DANGERS DE L^ÉBTSIPÈLE DANS LES 8YPHIUS MALIGNES
site et que sa réaction se maÎDttnt dans des limites qui ne peuvent laisser aucun doute sur Tissue favorable, croyez-vous qu*il trouverait et pourrait susciter une somme assez grande d'énergies saines pour rompre, même momentanément, Tenchalnement vicieux des opérations morbides et, à plus forte raison, pour en réparer les désordres ' ?...
Un érysipèle survenant dans ces fâcheuses conditions est donc grave, tandis qu'on peut le regarder comme un événement favorable lorsque les syphilitiques qui en sont atteints ont conservé, ce qui arrive souvent malgré la gravité des déterminations locales, un état de santé générale satisfaisant.
Quand on songe à la lenteur avec laquelle les maladies syphilitiques cutanées ou muqueuses se guérissent, même lorsqu'elles sont convenablement traitées et que l'organisme ressent et développe l'impression curative des médicaments spéciûques, on se prend à désirer qu'une secousse, une révolution pathologique vienne brusquement changer le mode anormal de nutrition qui tend à se perpétuer. Or, parmi toutes les maladies fébriles qui pourraient produire un pareil résultat, je ne pense pas qu*il en existe de plus efficace et en même temps de moins dangereuse que Tërysipèle. Il a, en effet, le double avantage d'agir localement et par substitution sur les parties qu*it envahit et d'imprimer, en outre, par l'état pyrétique qui l'accompagne, une nouvelle manière d'être à toutes les fondions organiques.
Croit-on, par exemple, que dans ces syphilides sèches ou ulcéreuses de la face, si longues, si rebelles, si compromettantes, en ce qu'elles décèlent aux yeux l^s moins expérimentés la nature de la maladie, il ne serait pas à souhai* ter pour le malade qu'il eût un érysipèle de la face? Mais Férysipële, comme toutes les maladies qui ne sont pas virulentes et inoculables, ne peut pas se donner à volonté ; il échappe à Texpérimentation. Et, en supposant que celle-ci parvint à faire nattre une phlogose cutanée et muqueuse plus ou moins analogue à la phlogose cutanée et muqueuse de Térysipèle, n*y aurait-il pas un abîme entre la maladie spontanée et la maladie artificielle? Notre célèbre physiologiste. Claude Bernard, a sans aucun doute fait rendre à la matière organique, par les procédés les plus subtils et les plus ingénieusement combinés de l'expérimentation, la plus grande somme de troubles fonctionnels qu'on ait obtenue jusqu'à présent. Eh bien, ne pourrait-on pas le mettre au défi de créer un érysipèle, que dis-je? un simple furoncle semblable à ceux que conçoit spontanément l'organisme?
Quand nous ne tenons pas en main la cause des maladies, comment en pourrions-nous obtenir les effets? Mais j'admets, pour un moment, qu'il soit en notre
t . On IroBf e, dans les luteun, dei eu d'éry«i|»èl« devenus npidêmeot nortelt cbes de» iodÏTÎdM attelait de cachexie lyphilitique et des accidenU graves qoi la produisent et l'aeeompagoent Voyex la thèse du docteur MartelUère sur Fangine syphUitique^ où un cas de nort par angine érysipèlaleuse eompUqnaot des ulcères du phanrox se trouve relaté. Voyex aussi deux cas d'érysipèle mortels cbex des syphilitiques arrivés à la période cachectique dans le savant ouvrage de mon collègue et ami, M. le docteur Lancereanx, sur la syphilis, pages 319, ii'.
Cependant M. le docteur Gaienave rapporte, dans son exeellcal Traité dei ayphiUde», un eas de syphilis ou, bien que les désordres fussent extrèmeoient graves et la caehexk établie depuis longtemps, le malade, amélioré déjà par un traitement au protoiodure, put supporter une alteque de cholériae et un érybipèie sans que la sante générale fât compromise. Plus tard, le malade eut nue vancelle discrète. Némmioiu». il se rétablit. (Voyez Caxenave, Traité des sifphiUdet, p. 393. 86« observation.)
