FAIT QUI EK DONNE LA PBBUYB
gaocbCt TépaiRsissement est plus considérable que dans les antres points, on y voit, au point de réunion de la glotte interarythénoïdienne et de la glotte interligamenteùse, une perte de substance nettement accusée, de 0",00d à Ob,004 d'étendue, à bords déchiquetés. Pharynx, épiglotte et entrée du larynx d'un rouge foncé uniforme. Tuméfaction et roui^eur générale de Tisthme. Sur le pilier gauche, petite échancrure ulcérée avec traînées blanches périphériques.
J'ai insisté sur le caractère particuhèremcnt opiniéttre des manifestations syphilitiques de ce malade, sur leur tendance à la récidive, sur le peu d'efficacité des médications employées, afin de bien faire sentir l'importance des changements que produisit en peu de temps la maladie accidentelle qui me reste à décrire.
Le 24 janvier (cinquième mois de la syphilis, trente-deuxième jour de la laryngopathie), le malade fut pris d'une fièvre violente avec prostration des forces, puis d'une angine érysipélateuse avec tuméfaction énorme des amygdales, impossibilité d'avaler et d*ouvrir la bouche, menace d'asphyxie, etc.
Le 3 février, cette angine était à son maximum d'acuité : réaction générale des plus violentes, agitation excessive, délire pendant la nuit, turgescence violacée de la face, etc.
Le 5 février (douzième jour de l'angine), il survint une grosse tuméfaction ganglionnaire sur les côtés du cou, un peu en arrière des amygdales, accompagnée d'un empâtement diffus du tissu cellulaire ambiant. Douleur vive à ce niveau. Déglutition toujours extrêmement difficile. Impossibilité d'explorer la gorge.
Les jours suivants, l'état général s'améliora progressivement, mais l'agitation avec délire nocturne persista quelque temps. Enfin, vers le 8 ou le 10, les phénomènes locaux s'amendèrent, la.déglutition devint possible, la tuméfaction externe du cou s'afiaissa, et le malade entra franchement en convalescence.
Le lô février (vingtième jour de l'angine), il était complètement guéri. Or, chose remarquable, cette fièvre avec détermination inflammatoire si violente sur les deux amygdales avait fait disparaître comme par enchantement toutes les manifestations que présentait la maladie au moment de son invasion. Et cependant la médication spécifique interne, le traitemnt local, avaient été supprimés depuis le début de cette angine.
Les plaques muqueuses de l'anus et du périnée, si opiniâtres, si rebelles, qui en étaient à leur deuxième poussée, celles qui recouvraient les deux lèvres et l'isthme du gosier et étaient en pleine activité, toutes avaient complètement disparu, sans qu'on y eût touché, &ans qu'on leur eût fait le plus petit pansement.
Mais, phénomène encore plus curieux, la voix qui auparavant était enrouée jusqu'à Textinction, était revenue à son état normal, comme timbre, comme portée, comme étendue ; et, quand Texamen laryngoscopique fut pratiqué, on constata une absence de toute la lésion dans l'intérieur de la cavité laryngée.
Quant à la santé générale, elle sortit de cette épreuve meilleure et comme fortifiée.
Malheureusement, cette guérison si extraordinaire ne fut pas de longue durée, et la fatale prédisposition du malade à la plaque muqueuse ne tarda pas à donner des pfeuves de sa persistance. Dès le 33 février, une plaque muqueuse était revenue sur la joue gauche. Le 10 mars, bien que l'état général fût excellent, les plaques muqueuses s'étaient multipliées sur les joues et les lèvres ; mais l'isthme du gosier, les cordes vocales, la région ano-génitale n'en présentaient encore aucune.
Le malade se sentant beaucoup mieux, sortit de mon service peu de temps après. Je ne l'ai pas revu depuis K
I. Ge m«lade ett rentré dans mon service, salle 8, no 7, ie 8 atril. —Ouiote jours entiroo après s« •ortie, il avait été repris de troubles fonctionnels du e6té da laryni, tels qne raueité, enrotienent, aphonie, etc. L'exAmen laryngoscopique, pratiqué le 27 arril par M. Krishat>er, fit constater, lur le bord de la corde vocale inférieure droite, dans la partie voisine de l'angle antérieur, une découpure en deota do scie reposaut sur un fond blanchâtre. — Depuis sa rentrée, malgré le Iraitement, le repos et les toini de propreté, d'énormes papulles muqueuses confluentes se sont reprodaîtes dana la région anale et à la partie interne et supérieure des cuisses. Les lèvres et le voile du palais en loot également oonvcrts. — ^ Ainti cinq
lOSU TOUTES LES MALADIES AIOUBS GÉNÉB. AGIBSEHT SUB LA SYPHILIS
Ainsi, des plaques muqueuses qui avaient résisté pendant trois mois à toute médication générale et locale, ont été guéries en huit ou dix jours par une maladie aiguë. Ce résultat est tellement évident, qu'il est inutile d'y insister. Mais il importe de l'analyser et de Tinterpi^éter dans ses détails.
