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ABSORPTION ET ÉLIMINATION DU MERCUBB

enlourenl. Il appartient à chaque praticien de les découvrir et de les préciser au jour le jour. C'est donc une tâche que je ne puis entreprendre ici et dont je vous laisse le soin, convaincu, que votre perspicacité clinique et votre bon sens médical, aidés et fortifiés par l'expérience, vous permettront de l'accomplir avec succès.

NOTE SUR L'HYDRARGYRISME.

Nous ne possédons pas encore de données sûres relativement aux formes chimiques que revotent les mercuriaux pour pénétrer dans la circulation. D'après M. Mialhe, dont la théorie est lonjçlemps restée classique, toutes les préparations mercurielles usitées en médecine, en réagissant sur les dissolutions des chlorures, seules ou avec le concours de l'air, produisent une certaine quantité de sublimé corrosif. Mais cette quantité est loin d'être la même pour les différents composés. Les deutosels en fournissent beaucoup plus que les protosels; aussi leur action est-elle beaucoup plus énergique. — D'après M. Rabuteau. dont l'opinion est isolée et ne repose pas sur des faits précis, les combinaisons mercurielles introduites dans l'organisme seraient toutes amenées finalement à l'état de mercure métallique, et c'rst en nature que ce médicament serait absorbé, grâce à sa grande puissance de volatilisation. L'absorption du mercure métallique par la peau a été expérimentalement démontrée, en 1877, par M. Fleischer d'Erlangen. L'absorption par les voies respiratoires est extrêmement active. Exemple : un homme se fait une friction mercurielle dans un endroit très étroit et, six heures après, sa femme, qui n'a pas touché au mercure, présente les premiers signes d'une salivation, qui atteint, au bout de deux jours, son maximum d'intensité.

Le mercure peut séjourner dans la plupart des tissus, mais on ne sait pas quelle forme il y revêt. Cest dans le foie et dans les reins qu'il s'accumule en plus grande quantité. Les voies principales de son élimination sont les reins; on l'a trouvé également dans la sdive, le lait, la sueur et les fèces. L'élimination par le lait ne peut être contestée, et tlle est très importante au point de vue thérapeutique. Quand le traitement mercuriel a été continué pendant un certain temps, on peut retrouver du mercure dans les urines, plasieurs jours après que les malades ont cessé d'en prendre. Le séjour du mercure dans • organisme peut se prolonger pendant des mois et des années. A l'autopsie d'une ouvrière qui, depuis un an, ne respirait plus de vapeurs mercurielles, Kiissmaul et ♦'Orup-Besanez ont constaté, à l'aide de la pile de Smithson, que le foie contenait du roercure. — • On a dit que l'iodure de potîissium favorisait l'élimination du mercure, soit '*'» amenant la formation d'un iodure double , soit en activant la dénutrition et en mettant ainsi en liberté du mercure immobilisé dans les organes. Cette influence de l'iodure ^ été exagérée, Jcair M. Kiissmaul a trouvé du mercure en abondance dans le foie, les *'*'»us et même le cerveau d'une malade qui, depuis quatre mois, n'absorbait plus de niercure et qui, depuis un mois, avait pris plus de 60 grammes d'iodure.

Les effets du mercure ne sont durables que s'il est administré d'une manière continue, Puisqu il tend à s'éliminer et que la partie qui reste dans l'organisme, sortant de la circulation, va s'emmagasiner dans certains tissus.

' ^^^^^^''^cledumeratresurles téguments. — L'onguent mercuriel employé en frictions, ause, la plupart du temps, aucun dommage à la peau, mais quelquefois il y provoque éruption érythémateuse ou vésiculeusc , surtout lorsqu'il est vieux, rance et oxydé,

MW donne lieu à un oiéo-stéaratc de mercure. Cette éruption mercurielle, à cause de sa

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couleur, a été nommée eczéma rubmm. Elle est çrénéralement fugace et suiirie d'une lécère desquamation. A un degré plus élevé : peau d'un rouge vif, couverte de vésicules coqfluen tes, hémisphériques, d'égal volume, se ro-puru lentes ; démangeaisons violentes. A un degré encore plus avancé : rougeur intense et plus généralisée, peau tuméfiée, phlyc* tènes, douleurs atroces, etc.

