‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 405 sur 441 · GRANDES ULCÉRATIONS TUBERCULEUSES EN HUIT DE CHIFFRE · texte numérisé non relu

GRANDES ULCÉRATIONS TUBERCULEUSES EN HUIT DE CHIFFRE

creusés eo tunnel, produits par des lésions véritablement térébraotes. 0 :• afîection tuberculo-phagédénique du gland laissa des cicatrices typiques r^semblant beaucoup à celle des chancrelles phagédéniques, mais plus résuiRr-^. plus petites, plus profondes, plus souterraines. L'une d'elles avait évidc u:i* des lèvres du méat sans entamer sa surface. Quelques-unes de un centiID^t^ â un centimètre et demi de diamètre, serpigineuses dans leur fond rempli •: t:fractuosités, laissèrent des trous de un centimètre de profondeur.

Cette syphilose balanique fut la première manifestation, en dehors de IVr > lion papuleuse bucco-pharyngée. — Aucun traitement interne n*avait été ^(l^ depuis sa sortie de l'hôpital.

En décembre iS8l (trente-quatrième mois de la syphilis) les deux jambes (u:"] attaquées en même temps mais avec une intensité inégale. Sur la faceexltde la jambe droite, en haut, il se forma une plaque tuberculo-ulcéreusequi • '•mina d'avant en arrière, sur une longueur de 8 centimètres et sur une larj'" de 3 (type serpigineux), se ciQatrisant au fur et à mesure. Au bout de c mois la tête de cette ulcération serpigineuse existait encore en arrière et >- • constituée par une petite ulcération taillée à pic, irrégulière, de un à deu\ < altimètres recouverte d'une croûte épaisse et jaunâtre.

Mais la principale lésion qui était encore en pleine activité lorsque le m.\... revint dans mon service pour la deuxième fois (quatrième année révolue . '•■. située sur la jambe gauche. Elle consistait en une ulcération taillée à pi' creusée comme à la gouge dans 1 épaisseur de la peau. D'une largeur unifr" de un centimètre ; elle décrivait sur toute la partie antérieure de la jamU .. immense 8 de chiffre dont la boucle interne était à peu près deux fois , * grande que la boucle externe. Le 8 de chiffre, dans son grand axe, mcsuri : 21 centimètres. Le grand diamètre de la grande boucle avait 13 centimètre', celui de la petite 8. Le fossé ulcéreux n'était interrompu dans sacontioui:' :. par un ou deux ponts très étroits. Il sécrétait en abondauce un pus sanieùi • concrescible qui formait des croûtes jaunâtres et sanguinolentes.il avait deu\ trois millimètres et même sur certains points un demi centimètre de pro'*.deur. Tout autour la peau était d'un rouge vif et tuméfiée.

Dans l'intérieur de la boucle elle était rougeâtre, un peu épaissie, mam^iinée et couverte d'un réseau cicatriciel. Toute la jambe était empâtée.

Ce 8 de chiffre tuberculo-ulcéreux, si remarquable par ses dimensions f^'régularité, résultait de la rencontre et de la subintrance de deux foyers tul''culeux qui, constitués d'abord par une plaque unique s'étaient agrandi* d* le sens centrifuge, à mesure qu'ils se cicatrisaient dans leur partie centrale L * ' point de départ s accusait dans l'aire de chaque boucle par une cicatrice b i châtre plus prononcée que celles qui l'entouraient.

Gomme contraste à la régularité curviligne si étonnante du fossé ulcereun. 8 de chiffre, on ne trouvait dans les parties circonscrites par lui que dt^ n ' trices vagues, irrégulières, disséminées çà et làsansordre, formant un tatou . blanchâtre en réseau et ne donnant aucune idée du processus si n'^uli^^imcentrifuge et par zones concentriques de la lésion tuberculeuse. Cette Uétait à peu près indolente et ne gênait pas la marche. Aucune autre mioiûtion sur le reste du corps.

Au point où les deux cercles étaient devenus d'abord tangentj, put? >ut

TUBEBCULES ULCEREUX DU GLAND, DES NAKINES ET DU FOURREAU. 959

trants, la peau un peu plus épaisse qu'ailleurs élait recouverte de petites concrétions furfuracées.

Dans Taire du 8 la sensibilité cutanée était très émoussée; les Tortes piqûres d'épingle y produisaient la sensation d'une petite pression. Autour du 8 la sensisibilité était normale. Traitement mixte.— Pansements à Tonguent mercuriel.— Guérison en trois semaines.

t!4. Syphilis grave dés la première poussée, sous forme (Tune éruption eethi/mateuse généralisée. Au 20« moiSy affection tuberculeuse du nez et de Visthme du gosier. — Récidives nombreuses de cette affection sur les mêmes points. — Impétigo serpigitieux dn fourreau.

M. X..., 26 ans, journalier, d'une bonne constitution et n'ayant jamais eu aucune maladie constitutionnelle ou acquise, fut atteint, en avril 4877, d'une afTection balanique infectante qui ne dura, parait-il, que quelques jours.

Trois semaines après, quoiqu'il n'eût jamais eu auparavant de fièvres paludéeones, il fut pris d'accès violents quotidiens, qui commençaient à trois heures du soir et duraient jusqu'à une heure du matin. Au bout d'un mois de cette fièvre, éruption d*une syphilide ectbymateuse généralisée, qui a laissé sur tout le corps des cicatrices caractéristiques. La première poussée de cette grave syphilis dura près d'un an et fut traitée par du mercure et de l'iodure de potassium, à J'hôpital du Bfans.

Eq août 1878 (16« mois de la maladie), abcès froid dans le dos, qui fut guéri par le drainage. Les médecins qui le soignaient furent d'avis que cet abcès n^avait aucun rappport avec la syphilis.

Au commencement de 1879 (20« mois), rougeurs, tuméfaction, puis ulcération do Italie droite du nez. — Laryngopathie, maux de gorge. Cette poussée tuberculeuse resta circonscrite aux points sus-indiqués et ne causa pas grand dommage, mais elle se reproduisit plusieurs fois, et le malade subit divers traitements au Val-de-Grâce.

Quand le malade entra dans mes salles le 15 septembre 1882, il avait une nouvelle attaque de syphilide tuberculeuse, circonscrite, depuis 4 mois. La narine droite était aux trois quarts rongée par des tubercules ulcéreux, confluents, recouverts d'une croûte noirâtre. Tout autour, sur la joue et le lobule du nez, peau rouge, épaisse, dure et un peu mamelonnée; sur la joue droite, au milieu de la rougeur, petite pustule à pic ; sur le fourreau, lésions tertiaires offrant le type de l'impétigo rodens par leurs croûtes jaunes, grenues, friables, peu épaisses, par leur marche serpigineuse et par leurs ulcérations superficielles, et pourtant suivies de cicatrices. — Luette détruite, ainsi qu'une partie de rir^thme. Voix un peu rauque, mais pas nasonnée; déglutition presque normale. Cependant ce qui restait du voile et des piliers élait encore mamelonné, ^reou et creusé d'ulcérations irrégulières. Un traitement mixte énergique fut ins^ tilué, et l'amélioration qui en résulta fut très rapide. Au bout de trois semaines, le malade, blase sur ces lésions, qui en étaient à leur troisième ou quatrième récidive, voulut sortir. Il n'avait jamais fait d'excès alcooliques ni subi la misère. Sa !»anté générale était excellente. — Ce malade rentra dans mon service en janvier 1883.11 n'avaitalorsqu'une ulcération tuberculeuse, mais elle occupait presque tout le fourreau et envahissait le pubis. Elle était profonde et phagédénique. Il en a été guéri en un mois.— L'aile droite du nez était complètement détruite.