Parmi ces plaques muqueuses, les unes étaient au centre même du foyer inflammatoire : celles de l'isthme du gosier; d'autres en étaient voisines : celles des lèvres et des cordes vocales; les dernières enfin en étaient très-éloigQées:cdle^ de l'anus et du périnée. Y a-t-il eu quelque différence dans la rapidité avec laquelle leur résolution s'est opérée? La chose n'est pas impossible» mais elle était fort dirficile à constater à cause de la vitesse même delà régression. Toujours est-il que lorsque la défervescence a eu lieu et que le malade est entré dans la période de convalescence, toutes ces manifestations syphilitiques avaient disparu.
On est donc conduit à conclure qu'une maladie aiguë, telle que rangioe el rérysipèle, n'agit pas seulement sur les accidents compris dans la sphère de 5.1 détermination locale, mais aussi sur ceux qui sont en dehors d'elle; et quelle les modifie moins par le processus local qui agirait à titre de substitutif, que par la réaction générale fébrile, et par le nouveau mode de fonctioanemeot plastique qui en résulte pour l'organisme.
Ces phénomènes impriment une secousse violente à toute l'économie; ils perturbent profondément le mouvement d'assimilation et de désassimiiatioa; tout l'équilibre nutritif est comme renversé; l'individu n'emprunte que peu au monde extérieur; il se nourrit pendant quelques jours de sa propre substance... Tout cela n'est-il pas la vraie cause de la guérison ? Les anciens ne traitaieDtils pas avec succès la syphilis par la diète?
Quoi qu'il en soit, la maladie aiguë est transitoire de sa nature; elle passe a l'organisme reprend peu à peu possession de lui-même, toutes les fonctioa> reviennent à leur état d'équilibre normal, et la santé se rétablit après ud»' période plus ou moins longue de convalescence.
Eh bien, c'est alors que la maladie constitutionnelle qui fait partie iotégraole de l'organisme et vit de la même vie que lui, revient à la santé, reprend des forces et avec elles l'aptitude à se traduire par de nouvelles manifestations '.
Si on avait un moyen de constater la virulence du sang autre que son inoculation à un individu de notre espèce exempt de syphilis, il serait très intéressant de rechercher ce qu'elle devient pendant le cours d'une maladie aisn]*' fébrile. A en juger par la disparition des phénomènes qui l'expriment, il e^t probable qu'elle diminue. Il est probable aussi qu'elle augmente plus tard, puisque ces mêmes phénomènes se reproduisent quand Torganisme, débarra><«' de la maladie aiguë, revient ou est revenu à son mode d'existence plus ou moins normal. Peut-elle être éteinte par une seule attaque de cette maladie? Je ne le pense pas, puisque si la vertu curative de la maladie aiguë ne peut.iMre
à six semaines après la guériioa par Térysipéie, la lyphilU est reveoue ee qu'elle était aopanTaal H « donné lien aux mêmes manifestations. Du reste, la santé est excellente, et il n'existe pat d'antre léàoa 9« ces plaques muqueuses, dont la tendance à la récidive et l'opiniâtreté sont vraiment extraordinaires.
1. ■ Les syphilides, dit Rayer, alternent avec d'autres symptômes de la vérole; en fait, elles disptrtissit: quelquefois momentanément à l'invasion on pendant le cours d'une maladie grave, pour se mvmtrtf ^ quefois plus rebelles à la convalescence... Les maladies intercurrentes peuvent modifier les maladie» cuUaYi dans leur nature, leur coloration, leur terminaison... Sous l'influence d'une irritation intérieure, on voit kv éruption qui durait depuis plusieurs mois se dissiper peu à peu el disparaître entièrement, pour se aussitôt que la convalescence se déclare. •
COMME L*£BYSIP£LE ET L'AN0INK ÉBY8IPELATBUSB. 1051
mise en doute après les casque je viens de citer, son insuffisance préventive est également prouvée. Peut-elle atténuer les manirestations ultérieures, les retarder, etc., etc.,? Je ne possède pas et je ne crois pas qu'il existe encore d'éléments d'observation suffisants pour résoudre de pareilles questions.
