‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 388 sur 441 · ÉVOLUTION TRÈS LENTE B'UNE DES G01CME8 CERVICALES · texte numérisé non relu

ÉVOLUTION TRÈS LENTE B'UNE DES G01CME8 CERVICALES

Le poignet était toujours un peu tuméfié, sans qu'il y eût à son niveau aucun tra\.i:' morbide en voie d'activité.

Depuis quatre mois le malade ne suivait aucun traitement. Je lui prescrivis S Rrainm» d'iodure de potassium par jour.

Dixième tumeur gommeme dans la région du poignet gauche. Elle suppure et s'uh • au bout de très peu de temps. Évolution tf es lente d'une des gommes cervicales

Onzième tumeur gommeuse qui ne suppure pas, sur le plancher buccaU — Swtptn^ n. de Viodure, — Depuis le 8 tnars^ le malade en avait pris environ 9A0 grammes.

Le 30 avril 1872 (huitième semaine de la tumeur), la gomme cervicale gauche a^ar : peu augmenté de volume. EUeétait toujours isolée de la pe^u, qui glissait au-dessa»dr et ne présentait à son niveau aucun changement de coloration ni d'épaisseur. Elit '•'s dure, non fluctuante, mobile, quoiqu'elle parût maintenant avec des racines prof- .. • dans les tissus sous-jacents. Elle restait indolente et ne causait aucune gène. Du opposé, la petite tumeur avait un peu diminué.

Il n'existait pas d'autres lésions. La santé générale était très bonne. La drK^ . riodure de potassium avait été portée graduellement de 2 à 6 grammes.

Quinze jours après, 15 mai 1872 (vingt-septième mois de la syphilis}, il était sun» sur le poignet gauche, un peu au-dessus de l'extrémité inférieure du cubitu>, i tumeur fluctuante, recouverte d'une peau amincie et parsemée de petits poinu bUi indolente, du volume d une grosse noix, ne paraissant pas avoir de connexion au parties profondes. Cette tumeur gommeuse, qui s'était montrée vers les premiers ; • . de mai, avait dçnc parcouru, avec une extrême rapidité les phases de la récréas C'était la quatrième qui se produisait dans cette région.

A la même date, la tumeur cervicale avait augmenté. Celle de gauche, {diijr' semaine de sa durée) avait la grosseur d'un œuf de dinde. Elle était ovoïde. hoTu«>ç> r dure, sans changement de couleur à la peau qui ne lui adhérait pas. Elle ne prev^rti pas trace de fluctuation, ne causait aucune gêne et plongeait profondément dir > région.

La tumeur cervicale du côté droit, qui semblait, il y a quelques jours, en «•'•' résolution, avait pris un nouvel accroissement. Elle était lobulée et restait t<>c; ■ moins volumineuse que celle de gauche, dont elle présentait tous les autres carai i -

Au-dessous de la cicatrice de la gomme du plancher buccal, il s'était formv'. «i-r. quinze jours, une tumeur dure, grosse comme une cerise, qui disparut peu à («r'ii. ^ ' suppurer.

Quoique la santé générale de M. X... fût bonne, il éprouvait quelques doQleun> d. > les jointures. Il prenait chaque jour 6 grammes d'iodure de potassiuoi. Mais comme médicament ne paraissait produire aucun effet, je le supprimai. Le malade pn aussi six cuillerées à bouche d'huile de foie de monie.

Au vingt-huitième mois de la syphilis ^ reprise de Piodure de potassium. ÉUtt • gomme cervicale gauche; à la seizième semaine de sa durée, elle n était pn^ rt ouverte. Elle s'ouvrit plus tard, s'ulcéra et ne fiit guérie qu'au bout de dir mots.- i gomme cervicale gauche ne suppura pas.

Le 13 juin 1872 (vingt-huitième mois de la syphilis, quatorzième senuiine des toir " cervicales), les gommes latérales du cou avaient toujours à peu près les mêmes ^ ■ sions. Celle de droite restait p&teuse, un peu dure et sans fluctuation; celle de a était devenue fluctuante, mais sans aucun changement de couleur à la peau. La « générale était toujours très bonne. Le malade continuait l'usage de Thuile de t morue. Il était revenu à l'iodure de potassium, dont il prenait deux grammes pjr

Le 29 juin (seizième semaine des tumeurs cervicales), la tumeur cervicale iT. était constituée par une énorme poche purulente dans laquelle il n'existait aDmi>r : • d'inflammation. La tumeur cervicale droite ne présentait qu'une fluctuation lo i <

ABCÈS GOMHEUX BOTULIEN. - ARTHROPATHIB SYPHILITIQUE. 8^5

Au niveau de ces deux tumeurs, la peau était saine et mobile. Le malade prenait i grammes d'iodure de potassium, se portait toujours très bien et ne présentait aucune autre manifestation syphilitique.

