‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 58 sur 441 · DANS LA VILLE DE PARIS, DE 1870 A · texte numérisé non relu

DANS LA VILLE DE PARIS, DE 1870 A

à rechercher et à déterminer les causes de cette décroissance si remarquable.

Ces sortes de maladies sont plus directement que toutes les autres sous Fempire d'un certain ordre de passions et de vices, que la volonté, le sentiment des devoirs, la conscience de la dignité, les croyances religieuses, etc., pourraient corriger, modérer ou même dompter complètement. Aussi, tout un grand côté de leur étiologie appartient-il à Félude des modifications qui se produisent suivant les temps, les lieux, les idées, et tel et tel état de civilisation, etc., etc., dans l'esprit et les mœurs d'un pays, d'une ville ou des individus eux-mêmes.

Sans doute, le fond passionnel reste toujours le même. Les instincts ^oDt inséparables de la vie même. Mais il peut survenir un concours de circonstances qui les déchaînent ou les brident.

Est-ce le cas ici ? L'impression d'événements aussi terribles que ceux que nous avons traversés a-t-elle moralisé les masses?... Il serait naturel et consolant de le penser... Mais c'est là un terrain sur lequel il ue m'appartient point de m'aventurer, et, tout en posant le problème, je laisse volontiers aux moralistes le soin de le résoudre.

Je ne m'occuperai donc que de causes matérielles, et je vais rechercher celles qui semblent avoir joué le rôle le plus important dans la décroissance des maladies vénériennes depuis 1870-1871 .

Parmi elles, il en est une qui vient immédiatement à l'esprit : c'est la diminution qui parait s'être produite depuis cette époque dans la (Htégorie des habitants de Paris chez lesquels se recrutent les malades de rhôpital du Midi. Ne doit-on pas admettre a priori qu'une partie de «esi habitants a été décimée par la guerre ou par les maladies, et qu'une lUtre, ne trouvant plus dans Paris assez de travail pour subvenir à ses l^esoins et à ses charges, s'est dispersée dans les départements.

Examinons les résultats que nous donnent les recensements de la population parisienne. Ils ont lieu tous les cinq ans, et le dernier a été fait en J872, un an après la guerre.

Eh bien, en 1872, le nombre des habitants de Paris était de 1,8')1, 792.

Les deux recensements antérieurs avaient donné: celui de 1866: «825,274; celui de 1861 : 1,696,141.

Eotre 1866 et 1872, la population ne s'était donc accrue que de 26,518.

y est-ce pas là un chiffre insignifiant, illusoire? En conclurons-nous «|UAla population de Paris a réellement augmenté? Non, car il importe <W distinguer ce qui est de ce qui aurait dû être, si le cours normal df ^ choses n'avait pas été interrompu.

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