Quel nom donner à l'angine qui a fait disparaître si rapidement ces plaques muqueuses? Je l'ai qualifiée d'érysipélateuse, et voici pourquoi : !• elle s'est développée à un moment où il régnait dans mes salles quelques cas d'érysipèle; le malade qui en a été atteint était le voisin du malade de l'observation II, dont rérysipèle de la face a été si violent, et leurs deux maladies ont été à peu près contemporaines.
2* L'invasion de la fièvre a été signalée par cet ensemble de phénomène» réactionnels qui font pressentir une maladie sérieuse.
3« L'élément fièvre, en efTet, a été prédominant depuis le début jusqu'à la terminaison; il a toujours paru dominer les phénomènes locaux, bien que ceux-ci fussent très intenses. Ses caractères, son allure, sa durée, lui ont donné la physionomie d'une pyrexie plutôt que celle d*une Inflammation.
4» Cette angine, malgré la violence de tous ses symptômes locaux ou généraux, a suivi une marche beaucoup plus lente qu'une angine simplement inflammatoire.
a* L'état de prostration des forces, combiné avec un léger degré d'alaxie, le délire qui a persisté pendant plusieurs jours, ne s'observent que rarement dans les angines inflammatoires, ou, quand ils se produisent, ils n'ont qu*une durée éphémère et s'évanouissent avec la chute de la fièvre, vers le cinquième ou môme le sixième jour de la maladie.
6° Enfin, il est survenu un engorgement subinflammatoire des ganglions lymphatiques péri-maxillaires.
Pour déterminer la nature érysipélateuse de cette angine, je me suis fondé beaucoup plus sur les données étiologiques et sur l'ensemble des phénomènes généraux que sur les caractères spéciaux de la phlogose gutturale. L'exploration de la gorge était très difficile dans la première et la dernière phase de la maladie, et impossible dans sa période d'état, à cause de la turgescence énorme des amygdales qui obstruaient complètement l'isthme du gosier.
On pourrait m'objccter qu'une angine de cette nature reste rarement confinée sur les points où elle s'est primitivement établie; qu'elle envahit l'arrièregorge, les fosses nasales, les narines et, enfin, la peau du visage. Je l'accorde et je vais même plus loin. Je ne crois pas que l'action curative de la maladie accidentelle soit essentiellement liée au caractère spécifique de l'inflammation locale. Il me semble qu'elle dépend beaucoup plus de la perturbation momentanée qui se produit alors sous l'influence du consensus réaction nel dans tous les actes de la vie plastique. Une angine catarrhale, une angine pblegmoneuse, rhumatismale, herpétique, etc., seraient capables de modifier le travail morbide' syphilitique au même degré que l'angine érysipélateuse, si elles suscitaient et coordonnaient, dans une mesure égale, le même ensemble de synergies salutaires <.
