‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 43 sur 441 · SES DIFFÉRENTS DEGRÉS DE GRAVITE · texte numérisé non relu

SES DIFFÉRENTS DEGRÉS DE GRAVITE

ilctibliraieat ou augmenteraient ses propriétés toxiques dans le mode, «iins le nombre, dans l'étendue et la profondeur, dans la portée probaine ou lointaine de leurs conséquences pathologiques.

Mais quittons le champ des conjectures pour revenir aux faits positifs. Eh bien, quand on étudie la syphilis dans ses degrés de gravité, on constate qu'il y en a un grand nombre, et qu'ils affectent des formes tns variables, tout en ne s'écartant point de l'unité spécifique dont ils >oot l'émanation directe.

Vous avez sans doute entendu parler de syphilis bénignes, de syphilis moyennes comme force, de syphilis sévères, graves, de syphilis malignes, de syphilis courtes, longues, interminables, invétérées, etc. Lh^ épithètes ne manquent pas et toutes expriment un côté des choses trns réel et fort exact, surtout si on ne prend pas les mots dans un sens trop absolu et qu'on ne leur fasse pas embrasser le processus dans toute son étendue.

Il y a une de ces épithètes cependant qu'on ne devrait pas employer, ^'>t celle de bénigne. La syphilis n'est jamais bénigne, même dans >*'s formes les plus innocentes en apparence ; car teUe ou telle manifestation qui par elle-même n'a aucune signification pronostique f4i heuso, peut en acquérir une très considérable si elle atteint un orirane essentiel à la vie ou à une grande fonction.

Quand on veut juger à un point de vue vraiment pathologique la prognose de la syphilis, il ne faut donc pas considérer seulement la lésion elle-même et les attributs qui lui sont propres; il faut en outre tenir compte de toutes les évenluaUtés qui peuvent résulter de sa ioialisation. C'est ce qui fait qu'une syphilis dont les manifestations méritent à juste titre la qualification de bénignes, peut devenir extrèm«?inent grave et mettre en danger la vie des malades lorsqu'elle frappe certains viscères dont les lésions même superficielles se traduisent par les désordres les plus alarmants. Ne voit-on pas les moindres productions syphilitiques de la face interne des os du rràne, des méninges, de la substance corticale ou des ganglions du

nreau, produire des accidents redoutables?

Et remarquez, messieurs, que la bénignité des lésions n'offre aucune garantie contre le danger qui pourrait résulter de leurs localisations vn (irales. Il est même àremarquer que, dans beaucoup decas, les syphi-

^» les plus bénignes à leur début sont devenues tout à coup^ terribles [Lir des déterminations internes qu'aucune circonstance pathologique «rit^rleare ne pouvait faire pressentir. Les syphilis les plus bénignes

78 SYPHILIS BÉNIGNES, GRAVES, MAIilGNES.

ne le sont donc qu'en apparence, puisqu'elles laissent l'individu, mèm«* le plus épargné par elles, dans un état d'imminence morbide qui, d'uu moment à l'autre, peut passer du sommeil à l'action.

Mais à côté des lésions dont le coefficient de gravité s'élève suivant la hiérarchie fonctionnelle des organes qui sont atteints, il en est d'autres qui, par leur nature propre, et indépendamment de leur siège, sont toujours dangereuses pour les tissus qu'elles envahissent. Comme en général elles se développent d'une façon très insidieuse et détruisent tout à coup, sournoisement et sans rien dire, on dit qu'elles sont malignes. Toutes les lésions cutanées ou muqueuses de la pério^lf constitutionnelle appartiennent , à peu d'exceptions près et dans une mesure variable, à cette catégorie.

Lorsque le géuiede destruction, qui lui est propre, développe la plénitude de son énergie malfaisante et, se donnant libre carrière, ravage rapidement de vastes territoires organiques, ce n'est plus la lésion seulement, mais la maladie elle-même qui est empreinte de malignité. On l'observe au plus haut degré dans les syphilides qui deviennent ulcéreuses et phagédéniques avant l'époque habituelle de leur apparition, et qui possèdent comme les syphilides érythémateuses et résoluliveïi, la propriété de s'emparer simultanément de toutes les surfaces tégumentaires. Mais ce n'est pas tout. La mahgnité possède encore d'autre^ attributs. Ainsi, à la précocité et à la tendance phagédénique dt'> lésions, il faut ajouter leur multiplicité, leur subintrance, leur aptitud-^ aux récidives à brève échéance et sans aucune période d'accalmie complète, l'atteinte portée aux forces radicales, et comme conséquence, la misère organique, le défaut de résistance vitale, la fièvre hecli(iue, W marasma et l'entratnement irrésistible de l'économie, malgré les s|m>cifiques, vers les formes cachectiques les plus redoutables de la maladie constitutionnelle.

De pareilles syphiHs malignes sont évidemment très graves. Néanmoins il est possible qu'elles ne produisent aucune détermination sur les organes indispensables à la vie, et qu'elles limitent leurs attaques a la peau et aux muqueuses. Aussi la malignité n'implique4'^Ue \^i^ nécessairement la gravité dans le sens que je donnais plus haut à (**i mot. Il est vrai que dans les phases ultimes de la cachexie il est tn^ïi commun de voir les viscères envahis par l'action syphilitique, et, <n pareil cas, ce sont ceux des hypochondres et les reins qui sont le plu3j ordinairement attaqués par la sclérose ou les gommes, lésions irtH souvent compliquées, à cette période, de dégénérescence amyloîde.

Page 1