DS LA TALEUB DU CHIFFBB EN PATHOLOGIE MÉDICALE
toujours au complet; il fallait même quelquefois se faire inscrire plusieurs jours d'avance pour obtenir une chambre. Aujourd'hui, au contraire, nous n'avons plus que quelques rares malades. En voulez-vous la preuve? Prenons une série d'années et comparons-en les chiffres, comme nous l'avons fait pour les consultations gratuites.
On a traité, dans le service des chambres payantes, à l'hôpital du Midi :
En 1867 34i vénériens
En 1868 306 —
En 1869 268 —
Eo 1870 221 —
En 1871 161 —
En 1872 233 —
En 1873 203 —
En 1874 186 —
Eo 1875 (1" semestre) 78 —
Faisons deux catégories : l'une composée des années 1867, 1868, 1869 et du premier semestre de 1870; l'autre des années 1872, 1873, 1874 et du premier semestre de 1875 ^ Pour la première, nous avons 1074 ; pour la seconde 700, chiffres qui sont entre eux dans le rufiport de I à 1,5. Ainsi, pour les malades payants, la diminution^ qui a été de 374, s'est encore plus accusée que pour les consultants, puisque nous trouvons que leur nombre, dans ces trois dernières années et demie, a décru de un peu plus decm^ dixièmes^.
Messieurs, les chiffres sont arides en général et d'un médiocre agrément dans le discours. J'aurais donc à m'excuser de l'ennui qu'ils vous causent peut-être, si je n'étais pénétré de leur indispensable nécessité pour résoudre certaines questions du plus haut intérêt.
Le chiffre jouait un grand rôle dans la médecine, il y a trente ou quarante ans. Malgré les quelques services qu'il a rendus à la science pathologique, l'abus qu'on en faisait ne pouvait manquer de le faire tomber dans un discrédit mérité, du moins en tant que méthode exclu-
1. Pendant le premier semestre de 1870, on a reçu 159 malades payants, et pendant le l'uxiême, 62 seulement. Pendant le premier semestre de 1871^ il n*y aeuque 40 malades ^i^:ints. Le chiffre des malades payants pendant les deux semestres des événements n'a 1 lif été que de 102.
i. Le prix des chambres payantes a été de 2 fr. 50 par jour jusqu'en 1868. A cette ']' que. on Ta porté à 4 francs, et il est resté tel jusqu'au commencement de novembre >~l. Depuis 1874, il est de 5 francs. — Cette augmentation de prix n'entre, selon moi, ]f>Air hen ou que pour une bien faible part dans la diminution des malades payants.
102 CAUSES DE LA DÉCBOISSANCE DES MALADIES YÉlSftBIKSSER
sive. D'ailleurs n'exigeaiton pas de lui plus qu'il ne pouvait donner ? Ne forçait-on pas sa portée ? Ne lui faisait-on pas embrasser des faiu multiples, soumis à des mutations continuelles? Bien plus, on alla jusqu'à lui demander la raison de ces faits, comme s'il était possible de pénétrer par le chiffre ce travail mystérieux, cet enchevêtrement de causes, d'effets, cette infinie mobilité des phénomènes qui se trament incessamment sur < le métier bourdonnant de la vie, » pour employer l'expression de Gœthe !
Mais si le chiffre est incapable d'exprimer à lui seul la physionomie si mobile des manifestations pathologiques en voie d'évolution ; s'il est non seulement insuffisant, mais même dangereux quelquefois dans la science biologique pure, il se prête, en revanche, admirablement à résoudre les questions qui reposent sur des faits accomplis. — A les résoudre? Non, mais à les poser avec cette netteté qui permet à l'esprit de trouver dans les résultats qu'ils donnent un point de départ fixe et une base solide.
N'ètes-vous pas d'avis, en effet, qu'en accumulant tous ces nombres, en les envisageant sous leurs faces principales, en les comparant et en les soumettant aux principales opérations qu'exige une stittistique bien entendue, nous avons établi d*une façon inattaquable ce fait que les maladies vénériennes ont considérablement diminué pendant la guerre de 1870-1871 , à peu près dans la proportion de 3 à 4 dixièmes?
CaUSIS BI la DtClOISSAlfCI DBS MALADIES VÉX^BIBNNIS DANS LA VILLE Dl PAllS, DKPCIS (**
JUSOD'a 1875.
Caaset morales. — Causes matérielles.
Influence des causes matérielles sur la diminution des maladies vénériennes dans la ville de Vat.*
pendant et après la guerre.
PaiHikai CAUSI : D«p<^pitlaiion de la ville. — Dénombrement de 1872. — Ce qu'aurait été le chif**
de la population parisienne sans la guerre. — Dénombrement suivant chaque arrondi sseomL
en 1872. — Sa comparaison avec le dénombrement en 1866. Diminution dans les arrondissements du centre. — Accroissement dans ceux de la périphérie. -
Ce fait prouva que la population ouvrière a décru dans des proportions beaucoup moins cncci-
dérables que la population de la classe aisée ou riche. Du rôle de la population parisienne, dans la diminution des maladies vénériennes, de I8T1 à 11*.
— Il aété moins considérable qu'on ne pouvait le supposer d priori, ~ Augmentation progr«<>-
sive de la population ouvrière.
Dbdxièmk CAD8I : Appaunriuement relatif, conséquence do la guerre. — Son influence »ur li diminution des maladies vénériennes. — On ne pout l'apprécier qu'hypothétiquement
Que nous reste-t-il à faire maintenant ?
A entreprendre une autre tâche qui ne sera pas facile^ et qui consiste