TRAITEMENT DE LA SYPHILIS PAR LE MBBCURE
découvertes et que son emploi commença à devenir usuel dans le traitement de cette maladie. Dès i496,Marcellus Cumanus prescrivait Tonguent napolitain. Un poème satirique de Georgius Summarpia, de Vérone, paru la même année, parle déjà de la médication hydrargyrique, ce qui preuve bien qu'elle était répandue. A partir de cette époque, Torella, Widmann, Fallope, pour ne citer que les principaux, et bien d'autres, y eurent recours avec une prudence que n'imitèrent pas leurs successeurs, car, moins d'un demi*siècleplus tard,Ulricde Hutten traçait un effrayant tableau des désordres produits par le traitement mercuriel, tel qu'il était à cette époque institué. On ne s'en servait guère alors, que sous forme de frictions et de fumigations. Plus tard on Tadministra à l'intérieur, mais avec aussi peu de prudence. — L'abus qu'en tirent les praticiens les plus recommandables et à plus forte raison les charlatans qui pullulaient alors comme aujourd'hui , le jeta dans un discrédit dont il eut de la peine à se relever et qui a toujours pesé sur sa réputation. C'est le bichlorurede mercure ou sublimé qu'on faisait prendre. 11 fut surtout préconisé par Sanchez, Van Swietenet Gardane. L^école de Montpellier, pour réagir contre ceux qui intoxiquaient les malades sous prétexte de les traiter, institua une cure modérée et raisonnable, celle par extinction^ que j'ai citée tout à l'heure et qui consistait à donner de petites doses de mercure pendant longtemps. C'est cette pratique qui a fini par prévaloir et qui est parvenue jusqu'à nous, à travers toutes les vicissitudes qu'a traversées le mercure. 11 a fini par triompher de toutes les attaques. De nos jours il y a fort peu d'antimercurialistes absolus. Quant à moi, tout en élevant des doutes sur ses vertus préventives, pour les raisons que je viens de vous exposer, je l'administre dans tous les cas de syphilis, même les plus bénins, car il atténue et abrège les manifestations existantes et peut^tre aussi par là ou plus directement il affaiblit la diathèse. Quoique je rende hommage aux beaux travaux de M. Diday, vous voyez donc que je me sépare de lui dans la pratique. Du moment qu'on admet que le mercure guérit les accidents, pourquoi en effet ne pas l'employer, toute proportion gardée, contre les plus bénins aussi bien que contre ceux qui sont graves ou de moyenne intensité ? Parce qu'une maladie peut guérir spontanément, est-ce une raison pour ne pas en diminuer les symptômes et la durée, si cela est en notre pouvoir?
Lorsqu'on a soin d'administrer le mercure avec prudence, il ne cause aucun dommage à l'organisme, et pourtant il n'en développe pas moins alors ses propriétés curatives. Dans les cas où il est urgent d'en élever les doses, il peut se faire qu'on provoque quelques-uns de
U86 MODES D JNTUODUCÏION DU MERCURE DAMS L'OBOAHISME.
ses effets toxiques, tels que la salivation, des troubles gastro-intestinaux, l'anémie , plus rarement certains malaises nerveux, vaguê.^. parfois une éruption spéciale, l'eczéma rubrum, quand on a recours aux frictions ; mais tout se borne à cela. Aujourd'hui le noaniem^Ql d^ ce remède est soumis à des règles si précises, qu'on ne doit plus rhi>ater les écarts d'autrefois. Les praticiens les moins expérimentés saTroi à quoi s'en tenir sur les dangers d'une médication hydrargyriqQ*^ excessive et ils les évitent. On ne voit plus d'intoxication mercuneK»grave produite par le traitement de la syphilis. Les cas qu^on obsen** résultent de l'absorption de vapeurs mercurielles qui est inévitable dan^ certaines industries. Donc les antimercurialistes n'ont plus, contre 1^ mercure, l'argument considérable que leur fournissait son abus. Peut* être même est-on tombé dans l'excès contraire à celui qu'ils bl&maitL: avec tant de raison. Dans la plupart des cas, en effet, on administre i^ mercure à de très faibles doses et presque jamais on ne cherche i obtenir des effets de saturation. Le traitement hydrargyrique ne< quelquefois qu'une expectation déguisée.
