INCONVÉNIENT» ET DANGERS DES FUMIGATIONS MERCURIKLLKS
cinq ou trente minutes aux vapeurs médicamenteuses qu'on obtient de la manière suivante : sur un appareil à chauffer, on place une cuvette remplie d'eau; au milieu de cette cuvette, on installe une coupelle de métal dans laquelle on a mis de I gramme à 3 ou 4 grammes de cilomel. Il faut plus d'un quart d'heure en chauffant bien, pour que tout le calomel se vaporise. Les vapeurs se mêlent a celles de l'eau, et. m bout de dix minutes environ, les malades sont couverts de sueur. L'o[«^ ration est répétée tous les deux ou trois jours, et la moyenne du traitement est de dix-neuf fumigations. Il importe d'employer du calomel a l'état de pureté parfaite et bien lavé, afin*qu'il ne contienne aucune iraiv d'acide chlorhydrique, parce que les vapeurs de cet acide irriteraient la muqueuse respiratoire. Pour la fréquence des fumigations on se réglera sur la force des sujets et le degré de l'action mercurielle. Dans les ca^ de syphilis secondaire, lorsque le malade est vigoureux, on pourra faire une fumigation tous les soirs. Chez les patients débilités et daD« les syphilides tertiaires qui n'exigent qu'une faible médication hmcurielle, on n'y aura recours qu'une ou deux fois par semaine. PenddDt toute la durée du traitement par les fumigations, le malade portera d^ la flanelle et suivra une bonne hygiène. Les accidents quelles produisent quelquefois se bornent à un sentiment de faiblesse accompagné de maux de tète, plus rarement à un peu de salivation et & diarrhée.
Cette méthode qu'on pourrait appeler dermo-ptdmonaire. mais qui est bien plus pulmonaire que dermique, puisque ses effets dépendent surtout de la quantité de vapeurs mercurielles introduites dans les voi^ respiratoires, ne deviendra jamais une méthode usuelle et courante. Ses avantages sont loin de compenser ses inconvénients, et, je $ui> convaincu que ceux qui la prônent le plus n'y ont que rarement recou^. « Si les fumigations, disais-je dans mon rapport sur cette que^ti^-^o. sous la forme mitigée où on les emploie aujourd'hui, peuvent rendr** des services qu'on aurait tort de dédaigner, elles sont loin dVtr> dignes du rôle capital, que quelques médecins voudraient leur donnt-r dans la thérapeutique de la syphilis. Fussent-elles bien plus activ* qu'elles ne le sont, elles auront toujours contre elles l'embarras, la dif ficulté de leur application. Elles resteront à l'état de méthode eice|tionnelle, expérimentale et satellite d'autres médications plus simple^ plus puissantes, d'un maniement plus facile et d'un dosage plus cal culable'. t
1. Charles Mauriac : Du traitement de In syphilis par tes fumigation.* mt^v Paris, 1H75.
THAIT£M£KT PAR LES INJBCTIONfi MEROURIELLES HTPODEBXIQUEB. 991
2*" Méthode hypodermique. — Loiad'èlre ancienne comme la méthode des onctions et des fumigations, la méthode hypodermique est toute récente ; elle n*a pas encore subi l'épreuve du temps. Sa nouveauté lui a conquis une vogue, qu'elle mérite dans une certaine mesure, mais qu'on aurait tort d'exagérer. Ses fervents adeptes sont nombreux. Us s'illusionnent peut-être en croyant que tous les autres modes de traitement mercuriel sont inférieurs à celui-ci et vont lui céder le pas. Quoi qu'il en soit, celte méthode, qui consiste à injecter des préparations mercurielles dans le tissu cellulaire sous-cutané, augmente et varie notre action thérapeutique et nous fournit, dans certains cas, des ressources qu'on ne doit pas dédaigner. Ceux qui l'ont inventée, ont eu surtout pour but d'éviter les troubles digestifs que cause quelquefois l'ingestion des mercuriau'x et de doser le médicament avec une exactitude rigoureuse. MM. Scarenzio, en Italie, Hébra et Hunter, en Allemagne, l'ont découverte et appliquée à peu près en même temps. Le premier se servait de calomel à la vapeur, suspendu dans de l'eau ou de la glycérine. On ne tarda pas à abandonner cette préparation , bien que ses résultats thérapeutiques eussent été plus rapides qu'avec les injections de sublimé. On Tabandonna parce qu'elle produisait fréquemment des accidents locaux plus ou moins graves, tels qu'abcès et gangrène limités, etc. En Angleterre, Berkeley Hill fut le promoteur de la nouvelle méthode, mais il substitua le deuto-chlorure au protochlorure de mercure (i86S). Il en fut de même de M. Levain, à Berlin, qui publia en 4867, pour la première fois, les résultats de sa pratique. Parmi ses syphilitiques, 107 furent soumis aux injections de sublimé dissous dans l'eau distillée ; le nombre des injections faites sur chaque malade fut de 16 en moyenne, et la quantité de sublimé administrée de cette façon s'éleva à 15 centigrammes. Deux ou trois semaines suf- Grent pour amener la guérison sans accidents locaux graves. Le nombre des récidives s'abaissa considérablement, et de 8< pour 100, chiffre habituel chez lessyphilitiques traités par les autres méthodes, il tomba, d'après l'auteur, à 27 pour 100 ^ Ce travail considérable, appuyé sur une
1. Je considère la question des récidives, que chacun lÀchede résoudre à Tuvantage de sa méthode, et avec des statistiques plus ou moins incomplètes, comme une des plus • ihsoures et des plus insaisissables de la thérapeutique syphilitique. On aura beau faire inanceuvrer de grosses colonnes de chiffres, nous donner le nombre des malades entrés, sortis, puis revenus ici où là, ou non revenus, et, dans ce cas, considérés comme guéris, on ne portera pas la conviction dans les esprits qui se donneront la peine de réfléchir.
La syphilis, en effet, traitée ou non traitée» récidive presque fatalement, à des inter\'alle8 plus ou moins éloignés, sous des formes plus ou moins graves ou légères, pendant les premières années de son évolution. Il est dans son essence de procéder par poussées ^uiT^Hsives. J'ai tivs raniment vu «les malades n'avoir qu'une seule explosion d'accidents