Actiùti directe sur la muqueuse digestive, —- Elle est beaucoup plus intense pour [^ composés très solubles comme le sublimé et le biiodure que pour les protosels. J'ai^n, deux ou trois fois, des pilules de sublimé qui s'étaient arrêtées dans Tœsophagf et s*y étaient sans doute fondues, produire une douleur vive plus ou moins haut au-dê$^Q« du cardia. Cette douleur qui se faisait sentir à gauche, près de la ligne médiaoe, n avant et en arrière, était exaspérée par le passage des aliments et des boissons. La liqueur de Van Swieten provoque chez beaucoup de sujets des douleurs à l'épigastre. <!•- Vanorexie, de la diarrhée, etc. En solution concentrée les deutosels donnent lien i àt> accidents aigus, mais nous n'avons pas à les étudier ici.

Action générale. — Mercurialisme léger. — Administré à faibles doses (1 oentigranm> de sublimé, .5 centigrammes de protoiodure par jour), le mercure ne produit, la plupart du temps, aucun trouble physiologique. Beaucoup de syphilitiques sont guéris par le mercure, sans avoir présenté aucun phénomène de mercurialisme (niercuria/i*T>." latent). — Chez d'autres, le médicament semble agir comme tonique et augmente l'embonpoint. M. Wilbouchewitch en France et puis M. Keyes en Amérique ont chercha à déterminer quelle action exerçait sur le sang un mercurialisme léger. Ils admetteo: tous deux que le mercure, donné à petites doses chez un syphilitique, augmente le wmhr* des globules au moment même où il agit efficacement sur les manifestations de la syphilis. Plusieurs expérimentateurs ont constaté, en outre, que le mercure, dans c«« mêmes conditions, augmente le poids du corps et agit comme un reconstituant des pla.^ puissants. Devant ces faits que devient la théorie qui explique l'action du mercure sui la syphilis par ses effets dénutritifs? A la longue cependant le mercure prodaii <k l'hypoglobulie (Wilbouchewitch) et tous les troubles fonctionnels gastriques, respiratoires et nerveux qui accompagnent Tanémie.

Mercurialisme intense. — Les méthodes de traitement qui le produisent sont celles ou l'on emploie une grande quantité de mercure sous n'importe quelle forme. Il faut ciur en première ligne les frictions avec Tonguent et les exhalations de vapeur niercone)ie«, ainsi que le calomel ingéré à doses réfractées. Dix centigrammes de calomel qui >ont résorbés représentent plus de mercure que dix cuillerées à bouche de liqueyr dr Van Swrieten. C'est par l'inspiration de vapeurs mercurielles que se produit rintozicatioT< professionnelle. M. Merget a démontré que le mercure émet des vapeurs, même à uo-' basse température, et que leur force d'émission est telle que, dans un espace libre, ell-*^ peuvent être projetées à 1700 mètres de distance.

C'est par la voie pulmonaire et par la bouche que sont absorbées les vapeurs menarielles chez les doreurs, les étameurs de glaces, les fouleurs, les feutriers, les tondeuses qui coupent les poils, les enfants qui les battent, les ouvriers des mines de roerrur' En 1810, sur le vaisseau le Triumpk, des vessies remplies de mercure crevèrent et, es l'espace 'le trois semaines, deux cents hommes furent atteints de mercurialisme 4u^u- Stomatite intense chez un ouvrier ayant brûlé dans un poêle une sébile qui avait vrr. à prendre le mercure pour l'étamage des glaces. — Intoxication mercurieile cbei w voisins d'un atelier où l'on employait le mercure. — A l'égard du mercurialisme lr« idiosyncrasies sont remarquables : 4 frictions avec 4 grammes d*onguent mercuriel pnvoquèrent une intoxication mortelle chez un malade de M. Bouchard. — Une senle fr>< • tion sur l'hypogastre produisit une glossite parenchymateuse, des lésions de la boacbo t. de l'isthme guttural qui mirent la vie en péril (Gubler). J'ai vu par contre des malade supporter sans inconvénients des frictions mercurielles pendant plusieurs mois.

