‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 40 sur 441 · CLASSIFICATION ANATOMIQUE · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION ANATOMIQUE

déterminations viscérales, et les chances à peu près nulles de transmifi- »ioQ héréditaire.

Ainsi, vous voyez qu'il y a trois phases dans la syphilis. Une première phase dans laquelle le processus, tout à fait local, du moins en apparence, se concentre dans le chancre. Une deuxième, dans laquelle le processus généralisé se formule en lésions virulentes et contagieuses ; et une troisième, dans laquelle, par une transformation encore inexpliquée, les lésions gagnent en profondeur et en activité destructive ce qu'elles ont perdu comme virulence.

La troisième empiète quelquefois sur la seconde et la syphilis consécutive peut être dès son début tout à la fois secondaire et tertiaire. Mais si les accidents tertiaires sont dans certains cas secondaires par leur date, jamais vous ne verrez des accidents virulents et contagieux survenir pendant la phase tertiaire ' .

Dans le cours de ces leçons j'emploierai indistinctement, et pour la conmiodité du discours, les mots : syphilis primitive, phase virulente, accidents secondaires, phase constitutionnelle, accidents tertiaires. Après ce que je viens de vous dire, vous saurez à quoi vous en tenir >ur le sens nosologique de ces expressions.

Un essai de classification, reposant sur la différence du processus ajoatomo-pathologique dans les nombreuses lésions de la syphilis, a été fait par M. de Baerensprung. On ne saurait nier sa valeur au point de vue scientifique. Mais une pareille classification est très inférieure dans la pratique à celle qui est fondée sur Tordre chronologique. Aussi nous bornerons-nous à dire que le savant syphiliographe de Berlin n'admet qu*une période hyperhémique et une période tuberculeuse. La syphilis >econdaire se manifeste par des hyperhémies, tandis que la syphilis i-frtiaire produit partout le tubercule ^.

1. Bazin a introduit dans révolution de ia syphilis une quatrième période, la période

irtt^maire, qui comprend les lésions viscérales. C'est une exagération du point de vue

t î^^-ctironologique. A ce compte, ne pourrait-on pas créer une période quinquennaire ou

-^^-^'inairef Cette phase quaternaire viscérale ne supporte pas l'examen. Que faire, par

'ir^mple.des viscéropathies syphilitiques qui surviennent quelques jours après le chancre ?

Luit-ce pour Bazin des accidents quaternaires? Et comment le seraient-ils, au seuil

k U vérole, en pleine période chronologiquement secondaire, au milieu d'autres mani-

■- dations virulentes et contagieuses qui précédent et suivent souvent les déterminations

^ «^ raies à cette date?

t M. le docteur Virchow, s appuyant comme M. de Baerensprung sur l'anatomie patho-

c|ae, classe les symptômes de la syphilis constitutionnelle en deux groupes. L'un a le

.'v.^h-e passif on négatif: marasme, cachexie avec ses lésions diverses, dégénérescences

^î orales, etc. ; Vautre, au contraire, comprend les phénomènes irritatifs ou actifs :

: fljQinations diverses et néoplasies. — Mais comment ceprocessus, confiné dans la lésion,

; imit-il faire comprendre le processus constitutionnel? Comment pourrait-on se faire.

72 BIÈGE PBIMITIF DBS LÉSIONS SYPHILITIQUES

Processus anatomiodi dï la syphilis. — Son siège eiclasif dans le tissu conjonctif. — Les éléments individuels et spéciaux des organes ne sont atteints que consécutivement.

Spécificité des lésions syphilitiques. — Elle ne réside que dans leur caractère extérieur, invisible k l'œil nu. — Elle est clinique, beaucoup plus qu'histologique. — Spécificité morphologique. — Le processus anatomique de la syphilis est un processus d'inflammation chronique.

Terminaisons de ce processus : lo Résolution. — 2« Ulcération et phagédénisme. — 3« Scléro«<» - Élimination nécrobiotique de la néoplasie spécifique.

Trois types anatomiques : lo Le chancre ou sclérose primitive. — 2© La papule ou plaque maco-^ocutanée. — 2« Le tubercule et la gomme.

Modes d^évolution organique, propres à chaque type générateur. — Ce qujil faut penser du sjrphilome.

L'évolution organique ne peut être comprise et appréciée que lorsqu'on connaît Tanatomie pathologique de la vérole dans son ensemble et qu'on l'étudié aux différentes phases du processus. Aussi vais-je vous entretenir ici de ce sujet qui entre, du reste, tout naturellement dans mon programme.

Quoique la syphilis soit une maladie générale dans le sens du mot le plus pathologique, elle ne s'attaque pas indistinctement à toutes les parties constituantes de nos organes. Elle limite même exclusivement ses atteintes à une seule substance. Il est vrai, que comme cette substance est répandue partout, et qu'elle constitue la trame élémentaire, le canevas de tous nos tissus, on a pu dire sans erreur que la vérole était une maladie de toute la substance.

Cette substance, au sein de laquelle naissent et évoluent les lésions syphilitiques, est la substance conjonctive. N'oubliez pas, messieurs, que c'est un des traits les plus caractéristiques de la vérole d'épargner les éléments individuels et spéciaux des organes. Quand je dis épargner, je me trompe. Non, elle ne les épargne pas, puisqu'elle finit par les endommager ou les détruire. Mais elle ne s'attaque jamais à eux primitivement et d'une manière directe. Son lieu d'élection pour le travail morbide qu'elle suscite dans les tissus les plus simples ou les plus complexes en leur structure, est constamment, partout, et à toutes les époques de son processus, la trame conjonctive vasculaire qui émane du feuillet moyen blastodermique. Les éléments actifs et originaux des organes, ceux qui leur confèrent une individualité de struc-

d*après lui, une idée de révolution morbide générale, dans Tinnombrable variété de s«*^ manifestations? Il faut sans doute tenir compte des modifications anatomiques; mai^ i! serait peu rationnel d'en faire le principe exclusif de révolution générale.

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