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pouvoir de faire naître, dans un but thérapeutique, une maladie fébrile, senil prudent de s'en servir? Nous pouvons mesurer, doser, graduer Jes ag- l toxiques qui constituent nos principaux médicaments, tàler leur action sur 1 orj-. nisme, Taugmenter, la diminuer, la suspendre ou la corriger, etc. Serioos-Dr'. ainsi maîtres d'une maladie? Pourrions-nous la maintenir dans les limites d j action pathologique exclusivement salutaire? Nous irions tellement à l'aveugla nous courrions le risque de soulever de telles tempêtes, qu'aucun résultat curv tir, si probable qu'il fût, ne saurait justifier notre témérité ! Dès lors, poar<7 regrelterions>nous qu'il soit hors de notre portée? Félicitons-nous de le voir s rvenir dans certaines conditions morbides qu'il peut modifier favorablemeoi. efforçons-nous d'en faire un événement heureux en le maintenant dans \"bornes d'une réaction franche et salutaire ^
J'ai dit que l'érysipèle n'était'pas doué d'une vertu curative spécifique coo.les accidents de la syphilis, et qu'une maladie aiguë pourrait produire les mtr.r effets si elle se développait dans des conditions identiques. Je trouve danremarquable livre de M. Bassereau, sur les affections syphilitiques de la p^r; deux faits qui justifient cette manière de voir :
« Au moment où l'érythème syphilitique se manifesta, dit cet auteur, les i:x\glionsdu cous'élant trouvés tuméfiés, s'enflammèrent bientôt, et deux phlegm*- :* d*une assez grande étendue survinrent à droite, le plus circonscrit derrière au-dessous de l'apophyse roastoîde, un autre plus diffus un peu au-dessus d. partie moyenne et latérale du cou, derrière le sterno-cléido-mastoîdîen ; . arrivèrent rapidement à suppuration, accompagnés d'une fièvre symptomati i .. intense. On les ouvrit, et quoiqu'ils continssent une grande quantité de p ..phlegmoneux, ils furent cicatrisés en quelques semaines. Ce malade n«>:? donna une idée des crises si bien étudiées dans l'ancienne médecine, car ii ) eut rétrocession rapide de l'exanthème syphilitique et dessiccation du chancre dès les premiers jours de la fièvre phlegmoneuse. La disparition brusque de .. syphilide, sous l'influence du nouvel état phlegmasiqne devait faire crainàr* le retour des symptômes syphilitiques après la guérîson, mais l'érythème ne -e raviva point ; le malade ne fit point de traitement mercuriel, et, deux ans aprrles premiers accidents, aucun symptôme syphilitique nouveau ne s*était cnc:-r^
t. U <k>clc«r JelUioski [Revm médkak, féfrier 1861 : Cvre radicale de la âgp/ulit par la npporte mn fût qui seablerût déoiootrer qu'aae carie d« U Toûte olfacliTe ausit élé faèrie par la «»-- Batioo. — Dès t$5â » Papoff (de Moecott) traitait par la Taectoalioa ■• grand noabre de •ypktutBiqves » . ï *pilai de Saiate-Catberioe. — ■ Cette aéllMidc de traileaMat, dit Foltia, mite ea pcali^M em Tr^aer r *' aon ia^ealear, Jastia Lokonsii. eapitaïae da corps forealier nnae. B*a pat mérité de fticr liitianiT •.(« cliinir|:i«as habiles devaat lesquels oa eiperiaBcatail. »
— Deai ekffs de X. Hardy, M. ledodear Joarjoa, doat j'ai dej« parlé, et M. le dadev bamfae. i^-:' la tkèse sera cUtt et asalfiee plas loto, pcaseat qae daas le cas de sjphitides rckeilea, oa devrait i»» -.^^ la 9aTwle. — i Si te vaccia, dit M. Garrigae. Mdoaae pas des r^sUlals wiiseatables, il aca rei r*- -' mêae de U Tartole ; d'aïUears les faits observes s'imposeat d'eax-atees, et, da^ des cas de syphafas rrtr •-. alors que le aercare ae pcodoil aacaa résallÉl, l'amTée d'aae variole decsJc de la gaensos. Q«a«k • r: . je a'Ws- ferais pas à proposer à aa d» ces ■ilailet réfraetaires aoi traiferseats spécifiques ria-«caU k-ia «ir a variole, et ea cela je sais d'accord avec wm savaat aialtre M. le prsfeaicar Hardv. »