96U &YPHTLIDE ULCÉBKUSE, ONYXIS SUIVI DK LA KECSOSK DES PHALAÀ*Gi>.

25. Chancre infectant ulcéreux, — Longtu incubation. — S^hiiide maeul^^. papvleuse, eclhymateuse. — Onyxis grave ulcéreux du 4« orteil, 1 '• attaque : ckuu de r ongle; 2« attaque ; nécrose de la phalangette et de la phalangine.

Un malade âgé de 35 ans, vigoureux, bien constitué et habituellement trtbien portant, contracta un chancre syphilitique du filet et du méat, qui fit S'?a apparition dans les premiers jours de janvier 1882, après sept semaines d1or9bation. .Ce chancre était ulcéreux et il a laissé une cicatrice sur la lèvre ép'\y du méat, avec une petite perte de substance. Au bout de cinq semaines son tirent les accidents consécutifs qui consistèrent en une éruption conflaeote <!•' roséole maculeuse entremêlée de papules. Sur les extrémités inférieures, il > produisit plusieurs pustules d'ecthyma. — Pas de pharyngopathie. — Peu j pas de troubles constitutionnels.— Plaques muqueuses dans la caviu* bucra..

Grâce au traitement énergique que j'instituai dès le début des accident^ l'éruption ne dura que quatre ou cinq semaines. Mais il survint alors ;3< m"? de la maladie), sans cause appréciable, une ulcération douloureuse sods replis cutanés latéraux de Tongle du 4« orteil à droite. Cet onyxîs ulcéra; d'emblée marcha rapidement, décolla l'ongle, qui ne tarda pas à tomber.— (<>• rison de courte durée, car, deux mois après, en août (S« mois), Tulcératloo ^ reproduisit, s'empara de toute la matrice de l'ongle, détruisit la peau proTocJ-^ ment, devint fongueuse, très inflammatoire et excessivement douloureuse.'', dépit de la médication générale et des traitements locaux. En même lemp-. éruptions confluentes et successives de plaques muqueuses érosives sur les le)n* et dans la cavité buccale. — Rien sur la peau. — Santé générale très boont*.

Au bout de six semaines environ, une partie des fongosités de Too^xis :i éliminée par gangrène, et la phalangette, qui était nécrosée, fut mise à nu; m * ne tarda pas à tomber. La pulpe de cet orteil se trouva dès lors converti^r n une vaste cavité sécrétant des matières ichoreuses infectes, dont les pan • constituées, par la peau amincie étaient presque transparentes. Cette cavitt prolongeait du côté de la base de l'orteil sous forme d'un infuDdibulom, j : fond duquel existait un os nécrosé : c'était la seconde phalange. — Douin:'excessives. — Inflammation très vive et gonflement de tout TorteiL

Au bout de 4 mois, cette seconde attaque d'onyxis était loin d'être ga<rr.>. La phalangette adhérait fortement et ne pouvait être extraite par une trac':* *■ modérée; c'est elle qui, comme un corps étranger, irritait les tissus et p«*ri tuait cette profonde ulcération. Il n'est pas douteux qu'après sou élimioatr . la cicatrisation marchera très rapidement, à moins toutefois que la pbahi .' ne soit, elle aussi, atteinte de nécrose; dans ce cas, tout Torteil sera réàu:' un morceau de chair cicatricielle et atrophiée. — Aucune autre manifesta! (novembre 1882, i\' mois de la maladie).

CAS DE SYPUILODBKMIES TELITIAIRES MIXTES , C*BST-A-DlRB ECTH1J1AT£1>I> ET TUBERCULEUSES, EN MÊUE TEMPS DU SUCCBSSIVEHElTr.

26. Syphilide grave, survenue au o* mois d'un chancre ulcéreux, et caractérisa^ ;> une forme d'éruption qui tient tout à la fois de la bulle, du tubercule etduf^^•* • Le malade, âgé de 32 ans, avait vu un large chancre ulcéreux envahir

8YPHILIDB A DKBUÏ BULLEUX KT TUBERCULO-FURONCULEUX. U61

prépace et le gland autour du filet, après une incubation de un mois. Gechancre n'était pas encore guéri lorsque se produisirent, six semaines après son début, des maux de gorge, de la roséole, etc. On ne fit aucun traitement. La syphilis a donc évolué librement, jusqu'au moment actuel. Cinq ou six mois après, ce malade éprouva des maux de tète, de la courbature, de la fièvre, des sueurs uocturoes; puis il se fit une éruption douloureuse sur les extn' mi tés inférieures.

Cette éruption toute récente présentait des particularités instructives : 1« de petites nodosités douloureuses, inflammatoires, pisiformcs, étaient situées en partie dans Fépaisseur de la peau et en partie dans le tissu cellulaire souscuiaoé. Quelques-unes étaient dures, d*autres molles, d'autres ouvertes et é\acuées. Ces dernières jetaient du sang et du pus grumeleux par une ou plusieurs ouvertures, comme un petit furoncle; *2<* quelques-unes de ces uodosités, plus étalées et plus inflammatoires, étaient recouvertes d'une bulle remplie de sérosité jaunâtre et épaisse. Le derme, mis à nu. n'était pas ulcéré et présentait deux ou trois petits pertuisbourbillonneux comme ceux du furoncle. Sur une de ces bulles, de 2 ceiitimèlres de diamètre, il existait deux nodosités semblables aux précédentes ; 3» beaucoup de ces nodosités, surtout aux cuisses et aux fesses, étaient sèches, dures, enchâssées dans la peau et semblables à des tubercules. En remontant vers le tronc, on trouvait, disséminés partout, des tubercules isolés typiques et qui n'avaient subi aucun ramollissement.

C'était principalement sur les jambes et en avant qu'existait cette syphiiide complexe huileuse et en même temps furunculo-tub rcnieuse. La confluence des tubercules secs avait lieu en arrière, sur les fesses et les cuisses; ils étaient au nombre de 60 à 80 sur chaque cuisse. Il y avait une trentaine de tubercules bulleux sur les jambes. '

Les petits orifices situés sur les bulles s'agrandirent et formèrent des cratères à bord noirâtre comme gangreneux. — La forme ulcéro-gangreneuse succéda à la forme furonculeuse. — Saoie ichoreuse et sang dans les cavités creusées au-dessous de la peau. — Nouvelles bulles sur quelques nodosités eu voie d'évolution. Sur les cuisses et sur les bras, les tubercules restèrent secs. Le malade sortit guéri après un mois de traitement spécifique.

Ulcération un peu pultacée de l'amygdale du côté droit.

La tête et les jambes sont les endroits où la syphilis affecte le plus souvent la forme humide ou ulcéreuse.

Dans presque toutes les éruptions ulcéreuses des membres inférieurs, il y a ordinairement une sécrétion sanguinolente et même de petites hémorrhagies de sang pur.

57. SyphiHde ulcéreuse généralisée y précoce et cepefidnnt anns malignité locçtle Wi cjnititutionnelle^ car la gu^ison fut rapide, sauf sur les pieds oit les lisions st montrèrent extrêmement réfr actaires.

