‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 55 sur 441 · VICISSITUDES NUMÉRIQUES DU CHANCRE SIMPLE · texte numérisé non relu

VICISSITUDES NUMÉRIQUES DU CHANCRE SIMPLE

pour s'élever plus haut dans la hiérarchie des causes particulières ou générales. Vous verrez en outre que la pathologie ne sera point mise de côté, et que par une autre voie et sous une autre forme nous arriverons à démontrer, pour ainsi dire matériellement, la différence profonde qui existe entre les trois espèces de maladies vénériennes.

L'une d'elles, le chancre simple, a passé par tant de vicissitudes numériques depuis une dizaine d'années, qu'il sera l'objet d'une étude démographique spéciale, quoiqu'il vienne après la blennorrhagie et surtout après la syphilis comme gravité et comme importance pathologique.

Vous avez pu vous convaincre des fluctuations qu'il subit en jetant un simple coup d'oeil dans mes salles. Ainsi dans la revue que je viens de faire devant vous des malades les plus intéressants de mon service, je vous ai montré un grand nombre de blennorrhagies simp|p^ ou compliquées d'épididymites, d'orchites, d'inflammation du col delà vessie, de rhumatismes articulaires, etc., etc. Je vous ai fait voir aussi les principales variétés du chancre syphilitique, depuis l'érosion superficielle qui peut si facilement passer inaperçue, du malade et du médecin, jusqu'à la large et profonde ulcération que l'accident primitif de la syphilis se creuse quelquefois dans l'induration hyperplasique qui lui sert de base.

Il vous a été facile de suivre pour ainsi dire pas à pas, sur quelque? sujets, les conséquences de l'intoxication virulente, pendant les premières phases de la maladie constitutionnelle. Chez les uns, il n'existait encore que l'adénopathie polyganglionnaire des aines, dure, indolente, concentrée dans les ganglions, libre de toute adhérence avec les tissu> périphériques et n'irradiant autour d'elle aucun phénomène inflammatoire. Chez d'autres, le processus s'accusait par une diffusion qui avait envahi une étendue plus ou moins considérable de la surfai r tégumentaire cutanée et muqueuse. Chez d'autres enfin, moins ra[>prochés du début de la syphilis, vous avez pu constater un ordre d» lésions dont la tendance ulcéreuse ou destructive trahissait une imprégnation plus grave et plus intense de l'économie par le virus syphilitique, etc.

Pour vous donner une idée complète, quoique sommaire, de Tensemble des maladies vénériennes, j'aurais voulu vous faire exaniiut r aussi quelques malades atteints de chancres simples et de buboii^ chancreux. Mais, il y a déjà longtemps que je n'en ai pas vu un seul cas, soit à ma consultation, soit dans mes salles. Je m'en applaudis au

DDUNUTIOir DSS KALADIES TÉNIBRIBNNES, D£ 1870 A 1875. 97

[K)iot de vue de Thygiène et delà santé publique, quoique je ue puisse mVmpècher de le regretter comme professeur',

.Nous avions, il y a plusieurs années, dans mon- service quelques éehaatillons de cette troisième espèce des maladies vénériennes. Je m'étendis alors longuement sur les complications du chancre simple, et en particulier sur les balano-posthites phlegmoneuses et gangreneuses qui en sont symptomatiques.

En attirant ainsi votre attention sur de pareils accidents, avais-je le pressentiment que Toccasion de les observer était opportune, et qu'il ne fallait pas la laisser échapper, sous peine de ne plus la retrouver ultérieurement? Oui, messieurs, et, dès lors,je vous fis remarquer et je TOUS prouvai par des statistiques, que le chancre simple était de moins en moins commun, et que si sa diminution s accusait d'année ^-Q année, dans des proportions aussi considérables, il finirait par devenir un phénomène pathologique exceptionnel. M'étais-je trompé? Vous en jugerez par ce que je vous dirai plus tard sur la rareté proi^Tessive des chancres simples.

'J'VIYCTIOII »SS HàLADIIS TiRiKIBNICBS DANS LA VILLI DB PARIS, DEPUIS LA OCEHEK DE 1870 JDSOV'a

L'a «XÉB 1875.

"^lat^tiqaes des consulUtions données à ThôpiUl du Midi, depuis 1869, jusqu'en 1875. >- Elles

:*r'KnrrDt que le nombre des maladies vénériennes a diminué, dans Paris, depuis le mois de :..I«i IKTO, c'ett-à-dire depuis le commencement de la guerre. L** < d.ffre d«s consultants est tombé à son mininum pendant le premier semestre de l'année 1871. i.« < >3.iBiilion des consultants produite par la guerre a été de un tiers enriron de juillet 1870 à-

.:..îet l«7l.

K-cmd^scence momentanée des maladies vénériennes pendant l'année 1872. '■o'-r'>;s«ance progressive dans leur nombre à partir de 1873 jusqu'en 1875. — Elle arrive à être de

t^^fs 4 qmatrt dùièmet.

i- ii 'lai'ur du chiffre en pathologie médicale. — Abus qu'on a fait des statistiques. — Leur inutilité

»t t>-ur danger dans l'interprétation des phénomènes en voie d'évolution. Leur Utilité pour

rr«oQdre certaines questions qui reposent sur des faits accomplis.

Mais avant d'aborder cette question, je tiens à vous entretenir des • hangements qui sont survenus dans le nombre des maladies vénériennes traitées à l'hôpital du Midi, depuis que j'en suis médecin, c'estniire depuis l'année 1868. C'est une étude statistique dont l'intérêt et

\ U importe de prévenir le lecteur que cette leçon a été faite en 1875, et que les r^ b#rcbes Statistiques qui en iK)nt la base ne vont pas plus loin que cette année-là. — « -.t. <knoeru ultérieurement de nouvelles, qui embrasseront la période de 1875 à 1880.

a&CBUC. — MALADIES VBNBR. 7

Page 1