CONCLUSIONS SUR L'ACTION CUEATIVK
se développer chez les syphilitiques pendant les phases d^activité de la maladie constitutionnelle. J'ai proQté de quelques cas que le hasard m'a fournis, et jt crois qu'on en peut légitimement tirer les conclusions suivantes :
I. Dans les cas de syphilis où les accidents consécutirs cutanés et muqueui ne sont pas compliqués de malignité et de cachexie, un érysipèle avec réadion fébrile doit être considéré comme un événement favorable.
Sous la double influence de la réaction générale fébrile et de Ja phlogose locale qui caractérisent cette maladie aiguë, les accidents syphilitiques cutanés et muqueux s'améliorent, se résolvent et se-réparent avec une grande rapidité.
Les médications spécifiques générales et les traitements locaux, isoles ou combinés, administrés et appliqués avec le plus d'opportunité suivant les méthodes les plus rationnelles et les mieux appropriées à toutes les circoo stances, seraient incapables de produire, en aussi peu de temps, des effets curatifs aussi remarquables que l'érysipèle.
C'est qu'une inflammation artificielle, en eiïet, si habilement calculée qu on la suppose, ne pourra jamais avoir la même portée curative, la même intelligence élective des éléments à modifier, éliminer, créer, etc., que rinflammation spontanément conçue par l'organisme. Il y a certainement dans l'enscnible de l'économie et dans chacune de ses parties comme une conscience de ce qu'il faut faire pour remédier au mal. On doit ajouter que la nature possède d'incom*
aucune tendance spontio^e à la guérison, et qui même ne cé<iaient pai à l'action curative du mercure et de l'iodure de potassinm. ^ Voici le résumé dei faits qui se rapportent & mon sujet :
Obs. l. — Cachexie alcoolique grave chez un homme de cinquante aat; ulcérations sypkilili<|mc9 dr% jambes, du tronc et de la face, eu voie de cicatrisation. — Traitement tonique. — Un érytipéle sarncBl Mr l'extrémité inférieure gauche. Pendant les premiers jours, il marche rapidement et produit nn effet sal»taif« sur toutes les ulcérations syphilitiques. Mais la constitution est tellement épuisée qu'elle ne peut meaer à biea cette maladie intercurrente, et le malade succombe.
Obs. II. — Une femme, âgée de vingt-huit ans, était atteinte d'une grande ulcéralion syphilîtî«|ae de U cloison du nez et de la lèvre supérienre, avec nécrose des os du nez; survient un érytipile coapUqvé d'un abcès de la base du cou ; en quelques «ours, la syphilis tuberculo-ulcérense disparait, et U cfaarpeate mm nic du nez se raffermit.
Obs. III. — Un homme de trente-quatre ans, atteint d'une syphilide ulcéreuse, deux ans après raccMlc<.t primitif, en est guéri par un érytipèle fébrile ambulant. — L'auteur fait remarquer avec raisoa qoe l'effet rnralif de l'érysipèle n'a pas été local, mais général.
Obs. IV. — Uue femme, âgée de cinquante-six ans, atteinte de syphilis depuis quatre ou ciaq ans, a^ait sur le front une syphilide tuberculeuse en groupe, lorsqu'elle fut prise d'une pneumonie qui remporta. Pendant le cours de cette maladie aiguë, la syphilide tuberculeuse s'affaissa, et ne présenta plus qa'aae svrfAce comme eczémateuse et sèche.
Obs. V. — Chez un homme de vingt-deux aus, une pneumonie régulière fit disparaître eo quchtucs j««rft une syphilide tuberculeuse précoce, ayant son siège an front et sur les parties latérales dn net.
Oos. VI. — Chez une femme de trente-huit ans, guérison rapide par an érysipèU^ d'une ivpkîlidc tuberculeuse du c6té droit de la face.
La thèse du docteur Garrigue contient plusieurs autres faits qui prouvent que des aecideols diatkèM^i Sont améliorés et guéris par une maladie aiguë fébrile intercurrente. Malhearensemeat, cet foéffinons m sont pas durables, et la plupart du temps, de nonvelles manifestations constitutionnelles ne tardeat p«s k se produire.