Un malade, âgé de vingt-cinq à trente ans et d'une bonne santé, contracta, eo avril 1881, deux chancres qui se guérirent sans aucune cicatrice. Au bout de quarante jours, éruption diffuse d'eclhy ma et de gros tubercules plats qui ont laiirsé de larges cicatrices après suppuration. Quelques tubercules cependant se

MAURIAC. — MALADIES VBNKn. 64

96*2 KLÊPHANTIASIB 8TPUILITI0O-YAK1QUBUX DBS

sont fondus sanssuppurer, mais ils n'en ont pas moinsdétrait la petn.— Cette éruption était disséminée sur la figure, sur le troue et snr les membres. Angines spécifiques graves, mais sans perte de substance. Je traitai pendant plusieurs mois ce malade dans mou service. Les lésions ulcéreuses furent assez rapidement guéries, sauf sur les pieds où elles per8tstèi*ent avec une opioiàti^k étonnante, en dépit du repos et du traitement général poursuivi sous toutes se^ formes et aidé par une médication topique. — Les lésions siégeaient surie^ cotés du talon ; elles étaient constituées par des plaques dures intra et swacutanées qui ne s'ulcéraient pas profondément et étaient plutôt fongoeosese: exubérantes.

Guéries une première fois, elles récidivèrent bientôt, sans qu'aucnoe autn: détermination se produisit ailleurs. Le malade n'était pas encore entièremeot débarrassé au bout d'une année. — Cicatrices bronzées et gaufrées répandue* sur diverses parties du corps.

Aucune cause constitutionnelle ou acccidentelle n'expliquait la forme aie»reuse de cette syphilis.

2H. Chancre infectant phagédénique suivi, au bout de neuf fnctt, d'un ee/ftync sprdfiqiie qui dura six ans, — Varices. — Dewc ans après la guérison de Cectkym^ élépliantia^is énorme et syphilitico-variqueux des extrémités inférieures,

A Vk^e de quarante et un an. chancre iufectant pbagédénîque ayant défo^ presque tout le gland.— Neuf mois après, éruption coufluente de nipiasorles extrémités inférieures; rien du côté des muqueuses. ^ Le rupia s'était reproduit par poussées successives pendant six ans.

Deux années sans accidents notables. Vers la neuvième année de lasypbîh* ce malade entra dans mon service pour se faire soigner d'une tuméfaclico monsirueuse des extrémités inférieures. C'était une sorte d'etrpkantiasi- pcommençait vers le milieu de la jambe et ne se terminait qu'an niveaa de* orteils. L'affection était plus prononcée à droite qu'à gauche. — Engorgemefli énorme et dur du tissu cellulaire sous-cutané; -* peau d'un rouge violacé, scléreuse et couverte de tubercules volumineux et sensibles, auxquels sacctdaient des excroissances végétantes de '2 ou 3 centimètres de hauteur. Toote« ces excroissances étaient dures, recouvertes d'un épithélium hypertrophié et séparées par des sillons profonds et non ulcéreux.

Le malade avait des varices pour lesquelles on l'avait réformé. Elles avaiec sans doute joué un grand rôle dans l'étiologie de cet éléphantiasis. — Le traitement spécifique n'eut qu'une prise insensible sur cette affectioa. ie croi* cependant que la syphilis n'était pas étrangère à sa production.

29. Syph'lis ulcéreuse d'emblée, à manifestations incessanies^ ^ra:ii>es^ drosucrift et toujours ulcérO'Sei'pigineus''S» Ulcération entourée de tubercules sur U misnUnàfr près vers la fin de la troisième année de la diathêse»

Un homme, âgé de quarante-cinq ans au moment où il me coosolta,!' tO mars 1N77, avait vu apparaître, au mois de juillet i874, un bouton pres<; " insignifiant sur le filet Ce bouton devint érosif et suinta pendant lesooi* d'août et de septembre. Vers le milieu d'octobre, au niveau de ce chancre, ii^ fit une énorme ulcération pbagédénîque qui rongea toute la partie infériec'^ du gland et une partie de la couronne.

8YPHIUDE TUBEBCULO-KCTHYMATKUtiE KKBSLLE. 963

Au mois de novembre (quatrième mois de la syphilis), dix à douze olcératioDS se produisirent sur la peau, tandis que dans la gorge il n'y avait que des plaques muqueuses superficielles. Santé générale compromise. Tubercule sur le bord libre de la paupière supérieure gauche. 11 s*ulcéra et laissa après sa guérison une profonde échancrure. Depuis lors, des ulcérations profondes et très graves ne cessèrent pas de se creuser sur diverses parties du corps.

En 1875 et en iS''^, je le soignai pour des ulcérations phagédéniques du talon et de la plante du pied à droite. Celte lésion dura plus de six mois.

En mars !8T7 (deux ans et huit mois après le début de la syphilis) : ulcération profonde au menton, large comme une pièce de *J0 centimes, et serpigioeuse. Autour d elle, on voyait des tubercules aggloméras. Sur la cloison du nez, en bas et à droite, petit luberculenon ramolli. Gorge très rouge; voile du palais tuméfié et comme infiltré. Quoiqu'il n*y eût pas d'ulcérations dans toutes ces parties, on sentait qu'il s'y préparait de graves lésions. Je perdis le malade de vue. Sans les tubercules que je finis par constater, on aurait pii penser qu'il s'agissait plutôt chez lui d'une syphilide ecthymateuse. Aucune cause à invoquer pour expliquer le caractère ulcéreux grave de cette syphilis.

.')0. SuphUide ulcéreuse généralisée, survenue quatre mois après le chancre. MaUijiiUé dans la lésion, faisant contraste avec Véteit général qui resta bon. Impuissance du mercure et de l'iodure de potassium.

Un jeune homme, âgé de vingt-cinq ans, grand, vigoureux, d'une constitution robuste et d'une santé excellente, contracta un chancre infectant du fourreau, qui apparut vers la fin de Juin 1878, devint très large et laissa une cicatrice.

Eo juillet, éruption roséolique légère, sans plaques muqueuses ni pharyngépathies.

C'est en octobre seulement (quatrième mois de la syphilis) que rafTection devint grave, sous forme d'une syphilodermie généralisée et ulcéreuse. L'éruption occupait principalement la figure et les extrémités inférieures, où les ulcérations étaient très étendues et rendaient une grande quantité de pus sanguinolent. Divers traitements, poussés jusqu'à salivation, avaient été tentés sans suqcès.

Quand le malade me consulta pour la première fois, le '20 juin 1879 (sixième mois révolu de la syphilis), il avait l'aile gauche du nez très tuméfiée, sans doute par une infiltration de néoplasie tuberculeuse. Des ulcérations ecthymateuses étaient creusées sur les tempes et sur le front; de larges plaques suppurantes et d'aspect rupiacé étaient disséminées sur presque toutes les parties du corps. — Les lésions ressemblaient beaucoup à celles d'une syphilide maligne précoce, par leur généralisation et leur précocité ; mais, malgré leur gravité, l'état général restait satisfaisant. L'iodure de potassium, que je prescrivis à haute dose, produisit, au bout de dix jours, une amélioration très grande, qui, mal* heureusement, ne fut pas de longue durée. En efiet, en février et en mars, les lésions du nez empirèrent pour devenir décidément destructives; puis il se produisit de nouvelles poussées ulcéreuses sur le tronc et les extrémités. Au bout de trois mois, je n'avais obtenu aucun résultat favorable, quoique j'eusse essayé tous les modes de la médication spécifique. La santé (générale restait à peu près intacte. En avril, dixième mois de la syphilis, le malade fut obligé de quitter Paris, et je le perdis de vue.

964 ECrHYJlA, PLAQUES HYPODERMIQUES, PÊBIOSTOSBS.

Il offre l'exemple d^uoe syphilide ulcéreuse précoce, généralisée, maligne par ses lésions, qui s*étendent, se reproduisent et restent réfractai res au traitement, mais peu grave, eu égard à l'éiat général. — Cette syphilide était-elle ecthymateuse ou tuberculeuse? Peut-être les deux à la fois.

