je ne «aurmieuv comparer ces plaques qu'à une gomme aplatie étalée au lieu d . arrondie, et arrivée à sa phase d'adhérence cutanée et de ramollissen ulcéreux.
Quant aux trois tumeurs gommeuses qui siégeaient sur les mollets, t * étaient encore à leur état de crudité, et présentaient touî» les caractère* • siques de ces sortes de productions morbides.