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Le mercure à hautes doses exerce une action destructive sur les hématies : l* le plasma renferme une certaine quantité d'oxyde de mercure en combinaison soluble avec l'albumine et le chlorure de sodium ; ^" les globules se détruisent rapidement. De là des phlogoses, des hyperhémies et des troubles nutritifs.

Stomatite mebcuriblle. — Parmi les accidents toxiques du mercure, dont le médecin doit le plus se préoccuper pendant le traitement de la syphilis, la stomatite occupe la première place. Quoiqu'elle constitue dans la pratique courante, un événement désagréable ou fâcheux, il y a des cas cependant où il est nécessaire de la provoquer. G^est qu'en effet l'action curative du mercure n'apparaît presque jamais dans toute sa pléni* lude que lorsque la muqueuse buccale ou les glandes salivaires ont été touchées par le mercure. N'est-ce pas pour cela que les anciens sypbiliographes poussaient toujours jusque là la médication hydrargyrique? Aujourd'hui nous restons constamment en deçà, quand les manifestations sont légères, discrètes et n'attaquent. aucun organe essentiel à la vie.

L'action du mercure sur la bouche dépend beaucoup plus de la rapidité de Tabsorption et de la quantité de métal introduite dans les voies circulatoires, que de la préparation hydrargyrique. La stomatite est plus fréquente après les frictions, les inhalations de vapeurs mercurielles, l'administration du calomel à doses réfractées, celle du protoiodure, etc., qu'après celle du sublimé, du biiodure, etc., parce que les doses de métal introduites de cette façon sont plus fortes, moins immédiatement dangereuses et moins calculables.

Au surplus, Tidiosyncrasie des sujets joue un très grand rôle dans l'étiologie de la stomatite mercurielle. Les femmes y sont plus prédisposées que les hommes. La présence des dents semble presque indispensable à son développement. Ches les petits enfants elle est très rare. Elle manque aussi chez les adultes qui ont perdu leurs dents. Par contre, la carie dentaire, les maladies des gencives et surtout l'évolution de la dent de sagesse sont des causes prédisposantes très actives. Il faut y joindre l'action du froid humide, les fatigues, les excès et un mauvais état de l'estomac. Chez une dame ayant une très belle dentition, 0,03 centigrammes par jour de pmtoiodure que J'avais prescrits sufQrent pour produire en moins d'une semaine une stomatite mercurielle extrêmement violente. Un an auparavant, une très petite dose d'hydrargyre avait également déterminé chez elle un accident semblable. Chez quelques malades atteints d'affections spécifiques de la moelle épinière ou du cerveau, j'ai quelquefois inutilement tenté d'obtenir la salivation mercurielle par le procédé le plus infaillible, c'est-à-dire par d'abondantes frictions mercurielles. C'est au début du traitement, dans le cours du premier septénaire, que les malades sont le plus exposés à la salivation. Plus tard leur impressionnabilité diminue et permet d'augmenter, s'il y a lieu, les doses des préparations hydrargyriques.

Une fois qu'on a cessé le traitement mercuriel la salivation n'est plus à craindre. Cependant il peut arriver que le mercure enmiagasiné dans les organes et devenu ainsi inoffensif soit repris par la circulation et donne lieu de nouveau à des symptômes d'intoxication hydrargyrique aiguë et subaiguë. Ainsi MM. Christison et KQssroaul ont vu la salivation reparaître au bout de plusieurs semaines, de plusieurs mois, et même de plusieurs années, sans que les malades eussent de nouveau pris du mercure. Les causes d'un pareil retour sont l'action du froid, celle des eaux sulfureuses. Les médecins d'Aix ont rapporté plusieurs cas de cette dernière influence. Dans un fait de ce genre, la recrudescence, d'après Uartung, ne se serait produite qu'au bout de dix ans. Il est bon d'ajouter que ces faits sont tout à fait exceptionnels et pour ma part je n'en ai pas observé un seul exemple.

On croit généralement que le point de départ de la stomatite n'est pas l'élimination du mercure parla salive, mais une lésion du périoste alvéoloHlentaire qui apparaît sur un point ou sur un autre des arcades denuires, dès le début de la maladie. — Ce début a

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