31. Syphilide ukh^euse circonscrite sur les extrémités inférieures^ survertue au quinzième mois de la maladie, et coificidant avec des plaques intra et hypodermiques résolutives et des péiiostoses au tibia également résolutives.

X..., 35 ans. En août t878, érosion de la verge. Deux ou trois mois apiv«. éruption de boutons généralisée, céphalée, troubles constitutionnels. En janvîpr 1879, plaques larges comme une pièce de 50 centimes sur diverses parties du corps, non suppurées et sèches au début. Dans le courant de Tannée, beaucoup devinrent ulcéreuses. C'est en novembre 1879 (15* mois de la syphilis^ que commença la syphilide pour laquelle il entra dans mes salles. Elle fji accompagnée de douleurs très vives dans la tête et dans les membres. — Sur le tronc et les bras, petites plaques papulo- tuberculeuses en voie de guéris^-to. Sur la jambe droite, deux larges ulcérations rondes, régulières, de t ceDtimètres de largeur, livides, violettes, à bords taillés à pic, à fond anfractueux d végétant, suppurant avec abondance. — Comme contraste à ces ulcérations, lî y avait au front et sur un des bras deux plaques d'induration uummulaire d pisiforme, à peine rouges, en partie sous-cutanées.

Deux périostoses symétriquement disposées de chaque côté sur la crête de? tibias, dures, mais non osseuses, très douloureuses surtout la nuit.. — Insomni*:. amaigrissement, troubles généraux. (Trait, sirop de biiodure ioduré). Un moi? après, les ulcérations des membres inTérieurs étaient à peu près guéries, le^ périostoses avaient diminué des trois quarts; mais il en était venu une surU jambe gauche, malgré le traitement, et elle était si douloureuse, que le maladr avait beaucoup de peine à marcher.

Trois semaines plus tard, toutes les manifestations étaient guéries. ^ lu rapporté ce fait comme un exemple de syphilide tertiaire précoce et bénigne, dans laquelle il y avait coexistence de lésions résolutives et de lésions destructives. Les ulcérations des jambes étaient-elles ecthymateuses, tuberculeuses oc gommeuses? C*est fort difficile à dire, quand on n'a pas été témoin de iiur début.

32. Syphilis grave et tertiaire d^emblée, presque maligne par ses mani/lesto/ijnexclusivement cutanées, mais n'ayant porté aucun pr^udice à la santé générale. — Ecthyma, — Puis plaques papulo-squameuses, devenues tubercufo^aroûteuses, eU.

M. X..., 21 ans, entré dans mon service en novembre 1871, n'avait jaoïajeu aucune maladie lorsqu'il contracta, en mars 1871, un chancre infectai compliqué de phimosis. — Accidents consécutifs très graves dès le débat iritis, éruption pustuleuse sur le corps et la face. En septembre 1871, Téruf'tion de la figure avait séché; celle des jambes continuait à suppurer.

La santé générale n'avait nullement été altérée par ces premières poossee?t: il n'était survenu aucune manifestation sur les muqueuses.

En novembre 1871 , huitième mois révolu de la maladie : tronc et membres cocverls de cicatrices blanches, lisses, régulièrement arrondies, entoiuréesd*uoe zoobrune. Quelques-unes présentaient, au delà de la tache brone, une cicalnV*

SYPHILIDE BCTHYMATBUSB, PAPULO-SQUAM. ET PAPULO-TUBERCUL. 965

blanche aanulaire et étroite, puis une nouvelle zone. Les unes étaient larges de 4 à 5 centimètres. La plupart avaient les dimensions d'une pièce de 2 francs. Il existait alors une poussée plus récente, mais en voie de régression, constituée par de larges plaques d'un rouge foncé, recouvertes de squames, irrégulièrement arrondies, solitaires ou confluentes, psoriasiformes et sèches, sauf sur les membres inférieurs, où quelques-unes suppuraient. —Toute la partie inférieure du front, entre le nez et au-dessus des sourcils, était occupée par une large plaque présentant le caractère de l'agglomérat papulo-squameux. — Même affection sur le nez, sur la joue droite, sur le menton et sur la moitié droite de la lèvre supérieure qui présentait un gonflement considérable. Ces plaques étaient circulaires, confluentes et nettement circonscrites. — Ulcération sur la Jambe gauche.

Teint florissant, santé générale parfaite, peau fine et cheveux châtains.

Cette syphilis cutanée fut difflcile à guérir, quoique l'organisme parût ofTrir beaucoup de ressources et un grand fond de forces réactionnelles saines. Malgré le traitement, Tulcération de la jambe persista. Il s'en produisit une très large et très douloureuse sur le bras gauche : elle était irrégulièrement arrondie, à bords déchiquetés et taillés à pic, à fond vermoulu ; elle sécrétait une abondante faoie que j'inoculai sur le ventre sans aucun résultat.

En décembre 1870 (Qi^* mois), la syphilidepapulo-tuberculo-squameuse de la face était encore sèche, excepté au coin de la lèvre supérieure droite, où elle s'était ulcérée- Les plaques étaient devenues plus épaisses, crustacées, et il y avait du sang et du pus mêlés aux squames. Elles subissaient donc la transformation tuberculeuse. — Plusieurs ulcérations existaient sur les membres, etc.

J'avais fait faire sans succès des frictions avec l'onguent napolitain. A partir du {*' septembre, j'ordonnai du sirop de biiodure d'hydrargyre fortement ioduré. L'amélioration fut très rapide. Le 3 janvier 1872, au bout d'un mois, les ulcérations des extrémités inférieures étaient guéries, les plaques de la face s'affaissaient et se dépouillaient de leurs squames et de leurs croûtes. Cette guérison fut entravée par des hémorrhagies intestinales qui altérèrent la santé générale jusqu'alors si florissante. Il fallut renoncer pendant quelque temps à la médication iodnrée et hydrargyrique. Néanmoins, le malade sortit à peu près guéri de toutes les manifestations cutanées, le iO mai 1n72 (t4* mois de la syphilis).

Mais il n'eu avait pas fini avec sa maladie, car un an après, le 24 mai 1872, il revenait dans ma salle avec des ulcérations dans la tète et deux sur la face : une au coin delà bouche à droite, l'autre au-dessus du sourcil droit.

Voilà donc une syphilis très grave et tertiaire d'em\)lée, presque maligne ptir SOS manifestations cutanées, mais qui a laissé intacte la santé générale. Eclhyinateiise dans ses premières poussées, elle sembla rétrograder plus tard. ~ La syphilide de la face était évidemment papulo-squameuse quoique postérieure à l'ecthyma. Il est vrai qu'elle devint peu à peu tuberculeuse et s'ulcéra. C'est là un exemple de plaques papulo-tuberculeuses ; on y voit la transformation des papules en tubercules et des squames en croûtes, etc. Il faut remarquer aussi l'impuissance du mercure et l'efticacité de l'iodurede potassium.

33. Syphiiis grave primitivement ulcéreuse. Poussées incessantes et dreonserites de Usiofis probablement tuberculeuses, devenant très vite utcérO'Serpigineuses. Vers la fpiatriême année et demie, plaques scUro-tuberculeuses de la face et des léwrts, hyper-

GGH STPHILIOB TUBEBOULO-SEBPIGIXBUSE, 6L0SS0PATHIE.

trophiantes et non uieéreusei pendant un an et demi. Qfossfip*ttkU fertinire.

M. X..., dont la santé était habituellement bonne et qui n'avait eu aucune maladie grave, contracta, àTàgede quarante-six ans, un chancre qui devint ulcéroserpigineux, qui rongea, déchiqueta le gland et détruisit presque toute la portion balanique du canal.

