CARACTÈRES ET PROCESSUS DE LA SYPHILIS HÉRÉDITAIRE
sont rares, tandis que les formes vésiculeuses et buUeuses sont plus communes.
Mais ce qu'il y a de plus frappant dans la syphilis héréditaire c'est la fréquence des affections viscérales. Leur précocité est très grande puisqu'on en trouve un peu partout chez les enfants syphilitiques mortnés. Elles débutent presque toujours avant la naissance et coïncident plus tard avec des lésions appartenant à celles qui caractérisent la phase virulente chez l'adulte et qui apparaissent dans les premières semaines de la vie.
Il en résulte qu'il est impossible d'établir, dans l'évolution de la syphilis héréditaire, des périodes tranchées, en se fondant soit sur la chronologie soit sur la nature et le siège des accidents. Le processus de la syphilis héréditaire ne ressemble donc pas à celui de la syphilis acquise. Il en diffère par la simultanéité ou la subintrance de toutes les manifestations internes ou externes, viscérales ou tégumentaires, par le mélange intime des lésions virulentes et des lésions constitutionnelles.
Les infiltrations gommeuses et scléreuses sont multiples, diffuses et d'autant plus généraUsées et symétriques qu'elles surviennent à une époque plus rapprochée de la naissance. Mais au milieu d'elles, on trouve aussi, comme chez l'adulte, le tubercule et la gomme typiques. Les principaux organes attaqués par la syphilis viscérale héréditaire sont le foie, le poumon et le cerveau. Il faut aussi signaler comme tr«>s fréquentes les lésions diaphyso-épiphysaires des os.
La durée du processus dépend de l'intensité de la diatbèse, et du traitement. Dans les cas les plus légers de syphilis héréditaire, les symptômes superficiels cutanés et muqueux se reproduisent par poussées successives pendant quelques mois ou un an, et puis disparaissent pour ne plus revenir. D'autres fois les lésions plus sévères et plus envahissantes récidivent pendant longtemps, avec la même intensité et sous la même forme, et ne se circonscrivent et ne diminuent d'intensité qu'au bout de plusieurs années.
Quelquefois les lésions de la syphilis héréditaire se reproduisent par poussées plus ou moins fréquentes jusqu'à la puberté, puis disparaissent pour toujours. Mais, en général, la sévérité de la syphilis hêrrditaire s'épuise dans les deux ou trois premières années de la vie. Si K-^ lésions subséquentes sont quelquefois étendues ou profondes, il e<t rare cependant qu'elles montrent la même malignité que lors de leur première explosion.
La syphilis héréditaire est essentiellement contagieuse. Jusiju'à