Les procédés qu'on emploie pour faire pénétrer le mercure daD« l'organisme et obtenir tous les degrés de son action thérapeutiquecontre les manifestations de la syphilis, sont nombreux et peuvent >^ ranger sous trois chefs, suivant qu'on choisit pour la voie de l'absuq)tion la peau et les muqueuses, le tissu cellulaire soas-culané *"*. l'estomac.
i ® Méthode dermique. — Le procédé le plus ancien consiste à faire dt > frictions sur diverses parties du corps avec un onguent contenant du mercure métallique ou un sel hydrargyrique. Cette méthode, qui ad^ nombreux inconvénients et qui expose même à des dangers série ui quand on ne le manie pas avec prudence, a survécu aux abus qu'on triit à son origine. Depuis quelques années elle a même repris une vogue que ne lui ont pas encore fait perdre des modes d'administration plu^ nouveaux. C'est un moyen puissant, d'une grande énergie curative '*^ qui agit vite. Aussi faut-il y avoir recours dans les cas où il e^t imi»*' rieusement indiqué de frapper un grand coup pour arrêter les grare^ déterminations de la syphilis, qui menacent d'une destruction prochain des tissus et des organes de premier ordre ou compromettent le foo«^' tionnementde ceux qui sont essentiels à la vie. J'emploie fréquemm^^i la méthode des frictions dans un grand nombre de syphiloses et en par: culier dans celles de l'œil et des centres nerveux. Je les ai toujours \n^ d'une efficacité remarquable, dans les syphilides papuleuses, à paput^^
VBICTIONS MERCURIELLKS: CAS OU KLLBS SONT INDIQUES». ^87
larges, confluenles, squameuses et à plaques intra-dermiques, qui restent sèches pendant toule leur durée ou s'érodent à peine, et qui n'ont i{ue peu ou point de tendance à subir la transformation tuberculeuse. Li's éniptious qui composent la grande classe dessypbilodermies dont la papulation, sous toutes ses formes et toutes ses variétés, est le principe, sont habituellement d'une très longue durée et fort tenaces; elles r/^sistent quelquefois pendant plusieurs semaines à l'administration interne du mercure. On a beau augmenter les doses, elles ne bougent pas. En pareille occurrence il m'est arrivé souvent d'en triompher avec des frictions vigoureusement poussées. L'action curative est alors très rapide, surtout si on parvient à obtenir un commencement de salivation.
Le mercure, sous quelque mode qu'on l'administre, est le spécifique
par excellence desdermatopathiesqui se développent pendant la phase
virulente de la syphilis. C'est donc surtout dans les deux premières
années qu'on en doit faire l'usage le plus fréquent et le plus varié.
Vous ne serez pas souvent dans l'obligation de recourir à la pratique des
frictions, mais je vous engage à ne pas les oublier chaque fois qu'une
éruption syphilitique, sèche et généralisée, comme le sont celles de la
période secondaire, sortira de la moyenne ordinaire dessypbilodermies
érythémato-papuleuses, où bien lorsque, sans ètreconiluentes, elles se
concentreront) par suite d'un de ces malencontreux caprices auxquels
il faut s'attendre de leur part, sur le cou, sur le front ou d'autres parties
de la face. J'ai vu bien souvent des malades qui n avaient des papules
que sur cette région, mais elles y étaient confluentes et il était urgent
de les faire promptement disparaître. Les frictions sont la méthode qui
réussit le mieux.