F^a syphilis consécutive eut, au plus haut degré, comme Taccident primitif, le caractère ulcéro-serpigineux; mais ses déterminations, même dès le déboL ne Turent jamais confluentcs. Il ne se passa pas une année sans quelque poussée ulcéreuse. Au bout de six ans, on trouvait des cicatrices caractéristique^ sur presque tous les points de la peau. Je le soignai pendant longtemps. \ji médication générale et le traitement local guérissaient assez lentement le> ulcérations et n empêchaient pas les récidives, qui étaient incessantes. Il s** produisit sur le talon droit une ulcération des plus graves qui rongea toute >j base et remonta en arrière jusqu^au niveau des chevilles.

Au bout de quatre ans et demi, la figure devint tuméfiée et bourgeonnante: la langue s*indura, se couvrit de mamelons et s'ulcéra çà et là. Vo séjour à Amélie-les- Bains produisit une grande amélioration; mais elle ne fut pas de longue durée.

Voici quel était Tétat du malade six ans après le début du chancre : sur les deo\ joues, au-dessus du sillon naso-labial, larges plaques de tubercules. Chacuo** d'elles était composée d'une base sclrrosée uniforme et continue, dans laquel)»^ étaient enchâssés trente à quarante tubercules. D'autres tubercules isoleétaient disséminés çà et là sur la figure. La plaque scléro-tuberculeuse a^aj: envahi une partie des ailes du nez Les lèvres épaissies, surtout riorcrieure. donnaient au bas de la figure un aspect éléphantiasique. De grosses plaque< d'induration scléreuse proéminaient aussi sur la face interne des joues.

Chose curieuse, cette affection tuberculo-scléreuse de la lace rest^iil staiiounaire depuis plus d'un an : aucun tubercule ne s*était encore ulcéré Le prv cessus, rapidement ulcéreux des lésions antérieures, ne faisait pas espérer ut pareil résullat. Peut-être cette grave syphilis tendait-elle à s'amender au b*^ut de six ans? — La langue était très volumineuse, profondément cre^as^e^. déchiquetée sur ses bords, creusée de sillons dans tous les sens à sa surface «^i couverte de mamelons sclérosés, etc. — J ignore ce qu'est devenu ce malade.— Aucun antécédent morbide. -> Pas de scrofule. Conditions hygiéoique5 coo^^ nables.

CAS DE SYPHILODERMIBS TERTf AIRES DANS LESQUELS LA NATURE DE L'ÊLÉHR^T

GÉNÉRATEUR EST DOirTRUSE.

34. Vleération phagédénique sur l'épaule gaucke, gomme ulcérée de la langue^ st * ans après un chancre infectant ulchreux qui itrait laissé unn cicatrice ramctntsti*^^'

M. X... contracta à l'âge de trente*qualre ans^ en IH7I, un chancre infectant, ulcéreux. Quelques mois après, maux de gorge, mais pas de boulons sur '•• corps. Traitement pendant six mois avec de l'iodiire de potassium

Aucun traitement et pas d'accidents depuis la première poussée qui fut (rbénigne. — En 1877, quand ce malade vint me consulter, il a^ait surTépau gauche une ulcération phagédénique de cinq centimètres carrés dont ii eti '

OUÉRI80N BAPIDS D'UNE BYPHILIDE ULCÉBBUBE DE LA FACE. 967

impossible de découvrir l'élémeot générateur. C'était probablement une plaque tuberculeuse A la pointe de la langue, ulcération proFoudc, résultant d'une ^omaie ramollie. — Aucune autre manifestation ailleurs.

35. Syphilùseculanéêà attaques nombreuses et a'rconsrrfte'i, toujours ulcéreusps.per- Sêstant enoreau bout de ttentê-trois années, sans autun troublt de la snuté yénérale,

M. X.. , âgé de soixante ans, vint me consulter au commencement de mars 18^1 pour une ulcération térébrante de la lèvre supérieure droite, qui durait depuis six mois et creusait lentement les tissus. La santé était et avait toujours été excellente.. Je le soumis à un traitement énergique ioduro-bydrargyrique. Il fut guéri en trois semaines.

C'est en juin 184S qu'il avait contracté un chancre infectant, lequel n'avait laissé qu'une cicatrice à peine periepUble. Six mois aprèn le chancre, lésions à Tanus. — Au bout de deux ans, larges ulcérations sur le crâne, puis, au bout de quatre ans, sur les épaules, etc. A des intervalles plus ou moins longs en i<shO, 18«7, 1H?^,illui était surv»*nu, sans cause appréciable, sansaucun préjudice pour sa santé, des ulcérations profondes et circonscrites sur diverses parties du corps. L'ulcération pour laquelle je Tai soigné et qu'il avait négligée datait de dix-huit mois.

Ce malade se maria peu de temps après le début de sa vérole et il a eu trois enfants bien portants : le premier en 1851, le deuxième en 4^5.*), le troisième en iM5H. U n'en a perdu qu'un, une fille qui est morte à vingt et un ans d'hypertrophie au cœur.

11 n'a jamais eu d'autres déterminations spécifiques que sur la peau. Je n'ai découvert dans ses antécédents aucun vice héréditaire ou acquis. Bonnes conditions hygiéniques.

36. Syphiiide ulcéreuse de la face rapidement guérie à la suite d'une salivation provaquéf! par des pansements mercunels et peut-être aussi par le sirop de bitodur*' ioduré.

Un malade âgé de vingt-sept ans, dont j'ai rapporté tout au long l'histoire dans mes Leçons sur les myopaihûs syphilitit/ufs^ avait été traité dans mon service pour une affection du biceps et une syphiiide ulcéreuse. Il était alors au septième mois de l'accident primitif. Je le guéris assez rapidement en lui faisant prendre des doses considérables de biiodure ioduré. • Mai> à peine en eat-il fini avec ces accidents, qu'il lui survint à la racine du nez et sur chaque joue, des ulcérations qui s'agrandirent et se creusèrent considérablement peu* dant un mois et demi, parce que le malade ne prenait que de la salsepareille iodurée et du sirop de Cuisinier. C'est alors qu'il rentra dans mon service. Je lui fis administrer par jour quatre cuillerées à bouche de sirop de biiodure fortement ioduré, et on pansa ses ulcérations avec une pommade composée de parties égales d'emplâtres de Vigo et d'onguent napolitain. Au bout de trois jours salivation mercurielle'ct, en même temps, amélioration extraordinaire dans les ulcérations dont le fond s'éltva et les bords s'abaissèrent à vne d'oeil On suspendit l'usage de la pommade; on continua le sirup à la même dose Au tmnt de dix jours les deux ulcérations desjones étaient complètement cicatrisées et celle du nez le fut cinq ou six jours plus tard. Santé générale, excellente, aucune autre manifestation. — La médication mixte avant été bien tolérée autrefois.

yG8 GUÉRISO^' UAPIDE D'UKE SYPHILIDK ULCÊBëUSK G&AVK.

il est probable que la salivation fut produite par les paosements avec la pommade mercurielle.

37. Guérison en trois semaines, par Viodure de potassium ^ d'une syphiiide uieéretti*" grave,

X... entra dans mon service, le 3 juin iS79, au quinzième jour d'une syphiiide ulcéreuse de la tête, des bras et du tronc, avec larges pertes de substance, survenue au sixième mois d'un chancre ulcéreux. — Première pous5^>* d'accidents légers.

