CA&AOTÈBES ET TERMINAISONS
permanent aux tissus, tantôt elles se modifient, s'organisent, et, loin de perdre leur vitalité, elles la dirigent dans le sens d'une néoplasie connective qui {mémie, étouffe et finalement fait disparaître la partie envahie. Tantôt, enfin, après une multiplication qui les épuise, elles subissent la dégénérescence granulo-graisseuse, meurent et s'élimiDent avec les tissus qu'elles ont mortifiés en masse ou qu'elles ont détruits molécule par molécule.
Le processus aboutit donc : t*" à la résolution; 2*" à l'ulcération ou au phagédénisme ; 3*^ à la sclérose ; 4"* à l'élimination nécrobiotique de la néoplasie.
Les cellules rondes, lymphatiques ou embryonnaires, qui constituent l'élément essentiel de toute lésion syphilitique, affectent, dans leur migration, leur groupement et le mode de leur existence locale, des particularités qui concentrent en trois types tranchés ce qu'elles ont de plus individuel. Ces trois types sont le chancre induré ou néoplasme primitif, la papule et le tubercule ou la gomme. *
En étudiant dans leur évolution ces trois types générateurs qui appartiennent chacun à une des trois phases de la syphilis et la caractérisent, on voit que les modes de terminaison sont plus nombreui pour les deux premiers que pour le second, et qu'entre le chancre tî la gomme, placés aux deux points extrêmes de la maladie , il exista des analogies frappantes. Ainsi le chancre, qui est habituellemem résolutif, peut cependant produire des ulcérations profondes ou se ramollir dans toute sa masse et s'éliminer par un bourbillon de tissu conjonctif sphacelé, tout comme une gomme. Il lui arrive quelquefois de produire autour de lui des irradiations scléreuses, des œdèmes durs transitoires qui, pour être résolutifs, n'en ressemblent pas moiD<« aux suffusions néoplasiques qui envahissent le tissu conjonctif interstitiel des organes profonds ou qui sclérosent leurs enveloppes, comme on le voit sur le péritoine, au foie, sur la pie-mère, la dure-mère, etc. 11 y a une telle ressemblance de forme et d'évolution, entre la néoplasie primitive et le tubercule ou la gomme, qu'on les confond presque toujour> sur les organes génitaux. Combien de fois n'a-t-on pas pris pour un chancre induré une gomme du gland, du prépuce ou de la vulve ! CVs( même cette erreur qui a fait croire à la réinfection syphilitique.
Dans la papule ou la plaque, les modes de terminaison présenteot moins de variétés. La résolution est la règle. Aussi toutes les ssi^hilides qui ont ce type pour générateur, guériss(»nt-elles sans laisser aucune perte de substance et sans scléroser les tissus. Vous voy^z donc que la ligne de démarcation semble plus grande entre la papul*
DU PROCESSUS ANATOMIQUB. 75
rt la gomme qu'entre le chancre et cette dernière, et néanmoins, • fironologiquement parlant, le chancre et la papule sont beaucoup plus raiiprochés.
Ces généralités sont loin d'être oiseuses, et j'en suis si convaincu, que j'y reviendrai fréquemment dans la suite de ces leçons. Ne vous prouvent-elles pas déjà qu'il est infiniment préférable de prendre pour base d'une classification les caractères cliniques et le processus chronoloirique, que le mode d'évolution organique propre à chaque type générateur ? L'attribut morphologique et les modifications qu'il subit sui- \ tat le temps et le lieu de la détermination morbide, donnent en effet, ■i la lésion fondamentale ou à ses groupes, les traits originaux qui niistituent l'espèce. Mais cette physionomie si empreinte de spécificité ne la cherchez pas dans la structure histologique du tissu, vous ne l'y ir tuveriez pas.
