‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 49 sur 441 · PROCESSUS DE TRANSMISSION PAR LA HÈRIS · texte numérisé non relu

PROCESSUS DE TRANSMISSION PAR LA HÈRIS

infectant sur les parties internes ou externes de la génération. A lïtat de pureté et s'il n'était pas mélangé avec du sang, on pourrait Tinoculer, ce qu'on a fait plusieurs fois, à des sujets vierges de la syphilis sans leur communiquer la maladie.

Faut-il conclure de ce critérium expérimental que le sperme pro\pnant d'un organisme en pleine activité syphilitique agira sur ro>'ule comme le ferait tout sperme sécrété par un organisme parfaitement sain? Les cellules spermatiques n'auront-elles point été souillées pr la maladie du père, et cette force mystérieuse qu'elles possèdent de féconder l'ovule n'aura-t-elle subi aucune atteinte ni aucune déviation morbide dans le sens spécifique ? C'est une hypothèse difScile à admettre. On a dit en sa faveur que la transmission de la syphilis [mv le père n'avait jamais lieu ou était extrêmement rare. Il est incontestable cependant qu'elle est possible, et qu'elle se produit même peul-élre plus fréquemment qu'on ne le suppose. Or, en pareil cas, le si)eniit' infecte l'ovule et procrée un être qui va devenir saturé de virus. M bien, ce virus a-t-il été créé de toutes pièces par la cellule spermalique dans son action sur l'ovule? Ou bien préexistait-il matériellement en elle, mais sans avoir les mêmes caractères que celui du sang, du chancre, de la plaque muqueuse ou de toute autre lésion delà pba^tr virulente ?

Messieurs, nous l'ignorons. Nous sommes encore moins édifié mit les propriétés virulentes de l'ovule, car on n'a pas pu expérimenter avec lui comme avec la cellule spermatique. Mais la transmission de la syphilis par la mère n'a jamais été mise en doute. Le fait a été constaté des milliers de fois. On ne diffère que sur l'interprétation du processus: les uns faisant de l'ovule l'agent exclusif de l'intoxication fœtale ; le^ autres soutenant que le fœtus puise surtout sa syphilis dans le sang maternel.

Cette dernière opinion est celle qui est le plus généralement admi^e. On lui objecte que le véhicule essentiel du virus étant le globule du sang ou des granulations albuminoïdes, ce virus ne pourrait pas arri\or jusqu'à l'embryon, puisque après la fécondation il ne reçoit que le sérum maternel. Ceux qui pensent ainsi sont logiques avec eux-mènus, en admettant qu'à dater du moment précis de la conception, il n*y a point possibilité de transmission syphilitique de la mère au fœtus et da; fœtus à la mère. •

Ce ne sont pas là de vaines théories que je vous expose; vous verrez plus tard les conséquences qu'on en peut tirer. Par elles du reste on s'évertue de suppléer à l'insuffisance des faits qui, malgré

INTLUSKCE STPHIL06ÈNE RESPECTIVE ])U PÉBE ET DE LA MÈRE. 87

leur nombre, laissent rarement l'esprit satisfait au point de vue des iufonnations rigoureuses.

yest-ce pas vous dire qu'il existe de nombreuses incertitudes dans letle question si vaste, si complexe et si obscure de la syphilis héré- <litaire ? Quittons maintenant le domaine de la spéculation théorique |H>ur entrer dans celui de l'observation cUnique. Quoique les résultats soient souvent contradictoires, nous marcherons du moins sur un terraiu plus solide.

Le point le plus controversé, c'est l'influence du père sur la transmission héréditaire. L'enquête des faits ne donne souvent que des résultats contradictoires. Il y a toute une école, dont CuUérier a été le fondateur, qui croit que le pouvoir du père, à cet égard, est non seulement plus restreint que celui de la mère, mais même tout à fait nul. Le père étant seul syphilitique ne donnerait la vérole à son enfant ({u après avoir rendu sa femme malade avant ou durant la grossesse.

L'autre école soutient que, malgré les difficultés inhérentes à la constatation de l'influence paternelle, presque tous les spécialistes ont pu la faire de la façon la plus démonstrative. Quelques adeptes vont même jusqu'à soutenir que l'influence du père sur la procréation syphilitique est aussi grande que de celle la mère. Cette dernière proposition ^>i évidemment fort exagérée. Il est même probable que si l'hérédité paternelle, en matière de syphilis, existe, ce qu'il me parait difficile de oe pas admettre , ; elle est infiniment plus restreinte que celle de la mère.

Quant à l'influence de la mère sur la transmission héréditaire de la syphilis, elle est au nombre des vérités les mieux établies. Elle se traduit par des avortements qui ont lieu du cinquième au septième mois tft même au troisième, par des accouchements prématurés, par la naissance d'enfants mort-nés ou qui présenteront des manifestations syphiûtiques quelques semaines après être venus au monde.

bans l'a^réciation de ces déf^lorables résultats, il faut tenir compte non seulement du degré d'infection qui existe chez la mère, mais aussi <!»* l'appauvrissement de son sang, et de cette espèce de cachexie tran- Mt'iire qui se produit chez beaucoup de femmes au début de la syphilis, iiid*!pendamment du nombre ou de la sévérité des accidents spécifiques. Peut-être ces dernières sont-elles les plus sujettes à l'avortement, tanil^ que d'autres plus profondément infectées, mais peu touchées dans teur santé générale, amèneront à maturité un enfant à l'état de satura- ■ '>n syphilitique.

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