Je lui fis administrer 4, puis 6 grammes d'iodure de potassium. La guérisoD se fit à vue d'œil. Tous les ulcères furent cicatrisés au bout de trois semai ne«. malgré la tendance serpigineuse de quelques-uns. En même temps, amélioration de la santé générale un peu éprouvée par la syphilis. — Il s'agissait la probablement d'ulcérations ecthymateuses, rupiacées. II m'a semblé qu'elIt'^ étaient presque toujours plus faciles à guérir que les ulcérations de provenaore tuberculo-gommeuse.

38. Ulcération cutanée unique, survenue sans aucune autre manifesiaiion^ver» 1^ 35" ou le 40« jour du chancre infectant,

M. X..., 46 ans, entré dans mon service le H mai IS80. Chancre iDrectant ayant débuté vers le 13 ou le i 4 mars de la même année, situé dans le sillon balano-préputial et non encore guéri. Âdénopathie inguinale double.

Gomme prenucre et unique conséquence de l'intoxication, vers le 12 avril, petit bouton lenticulaire siégeant à 12 centimètres environ au-de«(S0U8 de raissell»* gauche, sans autre éruption sur la peau ni sur les muqueuses. Ce bouton s*élait agrandi peu à peu en une semaine et s'était ulcéré; puis l'ulcératioQ avait marché à grands pas, en trois semaines, si bien que, le 4 mai (30* jour de sa durée', elle mesurait 4 centimètres dans le sens horizontal et 3 dans le sens veriicai. — Bords taillés à pic; fond anfractueux, base non plastique. Tout autour, ton*rouge un peu papuleuse. Vers la fin de mai, le malade sortit de mon servie r non encore guéri. Je ne l'ai pas revu depuis et je le regrette, parce que ce ca> est si bizarre, qu'il prête à plusieurs interprétations. D'abord, sans Tadénopathie inguinale, on aurait pu croire qu'il ne s'agissait pas d'un chaucre, mais d'une affection tuberculeuse tertiaire du gland, et l'ulcération sous-axillaire n'aurait été qu'une manifestation de même date et de même nature. En secood lieu, on peut se demander si l'ulcération sous-axillaire n'était pas un cfaaocrf infectant. Mais ce chancre serait survenu un mois après le premier. — J'aorai> éclairci la question, si le malade était resté dans mon service. Je rapporte cf fait, tout incomplet qu'il est, afin de montrer les rencontres singulières quoo fait en dermatopathie syphilitique.

39. Syphiiide ulcéreuse grave, consécutive à un cliancre balanique infectant et pJb'igédénique. — Déteiminations sur VoreilU gauche, — Récidives uleereuseê et pAagédèniqnes sur le gland,

M. X..., 30 ans. Au commencement de juillet 1871, chancre prépotial qoi devint ulcéro phagédénique et ne fut guéri qu'au bout de plusieurs mois de traitement. Comme conséquence, syphiiide ulcéreuse pour laquelle le malade fut traité pendant huit mois à l'hôpital du Midi. Entre autres lésions il auit

VA>TES ILCÉUATIONS FONGUEUSES DBS EXTRÉMITÉS INFÉBIEUBES. 969

une vaste ulc^ratioo pha^édénique dans le flanc droit et des ulcérations sur le pavillon et dans le conduit auditif externe de l'oreille gauche. Il fallut six mois pour guérir cette grave syphilide. A peine était-elle cicatrisée que vers la fin de juin 1872 (douzième mois de la syphilis) une nouvelle poussée ulcéreuse se produisit et le malade fut obligé de rentrer dans mon service quinze jours après en être sorti. Voici quel était alors son état : ulcération profonde, large comme une pièce de 5 francs sur la tempe à la naissance des favoris. — Cicatrice de tO à 15 centimètres carrés dans le flanc droit. ^ Ulcération très Jure occupant toute la moitié droite du gland et du prépuce, d*aspect phagédénique sans adénopathie inguinale. Le chancre n*avait jamais été qu'imparfaitement ^uéri ou pour peu de temps, et les récidives ulcéreuses s'étaient mullipliées sur le gland.

La guérison de cette poussée fut plus prompte que celle de la première. En somme la maladie dans son ensemble diminuaitau lieu de s'aggraver J'ignore ce i|ue ce malade est devenu plus tard. 11 sortit guéri de toutes les manifestations vers la fin de Tannée t872.

40. Va.^tes et profondes ulcérations syphilitiques à forme fongueuse et hémorrhatjiquey roincidant aiec une ulcération chancri forme de la verge. — incertitude sur tàge de cette grave syphilis. — Cachexie, — Malignité des symptômes généraux, Afcoolisme,— Guérison extrêmement rapide.

M X .., âgé de 31 ans, charretier, n'avait jamais eu de maladies vénériennes, maïs il était alcoolique et afl'ecté d'un léger tremblement des mains. — Constitution faible. — Travaux pénibles. Cependant santé passable. — Lorsqu'il entra dans mon service, salle 7, lit 11, le 21 décembre 1880, il ne put nous donner que des renseignements très vagues sur son affection, dont il ne sut à peine nous indiquer le début. Sa mémoire était très afTaiblie.

Il portait sur le gland une large ulcération, à bords irréguiiers, à fond rouge, qui occupait une grande partie de l'organe à droite et qui s'étendait sur la face muqueuse du prépuce. — Adénopaihie inguinale double peu prononcée. — Aucun traitement.

Les accidents consécutifs débutèrent sur les extrémités inférieures sous forme lie taches saillantes rouges et volumineuses, qui ne tardèrent pas à s'ulcérer puisa s'agrandir et à devenir phagédéniques.

A son entrée, le malade était dans un grand état de faiblesse et d'amaigrissement cachectique. Outre Tulccre génital, il avait sur les deux jambes de vastes pertes de substance régulièrement ovalaires, de 6 à 10 centimètres de diamètre au nombre de 7 ou 8; elles étaient taillées à pic, avaient un fond inégal, pultacé, grisâtre, gangreneux et sécrétaient avec abondance une sanie fétide, qui contenait parfois du sang en quantité inquiétante. Il se produisit même à la surface de leurs fongosités de véritables hémorrhagies en nappe, qu'il fallut arrêter avec du perchlorure de fer. ^ Rien ni sur les autres parties du corps, ni sur les muqueuses. — lodure de potassium à hautes doses; — toniques; — pansements avec de l'alcool phéniqué.

L'amélioration se produisit avec une rapidité d'autant plus surprenante qu*on n'y pouvait guère compter, à cause du mauvais état de la santé générale Le bourgeonnement de ces ulcérations à mauvaise mine commença au bout d'une semaine, devint même exubérant^ et il fallut le réprimer souvent

970 ULCEBATI0N8 PIANIQUB8 DE LA PLANTE DBS FISHS.

avec des cautérisations superficielles. An bout d*no mois euviron, la cicatrisation était complète, et Tétat carhectique produit par la suppuration et lehéinorrhagies des ulcères avait disparu. Ce fut comme une résurrection, ec égard surtout à la malignité de l'éiat général.

Quand ce malade sortit au milieu de mars 1881, il ne préseotait anenoe lésion en activité, ni sur la peau, ni sur les muqueuses. — Vastes cicatric-»^ d'un rouge violacé sur les extrémités inférieures. Le chancre avait creusé on^ cavité en cul-de-sac, entre le fourreau et les corps caverneux, elle supponi* encore et était entourée de tissus indurés; mais tout était cicatrisé.