Si loin qu'ait été poussée l'étude microscopique des lésions propres a la syphilis, elle ne nous a pas encore donné la raison de leurs formes, de leur siège^deleur répartition, de leurs groupements curvilignes, etc. KUe n'a pas encore révélé la cause première qui préside aux migrations des cellules embryonnaires, qui les fait s'insinuer, s'étaler, se condenser, se transformer, vivre d'une vie longue ou éphémère et ♦»n:?endrer, dans le foyer de leur activité et par leurs métamorphoses, linfinie variété de lésions syphiUtiques. Mais si elle ne nous montre pas cette cause première, ce germe spécifique qui réside peut-être <!aus le système nerveux et agit, par lui. sur les dernières ramificatioDs vasculaires, elle nous apprend que les phénomènes anatomopathologiques les plus généraux sont à peu près les mêmes, sauf leur intensité et leurs tendances vers telle ou telle terminaison, dans toutes ce» lésions syphilitiques, chancre, papule, tubercule, gomme, et qu'ils ne liiiTerent pas autant qu'on pourrait se l'imaginer des lésions analogues produites par des causes qui se trouvent à une grande distance spécifique de la syphiUs ' .
l. il n existe pas de spécificité histologique tranchée dans les lésions de la syphilis. H : ^ "n a aucniie qui lai soit exclusivement propre. Le professeur E. Wagner a cependant •>' 'iî sous le nom de syphilome (Ârchiv der Heilkunde.IV, 1863), un tissu accidentel qui, ■i it'r^s lui, serait propre à la syphilis constitutionnelle et posséderait une structure tout » iàit caractéristique, au même degré que le tubercule, le cancer, etc. — Ce tissu peut itfe i*^, dit-il, tous les tissus et organes de l'économie qui contiennent des vaisseaux. H . 'I forme d*une masse gris rosée, n'est jamais nellcment limité ni enkysté, affecte tantôt
i fi^rme de tumeurs plus ou moins volumineuses, tantôt celles d'une infiltration diffuse, ' «tTjphie, se dessèche ou se creuse en cavernes, et est constitué par des cellules études
PBOKOSTIC DE LA STFHIUS.
raoxosTic BK LA STPiiLis : Des variations dans l'intensité du viras syphilitique. — Modalités d- j
sypbiliK an point de vue du pronostic : syphilis bénifTQCs. syphilis moyennes, syphilis frra\<^
syphilis malices, etc.
Ijà bénignité d'une syphilis n'est jamais absolue. — (rravité des localisations dana les syf^h » i
lésions bénignes. — Du coefficient de gravité suivant la hiérarchie fonctionnelle des orc* *•
atteints.
De la ffromté et de la uuJignité envisagées an point de vue du processus anatomiqne. Pronostic au point de vue de la durée respective de chacune des phases de la maladie. Impossibilité d'affirmer la fuériaom radicale de la syphilis. De la S3'philis comme cause occasionnelle d'autres mala<lies.
Envisagée dans l'ensemble de son pronostic, la syphilis peut être considérée comme une des maladies les plus graves parmi toutes celles qui affligent l'espèce humaine. Mais elle présente des degrés dans sa gravité suivant les individus et aussi suivant le temps et les milieux. En présence de ce fait incontestable, on s'est demandé si le virus restait toujours identique à lui-même dans son énergie, ou s*il subissait des variations d'intensité capables d'expliquer la différence de ses effets morbides. C'est une question difficile à résoudre avec des données précises, car nous n'avons pour apprécier les qualités nuisibles d'un virus aucun réactif immuable.
Il est probable qu'en traversant tous les organismes dont il a inferte tant de générations depuis qu'il s'est abattu sur l'Europe , le viniâ a perdu quelque chose de sa malignité primitive. On constatait H>n affaiblissement ou du moins l'atténuation des accidents qu'il produit, dès les premières années du sei2ième siècle. Mais pourquoi ce principe organique qui ne peut pas s'implanter dans l'économie, sans vivre At son existence, subirait-il toujours fatalement une sorte de diminution^ Pourquoi, au contraire, ne puiserait-il pas dans certains milieux fav^trâbles un surcroit d'énergie qui lui ferait regagner et même dépasser ce qu'il aurait perdu dans des terrains moins propices.
D'après cette hypothèse, le virus, au lieu de rester immuable, subirait les vicissitudes de la vie elle-même, et passerait alternativement par un<j série d'oscillations qui, sans lui jamais rien enlever de sa spécificit
noyaiu, etc. Ed somme, ce que M. Wagner désigne sous le nom nouveau de syphit* ni' n'est autre chose que la néoplasie gommeuse avec ses formes variées et dans tous ^>i modes de processus. Ce D*est point là une découverte, c'est un simple néologisme qui peut avoir son utilité pour désigner, par une seule expression, les produits morbides d^ ! j phase tertiaire.