On a sans doute remarqué avec quelle lenteur évoluaient ces deux gommes cervicales. }>* perdis de vue le malade pendant les mois d août, de septembre, d'octobre et de Il membre. Quand je le revis, le 4 décembre 1872 (trente-troisième mois de la syphilis, •ntiènie mois des tumeurs cervicales), la gomme du côté droit avait disparu peu à peu, >aus couvrir. Celle de gauche s'était ouverte spontanément, à une époque que je n'ai pu préciser exactement; puis elle s'était ulcérée. L'ulcération s'était imparfaitement Cicatrisée, puisque de la cicatrice suintait encore un liquide gommeux. M. X... n'avait {•is cessé riodure de potassium, et il en prenait encore 3 grammes chaque jour.

Au trente-troisième mois de la syphilis, hydarthrose et arthropathie grave du genou unurhe. — Abcès gommeux au-dessous du ligament rotulien, etc. Cette affection syphilif'jue n'est guérie qu'au bout de huit mois, — Altération de la santé générale. — Continuation de l'iodure de potassiutn. — Après quatre ans de durée, la syphilis parait s'être ffftnte.

Il revenait me consulter à cette date du 4 décembre 1872 pour un nouvel accident. Ih puis un mois environ, une hydarthrose s'était développée dans le genou gauche, sans ■ h'im; appréciable.

Je &s successivement appliquer quatre vésicatoires volants autour de l'articulation, ^•ijj> Taire des badigeonnages avec de la teinture d'iode. Les phénomènes, qui étaient Mr.-ii;;us au commencement de cette affection articulaire, s'atténuèrent peu à peu ; la ':<'Ui»>ur surtout diminua, et la marche devint plus facile. Cependant, au bout de deux m >i< 7 janvier 1873, trente-cinquième mois de la syphilis), l'hydarthrose était encore iiomie. La tumeur était surtout volumineuse au-dessous du ligament rotulien. La tluc^uation y était manifeste.

(4ftte affection du genou prit des proportions telles que le malade se décida à entrer (J.fti^ mon service, à Thôpital du Midi, salle 7, le 21 janvier 1873.

U tumeur fluctuante située au-dessous du ligament rotulien s'ouvrit spontanément, •1 il en sortit une quantité considérable de pus. Une amélioration, puis une guérison '\yi> apparente que réelle succédèrent à cette évacuation, et M. X..., quitta mon service I' 3 février, pour reprendre ses occupations.

n fit des courses pendant huit jours environ; mais le genou s'étant gonflé de nouveau ^t jetant du pus en grande quantité, il entra à l'hôpital de Lariboisière, dans les salles d''M. le docteur Tillaux, où il resta trois mois au lit, en proie à de grandes souffrances > ataplasmes ; 1 gramme d'iodure do [totassium par jour). Il revint aussi un petit abcès \ la joue, mais sans écoulement de salive parotidienne.

ijuand il quitta l'hôpital Lciriboisière, son affection du genou était guérie, ei, s'il iMjitait encore, c'était, parait-il, par faiblesse musculaire. Il passa deux mois de convait>H;ence>à Vincennes, prit tous les jours un bain sulfureux, du fer eti gramme d'iodure •i(> potassium. Pendant son séjour dans cet asile, il n'éprouva aucun nouvel accident "t il reprit la force et l'embonpoint que lui avait fait perdre cette longue arthropathie •lu j?enou, dont la durée avait été de huit mois.

Il en sortit le 25 août 1873 (quarante-deuxième mois de la syphilis), son genou était '-Hi'ore faible, surtout à chaque changement de temps. Il éprouva aussi, pendant long- UMnps, des douleurs le long du tibia gauche.

Depuis cette époque, M. X... s'est toujours bien porté. La grave arthropathie dont je Mens de retracer les principales phases semble avoir clos l'interminable série des itUrtlonsgorameusesqui se sont succédé, presque sans interruption, depuis le cinquième iiiuis jusqu'à la troisième année et demie de cette syphilis. Il ne lui est revenu aucun ic ident spécifique. Je l'ai revu et examiné vers le commencement de l'année 1874

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