‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 421 sur 441 · SYMPTOMES ET DEGRÉS DE LA SALIVATION MEBGUBIELLE · texte numérisé non relu

SYMPTOMES ET DEGRÉS DE LA SALIVATION MEBGUBIELLE

lieu presque constamment derrière la dernière molaire, du côté où le malade dort, puis le processus s*étend de là graduellement (Ricord).

Dans rintoxication de Tappareil buccal par l'hydrargyre, il y a deux phénomènes à considérer : la salivation et Tinflammation des gencives et de la muqueuse buccale. Ils se trouvent très souvent réunis. Mais parfois aussi on les observe séparément. Su^ doute la salivation est, la plupart du temps, un phénomène secondaire qui résulte ie l'irritation réflexe produite sur les glandes salivaires par Tinflammation gingivo-tn»cale, ce qui ne Tempôche pas d'être parfois essentiellement primordiale et de sorveur indépendamment de toute stomatite : j'ai eu plusieurs fois l'occasion d^obserrer^ salivations hydrargyriques abondantes de 7 à 800 grammes par jour, saas qu'il me fût possible, pendant toute leur durée, de constater la moindre inflammation sur la muqueuse buccale. Un pareil fait dûment établi ne prouve-t-il pas que le parenchyme d*s glandes salivaires ou leurs nerfs sont quelquefois directement et isolément inloxiqa^ par le mercure. En revanche, il n'est pas rare de rencontrer des cas de stomatite mercurielle excessivement aigus et douloureux qui ne sont accompagnés que d'une salivation insignifiante. C'est même là le fait le plus commun.

Voici quels sont les symptômes de la stomatite hydrargyrique : les gencives se ton)^ fient, deviennent d'un rouge foncé, saignent facilement et sont douloureuses. Le colir * des dents s'entoure d'un cercle rouge vif; elles se déchaussent par suite de ruloératk> du bord libre des gencives; elles sont soulevées dans leurs alvéoles, rendues ^lobi:-^ et semblent écartées les unes des autres comme par un corps étranger interposé. U langue devient plus ou moins gonflée et tend à déborder la rangée des dents qui lai&vrt sur elle des empreintes plus ou moins profondes. La tuméfaction s'empare aussi de^ lèvres et des joues, et la muqueuse de ces dernières présente une crête plus ou moio< saillante correspondant à l'intervalle des deux maxillaires. Les mouvements de la langue et des mâchoires sont gênés et douloureux. Quelquefois les malades soufTrent beaucoup et ne peuvent rien mastiquer. Us éprouvent un goût métallique et leur haleine de^^i.' d'une fétidité caractéristique qui permet de diagnostiquer la stomatite mercuridle i plusieurs pas de distance, même quand elle est à ce degré léger que je décris maintenaLt. — La muqueuse gingivo-bucco-linguale ainsi enflammée ne tarde pas à s'ulcérer. Ce ^oct d'abord des érosions superficielles, d'un rouge vif et saignantes, qui se recouvrent rapi:iement de concrétions pultacées, molles, jaunâtres et surtout très saillantes et très ab<>ndan tes. Ce dernier caractère est selon moi presque pathognomonique, tant il est fréquent et accusé. Il faut noter aussi l'excessive promptitude avec laquelle ces concrétions a reforment quand on les a enlevées. Les érosions siègent au niveau des dents de saçesf*'. sur la face interne des joues, sur les bords de la langue, plus rarement sur la voûte palatine, exceptionnellement sur les piliers et le voile (j'en ai vu des cas). Le bord des éro&ior ^ est dentelé, déchiqueté ; leur contour n'affecte aucune configuration systématique comisi* celui des plaques muqueuses. Dès le début, on observe souvent une tuméfactioQ cV toutes les glandes salivaires et des ganglions lymphatiques périmaxill aires. Il est raiv qu'il existe de la fièvre et d'autres phénomènes généraux sérieux; mais, à la loupu-^. les malades peuvent dépérir par insuffisance de l'alimentation.

Il y a même des cas, rares aujourd'hui, où la santé est très sérieusement com(>r >mise par la stomatite : c'est lorsque celle-ci passe au deuxième degré et devient u^ intense. On n'a qu'à exagérer tous les symptômes précédents pour se faire une idco *r cette grave affection. La mastication devient impossible, les douleurs sont intolêrah*' ■^. le flux sali vaire se fait par litres, jusqu'à 30 et 25 dans les vingt-quatre heures, les alvr*-. -. se nécrosent, les dents tombent, la fièvre s'allume, les articulations tempon>-maxilla:'-"> s'enflamment et s'enkylo^nt ; des fluxions collatérales, des gangrènes partielles d*- u muqueuse bucco-linguale, un érysipèle de la face, la suppuration des parotides ou d ^ ganglions cervicaux, le phlegmon des joues et du plancher de la bouche, la gk>- ' parenchymateuse avec abcès ou gangrène, etc., peuvent survenir à titre de com^lj *■ tions. J'ai vu, chez une pauvre femme qui avait eu une stomatite terrible à la suite «;'

Page 1