On les fait avec de Tondent mercuriel double, à la dose de 5 à 10 grammes par jour, pour un adulte. Une seule suffit dans les vingt-quatre heures. Mais quelquefois il faut en faire deux par jour quand on veut obtenir très vite la salivation. On doit avoir soin de ne pas excorier la peau sur le point où on les pratique. C'est pour éviter cet inconvénient et empêcher aussi qu'ils ne s'irritent et ne s'enflamment, que j'ai l'habitude de faire frictionner chaque fois des endroits différents. Je choisis préférablement ceux dont la peau est mince et fine : face interne des cuisses, des bras, aisselles, parties latérales du thorax, mollets, face antérieure des avant-bras, etc. — Chacun d'eux, sur une largeur de 10 à !5 centimètres carrés, est frictionné pendant cinq minutes; on y laisse la couche d'onguent pendant douze heures, puis on l'essuie et on fait un lavage au savon, de manière à enlever toute la pommade,
988 ATANTAGES BT IKCOHTKNIESTTS DES FHimO^TS XEBCrKI£LI-E>.
luirce qu'en séjournant elle s'altérerail an contact de l'air el «i-^ :draii une cause d'initaiion locale.
Une amélioration très prompte ou bien Firrilation des genri^<^ ^ : les deux seuls signes qui foomissent la preuve incootestahile *: . sorption du mercure par cette Toie. Dès qu'ils apparaissant, ^^ir * dernier, il faut suspendre les frictions, ou du moins les tair^ i interrailes plus éloignés. Une circonstance à noter, c'est que i euratire une fois mise en œuvre, se poursuit malgré Uiiiternii . z frictions et presque aussi vite que si on les continuait. Le icr..- .i.' s'observe avec les autres méthodes d'adminisfration du nîrrvrtî??, - * peut-être pas à un degré aussi prononcé. — Chez les enfinls -.i ;-:tique des fricti.us mercurieîVs d^ano d'eicellents n^su':A:> i i : -^ de un gramme donguenl nipc*Iitain pour les vicizt-quatre hr*::^-. n'a pas à craindre chez eux la salivation mercurieile qui rst ii .. . avant la première dentition. — Dans le tnitement par les fr mercurieiles il est indispensable d'observer la pr:pn*te la f ïi? i : tieuse et de prendre au moins deux fois par semaine un t^^iin d'ài^ . ou de son. ou bien un bain savonneux.
La halneation îoue un rO'ie coasidérab*Ie dons le traitefuen; drs >*■ ■ lides. surtout lorsqu'on la rend medioamecteose par i'a«:*iL< z ' . mercure. Les bains hydrargyri-:jues ne c»?nsii:uen6 fms* à procrr.. . parier, une méthode theraf-t^aàjjue. A eux seiiis ils seraient ir-. sants. Hs aicisseut surtout localement, nuis ils serrée t aussî a :. ^ pénétrer des sels sclubîes dans les voies cir.'u'.ir ir»**. Cocir.- ' ne sait pas en quele quantité, ce mode d'absor^c.-a estiz":— Cest d-.nc surt:ut à titre de niedi«:aùon eit'^me et tcf"-:ue cn\i ^ ; recours. Us trcui^ect leia* in»i;'a:ion dacs tr-u^es les f. rîi>es sr- c - -' exanxêmathi jues des sTXkfci'cdermies. c'estst-»i.re ifins Ikh-'^ • v^irietes de la r.^secîe et des enipCicos p.irciI'Mises,
Le seul baie h vilrir^rnrtp rie «ruon rec'»miiLia«ie.c'e>c c»?i'jide s^-* Ou le L'recd dins une haiz!i«.ire en b«:îs. il '*'«'CCi*'nt en versanî ii-t eaîi ofi^-nozre ci Daia de 10 a 3'^ smmaies de sur-tiii^, dtssoo* zr-iiacîeineat doirs un meioiLie de lOO srammes d'eau et de !•¥> sm- " d JLCOoi. »-»a dccne ua ou deux de ces bains rCA^ie semajoe ou ii-'- " un tous les deux Korsw U Éiut sVn abstecJr lo«;îes les f^ Çi- -^ syyhi.ides sctic er^^sî^es et «ilcer^uses ou «ri 1 existe sar :a f*." ■ " cucaaee des s**i»iûccs de coacicure *-vi«îettt*'II'*Sw
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