La chronologie de cette syphilis est difficile à établir. La maladie élaiu') ancienne ou récente? En l'absence de commémorai ifs, on ne peut faire qne dr* hypothèses. Sans doute l*ulcère de la verge ressemblait à un chancre, mais i) ^ a des lésions tertiaires de cet organe qui présentent exactement la oiême physionomie et la même marche ; Tadénopathie était trop peu prononcée ^^'^ servir à fixer la date de la diathèse. — Cette grave syphilide. circonscrite ini extrémités inférieures, était d*ordre tertiaire. Il est extrêmement rare de voird^ pareilles lésions se localiser exclusivement sur un point, immédiatement aprrle chaucre.

Entre l'hypothèse d'une infection récente et celle d'une manifestation tardiu. le lecteur choisira. Heureusement que les indications thérapeutiques sont i^? mêmes, quelle que soit la date de la diathèse. Le début paraît avoir été toberculeux ou furonculo-ecthymateux.

4t. Suphilide tuberculo-ukéreuse, généralisée au qtiatriême mois du ckanm,^ Ulf^iUuns péafêiqnex de la plante des pieds, — Inefjieartté du trailement ^éri/iqh^. Subùttrnnùe et durée des manifestations uleéreuses. — Au dixième mots, érysiV'* de la face suivt de mort,

M X..., 25 ans, marchand de vins, entré le 10 août 1^80 dans mon senirsalle 7, lit 9, était d'une bonne constitution, se portait babil uelleoient b^ et n'avait jamais été atteint d'aucune maladie héréditaire ou acquise, lorsq.. lui survint, vei*s le 24 mai t88o, six semaines après le dernier coït, un cbaor^ infectant sur le prépuce. —• Excès alcooliques.— Conditions hygiéniques ««t-faisantes.

En juillet, début des accidents consécutifs : plaques muqueuses de la rorret de la langue. En août, éruption sur le front et sur les régions scapulaîrv^ : boutons rouges, durs, se terminant par suppuration. Peu de jours après, m^r éruption sur d'autres parties du corps, et en particulier sur la face et «ur ■ cuir chevelu. En octobre (5" mois), gros bouton à la racine du irros ^rtr droit; qui ne tarda pas à devenir ulcéreux et fongueux.

En janvier l^8l (8« mois), le malade était en pleine syphiloderroie tabercc' ulcéreuse, malgré le traitement qu'il ne cessait de suivre depuis son entrée. T se montrait presque absolument réfraclaire aux spécifiques, quoique sa sa" générale fût très bonoe. — Sur divers points de la peau, et principairme. la face et au cuir chevelu, pustules crustacées, les unes en voie de guén-*: les autres en pleine activité. L.a lésion plantaire avait fait de grands pmr^^ c'était une ulcération qui occupait toute la racine du gros orteil droit f\ * prolongeait dans l'espace interdigital; elle était irrégulière, fongueuse, ''^ douloureuse, sécrétait avec abondance un pus fétide et rappelait, par toQ< ^

PHAOÉDBNISME OEMTBIFUOE AUTOUR D'UN ILOT CICATBICIËL. 971

:aractère9, les ulcères piaoîques. Le traitement géoéral et le traitemeot local [i*avaieiit aucune prise sur elle.

Eq révrier (9« mois), douleurs et fourmillements dans tous les membres, surloul daos le membre supérieur droit, qui fut atteint d'une névralgie du nerf rubitalf à douleurs irradiantes. s*exasperant le soir et s*élendanl depuis l'épaule jusqu'aux derniers doigts, le long du côté externe du bras et de Tavant-bras.

Vers le milieu de mars (10« mois), le malade fut pris d'une fièvre excessivement violente suivie, au bout de deux ou trois jours, d'un érysipële de la face. A ce moment, il avait sur le front, les joues, le cuir chevelu, une éruption de syphilidc tuberculo-crustacée, contre laquelle les spécifiques restaient sans action ou n'en avaient qu'une temporaire, puisque, dès les premiers mois de rîQloxîcation, la peau n'avait pas cessé d'être le théâtre de manifestations uli:ereuses sans cesse renaissantes: parmi elles, les plus douloureuses et les plus rebelles avaient été les larges ulcérations fongueuses et pianiques de la plante des pieds, dont l'une au gros orteil droit avait atteint de grandes proporlioos»

Cétait un cas de syphilis tertiaire précoce, sans malignité dans son ensemble, mais grave à cause de ses poussées subintrantes et de sa résistance au traitement.

L'éry^ipèle qui s'était déclaré sans cause appréciable, devint ataxo-adynamique et se termina par la mort au bout de 9 jours, le 27 mai 1881 (10« mois).

— L'autopsie ne put pas être faite.

42. Syphi'ûie uleérfuse, circonscrite , au douzième mots de la mnladie. — Pkagédénisme sofis forme de cerc^fS ulcéreux conceutrtques, autour d'un Uot central cicatriciel,

— G»érison rapide.

M. X..., 21 ans, entré à deux reprises différentes dans mon service, avait contracté un chancre infectant en mai 1880. Quoique ce chancre, Bissez bénin, n'eût duré que lo jours, les conséquences furent sérieuses, car la première poussée fut une syphilide papuleuse généralisée, qui dura longtemps et laissa, sur toute la surface de la peau, un tatouage de macules pigmentaires.

Au douzième mois de la syphilis, il se produisit une deuxième poussée, circonscrite cette fois et ulcéreuse. Sur la face interne du genou droit il se forma une ulcération, qui s'agracdit peu à peu et devînt phagéJénique à sa circonférence, tandis qu'un tlot cicatriciel s'élevait à son centre. Il fut impossible de savoir si cette syphilide ulcéreuse, régulièrement circinée et à cercles concpQ triques envahissants, avait débuté par un ecthyma ou un tut)ercule. Le fossé ulcéreux était profond et comblé de croûtes noires, épaisses, au-dessous desquelles existait une sérosité sanguinolente, qu'on faisait sourdre par la pression ; niot central s'agrandissait au fur et à mesure que le phagédénisme augmi^olait peu à peu le rayon de ses cercles concentriques.

Deux autres ulcérations de même nature et d'un processus analogue se développèrent, l'une au niveau de l'épine iliaque antérieure et supérieure, Tautre, au Nommet du mollet gauche; ces deux dernières furent beaucoup moins profondes que la première et évoluèrent plus rapidement; leur centre se sécha très vite, devint d'un brun rouge et se marbra de blanc cicalricieU Sur les bourses, il y avait des cercles incomplets d'impétigo. Pustule d'ecthyma au niveau de la tête du péroné di-oit. La santé générale était excellente. ~ Cette

972 ACTION CUBATIVB ET ACTION PRÉVENTIVE DES SPECIFlQl'ES.

sypliilide durait depuis six mois quaad le malade ealra dans mes salles. 1. n'avait suivi aucun traitement. Il sortît guéri au bout de trois semaines.

43. Syphilide ulcéi^euse d'emblée d'une gravité moyenne^ ûonsécutive à un cknHrr{ ulcéretJLx. — Impuissance du traitement spécifique à prévenir la deuxième pvi^*.'*, — Aucune autre cause que la prédisposition,

M. X..., 21 ans, tourneur sur bois, d*une bonne santé habituelle, ne fa.fiat aucun excès, n'ayant jamais eu aucune maladie héréditaire ouacquise,oootnc*^ un chancre de la verge, à la base du fourreau, avec une femme qu*il \o\i \ habituellement et qui ne lui paraissait pas malade. Ce chancre fut large, uWcreux et laissa une cicatrice. A peine était- il à la troisième semaine de sa dor^^ que les troubles constitutionnels révélant l'intoxication générale éclatèrent soûla forme béuigne de faiblesse générale et d'inappétence. Presque en méatemps, après celle deuxième incubation si courte, apparut une syphilide co'> posée d'une éruption érylhémateuse diffuse et d'ulcérations disséminées ra -* là qui suppurèrent et laissèrent des cicatrices caractéristiques. Cette premi*-'^ poussée, vigoureusement traitée par du sirop de biiodure ioduré et de l'io^lur de potassium fui guérie au bout de un mois et demi environ — Le malade d f conlinua pas moins le traitement spécifique, ce qui n'empêcha pas une deuiit>m' poussée de se produire vers le sixième mois de la maladie, après trois moi^ dguérison apparenle.

