‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 56 sur 441 · STATISTIQUES DE L'HOPITAL DU HIDI, DE 1869 A · texte numérisé non relu

STATISTIQUES DE L'HOPITAL DU HIDI, DE 1869 A

l'importance ne vous échapperont pas et qui est le préambule presque obligé de ce que je vous exposerai sur la rareté actuelle du chancre simple.

On peut juger de la quantité des maladies vénériennes qui existent dans la ville de Paris, d'après le nombre des malades qui vienneDt demander des soins, chaque jour, à la consultation de cet hôpital.

Ce nombre s'est élevé, pour ses trois divisions réunies :

Ed 1869, au chiffre de 26,815

En 1870, — 23,350

En 18:i, — 18,187

En 1872, — 23,392

En 1873, — 20,4Î9

En 1874, — 18,419

En 1875 (1" sera.) au chiffre de 8,249

Avant d'aller plus loin, je dois vous faire remarquer que ces chiffrer comprennent non seulement les malades qui se présentent pour la première fois à la consultation, mais aussi ceux qui y reviennent. On se tromperait donc considérablement si l'on supposait qu'ils indiquent des individus distincts ; mais peu importe, au point de vue où nous nous plaçons, puisque ce procédé de statistique en bloc s'applique à toute? les années que nous comparons. D'ailleurs, plus tard, j'évaluerai iq)proximativement quels sont les chiffres réels des consultants pour chaque année.

Eh bien, que résulte-t-il de ce tableau? C'est que le nombre des vénériens a diminué à Paris dans des proportions très grandes depuis la guerre de 1870-1871.

Cette diminution s'était accusée dès le mois do juillet de l'annô»' 1870. Il suffit pour s'en convaincre de comparer le nombre des consultants dans le deuxième semestre de 1869 à celui des consultantN dans le deuxième semestre de 1 870 :

2« semestre de 1869 12,054

2« semestre de 1870 10,809

Soit une différence de 1,245 en faveur du deuxième semesln de 1869.

Quant à la différence entre le premier et le deuxième semestre do 1870, elle a été de 1,722.

Mais c'est surtout pendant le premier semestre (jle 1871, que l^ chiffre des consultants est tombé à son minimum, car ni avant, ni

CHIFFRES DES OON8T7LTATIONS APRÈS LA OUEBBB DE 1870-71. 99

depuis, je n'en ai trouvé un aussi faible pour la même période de temps.

Ce chiffre, en effet, n'a été que de 7,481. Comparez-le à celui du premier semestre de 1870, qui s'est élevé à 12,S41, et vous aurez la différence énorme de 5,060 ;

Ainsi les événements de la fin de 1870 et du commencement de 1871 ont eu, en ce qui concerne les maladies vénériennes, un résultat facile à prévoir. Ce résultat a été immédiat ; il s'est accusé dès les premiers mois de la guerre, a grandi progressivement et s'est traduit en deux semestres par une diminution de près d'un tiers dans le Dombre des malades qui viennent nous consulter à l'hôpital du Midi.

Ce nombre^ en effet, pour les douze mois qui avaient précédé la guerre, avait été : dans le deuxième semestre de 1869, i 2,054; dans le premier semestre de 1870, 12,541 ; soit 24,595. Pour le deuxième semestre de 1870 et le premier semestre de 1871 , la somme totale n'a donné que 18,290, c'est-à-dire que, dans ces deux derniers semestres, il y a eu 6,305 consultants de moins que dans les deux premiers, ce qui représente bien une diminution d'environ un tiers.

Cette diminution s'est-elle continuée après les événements? Vous pouvez en juger par le tableau, que je vous ai donné tout à l'heure, du nombre des consultants pour chaque année.

Que nous apprend-il?

U nous apprend qu'à partir du deuxième semestre de 1871, le nombre des malades qui était tombé à son minimum de 7,481, se relève peu à peu.

Dans le deuxième semestre de cette même année, il atteignit le chi&e de 10,706. Il y eut donc dans ce semestre 3,225 consultants de plus que dans le premier.

En 1872, l'augmentation fut encore plus prononcée. U se présenta i la consultation 23,392 malades, c'est-à-dire 42 de plus qu'en 1870, et 3,392 de plus qu'en 1871 >.

Nais à partir de 1873, cette espèce de recrudescence momentanée s'arrêta, puisque nous n'eûmes que 20,429 malades consultants, soit 2,963 de moins qu'en 1872.

Depuis, la décroissance ne s'est pas arrêtée, et elle se continue

L Ce chiffre de 33,393, pour Tannée 1873, est très considérable, surtout si on le coddi- F>x.vuix chiffre.<der^née 1871 et des années 1873, 1874 et 1875.— Le nombre des TtisTu^n atteignait aussi cette année-l^un chiffre fort élevé. Je m'occuperai plus loin d0 -et dm faiu remarquables.

100 STATISTIQUES ANTÉBIEUBES A LA GUEBBE DE 1870-71.

encore aujourd'hui, comme vont vous le prouver les chiffres suivants :

En i 874, le chiffre des consultants n'a été que de 18,4i9, soit 4,973 de moins qu'en 1872, et 2,010 de moins qu'en 1873.

Pendant l'année 187S, la progression descendante persistera-t-elle? 11 y a tout lieu de le croire. Nous connaissons maintenant le chiffre des consultants pendant le premier semestre. Or il n'a été que de 8,249. Il s'est donc rapproché beaucoup de ce minimum de 7,481 qu'il avait atteint pendant la guerre dans le premier semestre de 1871 , et il a été inférieur de 1,040 au chiffre 9,289 du premier semestre de 1874, et de 881 au chiffre 9,130 du deuxième semestre de la même année.

Pour se rendre compte plus exactement encore de la diminution des maladies vénériennes depuis la guerre, il faut comparer les trois années et demie qui l'ont précédée avec les trois années et demie qui l'ont suivie.

Eh bien, il y a eu :

En 1867 27,100 consullanls

En 1868 2o,18i —

En 1869 26,«15 —

En 1870(1 •'semestre) 12,541 —

Total 91,637 consullanls

Faisons partir le second tableau du commencement de 1872, époque à laquelle l'équilibre social, si profondément troublé, a repris uo peu de stabilité. Nous trouvons :

En 1872 23,302 consultants

En 1873 20,429 —

En 1874 18,419 —

En 1875(1*' semestre) 8,249 —

Total 70,489 consultants

Ainsi, au bout de trois ans et demi, depuis les événements de 1870 1871,1e chiffre des maladies vénériennes, parmi la population qu vient demander des consultations gratuites àl'hApital du Midi, sVs abaissé de 20,1 48, et il est aujourd'hui relativement à ce qu'il étai avant la guerre, dans la proportion de 1 à 1 ,3 moins une fraction, n qui veut dire que le nombre de ces maladies a diminué de près de troi dixièmes.

Mais à côté du service gratuit, qui comprend la consultation et 33i lits dans les salles communes, il existe à l'hôpital du Midi un ser>nc payant, composé de 21 chambres. Autrefois, ce service était presqu

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