‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 399 sur 441 · GRAVITÉ DE SON PRONOSTIC · texte numérisé non relu

GRAVITÉ DE SON PRONOSTIC

teot aucime lésion II est entrt^ le 5 décembre |K^2 dans les salles de mon service, et depuis ce momeot il est soumis à uo traitement spt^ciflque vigoureux ft à uo n^gime recoostituant. Voilà huit jours qu'il prend de hautes doses d*iodure et de biiodure ioduré; elles sont bien toh^rées On fait des pansements a^ec de Teau phéniquée. L^éruption parait avoir un peu pâli, les bords des ul'VM*atious phagédéniques se sont un peu aiïaissés. Il y a un peu de mieux, mais il ne Tant pas s'attendre à obtenir une guérison rapide; les syphilis maliiTiies exposent à bien des déceptions, on en vient difficilement à bout ; ou bien elles résistent, ou bien, si elles cèdent, elles ne tardent pas à revenir.

Le pronostic est donc très grave. L'afTection, au lieu de reculer, a franchi dans ces derniers temps la redoutable étape du tertiarisme, moins par sa date, puisqu'elle est encore très récente, que par ses dernières lésions phag<^déniques Jusque-là, elle avait été papuleuse, elle est maintenant papulo-tub«irculoulcéreuse Ira-t-elle plus loin? C'est à craindre. Dans tous les cas, ce n*est pas en surface qu'elle gagnera, la chose est impossible; mais les l<'sions vont se circonscrire, se concentrer sur certains points, et ce que la syphilodermie (*erdra eu étendue elle le gagnera en profondeur. — Ce qui diminue la gravité •iu pronostic, c'est Tétat relativement parfait de la santé g<''ni>rale et l'intégrité dos muqueuses et des viscères K

l. Le grave pronostic que j'avais porté sur ce malade s*est malheureusement confirmé, '-t ramelioration obtenue pendant les premiers jours n*a été que momeniauée. Au commencement de janvier i»S3, l'état générai, qui avait été bon jusqu'alors, s'est altéré pt'u a peu. L'appétit s'est perdu complètement, et il est survenu de la faible>se, de l'amai- «:ri^>em4^nt et de la diarrhée qui, du reste n*a duré que quaire ou ciuq jours. A partir ■if ce cban^cement, je fis suspendre jusqu'à nouvel ordre l'usage de la médication spéci- !h]ue, et j'essayai de nourrir et de tonifier le patient plus encore que je ne le faisais «auparavant.

D.in5 le courant de janvier, l'éruption se modifia peu à peu dans le sens que j'avais . diqué. Les papules et les plaques s'affaissèrent et pâlirent peu à peu; mais çà et là, ^ur <ji verses parties du corps, la syphilide tuberculeuse prit le dessus et devint ulcéreuse »-l cru placée.

Le< ulcérations phagédéniques de la tête et des pieds restèrent stationnaires. Il était • Tidefit que le malade s'enfonçait à vue d'oeil et malgré nos efforts, dans un tertiarisme ^rave et cacbectisant.

Une lésion que je n'avais jamais observée se montra chez lui : sur la poitrine, dans le iVn. sur les pieds, de grands districts de peau se dépouillèrent de leur épiderme et se convertirent en surfaces suintantes rouges, finement grenues, semblables à celles d'un '.t^^icatoire; elles s'agrandissaient peu à peu et constituaient une sorte de pbagédénisme *'[i surface, véritablement épidermique, puisque les couches cornées seules étaient détruite s. Cf^s érosions sécrétaient en grande quantité une sérosité sanieuse qui se collait aux liuges : elles saignaient quelquefois et étaient fort douloureuses.

Toute la peau des pieds a été érodée de cette façon. 11 en a été de même d'une grande partie du dos.

Aujourd'hui, 10 février 1883, l'état de ce pauvre homme est des plus misérables. 11 P»»rd s*** forces de jour en jour et maigrit; l'appétit ne revient pas. L'iodure de potas- >ium que j*ai recommencé à donner, ne développe qu^une action curative insignifiante. Il u'j a que les pansements locaux variés qu'on lui fait qui le soulu^'ent un peu. Si l'eruptjon est moins générale, si l'élément papuleux a cédé sur quelques points, ^ur d'autres, sa transformation tuberculeuse s'accentue de jour en jour, et les néopla- ^i*'> ifaira-dermiques se fondent, s'ulcèrent, suppurent abondamment, se couvrent de

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