Garrigae : De rmfi^enet des wmUdes aipa«f «ar lee diaiàé9e*, Tbcaes de raris. I i'^, p. '2,
t. Baaserraa, TmiAr des ngectimê de es peam f j lyHwartf a«» de ta npAilM, pages :« et '^,
CE qu'il faut PBNSEB des MBTASTABES et des BiTKOCSSSIOKS. 1057
montré. » Plus loin, le même auteur parle de la disparition également rapide d'un érythème par TefTet d'une pneumonie survenue au dixième jour de l'exanthème syphilitique, et il ajoute : « Ce fait de la rétrocession d'une syphilide à l'occasion d'une maladie nouvelle n'est pas rare ; mais, en général, cette rétrocession n'est pas définitive, et l'état pathologique intercurrent étant dissipé, la syphilis reprend ses droits et reparait le plus souvent sous une forme plus grave. » Il n'en est pas toujours ainsi, et je n'en veux pour preuve que le premier cas de M. Rassereau et deux de ceux qui me sont personnels.
Dans le cours de ce travail, je me suis toujours abstenu, à dessein, d'employer les mots : métastase, rétrocession. Ils étaient fort à la mode autrefois, du temps des Ihéories humorales; aujourd'hui ils sont un peu tombés en désuétude et ne correspondent plus à la conception moderne des phénomènes de la maladie.
Et, à ce propos, il n'est pas inutile de faire remarquer combien Tinfluence des mots peut fausser les interprétations et voiler la véritable signification des actes pathologiques. Ainsi, les anciens, imbus des doctrines qu'exprimaient ces mots, n'hésitaient pas à dire, quand ils étaient témoins de faits analogues à ceux que j'ai rapportés, qu'il y avait eu rétrocession, métastase. Ils entendaient par là que la maladie chronique avait déversé sur tel ou tel organe sa matière morbifique et s'y était transformée en affection aiguë ; de telle sorte que le rôle actif, le rôle prépondérant et curatif n'appartenait plus à cette dernière. Elle n'était qu'un résultat, qu'une crise, une sorte d'émonctoire artificiel. Par un effort spontané, la maladie constitutionnelle allait se jeter sur une partie quelconque de l'organisme, et là, elle développait un acte pathologique qui l'épurait en la débarrassant du principe actif de ses manifestations.
Que de vieux eczémas, d'ulcères invétérés, de suppurations interminables, n'a-t-on pas rendus responsables de péripneumonies,du fluxions, de catarrhes, d'angines, etc., dont l'invasion coïncidait avec leur disparition rapide! De quel œil on les surveillait! Et s'ils avaient quelque velléité de guérir, comme vigoureusement on l'étoufTait! Elles n'en pouvaient mais, cependant, ces pauvres lésions chroniques, dont l'humeur est loin d'être aussi voyageuse qu'on le suppose. Elles ne faisaient que bénéficier des conditions plastiques nouvelles que créait dans l'organisme une maladie aiguë dont elles étaient innocentes et qu'on leur imputait à crime.
N'exagérons rien toutefois. Dans ces antiques croyances, il y a une part de vérité quil ne faut pas méconnaître, mais reviser avec des observations plus précises et expliquer avec les données moins mystérieuses de la physiologie pathologique moderne.
Parmi les maladies vénériennes, il en est une, le chancre phagédénique^ dont la guérison par Pérysipèle a été signalée et étudiée depuis longtemps. « J'ai vu, à deux reprises, dit M. Ricord, dans ses leçons sur le chancre, des chancres phagédéniques énormes, contre lesquels toutes les médications étaient venues
MAURIAC. — MALADIES YEN Kit. 07