‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 53 sur 441 · TRAITEMENT DE LA SYPHILIS · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE LA SYPHILIS

]uelle époque ses lésions superficielles ou profondes conservent-elles ette dangereuse propriété? Nous l'ignorons et je crois qu'il serait plus liflicile encore d'en établir la limite que pour la syphilis acquise. La prudence conseille de les tenir pour telles pendant les quatre ou cinq >reniières années de la vie et même au delà.

Jusqu'ici, ce que je vous ai dit de la syphilis héréditaire n'a ^nibrassé que la vie embryonnaire et les premières années de l'exisence. Nous l'avons vu sévir, pour ainsi dire sans discontinuité, depuis a conception jusqu'à la puberté. Malgré la longueur des intervalles qui «^paraient les poussées, à mesure qu'on s'éloignait des phases subinnmtes de la première explosion, il était possible de suivre la filiation l^s accidents.

Lliérédité syphilitique est-elle susceptible de se formuler sous un tutre mode et de se manifester à d'autres périodes de l'existence? )epuis quelques années sa sphère d'actibn a été singulièrement agranlie. Ce ne seraient plus seulement la première et la seconde enfance |ui en seraient tributaires ; elle rayonnerait jusqu'à l'âge adulte. On a ru reconnaître son empreinte chez des malades de vingt, trente, quadiite ans, qui, jusqu'à cet âge, extraordinairement avancé pour la ;y{ihilis héréditaire, n'en avaient subi aucune atteinte.

riii7iME!«T Dc L4 STTBiLis : Deux Spécifiques, le mercure et Viodure de potassium,

I '-'.r .i<-t.r.n mnitivf* et leur action préventive. — Ce qu'il faut attendre de leur spécificité : Elle

a a r.**a d'akîtolu. — Du rôle de Torganisme dans la curation. — Degré de son aptitude à conce-

* .ri act:oD des spécifiques.

Mais ici, messieurs, je m'arrête. Permettez-moi cependant de vous dir»* encore quelques mots sur la question du traitement.

Si la syphilis ne le cède en rien comme gravité aux autres maladies

• Il^titutionnelles, par le nombre, la variété, la durée, la profondeur,

la [lortée diathésique de ses manifestations, elle a du moins sur elles

l'avaDtage de posséder deux spécifiques d'une vertu curative incontes-

taille : le mercure et Tiodure de potassium.

Le mercure qui fut employé pour la première fois par Marcellus Cumaous, dès 4495, sous forme de frictions, a passé par bien des M> i^^ttudes. On l'a tour à tour loué ou anathématisé, sans mesure. A /.Murd'hui il n'a que bien peu de détracteurs. Tous les praticiens L'D prévenus s'accordent à reconnaître qu'il est d'une merveilleuse

92 SPÉCIFICITÉ DU MEBGURE ET DE L'IODU&E DB POTASSIUX.

efficacité contre un grand nombre d'accidents, surtout contre les érui>tions sèches et érythémateuses de la période virulente. Non seulement il guérit la plupart des manifestations cutanées et muqueuses, quand elles ne sont pas exclusivement constitutionnelles et cachectiques, mai^ il prévient leurs récidives et il attaque ladiathèse elle-même, en favorisant l'élimination des produits morbides et en diminuant par là riDtoxication. Il doit donc être administré, non seulement contre les accidents actuels, mais aussi contre les accidents à venir. Il sauvegarda, jusqu'à un certain point, l'avenir, et il diminue, il empêche même l^^^ effets de la transmission héréditaire.

L'iodure de potassium, employé pour la première fois par Wallace. en 1822, dans le traitement de la syphilis, trouve surtout son applicacation dans les formes ulcéreuses et dans les syphiloses viscérales. Sol action curative, plus étonnante souvent que celle du mercure par m rapidité, n'est peut-être ni aussi profonde, ni aussi durable, ni d'uuportée aussi considérable.

Mais n allez pas croire que les spécifiques sont absolument indis[H>Dsables dans tous les cas, et qu'une syphilis abandonnée à sa marché naturelle marcherait d'aggravation en aggravation vers le termt extrême de son processus. Il y en a quelques-unes qui guérissent ei s'arrêtent spontanément ; de même que d'autres récidivent sans fin e: deviennent de plus en plus profondes, envahissantes et destructi\»v malgré Femploi le plus rationnel du mercure et de l'iodure de potassium.

La spécificité de ces deux héroïques médicaments n'est donc paabsolue. En réalité, c'est toujours l'organisme qui joue le premier rôK*. Vous verrez, en effet, quelles différences existent, entre les malade v sous le rapport de leur aptitude à concevoir et à féconder l'action oura> tive ou préventive que tend à faire dans l'économie tel ou tel ordre d'agents médicamenteux.

Cette aptitude est indépendante, dans une certaine mesure, de h facilité avec laquelle les mêmes organismes se laissent subjuguer p^: l'action morbide que doivent combattre les spécifiques. Ne voit-on pis. par exemple, des malades très gravement atteints en peu de temp>. par le virus sj'philitique , en réparer les effets avec une promptituii* extraordinaire, dès qu'on leur donne un peu de mercure ou d*iodur< de potassium? On dirait qu'il réside en eux une force de réacti«>ij. réduite momentanément à l'inertie, mais qui se réveille et dévelop(»t* tous ses effets dès qu'elle est touchée par l'agent spécifique. Et la

SPONTANÉITÉ OURATIVB DE L'OEGANISMB. 93

preuve qu'il en est ainsi, c'est que, en pareil cas, l'œuvre de guérison oVst pas entièrement subordonnée aux doses. Mise en branle, la force T'aclive agit seule. De là à la spontanéité dans la guérison il n'y a qu un pas.

Par contre, on voit des patients, dont les diverses affections syphilitiques ont des allures bénignes, rester presque absolument insensibles a faction curative des médicaments.

Quant à ceux qui possèdent une aptitude à la prolifération toxique dans toutes ses conséquences et qui sont totalement dépourvus de toute actifité curative, soit spontanée, soit provoquée par les médicaments. Aï bien, cette double infortune les condamne aux formes les plus irravis, les plus tenaces et même aux formes malignes de la maladie constitutionnelle.

Messieurs, j'en ai fini avec ce que je désirais vous dire sur la pathologie générale de la syphilis. Vous avez pu constater quelle large place ocupent, dans ce tableau synthétique, les affections spécifiques de tous les viscères. Sur ce point et sur beaucoup d'autres, la science syphiliopraphique a fait depuis moins d'un demi-siècle des conquêtes précieuses dont elle peut être fière ajuste titre. Et cependant, quand je vois combien, malgré les investigations les plus approfondies dans tous les sens, dont elle a été l'objet, l'histoire de cette grave diatMse ^5l encore obscure et mystérieuse, je suis tenté de dire avec feu le prof ^>eur Follin : t La syphilis semble devoir toujours être, comme rhumme qu'elle atteint, une grande et permanente énigme. )>

Page 1