DÉMOGRAPHIQUE
De la contagion des maladies vénériennes dans les grands centres de populatii.*». — Nécessité de Tétudier an moyen de stati-^tiques. — Fluctuations dans le nombre ichaque espèce vénérienne, que ce pro<>ilé d'investigation fait constater. — VicisM'.uj > numériques du chancre simple depuis dix ans.
I. Diminution des maladies vénériennes dans la ville de Paris, depuis la guerre dt* 1^'.'. jusqu'à l'année Ifilb. — Elle arrive à être de trois à quatre dixièmes. — $tati>li<) o * faites àrhôpital du Midi. — Leurs résultats depuis 1869 jusqu'en 1815. — Recru*!»-cence momentanée des maladies vénériennes pendant 187i. — De la valeur du chtfir-. en pathologie médicale.
II. Causes delà diminution des mahtdies vénériennes, à Paris, de 1870 à 1875. — f*--.mîh'e cause : Dépopulation de la ville après la guerre de 1870-71. — Deuxiètn^ c-m* ' Appauvrissement relatif, conséquence de la guerre.
III. Troisième cause : Changements du régime de la prostitution danf la ville de Paii^. — Filles insoumises et filles inscrites. — La contagion parles premières a été cinq f.iet demi plus considérable que par les secondes. — Surveillance et assainissement <ila prostitution clandestine, comme cause de diminution des maladies vénériennes.
IV. Quatrième cause : Augmentation du nombre des mariages dans la ville de Pan> après la guerre de 1870-1871. — Statistiques générales et par arrondissements.
V. Maladies vénériennes dans la ville de Paris, envisagées au point de vue de l'atténj^tion des accidents qui leur sont propres. — Nombre approximatif des syphilis qui «^ contractent chaque année à Paris. — Des causes qui ont fait augmenter les nKiLiii. vénériennes en 1872. — Licence dans les mœurs qui suit les grandes catastrophe^.
Messieurs ,
Dans les deux leçons précédentes je vous ai décrit les principaui caractères et le processus général de chacune des trois maladies véu»'riennes. Comme j'étais préoccupé surtout du soin de mettre en relitf et de fixer dans votre esprit les traits les plus accentués et les plus originaux de leur physionomie nosologique, je ne vous ai dit qu'un mot de leurs propriétés contagieuses. Ce sujet, en effet, est trop vaste et trop important pour être traité sommairement et d'une manière ac(*es- Hoire. Vous verrez qu'il embrasse une infinité de questions qui se composent elles-mêmes d'éléments multiples et très variés, qu'il faut analyser, juger, comparer et compter.
COHTA6ION ViKBBIENIïE DAKB LA VILLE DE PAUIS. 95
C'est celle élude étiologique complexe que je me propose de commencer aujourd'hui. Elle vient après la question de nosographie el de [lithologie générale, ou plulôt elle se place àcôté d'elle, dans le tableau d'ensemble qu'il faut faire des maladies vénériennes, avant de décrire ihacune d'elles en parliculier.
Si j'ai fait abstraclion jusqu'ici de l'individu qui les contracte, et 'i> milieux dans lesquels elles se développent et se propagent, je vais iiiLintenanl les tirer de leur isolement et de leur virtualité pathohc'iques, et vous les montrer dans leurs œuvres. •
Mon but n'est point d'étudier ici en lui-même le principe contadeux, ni les liquides morbides ou naturels dans lesquels il se trouve, ui ses degrés, ni les modes suivant lesquels il agit, etc.. La physio- I .'gie de la contagion et toutes les circonstances qui la favorisent, la < oDirarient ou la neutralisent, diffèrent suivant les trois espèces vénérieimes, et nous nous en occuperons quand nous traiterons séparément de la syphilis, du chancre simple et de la blennorrhagie.
Le fait brut de la contagion étant admis, je veux en poursuivre devant vous les conséquences sur de grandes masses et pendant de ! ngues périodes de temps. Vous assisterez ainsi aux fluctuations que sulâssent ces maladies à diverses époques, et vous vous rendrez compte îu contre-coup que peuvent avoir sur elles les événements qui jettent .ne perturbation plus ou moins profonde dans les rapports sociaux.
Les grands centres de population sont ceux qui se prêtent le mieux 1 de pareilles recherches. Dans cet hôpital, où affluent tant de malades dtt'-ints de ces affections nouvellement contractées, il m'a semblé qu'on [»jurrail recueillir des documents précieux sur la démographie patholudque, considérée au point de vue des maladies vénériennes. Pendant plusieurs années j'ai dirigé mes investigations de ce côté et j'ai accumulé de nombreux matériaux qui me permettront, je crois, de vous f-xitoser sous un jour nouveau, les résultats de la contagion vénérienne d ifià la ville de Paris.
il semble qu'en pareille matière les statistiques doivent occuper une place prédominante el même exclusive. Il en serait ainsi, j'en conviens, >i Ton se bornait à la simple constatation des faits accomplis, mais, Ojalgré sa valeur, que serait un nombre en lui-même si on n'en déter* Diioait la signification étiologique au point de vue médical et social?
Dans celle leçon et dans celles qui vont suivre, les chiffres seront sms doute au premier plan, puisque la logique des recherches l'exige. ilais nous ne les prendrons que comme un moyen qu'il faut employer