FISTULE 8AL1VAIEE CONSECUTIVE A LA GOMME DE LA JOUE
Il s'en échappait, tous les huit jours environ, une quantité considérable d'humeur u s claire et gommeuse.
Deux mois après son ouverture (huitième mois de la syphilis), je constatai ï'r-:.: suivant: la tumeur, située à quelques contimètres en arrière du menton, sur la \\z: médiane, était d'un rouge foncé, marbrée de taches blanchâtres qui semblaient oc( u; -l'épaisseur du derme ; aplatie, mobile sur Taponévrose, elle adhérait à la peaii et tii^ sait échaper par plusieurs pertuis, et toujours à des intervalles irrégulièrement ii ^ mittents, un liquide gorameux caractéristique.
Cette tumeur différa des précédentes en ce sens qu'elle ne se convertit pas dVnii' comme elles, en une vaste ulcération. Elle se creusa en une cavité qui s'empliss^ait r< ^ désemplissait alternativement. Elle fut très longue à se guérir, et ce n'est que \cr« milieu du mois d'octobre (cinq mois et demi après son apparition) qu'elle se con\'r. définitivement en une cicatrice linéaire transversalement, blanchâtre et entoura- .tissu rougeâtre. Elle occupait toute l'épaisseur de la peau et glissait sur les l s.> sous-jacents.
Sur la face dorsale du poignet gauche, dans cette région où s'étaient déjà dévelof i ^deux tumeurs gommeuses, il survint, vers le mois de juillet (seizième mois d*' .^ syphilis), une tuméfaction diffuse, rouge, douloureuse, un peu mobile sur les \a'.' > profondes, avec empâtement de tous les ti.<suB périphériques, qui s'ulcéra au boui 1 . mois et donna lieu à une perte de substance taillée à pic, à fond vermoulu et à se>*r>i. jaunâtre et visqueuse. Cette ulcération mit trois ou quatre semaines à guérir, de ^ r que la tumeur dura deux mois.
La santé générale du malade restait toujours inaltérable. Il suivait très sera pu. ^^ sèment mes prescriptions et prenait, chaque jour, 7 à 8 grammes d'iodurede pota^« j . et six cuillerées d'huile de foie de morue.
Au vingt-deuxième moi^ de ia syphiiii^ hémoptysie survenue sans cause apprécicKli'. - Suspension du traitement.
Conséquences de la gomme de la joue : formation d'une fistule saiivaire au cmtr^ '* la cicatrice située sur le trajet du canal de Stétion, — Guérison de cette fistule n la<i»* d'une seule cautérisation avec le a^ayon de nitrate d'argent.
Vers le commencement d'octobre 1871, le malade ayant eu, sans cause appr^-ii-* un vomissement de sang très abondant, suivi de palpitations de cœur et d'une er^ faiblesse générale, cessa toute médication spécifique.
Le 11 du même mois (vingt-deuxième mois de la syphilis), il revint me coosu ' pour un accident tout à fait inattendu. Depuis quelques jours, la cicatrice de la < droite consécutive à la tumeur gommeuse de cette région, se couvrait de petites squu ^ ou croûtes dont l'ablation donnait lieu à l'écoulement de quelques gouttes d'un ïv\ i ' parfaitement clair.
Dans la matinée du 11, il se forma tout à coup un petit pertuis rond, au centre dépr. z de cette cicatrice, et alors l'écoulement du liquide eut lieu en plus grande aboodiT'
Comme la fistule était juste sur le trajet du canal de Sténon, je ne doutai pas qur liquide fût de la salive parotidienne; et, ce qui me confirmait dans cette idée, ce»t 7> les gouttes se succédaient avec beaucoup plus de rapidité pendant la mastication. E étaient incolores, ne laissaient aucune tache sur le linge et ne décoloraient pi^ papier Joseph.
J'adressai le malade à M. Jules Béclard. Ce savant physiologiste recueillit sor * fistule une quantité notable de salive parotidienne pure.
Trois jours après, je cautérisai le trajet fistuleux avec un crayon de nitrate d'aroet je prescrivis des pansements avec un petit tampon de charpie imbibé de tea*. d'iode mêlée à deux tiers d'eau. Il en résulta une légère vésication de la plaie.