—J'aurais voulu pouvoir donner des faits relatifs à l'action que l'érysipèle doit exercer sur toute* les mai»festations de la syphilis, sur la syphilis viscérale, par exemple, sur les eneéphalopathiet Sjfpkiiiti^mes, eir. Ne pourrait-il pas avoir une inQuence salutaire sur quelques déterminations syphilitiques cérébrales? Bveta^ a Vu un cas d'encéphalopathie diffuse guéri par un érysipèle.
Malheurcuscmcnr, je n'ai encore observé aucun cas propre à élucider cette question, et Je n'en ai i^s trouvé dans nos recueils scientifiques.
DE Ti*ÉRYSIPÈLE DANS LA 8TPHILIS. lOGl
parables moyens d'exécution, admirablement concertés pour une (iu précise qu'elle atteint mieux que tous nos procédés thérapeutiques les plus ingénieux, pourvu que les conditions nouvelles ne paralysent pas sa forceetnelempéchent pas de la mettre en jeu selon ses lois.
L'érysipèle, en moins d'une semaine, peut dissiper les œdèmes durs sypbili* tiques résultant d'une infiltration plastique diffuse du tissu cellulaire soustégumentaire, faire fondre des plaques syphilitiques confluentes, et végétantes, ou muqueuses, et cicatriser les ulcères de même nature, impétigo, ecthyma, etc., etc.
L'hyperhémic érysipélateuseaen effet pour résultat immédiat de produire dans les parties superficielles et surtout profondes de la peau, et jusque dans le tissu sous-dermique, une infiltration excessivement abondante et diffuse de leucocytes, lesquels se transforment en granulations très fines avec une extrême rapidité. Le processus est si vif qu'en quelques heures Tinfillration leucocytique subit la métamorphose régressive. Le détritus granuleux qui en provient est vite repris par les vaisseaux veineux et lymphatiques, et la même rapidité qui a caractérisé l'infiltration et la régression des leucocytes, caractérise aussi leur résorption. Il en résulte que les produits morbides de l'hyperplasie syphilitique englobés dans la sphère d'action de Térysipèle, se trouvent tout à coup noyés au milieu de l'inondation leucocytique, qu'ils perdent toute individualité, tcrutc force de résistance et s'absorbent dans la vie plus intense, mais aussi plus éphémère des nouveaux éléments.
II. Cette influence curative de Térysipèle s'exerce simultanément sur toutes tes lisions syphilitiques, quelle que soit leur distance du foyer où s'accomplit )e processus local de la maladie fébrile.
Bien que le résultat soit le même en apparence au bout d'un certain temps, il est permis de croire que, si on pouvait suivre jour par jour la régression des accidents morbides, on verrait disparaître d'abord ceux qui se trouvent au milieu du foyer érysipélateux, puis ceux qui, placés à une petite distance, peuvent encore ressentir l'action du processus local, et enfin ceux qui. étant fort éloignés, ne sont soumis qu'à Tinfluencedu processus général, c'est-à-dire de la réaction fébrile. Il faut donc distinguer dans la vertu curative de l'érysipèle deux modes d'action qui correspondent aux deux processus dont l'association constitue Térysipèle fébrile vrai : un mode d'action local substitutif et un mode d'action général qui rétablit dans les conditions d'un fonctionnement régulier la plasticité organique viciée par la maladie constitutionnelle.
Les deux processus de l'érysipèle fébrile vrai, conçus spontanément par Torganisme, ne peuvent être qu'imparfaitement imités par l'expérimentation. 11 en est do même des deux modes d'action curative spontanés qui en découlent.
L'influence curative de l'érysipèle ne se produit pas seulement sur les accidents syphilitiques locaux; l'état général, plus ou moins compromis par les atteintes de la maladie constitutionnelle, s'améliore aussi avec une rapidité remarquable.
III. Malheureusement, l'influence préventive de l'érysipèle sur les poussées ultérieures de la syphilis, n'est pas comparable à son action curative sur les