LOI DE COLLES. — SYPHILIS HÉRÉDITAIRE
Ou'une femme qui a procréé un enfant syphilitique ait été ou n'ait [Kis été syphilitique avant ou pendant sa grossesse, toujours est-il que le fait d'avoir nourri dans son sein un être infecté, lui confère contre la v/role une inmiunité qui ne se dément jamais. Elle est incapable, en (particulier, d'être contaminée par son enfant pendant l'allaitement, fùt-il affecté des plaques les plus contagieuses. Voilà une loi d'une grande importance pratique. Elle a été formulée par Colles, en 1844, et confirmée par un très grand nombre d'observateurs. Que faut-il conclure de ce fait remarquable? D'abord, et avant tout, l'indication formelle, absolue de faire nourrir par sa mère et jamais par une autre nourrice à moins qu'elle fût syphilitique) un enfant atteint de syphilis héréditaire. Mais ne sommes-nous pas aussi conduits à supposer que si l'enfant ne fait courir aucun danger à sa mère, c'est que celle-ci était probablerut-nt infectée ; qu'il n'y a pas de syphilis héréditaire sans infection de la mère, et que le père ne peut pas procréer d'enfants syphilitiques sans infecter aussi la mère ?
Comme contre-partie de la loi de Colles, le professeur Profeta a formulé la suivante, qui n'est pas encore aussi indiscutable : un enfant 5aiD; né d'une femme syphilitique, ne peut pas être infecté par l'allaitement ou les baisers de sa mère, et il ne perd cette immunité que lorsque son organisme a été complètement renouvelé par la croissance.
La syphilis héréditaire est une maladie des plus graves. Pour vous en donner une idée, il me suffira de vous dire que, d'après M. Kasso- «itz, un tiers de tous les enfants nés de parents syphiUtiques meurt avant la naissance ; et, parmi ceux qui naissent vivants, trente-quatre :our cent meurent dans les six premiers mois de l'existence.
Vous savez déjà que dans la syphilis héréditaire il n'y a pas de >>ion initiale, c'est-à-dire de chancre infectant. Les symptômes, génénJisés dès le début, apparaissent presque toujours vers la troisième ou quatrième semaine de la vie. Quelques auteurs prétendent ne les avoir rus :;urvenir quelquefois que vers la fin de la première année ou même ^^aucoup plus tard. En général, quand ils sont tardifs, ils ne dépassent : 12 le terme de trois ou quatre mois.
Us consistent en éruptions érythémateuses ayant d'autant plus de trodance à se généraliser qu'elles sont plus précoces. La bouche et les urines sont envahies par des plaques muqueuses confluentes, douées d une grande puissance contagieuse et qui sont un des agents les plus •i tifs de la propagation syphiUtique. Contrairement à ce qu'on voit dans îi syphilis acquise, les formes primitivement ulcéreuses, comme le rupia.