L'écoulement cessa complètement du 18 au 19 (huitième jour de la fistule.. HkZ' mes craintes, cette fistule ne se reproduisit pas, et il suffit, pour la guérir da in ment que je viens d'indiquer.
GOHMBS CEBYICALES. 893
Le traitement par Viodure de potassmm à hautes do^es n\i exercé aucune action nuisible sur les organes ni sur les fonctions. — A-t-il été cause de rhém*'ptysie ?
L'usage continu de l'iodure de potassium à la dose considérable de 6 à S grammes par jour avait fini par produire un peu d'amaigrissement et de r inappétence; mais il avait toujours été très bien toléré et n'avait exercé aucune action atrophiante sur les organes génitaux, ni aucune faiblesse dans leui^s fonctions. Les érections étaient énergiques, et les pollutions nocturnes fréquentes; les testicules avaient conservé leur volume et leur consistance de rétat normal.
Il est difficile de savoir c^elle a été Faction de l'iodure de potassium dans la pathogénie de Thémorrhagie survenue en octobre. Cette hémorrhagie provenait do$ voies respiratoires, car elle avait été précédée d'une titillation laryngée, bientôt suivie de quintes de toux, qui amenaient dans la bouche un flot de sang; il en a été perdu de cette façon près d'un litre.
A la date du 11 décembre 1871, voici ce que je constatai, en outre de la fistule du (!anal de Sténon : La gomme de la joue, réduite à Fétat de cicatrice, ne proéminait que très peu dans la cavité buccale : elle n*avait pas encore complètement disparu; ses «iêbris n'adhéraient point à l'os molaire.
Parmi les trois cicatrices de rextrémité inférieure du bras gauche, une seule était adhérente au cubitus par un fond infundibuliforme. Les autres occupaient l'épaisseur de la peau. Tout le poignet était encore enflé, mais non douloureux. — 11 n'existait plus rien du côté des membres inférieurs.
Je ne fis point reprendre le traitement spécifique, et je prescrivis des toniques.
Au vingt-cinquième mois de la syphilis, appofntion de deux tumeurs gommeuses (huitième et neuvième) sur les parties latérales du cou. — Après une suspension de quatre mois, reprise deCiodure de potassium.
Le 8 mars 1872 (vingt-cinquième mois de la syphilis), l'écoulement salivai re n'était pas revenu, et la flstule du canal de Sténon, guérie au bout de trois jours, ne s'était pas rouverte. A la place de la gomme de la joue, il existait une large tache d'un rouge brun, régulièrement arrondie, de 2 centimètres et demi de diamètre, reposant sur des tissus encore indurés. La santé générale était redevenue bonne ; cependant, depuis l'hémoptysie, le malade se sentait plus faible qu'auparavant, et il avait un peu de tendance à la transpiration.
Il y avait plusieurs mois qu'il n'était survenu aucune manifestation syphilitique, lorsque, le l*** mars. M. X... s'aperçut d'un gonflement un peu douloureux situé derrière la branche montante du maxillaire inférieur à gauche. Ce gonflement augmenta peu à peu de volume, mais devint à peu près indolent, et, le 8 mars, il présentait les caractères suivants :
La tumeur, située derrière l'angle de la mâchoire, à gauche, sur les parties latérales (lu cou, dans la direction du sterno-cléido-mastoïdien et à son niveau, était ovalaire, à 'fX^nà. diamètre dirigé de haut en bas et d'arrière en avant; mobile sur les tissus sousjacents, elle n'adhérait pas à la peau, qui ne présentait en ce point aucune altération. Elle était pâteuse, mal circonscrite, de 5 centimètres de longueur sur 3 centimètres de largeur, et d'une saillie de 3 à 4 centimètres au-dessus des parties voisines. On pouvait la pétrir dans tous les sens sans provoquer de douleur. Elle ne causait aucune gêne dans la circulation des vaisseaux du cou, ne paraissait pas avoir des racines profondes et n'était pas fluctuante.
\ Sur le côté opposé, au même niveau, et dans une situation symétrique, il existait un gcnnement analogue, mais encore à l'état d'ébauche.