1. J'ai eu récenuncDt roccasion d'obterfer rinfliienee curatifeda rhumatisme artieuiaire aigu for une des maoifestations les plut rebelles de la syphilis. Yoki le résumé de ee cas :
I'd bommc A|^é de TÏngl-quatre ans, Édoaard D..., entré le 12 mai 1873 daos non seniee, salle 7, d* SI , avait contracté, en 1871 an ebancre suivi d'accidents syphilitiques légers dont 11 fut traité et guéri h
1052 EXEMPLES DE GUÉBI80HS PRODUITES DAK8 LA STPHIUS
Daos son remarquable Traité des angities, M. le professeur Lasègue Tait remarquer avec raison que si les syphilides cutanées n*ont qu'une aptitude médiocre à provoquer des complications érysipélateuses, il n'en est pas de même des ulcères syphilitiques de la gorge. « Ce grave accident, dit-il, vient plus souvent qu'on ne le supposerait compliquer les angines ulcéreuses spécifiques; j'en rapporterai un exemple qui me parait, sous ce rapport comme à d'autres points de vue, mériter d'être reproduit avec quelques détails. »
Voici le résumé de ce fait ; il trouve ici sa place, car il prouve, comme ceux dont j*ai donné l'histoire, l'influence curative de l'érysipéle sur les manifestations syphilitiques :
l'hApital du Midi. Le 9 mai 1873, il fut pris d'uu rhomatitme aigu géoéraliié, avec Sèvre violente, qui produisit du e6té des principales articulation! tous les phéoomènef d'nne phlogoae arthritique des plus tires. Les deux mains furent, pendant quatre ou cinq jours, trëi tuméfiées, rouges et extrêmement d*aJoareu»e« au niveau de presque toutes' les articulations. Cette attaque rhumatismale fut énergiqwmeni traitée ai ce du inlfate de quinine à haute dose. Au bout de huit jours, la fièvre fléchit, les phénomènes locaux s'ameidèrent, et le malade entra en convalescence. *
Au moment où ce rhumatisme articulaire aigu survint, il existait, depuis deux mois, on pMieûsis paîmaire syphilitique des deux côtés. L'épiderme épaissi en couches cornées était fèodillé et soulevé |»ar pUcr« ; an-dessous, le derme) était rouge et tuméfié. Aucun traitement spécifique n'avait éié suivi. Cette l^ooe u rebelle, qui cède si difficilement aux médications locales et générales et se reproduit avec tant d'optuitreté, paraissait stationnaire. Mai<, sous l'influence de la fièvre rhumatismale, elle entra en réeolutjoit ^ rapidement, qu'au bout de cinq ou six jours les plaques cornées et tons les débris de l'épidcme aulaidc étaient toml>és ; le derme sous-jaoent présentait toutes les conditions de l'état sain et séerétnit «a nouvel épiderme où il était impossible de rien découvrir d'anormal.
— Dans sa thèse soutenue eu 1870, à Paris, et intitulée : In/luence des maUdiet aiçnét sur qvelfM't manifestations cutanées de la syphilis^ M. le docteur Jourjon relate aussi un cas de syphilis dont les nuoifcstations ont été guéries par un rkumatisme articulaire aigu. Voici le fait en quelques mots :
La malade, qui avait subi plusieurs atteintes de la maladie constitutionnelle, avait, an moment de l'iniasion du rhumatisme, trois ulcérations syphilitiques sur les fesses et les euisses. Au bont de huit jours, loes la seule influence de la maladie aiguë, ces ulcérations étaient soit guéries, soit en voie de cicatri&itx> Aucun traitement spécifique n'avait étéiastitué.(Ces ulcérations revinrent quinse jours après la disparition du rhumatisme.
Dans ce travail, on trouve quelques autres observations qui mettent en évideuee ce fait, qu'use purturbat«uu profonde de l'organisme, telle que celle produite par une maladie aiguë, peut faire disparaître ecrtainasmaiiifcstations de la syphilis plus vite qne le traitement mercuriel ou ioduré. Parmi les observutious qui vc paraissent le plus probantes, je citerai celle de Gore, chirurgien à l'infirmerie de Limerich (The Laitc^. 1 septembre 1858) : guérison d'un psoriasis syphilitique par une variole; après la disparitioD de la varitMe. retour du psoriasis; — celle du docteur Diday : ches un malade ayphilitiqne depuis un nu et atteint d'uv syphilide squameuse et de plaques muqueuses de la langue, il survint, en trois mois, sept ou huit attaqoei de furoncles avec fièvre. Chaque poussée produisit une amélioration rapide et notable dans les acodciiU spécifiques, qui furent ainsi guéris en même temps que le furoncle, sans traitement hydrargyrique ai ioduré. — La partie bibliographique est complète dans cette thèse de M. Jourjon. J'y trouve la remarque soitajhir faite par Gibert : • Une circonstance assex curieuse, diuil, des suites de VaeeoMhememt ebui les twmmn vénériennes, c'est la disparition que nous avons signalée des syphilides, surtout des symplàmct géuiuiii • {BuU. de t Académie de médecine, t, XVII, p. 156, 1851).
— Voyex aussi Sabatier : Propositions sur térysipèle considéré principalement comme moyen fVti.* • dans tes maladies cutanées, précédées de quelques généralités sur la pathologie cutanée et fimfii vent avantageuse des maladies intercurrentes {Thèse de Paris, 1831).
On y trouve le cas d'un érysipéle grave qui guérit rapidement des ulcérations syphilitiques, des des tubercules syphilitiques et une cataracte double (T). Tous oes aceidenU récidivèrent, sauf la cala racte double.
