ANALYSE DES EFFETS OUBATIFS PRODUITS PAR L'ÉBYSIPÈLE
qu'elles sont enraciaées sur un terrain saturé, comme Tétaient les lèvres, des produits plastiques de la syphilis.
C'est dans cette région que l'érysipèle a pris naisssance, c*est de re Tover qu'il s'est répandu sur toute la face. Il n'a pour ainsi dire pas eu de période d'incubation. Brusque, inflammatoire,! vif et rapide dans ses allures, régriLer dans sa marche, harmonique dans toutes ses parties, justement équilibré to son expression symptomatique locale et générale, sans aucune tendance eQ\^ hissante ou maligne, il a présenté tous les caractères d'une réaction saine, bieo propre à rompre une habitude vicieuse de nutrition et à ramener les élémcDl$ organiques à leur mode d'activité physiologique.
N'est-ce pas là ce qui a lieu? Et avec quel ensemble, quelle sûreté et quelle promptitude d'action! Toutes nos cautérisations substitutives, toutes nosméiications spécifiques pourraient-elles donner un semblable résultat? On doit hardiment répondre non. Une inflammation artificielle, en effet, si hahilemeot calculée qu'on la suppose, ne pourra jamais avoir la même portée curative, laméo;^ intelligence élective des éléments à modifier, éliminer, créer, etc., etc., que lu* flammation spontanément conçue par Torganisme. 11 y a certainement daa< l'ensemble de l'économie et même dans chacune de ses parties, comme un^ conscience de ce qu'il faut faire pour remédier au mal. Et si, à cette coDScienc> que nous ne savons qu'imparfaitement pénétrer, vous ajoutez d*incomparat<!^^ moyens d'exécution, admirablement concertés pour une fin précise, voos ci»!rprendrez combien nous sommes inférieurs àla nature, lorsque des conditioosotcives ne paralysent pas sa force ou ne l'empêchent pas de la mettre en jeu selon ses lo.?.
Les caractères de cet érysipèle prouvent bien qu'il n'était pas infectieui. A ce moment-là, il n'en existait pas d'autres dans le service, et après il ne sec est pas produit. Je crois bien que son éclosion avait été préparée depuis \onztemps par cet état d'œdème subinflammatoire et plastique dont les lèvres étaient devenues le siège depuis plusieurs semaines. Il faut aussi faire entrer dans îon étiologie l'excitation permanente causée par ces interminables plaques muqueu^s confluentes, dont aucune médication générale ou locale n'avait entravé résolution. Enfin, la cause occasionnelle qui a donné le coup de fouet, ce sootsatis aucun doute les deux cautérisations consécutives au nitrate d'argent
Quoi qu'il en soit, et bien que provoqué et non infectieux, dans une certaioe mesure, cet érysipèle peut être considéré comme une émanation directe de ta force médicatrice, comme une maladie aigué, à la fois locale et générale, qui a mis en branle, par une fièvre de cinq jours, toutes les forces vives de rorganisoe.
Aussi ne faut-il pas s'étonner des effets curatifs que cet érysipèle aprodaitsà distance, loin du principal foyer de son développement. En effet, ce ne soot pa5 seulement les plaques muqueuses des lèvres qui ont été guéries; celles delà gorge ont été également emportées, quoique l'érysipèle ne paraisse pas a^^ir poussé d'irradiation inflammatoire du côté de l'isthme du gosier.
Enfin, les débris qui restaient encore de l'affection cutanée syphilitique^, macules et papules, ont subi l'influence curative de la fièvre érysipclateo^. Tout l'organisme en a ressenti une influence salutaire ; et, comme la malade accidentelle qui a produit cet ensemble de résultats heureux n'a point troot! profondément l'économie, ni compromis la vie, comme elle aélé de courtedur' et n'a jamais dépassé les limites d'une réaction franche, je dis qu'on doit y féliciter qu'elle ait eu lieu.