Cette deuxième poussée fut annoncée par de l'inappétence et du mala>r général. Puis deux ou trois boutons vésiculeux qui se convertirent rapidemtf^' en pustules se montrèrent sur la poilrine. Bientôt d'autres surgirent ua p>-. partout et l'éruption offrit le type d'une syphilide ulcéreuse précoce de moyto::' intensité.

État le 2 janvier 1880 (le chancre avait débuté le lii juin 1879). Deux ulcéralior.^ taillées à pic et recouvertes d'une croûte sanguinolente siégeaient Tune sur 1. lèvre supérieure, l'autre sur l'inférieure. — Deux ou trois au creux de réstomi étaient larges, irrégulières et phagédéniques. — Une dixaine étaient dis?eri • nées çà et là sur toute la surface du corps. A la plante du pied droit il eii^ii.' de vives démangeaisons causées par une éruption confluente de petites buw> irrégulières autour d'une cicatrice de syphilide ulcéreuse. — Cicatrices carj téristiques delà première poussée au nombre d'une vingtaine, ainsi constituée? peau amincie, plissée, à leur niveau, tache centrale d'un rouge brun, un yt ' gauffrée, zone circulaire blanche, plissée et enfin liséré brun pigmeotaire crconscrivanl cette zone. — Ces cicatrices et les ulcérations de la deuiirr. poussée étaient régulièrement circulaires ou ovalaires.

Sur le pilier droit et sur la moitié correspondante de la luette, ulcertti .* déchiquetées pseudo-membraneuses, ayant détruit les couches superficielle'? 1 la muqueuse de l'isthme Cette irrégularité de contours contrastait avec lanrr. larité mathématique des ulcérations cutanées. Les déterminations syphilitiq"des muqueuses ont en générai moins de régularité que celles de la peau : in: pétence, un peu d'amaigrissement.

C'est là un de ces cas qui frisent la malignité, qui par conséquent sont gra^ ^ mais dont le traitement triomphe en général aisément. Il est à remarquer y v bien l'action curative des spécifiques et entre autre de Tiodure est rapide décisive, combien, au contraire, leur action préventive est aléatoire, puisqur ^

STPHILIDE ECTHYMATO-TUBEBCULKUBK. U73

écidives s'eiTecluent peDdantleur admiaistration. Ici comme cause de la gra- FÎté OQ oe pouvait accuser que la prédisposition. — Le malade fut rapidemeot ^uéri de la seconde poussée comme il l'avait été de la première; je l'ai perdu le ¥ue.

44. Syphilide dont la deuxième poussée swijenue au quatrième mois d'un chancre nfectant ulcéreux, a été ulcéreuse et un peu phagédémique, — Durée éphémère de la i*:uplasie papuio- tuberculeuse initiale.

M. X..., cocher, âgé de 23 ans, eut, au commeucement de février fS79, un ihaocre préputial ulcéreux, qui se compliqua d'un bubon suppuré lequel fut [>elît et uc dura que quinze jours. Ce chancre guéri en trois semaines n'en laissa pas moins une cicatrice, ce qui était d'un fâcheux pronostic. Pourtant la première poussée fut bénigne. En effet, vers la fin de mars (deuxième mois de la maladie): roséole papulo-érythémateuse, plaques dans la gorge très superfiriellesy peu ou pas de troubles constitutionnels. — Guérison au bout d'un mois. — Traitement mixte.

Vers le milieu de mai (quatrième mois et demi) douleurs vagues dans les membres, sans aucun trouble profond de la santé générale. — Puis deuxième pousàée sur la peau. Cette fois l'éruption était constituée par des papules ou boutoas qui ne se résolvaient pas, mais se fondaient rapidement, se couvraient de croûtes et se convertissaient presque d'emblée en ulcéralious profondes. — Ces ulcérations s'agrandirent et devinrent un peu phagédéniques, mais régulièremeot et en restant toujours arrondies. Isolées la plupart, elles affectaient la forme de cercles, de demi cercles, d'ellipses, et quelques-unes circonscrivaient des ilôts de peau saine ou cicatrisée. — Elles siégeaient sur les membres, le tronc et le cuir chevelu. Perforantes en ce dernier point et très inflammatoire elles provoquèrent un engorgement aigu et douloureux des ganglions du cou qui dépendait évidemment beaucoup plus du processus irritatif que de la maladie constitutionnelle.

Le début de ces lésions qui devenaient presque d'emblée ulcéreuses, était fort obscur. La papule ou le tubercule n'avait pas le temps dose constituer, cette petite hyperplasie tombait vite en déliquium et l'ulcération qui en résultait se creusait, s'élargissait et prenait les allures d'un phagédénisme modéré, régulier, procédant par agrandissement centrifuge, par zones circulaires concentriques élargissant de plus en plus leur rayon à mesure que les parties centrales se cicatrisaient.

C'est ainsi que procèdent les syphilides tuberculeuses quand elles deviennent ulcéreuses et phagédéniques.

Le malade fut traité par des doses élevées de sirop de biiodure ioduré et je fis panser les ulcérations avec la pommade suivante que j'ai fait composer et dont Tefficacité m'a été souvent démontrée : onguent napolitain et masse emplastique de Vigo hydrargyrisée di\ 15 gr., extrait de ciguë :i gr.

4i>. SyphUidê ulcéreuse précoce, occupant principalement les mains et les pieds, sun:e**ut au neuvième mois de l'accident primitif ulcéreux, — Ritn sur le tronc,

M. X..., 29 ans, cucher,entré dans monservicele io septembre i881, avait vu apparaître, le \*' octobre 1^80, un chancre infectant du méat, qui avait détruit une partie de la pointe du gland. Les premières poussées furent cependant béni-

974 8YPHILIDE ULCÉREUSE DBS MAINS ET DBS DOIGTS.

gDes; mais, eo février 18^1 (3* mois\ vastes uicératioos sor ie scrolom, blables à des chancres mons, et en juillet 0^ mois), grande ulcéralîoo dans U creux du jarret gauche. Au mois d'aoôt (il* moisi, olcéralion profonde octin pan! la paume de la main droite. Au mois de septembre (12* mois), alcératr<>iH sur la face externe de Tannulaire droit, la face interne de raancoUire àr même côté, le poignet droit en avant, les chevilles dn pied gauche, k coiniepied en avant et à droite.

La santé générale était très bonne, et les ulcérations ne présentaient pa^ <k tendance phagédé nique, mais elles étaient très inflammatoires. 0 me fut iiBf'>«sible de savoir si elles étaient primitivement ecthymateuses ou tubercnleuso leur forme était celle d'un fer à cheval, leur base était dure et large; les do ."« annulaire et auriculaire extrêmement rouges et tuméfiés avaient dook ■«- •:- Tolume. — Incapacité fonctionnelle complète de la main droite: la gano, atteinte de la même façon, présentait des lésions beaucoup moins sérienseâ. r en était de même des pieds. — Aucune lésion sur les muqueuses. Le m^w avait eu beaucoup de plaques labiales et bucco-gutturales pendant les cinq }r miers mois de la syphilis. — D fut très rapidement guéri par an IraîleaeL mixte.

VINCTIKMC LEO».

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