— Rayer : Traité des maladies de la peau, 1835. Il y a l'énoncé d'un fait analogue à ceux que j'ai r^f portés, c'èst-à-dire de la guérison d'une syphilide par un érysipéle intereurmt (p. 374».
PAB l'invasion de DIVERSES MALADIES AIGUËS. 1053
Un homme âgé de soixante-deux ans, entré dans le service de M. Lasègue pour un xona du côté droit, avait eu, à làge de vingt-sept ans, la syphilis. A soixante ans, il eut une angine probablement spécifique. Pendant son séjour à l'hôpital, une nouvelle poussée de même nature se produisit sur la gorge. Les ganglions maxillaires se tuméfièrent et devinrent sensibles à la pression. En explorant les parties malades, on constata Tétat suivant : u lamygdale gauche est rongée et comme fouillée par des ulcères sinueux; le fond du pharynx présente une ulcération de la dimension d*une pièce de deux francs, dont les bords sont rouges, déchiquetés et soulevés, tandis que le fond est recouvert d*une fausse membrane grisâtre, demi-transparente. L^amygdale droite est rouge et forme, en un point, une saillie tuberculeuse. Le reste de la gorge est sain.
En même temps, on constate des tumeurs gommeuses dont Tune siège au pli de l'aiue et l'autre à la face interne de la tubérosité du tibia.
Le traitement consiste en cautérisations avec la teintude d'iode, douches froides, administration de Tiodure de potassium et des mercuriaux àTintérieur; Tétat local s'améliore ; l'amygdale gauche est en voie de réparation; le fond de l'ulcère se couvre de bourgeons charnus. L'évolution de ces accidents se fait néanmoins lentement.
Le 3 juil.et, le malade se plaint d'une douleur vive du ne7. Le '), un érysipèle se manifeste et envahit toute la partie centrale du visage. Le 9, B... accuse de la sécheresse et du mal de gorge. La gorge est rouge, couverte de vésicules jaunâtres et de phlycténes plus étendus, d'aspect diphthéro'ide. Il est évident que l'érysipèle, qui a débuté parles narines, s'est propagé dans deux directions : d'abord du côté de la face, et un peu plus tard du côté du pharynx. L'état général n'est pas assez compromis pour donner des inquiétudes.
Le 11, les phlycténes ont disparu ; elles sont remplacées, à droite surtout, par des crevasses rectilignes peu profondes, à fond jaunâtre. On observe sur le frout, aux points où l'érysipèle a pris une certaine intensité, des lésions exactement identiques. La gorge est d'un rouge ardent, modérément douloureuse; la déglutition des liquides est seulement un peu difficile.
Cinq jours après, tous les phénomènes ont disparu, aussi bien à la gorge que sur la faco; on n'aperroit plus de trace des ulcérations; les ganglions restent encore volumineux, et le malade, malgré mes instances, quitte l'hôpital *. »
Ce cas, comme on le voit, ressemble aux miens par plus d'uo côté et par le plus essentiel, c'est-à-dire Taction curative d'un érysipèle sur des manifestations syphilitiques. Il est vrai que les ulcéralions de la ^orge avaient été déjà très améliorées par le traitement spécifique et par des cautérisations ; néanmoios, la cicatrisation se faisait lentement. Survient cette angine érysipélateuse et, au bout de neuf à dix jours, toute trace d'ulcération a disparu.
N'est-ce pas là un résultat remarquable? Cependant il n'a pas frappé M. Lasèguc, qui ne le signale point et ne fait suivre son observation d'aucun commentaire relatif à la question que je traite. Saus doute l'attention de l'ho* norable professeur n'était pas dirigée de ce côté-là, car il rapporte dans son chapitre sur l'Angine érysipélateuse, un autre cas de la môme maladie aiguë survenue dans le cours de la syphilis, et il ne nous dit pas quels changements elle fit subir aux manifestations constitutionnelles.
La malade, âgée de 30 ans, avait la syphilis depuis trois ans. Elle avait eu plusieurs poussées caractéristiques; la dernière, qui consistait en maux de gorge, durait depuis deux mois. Il existait sur l'amygdale droite une ulcération à fond grisâtre, et deux autres plus petites sur le pharynx et sur la luette.
Ces lésions devinrent le point de départ d*un érysipèle à réaction générale